Joséphine Baker

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Joséphine Baker
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Joséphine Baker et sa célèbre ceinture de bananes (1926-1927).

Informations générales
Nom de naissance Freda Josephine McDonald
Naissance
Saint-Louis
Décès (à 68 ans)
13e arrondissement de Paris, France
Activité principale Chanteuse, danseuse, actrice
Genre musical Cabaret, music-hall, jazz, revue
Instruments Vocal
Années actives 1921—1975
Labels Columbia Records
Mercury Records
RCA Records

Joséphine Baker, née Freda Josephine McDonald le à Saint-Louis (Missouri) et morte le dans le 13e arrondissement de Paris, est une chanteuse, danseuse, actrice et meneuse de revue. D'origine métissée afro-américaine et amérindienne des Appalaches, elle est souvent considérée comme la première célébrité noire. Elle prend la nationalité française en 1937 et, pendant la Seconde Guerre mondiale, joue un rôle important dans la résistance à l'occupant. Elle utilisera ensuite sa grande popularité dans la lutte contre le racisme, et pour l'émancipation des Noirs, en particulier en soutenant le Mouvement des droits civiques de Martin Luther King.

Biographie[modifier | modifier le code]

Années de jeunesse[modifier | modifier le code]

Arrivée de Joséphine Baker à la Haye en 1928.

Freda Josephine McDonald naît dans le Missouri de Carrie McDonald (orthographiée aussi Mac Donald), danseuse métisse noire et amérindienne, et probablement d'Eddie Carson, musicien de rue itinérant avec des origines espagnoles[1]. Artistes, ses parents ont monté ensemble un numéro de chant et de danse mais Eddie abandonne sa famille en 1907[2]. Carrie McDonald se remarie avec un ouvrier, Arthur Martin, dont Joséphine prend le nom[3]. La jeune métisse passe une partie de son enfance à alterner l'école et les travaux domestiques pour des gens aisés chez qui sa mère l'envoie travailler[4]. À cette époque, Joséphine n'a d'autre choix que de contribuer, par son salaire, à faire vivre la fratrie dont elle est l'aînée ; la famille est très pauvre et s'est agrandie : Carrie et Arthur ont eu trois enfants - Richard, Margaret et Willie Mae, qu'il faut nourrir[5]. Joséphine quitte l'école en février 1920 pour se marier, comme le mentionnent les registres de l'établissement public qu'elle fréquente à St-Louis[3]. L'heureux élu est Willie Wells, lui et Joséphine, alors âgée de 13 ans, vivent dans la maison des Martin[6].

Les débuts au music hall[modifier | modifier le code]

Artiste de rue[modifier | modifier le code]

Après la fin de son premier mariage, en 1920, Joséphine Baker, qui danse depuis qu'elle est toute petite[7], rejoint un trio d'artistes de rue appelé le Jones Family Band, qui est ensuite intégré dans la troupe itinérante des Dixie Steppers[6]. C'est au moment où leur tournée s'arrête à Philadelphie que Joséphine fait la rencontre de Willie Baker, qu'elle épouse en 1921 et avec qui elle s'installe[8]. Pour gagner sa vie, elle danse au Standard Theater, où elle gagne 10 dollars par semaine[9].

Danseuse à Broadway[modifier | modifier le code]

Mais Joséphine Baker voit grand, et l'envie de danser à Broadway la pousse, âgée d'à peine 16 ans, à quitter son second mari pour aller tenter sa chance à New York. Une fois sur place, elle met peu de temps à se présenter au Music Hall de Broadway, sur la 63e rue. Là, elle essuie plusieurs refus de la part du directeur avant d'enfin se voir offrir un rôle sommaire. Elle joint donc la troupe de la comédie musicale Shuffle Along, un spectacle populaire à la distribution entièrement noire. Au bout de deux ans de tournée, elle change d’allégeance et s'associe aux Chocolate Dandies, qu'elle quitte à leur tour pour entrer au Plantation Club, où elle fait la rencontre de Caroline Dudley Reagan. Cette mondaine, épouse de l'attaché commercial de l'ambassade américaine à Paris Donald J. Reagan, voit en Joséphine Baker un grand potentiel. Elle lui offre donc un salaire de 250 dollars par semaine si celle-ci accepte de la suivre en France, où Reagan veut monter un spectacle dont Joséphine Baker sera la vedette et qui fera d'elle une star : la Revue nègre[10].

Joséphine Baker dans La Revue des Revues en 1927 (photo de Walery).

Le choix de la France[modifier | modifier le code]

En costume burlesque en 1927 (photo de Walery).

Le 25 septembre 1925, le Berengaria[11], bateau sur lequel Joséphine Baker a effectué la traversée, arrive au port de Cherbourg. Le temps de se rendre à Paris et, très vite, les répétitions commencent. Le [12], elle passe en première partie dans la Revue nègre au Théâtre des Champs-Élysées. Vêtue d'un simple pagne de bananes, elle danse sur un rythme de charleston — musique alors encore inconnue en Europe — l'interprétation d'un tableau baptisé La Danse sauvage. Le scandale fait rapidement place à l'engouement général. Elle devient l'égérie des cubistes qui vénèrent son style et ses formes, et suscite l'enthousiasme des Parisiens pour le jazz et les musiques noires. À cette époque, elle rencontre Georges Simenon, engagé comme secrétaire.

La revue nègre[modifier | modifier le code]

Joséphine Baker dansant le charleston aux Folies Bergère à Paris lors de la Revue nègre en 1926 (photo de Walery).

Le succès réservé à Joséphine Baker, la Revue nègre s'inscrit dans la « vision bienveillante et condescendante envers les Noirs (ou les colonisés en général) » des Français des Années folles, « qui a succédé dans certains discours à celle de la peur du sauvage, plus caractéristique de la Belle Époque », selon Sophie Jacotot[13]. Il est cependant juste d'affirmer que ce personnage de la sauvageonne, aussi réducteur soit-il, a permis de faire de Joséphine Baker la pionnière de ce qui est qualifié par certains comme une Renaissance Nègre basée sur un mélange de jazz, de dadaïsme, d'art nègre et de cubisme[14].

En 1926, elle rencontre un ancien tailleur de pierre originaire de Sicile, souvent qualifié de « gigolo », Giuseppe Abatino avec qui elle commence une liaison qui durera jusqu'en 1936[15]. Pendant cette période, il sera son impresario, son manager, son mentor. Leur relation correspond à la période de l'ascension de Joséphine Baker. Après une tournée en Europe, Joséphine Baker mène la revue des Folies Bergère de 1927 accompagnée d'un léopard, dont l'humeur fantasque terrorise l'orchestre et fait frémir le public et cette même année, la jeune star se lance dans la chanson et suivant les conseils de Giuseppe elle participe au film La Sirène des tropiques. Avec Josephine, Giuseppe ouvre le club « Chez Joséphine » et organise la tournée mondiale de la chanteuse en 1928.

J'ai deux amours[modifier | modifier le code]

Henri Varna, directeur du Casino de Paris, l'engage pour mener la revue de la saison 1930-1931 et lui achète un guépard, nommé Chiquita. En 1931, elle remporte un succès inoubliable avec la chanson J'ai deux amours composée par Vincent Scotto. Quelques rôles lui sont proposés au cinéma par des cinéastes, tel Marc Allégret. Elle tourne ensuite dans deux films qui lui sont consacrés et dont Abatino écrit le scénario : Zouzou et Princesse Tam Tam mais ceux-ci ne rencontrent pas le succès espéré. Sur les planches du music-hall, en revanche, elle rassemble un plus large public en chantant et en dansant même le tango Voluptuosa de José Padilla.

Sa tournée de 1936 aux États-Unis ne rencontre pas non plus la réussite escomptée. L'Amérique est sceptique et certains lui reprochent de parler parfois en français, ou en anglais avec un accent français. Pepito et Joséphine Baker se séparent après l'échec de ces Ziegfeld Follies. Elle rentre en France et acquiert la nationalité française en 1937 en épousant un Français, Jean Lion alors que Giuseppe Abatino meurt d'un cancer à l'automne 1936.

Au service de la France libre[modifier | modifier le code]

Dès le début de la Seconde Guerre mondiale, en , Joséphine Baker devient un agent du contre-espionnage, traité par Jacques Abtey (chef du contre-espionnage militaire à Paris). À cet effet, elle fréquente la haute société parisienne, puis se mobilise pour la Croix-Rouge[16],[17]. Après la bataille de France, elle s'engage le dans les services secrets de la France libre, toujours via le commandant Abtey, qui reste son officier traitant jusqu'à la Libération[18], en France puis en Afrique du Nord où elle est sous la protection de Si Ahmed Belbachir Haskouri, chef du cabinet khalifien du Maroc espagnol[17],[19]. Installée au Maroc entre 1941 et 1944, elle soutient les troupes américaines et coloniales et se lance dans une longue tournée en jeep, de Marrakech au Caire, puis au Moyen-Orient, de Beyrouth à Damas, y glanant toutes les informations qu'elle peut auprès des officiels qu'elle rencontre[20].

Elle s'acquitte durant la guerre de missions importantes, et reste connue pour avoir utilisé ses partitions musicales pour dissimuler des messages. Engagée ensuite dans les forces féminines de l'armée de l'air, elle débarque à Marseille en [18]. À la Libération, elle poursuit ses activités pour la Croix-Rouge, et chante pour les soldats et résistants près du front, suivant avec ses musiciens la progression de la 1re armée française[18]. Ses activités durant la guerre lui vaudront la Médaille de la résistance après les hostilités, et quelques années plus tard les insignes de chevalier de la Légion d'honneur et la croix de guerre 1939-1945 avec palme des mains du général Martial Valin. L'ensemble de son action en tant que résistante au service de la France libre est détaillé dans un ouvrage intitulé Joséphine Baker contre Hitler[21].

Le rêve d'une fraternité universelle[modifier | modifier le code]

En 1951.

Le plus grand malheur de sa vie a été de ne pas pouvoir avoir d'enfant. Après une grossesse où Joséphine Baker accouche d'un enfant mort-né, elle contracte une grave infection post-partum et doit subir une hystérectomie à Casablanca en 1941[22].

Avec Jo Bouillon, qu'elle épouse en 1947, elle achète le domaine des Milandes en Dordogne. Elle y accueille douze enfants de toutes origines[23] qu'elle a adoptés et qu'elle appelle sa « tribu arc-en-ciel »[24],[25]. Dans ce domaine où elle emploie un personnel nombreux, elle engloutit toute sa fortune et multiplie les concerts pour poursuivre son œuvre.

La cause des afro-américains[modifier | modifier le code]

Elle retourne aux États-Unis en 1947 et 1951 pour tenter de renouer avec le succès. Elle y est victime de la ségrégation raciale, notamment lors de l'incident du Stork Club (en) le 16 octobre 1951 : accusant le journaliste présent Walter Winchell de ne pas l'avoir défendu, ce dernier agacé, décide de briser sa réputation, la traitant de communiste, d'ennemie du peuple noir[26]. En 1955, elle amplifie en Europe la vague d'indignation soulevée par le meurtre (dans le comté de Tallahatchie, Mississippi, États-Unis) du jeune afro-américain Emmet Till, suivi de l'acquittement des deux assassins, puis de leurs aveux cyniques après le jugement, une fois assurés de l'impunité[27]. Joséphine Baker est initiée, le 6 mars 1960, au sein de la loge maçonnique « La Nouvelle Jérusalem » de la Grande Loge féminine de France. En 1964, Joséphine retourne aux États-Unis pour soutenir le mouvement des droits civiques du Pasteur Martin Luther King. Un choix qui semble déplaire aux sœurs de la Nouvelle Jérusalem puisqu'elle est, la même année, rayée du registre de la loge, au motif officiel de non-paiement de sa cotisation[interprétation personnelle][28][réf. insuffisante]. Elle participe en effet en 1963 à la Marche vers Washington pour le travail et la liberté organisée par Martin Luther King. À cette époque, elle est engagée depuis un moment dans l'action de la LICA qui deviendra la LICRA en 1979.

Les années difficiles[modifier | modifier le code]

En juin 1964, Joséphine Baker lance un appel pour sauver sa propriété de Dordogne où vivent ses enfants. Émue et bouleversée par sa détresse, Brigitte Bardot participe immédiatement au sauvetage et lui envoie un chèque important[29].

Alors que Joséphine Baker est pratiquement ruinée, la princesse Grace de Monaco, amie de la chanteuse d'origine américaine et artiste comme elle, lui offre alors un logement à Roquebrune pour le reste de sa vie et l'invite à Monaco pour des spectacles de charité[30]. Joséphine Baker remonte sur la scène parisienne de l'Olympia, en 1968, puis à Belgrade en 1973, au Carnegie Hall en 1973, au Royal Variety Performance, au Palladium de Londres en 1974. À Paris, elle est au Gala du cirque en 1974, et, le 24 mars 1975, elle inaugure une rétrospective de sa carrière, Joséphine à Bobino, dont le Prince Rainier III et la Princesse Grace figurent parmi les mécènes. Elle retrouve son appartement parisien le 9 avril 1975 alors que le rideau vient de tomber devant une salle enthousiaste. Le lendemain matin, 10 avril, Joséphine Baker, victime d'une attaque cérébrale, est transportée dans un coma profond à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière où elle meurt, le 12 avril, à 69 ans[31]. Elle reçoit les honneurs militaires, et, après des funérailles catholiques le à l'église de la Madeleine, à Paris, elle est enterrée au cimetière de Monaco[32],[33],[34],[35],[36].

L'artiste[modifier | modifier le code]

Bien qu'initialement, Joséphine Baker ait été perçue comme une sensation exotique, une charmante afro-américaine au déhanchement incroyable[37], elle a su se forger une solide réputation dans les hautes sphères de la société parisienne, pour qui elle en vint à incarner le personnage d'une Vénus d'Ébène[38]. Elle a su intelligemment se servir de cette image et la manipuler à sa guise, façonnant elle-même son personnage public et définissant son avenir à sa façon[38].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Chansons[modifier | modifier le code]

Sur scène à Oran en 1943.
  • 1930 : J'ai deux amours, paroles de Géo Koger et Henri Varna sur une musique de Vincent Scotto. En écoutant attentivement les enregistrements de l'époque, on se rend compte qu'elle modifia le premier vers du refrain de sa chanson fétiche (« J'ai deux amours, mon pays et Paris… »), qui devint après la guerre « J'ai deux amours, mon pays, c'est Paris… »
    C'est LA chanson de Joséphine Baker, et jusqu'à la fin de sa vie, lorsqu'elle pénètre sur une scène, un plateau de télévision ou même dans un restaurant ou une boîte de nuit, l'orchestre s'arrête et se met à jouer invariablement les premières mesures du thème de cette chanson. Une scène de ce type est reprise dans le film La Rumba, la chanteuse Vivian Reed, jouant le rôle de Joséphine Baker.
  • 1930 : La Petite Tonkinoise, adaptation de la chanson créée par Polin en 1906, paroles de Georges Villard, musique d'Henri Christiné et Vincent Scotto.
  • 1934 : C'est lui, tirée du film Zouzou.
  • 1934 : Haïti, tirée du film Zouzou. Musique : Vincent Scotto, auteur : Émile Audiffred
  • 1935 : Sous le ciel d'Afrique, paroles d'André de Badet et musique de Jacques Dallin, tirée du film Princesse Tam Tam, avec les Comedian harmonists.
  • Et aussi : Dis-moi Joséphine (adaptation française par Marc Cab[39], Léo Lelièvre et Henri Varna de la chanson hongroise Gyere Josephine, paroles de Laszlo Szilagyi et musique de Zerkovitz Bela), Chant d'amour de Tahiti, Doudou, Mon cœur est un oiseau des îles, Nuit d'Alger, Sans amour, Bye Bye Blackbird, Dans mon village, etc.

Citations[modifier | modifier le code]

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  • « Puisque en scène, je fais sauvage, je m'applique à la ville à devenir civilisée... »[40]
  • « Un jour j'ai réalisé que j'habitais dans un pays où j'avais peur d'être noire. C'était un pays réservé aux Blancs. Il n'y avait pas de place pour les Noirs. J'étouffais aux États-Unis. Beaucoup d'entre nous sommes partis, pas parce que nous le voulions, mais parce que nous ne pouvions plus supporter ça… Je me suis sentie libérée à Paris[41]. » (Joséphine Baker racontait souvent à ce propos qu'elle avait été surprise, à son arrivée en France, de pouvoir s'asseoir où elle le voulait dans l'autobus, entrer et être servie dans tous les restaurants, ou fréquenter et épouser un homme blanc, toutes choses impossibles pour une noire aux États-Unis).

Vie sentimentale[modifier | modifier le code]

En 1949.

Homosexualité[modifier | modifier le code]

Joséphine Baker est bisexuelle[42],[43],[44]. Mariée à plusieurs hommes, elle maintient également des relations amoureuses avec des femmes tout au long de sa vie adulte[42]. Elle n'a cependant jamais révélé au grand public cet aspect de sa personnalité[42]. Parmi ses amantes célèbres figurent l'écrivain français Colette[42], Frida Kahlo[45]. Malgré sa propre bisexualité, et son engagement contre le racisme (notamment avec sa participation à certaines actions du mouvement afro-américain des droits civiques américain[43]), Joséphine Baker est capable de faire preuve d'homophobie[42] : elle chasse par exemple un de ses fils de son foyer car il était homosexuel[43].

Mariages[modifier | modifier le code]

  • Willie Wells : 1919-1920 (divorce). Elle se marie à 13 ans avec cet ouvrier fondeur et travaille comme serveuse. Leur union se termina avec la bouteille que Joséphine lui fracassa sur la tête.
  • William Howard Baker : 1921-1923 (divorce). Suivant dans le nord des États-Unis la troupe des « Dixie Steppers », elle épousa (à l'âge de 15 ans) William Baker, garçon chez Pullman, à Philadelphie. Elle le quitta pour partir à Paris, conservant son nom qui passa ainsi à la postérité.
  • Giuseppe (dit « Pepito ») di Abatino : 1926-1936. L'union entre l'actrice et ce tailleur de pierre italien se prétendant comte n'eut jamais de fondement légal. Il organisa pour elle une tournée mondiale qui débuta en mars 1928. Autriche, Hongrie, Yougoslavie, Danemark, Roumanie, Tchécoslovaquie, Allemagne, Pays-Bas, Argentine, Chili, Uruguay, Brésil : partout, son passage suscita la controverse, aiguisant sa popularité et contribuant fortement à la vente de ses disques et de ses Mémoires. L'échec des Ziegfeld Follies précipita leur rupture.
  • En 1929, sur le bateau qui les ramenait du Brésil, l'architecte Le Corbusier eut un coup de foudre pour Joséphine Baker. Il reste de leur rencontre des dessins de Joséphine réalisés par l'architecte, encore célibataire à cette date.
  • Jean Lion : 1937-1940 (divorce). En épousant, le 30 novembre 1937 à Crèvecœur-le-Grand, cet industriel de 27 ans qui avait fait fortune dans le sucre raffiné, Joséphine reçut la nationalité française.
  • Jo Bouillon : 1947-1961 (séparation en 1957, divorce en 1961). Ce chef d'orchestre originaire de Montpellier accompagna Georgius, Mistinguett, Maurice Chevalier et Joséphine à Paris et en tournée. Elle vécut avec lui aux Milandes. Ils formèrent et réalisèrent ensemble leur projet d'adopter des enfants de nationalités différentes, ce afin de prouver que la cohabitation de « races » différentes pouvait admirablement fonctionner. Finalement, ils adoptèrent 12 enfants.
  • Robert Brady : 1973-1974. Elle a connu cet artiste et collectionneur d'art américain durant un de ses séjours aux États-Unis. Vu les échecs de ses quatre mariages précédents, ils décidèrent d'échanger leurs vœux de mariage dans une Église vide à Acapulco, Mexique. Mais ils se séparèrent un an plus tard.

Hommages[modifier | modifier le code]

  • Alexander Calder réalise vers 1928 une œuvre en fil de fer, Joséphine Baker IV.
  • L’auteur-compositeur-interprète britannique et francophile Bill Pritchard rend hommage à Joséphine Baker dans deux de ses chansons : The Invisible State (1986) et Sheltered Life (1987). Notamment pour son combat contre le racisme aux États-Unis et pour avoir courageusement assumé sa vie de femme libérée, bien en avance sur son temps.
  • Le chanteur-auteur-compositeur italo-belge Salvatore Adamo rend hommage à Joséphine Baker dans la chanson Noël sur les Milandes (album Petit Bonheur, 1970).
  • Le 3 juin 2006, pour célébrer le centenaire de sa naissance, une statue en bronze est inaugurée en bas du Château des Milandes, à Castelnaud en Dordogne, en présence de son fils aîné Akio et de Sonia Rolland. Cette statue fut commandée par l'association Opération Joséphine à la sculptrice Chouski. Cette association voulait rendre hommage à trois aspects de la personnalité de Joséphine Baker: son action de résistante pendant la seconde guerre mondiale, sa lutte contre le racisme, et l'adoption de ses 12 enfants.
  • Juillet 2006 : au Festival d'Avignon, création d'un spectacle de Pierrette Dupoyet : Joséphine Baker, un pli pour vous... retraçant l'épisode douloureux de l'expulsion des Milandes[46].
  • En 2000, la place Joséphine-Baker dans le 14e arrondissement de Paris prend son nom en hommage. Bertrand Delanoë, maire de Paris, a décidé en juin 2006 (un siècle après la naissance de l'artiste) de donner son nom à la piscine publique flottante sur la Seine, inaugurée en juillet 2006 dans le 13e arrondissement, au pied de la nouvelle passerelle Simone-de-Beauvoir.
  • L'album Hommage à Joséphine réalisé par DJ Gervais pour le centenaire de la naissance de Joséphine mélange musiques électroniques actuelles et sonorités d'époque, il a été produit par le label ethnic music avec l'accord des enfants de Joséphine.
  • En 2007 et 2008, la comédie musicale Jo et Joséphine lui est dédiée. Dirigée par Jacques Pessis, les têtes d'affiches sont Grégori Baquet et Aurélie Konaté. Celle-ci est nommée pour le Marius de la meilleure interprétation féminine dans un rôle principal[47],[48].
  • Le film L'Autre Joséphine coécrit par Philip Judith-Gozlin et Brian Bouillon-Baker, fils de Joséphine Baker, réalisé par Philip Judith-Gozlin, est sorti en 2009, il a été produit par la société audiovisuel Golda Production.
  • L'opérette Simenon et Joséphine, composée par Patrick Laviosa, prend le prétexte de la rencontre (réelle) de Joséphine Baker et de Georges Simenon pour retracer la carrière des deux personnages. Elle a été créée à l'Opéra de Liège et financée par la Région wallonne.
  • Joséphine Baker est un personnage récurrent de la série de bandes dessinées Odilon Verjus écrite par Yann Le Pennetier et dessinée par Laurent Verron. Elle apparaît dans les tomes 4, 6 et 7.
  • La belle agent Joé est un personnage récurrent de la série de bandes dessinées Les Brigades du temps écrite par Kris et dessinée par Bruno Duhamel. Outre son nom et son aspect physique qui en fait le sosie de Joséphine Baker, le personnage lui-même est l'un des meilleurs agents des Brigades du temps, référence indirecte au rôle historique joué par Joséphine Baker dans les services secrets durant la guerre.
  • Le 8 mars 2013, à l'occasion de la journée internationale de la femme, le journal Sud Ouest réalisa une enquête où la question du sondage était : « Qui est votre Périgourdine préférée ? ». Joséphine Baker représente 24,7 % des suffrages exprimés[49].
  • Un cratère vénusien porte son nom.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Bryan Hammond, Patrick O'Connor, Josephine Baker, Cape, , p. 2.
  2. (en) Phyllis Rose, Jazz Cleopatra: Josephine Baker in Her Time, Doubleday, , p. 26.
  3. a et b http://www.youtube.com/watch?v=ps7m7bUHq2E KETC/Living St. Louis/ Josephine Baker.
  4. Marcel Sauvage, Les Mémoires de Joséphine Baker, Paris, Éditions Dilecta, 2006, p. 40-41.
  5. (en) Phyllis Rose, Jazz Cleopatra: Josephine Baker in Her Time, New York : Doubleday, 1989, p. 11.
  6. a et b (en) Phyllis Rose, Jazz Cleopatra: Josephine Baker in Her Time, New York : Doubleday, 1989, p. 48.
  7. Marcel Sauvage, Les Mémoires de Joséphine Baker, Paris, Éditions Dilecta, 2006, p. 39.
  8. (en) Phyllis Rose, Jazz Cleopatra: Josephine Baker in Her Time, New York : Doubleday, 1989, p. 50.
  9. Marcel Sauvage, Les Mémoires de Joséphine Baker, Paris, Éditions Dilecta, 2006, p. 46.
  10. Marcel Sauvage, Les Mémoires de Joséphine Baker, Paris, Éditions Dilecta, 2006, p. 48-52.
  11. Marcel Sauvage, Les Mémoires de Joséphine Baker, Paris, Éditions Dilecta, 2006, p. 53.
  12. Josephine Baker à la Plantation en 1927.
  13. Sophie Jacotot, « Danses de société des Amériques en France dans 1'entre-deux- guerres : les mirages de l'exotisme », dans Pauline Schmitt Pantel (dir.), Hypothèses 2007 : Travaux de l'École doctorale d'histoire de l'université Paris I Panthéon-Sorbonne, Publications de la Sorbonne, , 356 p. (lire en ligne), p. 60.
  14. Michel Fabre, « La Revue indigène et le mouvement Nouveau Noir », Revue de littérature comparée, Volume 51, no 1, janvier/mars 1977, p. 30-39.
  15. (it) Antonio Fiasconaro, « Il conte siciliano che scopri la cantante ballerina Josephine Baker », sur lasicilia.it,‎ (consulté le 14 mars 2015).
  16. Jacques Abtey, La Guerre secrète de Josephine Baker, Éditions Siboney, 1948.
  17. a et b Kevin Labiausse, « Joséphine Baker au service de la France Libre », Le Patriote résistant, octobre 2006.
  18. a, b et c Jean-Luc Barré, « Baker, Joséphine (1906-1975) », in Claire Andrieu, Philippe Braud, Guillaume Piketty (dir.), Dictionnaire de Gaulle, Paris, Robert Laffont, coll. Bouquins, 2006.
  19. Emmanuel Bonini, La véritable Joséphine Baker, Paris, Éditions Pygmalion, 2000 (ISBN 978-2-8570-4616-5), p. 130.
  20. Ahmed Bahaddou, Citoyens visibles : quand l'histoire de France affiche ses couleurs, Ramsay, , p. 17.
  21. Charles Onana, Joséphine Baker contre Hitler, Paris, Éditions Duboiris, 2006 (ISBN 2-9522315-7-5) (notice BnF no FRBNF40175240), 160 pages.
  22. (en) Bennetta Jules-Rosette, Josephine Baker in Art and Life, University of Illinois Press, , p. 290.
  23. Teruya et Akio ramenés du Japon, Jari de Finlande, Luis de Colombie, Jean-Claude, Moïse et Noël de France, Brahim - devenu Brian - et Marianne d'Algérie, Koffi de Côte d'Ivoire, Mara du Venezuela, Stellina du Maroc.
  24. La famille arc-en-ciel de Josephine Baker.
  25. Vivre un idéal de fraternité universelle : la « Tribu Arc-en-ciel » de Joséphine Baker par Yves Denéchère.
  26. Charles Onana, Joséphine Baker contre Hitler. La star noire de la France Libre, Editions Duboiris, , p. 118.
  27. Selon le film documentaire allemand de 2006, Une diva noire dans un monde de Blancs, de Annette von Wangenheim, diffusé le 11 janvier 2009 sur Arte.
  28. Dictionnaire universel de la Franc-Maçonnerie, Larousse, coll. à présent, 2011.
  29. Brigitte Bardot, Initiales B.B. : Mémoires, Grasset, 1996 (ISBN 978-2-2465-2601-8), p. 340.
  30. Stéphane Bern, « Monaco et les princes de Grimaldi », émission Secrets d'histoire sur France 2, 11 septembre 2012.
  31. Les années 1970 : Fin d'un monde et origine de notre modernité, Philippe Chassaigne, éditions Armand Colin, 2012, (ISBN 9782200276256), p. ???.
  32. Joséphine Baker s'était convertie au judaïsme, lors de son mariage avec l'industriel Jean Lion en 1937, mais cette conversion de pure forme n'avait pas duré. Margot Ford McMillen, Heather Roberson, Into the spotlight: four Missouri women, University of Missouri Press, 2004, (ISBN 0826215564), p. 74.
  33. Pierre-Bloch, Le Temps d'y penser encore, J.-C. Simoën, 1977, 273 pages, p. 16.
  34. Claude Wainstain in L'Arche, janvier 1995.
  35. Joséphine Baker et Jo Bouillon, Joséphine, Robert Laffont, coll. Vécu, Paris, 1976.
  36. (en) Bennetta Jules-Rosette, Josephine Baker in art and life: The icon and the image, University of Illinois Press, 2007, 304 pages (ISBN 0-2520-7412-2), p. 70.
  37. Baker, Brian B. Josephine Baker: Le regard d'un fils, Paris, Patrick Robin Éditions, 2006, p. 18.
  38. a et b Jules-Rosette, Benetta. Josephine Baker in Art and Life: The Icon and The Image.. Chicago: University of Illinois Press, 2006, 2-3.
  39. Nom de plume de Marcel Cabridens. Sources : œuvres-droits d'auteur Sacem et catalogue général BnF (notice BnF no FRBNF11914372).
  40. Marcel Sauvage, Les Mémoires de Joséphine Baker, Paris, Éditions Dilecta, 2006, p. 73.
  41. Heather Willis Allen, Sébastien Dubreil, Boston, Alliages culturels : la societe française en transformation, MA : Heinle Cengage Learning, 2014, p. 257.
  42. a, b, c, d et e (en) « Josephine Baker », glbtq.com, An Encyclopaedia of Gay, Lesbian, Bisexual, Transgender and Queer Culture, p. 2, 2006 (lire en ligne).
  43. a, b et c (en) Merlind Theile, « Adopting the World: Josephine Baker's Rainbow Tribe », Spiegel International Online, 2 octobre 2009.
  44. (en) « In 1925, the year Gatsby was published, Josephine Baker—who, like many women blues singers of the day, was known to be bisexual—expatriated to Paris, which offered greater racial and sexual emancipation than the United States (Smith 198). », dans Jordan Baker, Gender Dissent, and Homosexual Passing in The Great Gatsby par Maggie Gordon Froehlich, Université d'État de Pennsylvanie (lire en ligne).
  45. (en) Maev Kennedy, « Frida Kahlo's love letters to José Bartoli to be auctioned in New York », The Guardian, 9 avril 2015 (lire en ligne).
  46. Pierrette Dupoyet, Création 2006 Joséphine BAKER, un pli pour vous … Création de Pierrette DUPOYET, 2006.
  47. Léa Rozenta, « Aurélie Konaté – Osez Joséphine… », sur regardencoulisse.com,‎ (consulté le 1er septembre 2013).
  48. Stéphane Ly-Cuong, « Nominations pour les Marius annoncées », sur regardencoulisse.com,‎ (consulté le 1er septembre 2013).
  49. Julie Martinez, « Quelle est votre Périgourdine préférée ? », Sud Ouest,‎ (lire en ligne).

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • José-Louis Bocquet et Catel Muller, Joséphine Baker. Bruxelles : Casterman, coll. "Écritures", 09/2016, 400 p. (ISBN 978-2-203-08840-5).
  • Joséphine Baker et Jo Bouillon, Joséphine, Robert Laffont, 1976 (avec la collaboration de Jacqueline Cartier).
  • Les Mémoires de Joséphine Baker, recueillies par Marcel Sauvage et assorties de 29 dessins de Paul Colin, Éditions Dilecta, 2006 (ISBN 2-9162-7505-3).
  • Brian Bouillon-Baker, Joséphine Baker : le regard d'un fils, (ouvrage coécrit avec Gilles Trichard par l'un des fils adoptifs de Joséphine Baker), Patrick Robin Éditions, 2006 (ISBN 2-35228-005-2).
  • Angélique de Labarre, Visiter le Château des Milandes, Éditions Sud Ouest, 2006 (ISBN 2-8790-1667-3).
  • Emmanuel Bonini, La Véritable Joséphine Baker, Paris, Éditions Pygmalion, 2000 (ISBN 978-2-8570-4616-5).
  • Jean-Marc Loubier, Joséphine, un amour de Simenon. Paris, Durante Éditeur, 2003 (ISBN 978-2-9124-0044-4).
  • Jean-Claude Bonnal, Joséphine Baker et le Village des enfants du Monde en Périgord, Éditions P.L.B 1993-2003 (ISBN 978-2-8695-2042-4).
  • Marianne Stjepanovic et Pauline Sciot (ill.), Joséphine Baker, la danse libérée (mini-biographie jeunesse à partir de 7 ans), Éditions À dos d'âne, 2011 (ISBN 978-2-919372-00-3).
  • Charles Onana, Joséphine Baker contre Hitler, Paris, Éditions Duboiris, 2006. (ISBN 2-9522315-7-5) (notice BnF no FRBNF40175240), 160 p.
  • Michèle Barbier, Tumpie, dite Joséphine Baker, Éditions Alan Sutton, 2005 (ISBN 978-2849102367).
  • Gianni Lucini, Luci, lucciole e canzoni sotto il cielo di Parigi - Storie di Chanteuses nella Francia del primo Novecento), Novara, Segni e Parole, 2014, 160 p. (ISBN 978-88-908494-4-2)
  • Jean-Claude Bouillon Baker, Un château sur la lune. Le rêve brisé de Joséphine Baker, Hors Collection, 2012 (ISBN 978-2-2580-9279-2).

Audio :

  • (de) Das fabelhafte Leben der Joséphine Baker (« La Vie fabuleuse de Joséphine Baker »), collage audio de Peter Eckhart Reichel, CD Duophon, 2006.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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