Hypogées de Fontvieille

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.

Hypogées de Fontvieille
Image illustrative de l’article Hypogées de Fontvieille
Hypogée du Castelet
Localisation
Pays Drapeau de la France France
Région Arms of the French Region of Provence-Alpes-Côte d'Azur.svg Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Blason département fr Bouches-du-Rhône.svg Bouches-du-Rhône
Commune Blason Fontvieille 13.svg Fontvieille
Protection Logo monument historique Classé MH (1889)
Logo monument historique Classé MH (1894)
Logo monument historique Classé MH (1900)
Coordonnées 43° 42′ 38″ nord, 4° 41′ 01″ est
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Hypogées de Fontvieille
Hypogées de Fontvieille
Géolocalisation sur la carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur
(Voir situation sur carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur)
Hypogées de Fontvieille
Hypogées de Fontvieille
Géolocalisation sur la carte : Bouches-du-Rhône
(Voir situation sur carte : Bouches-du-Rhône)
Hypogées de Fontvieille
Hypogées de Fontvieille
Histoire
Époque Néolithique

Les hypogées de Fontvieille, plus anciennement qualifiés d'hypogées d'Arles, ou plus communément d'hypogées d'Arles-Fontvieille, sont des tombes collectives situées sur la commune de Fontvieille dans le département des Bouches-du-Rhône, en France.

Répondant imparfaitement à la définition commune de l'hypogée (entièrement creusé dans le sol), les dénominations « variables, souvent complexes et embarrassées qui ont servi à définir ce type de monuments, traduisent, de façon très révélatrice, les caractères mixtes de leur architecture »[1]. Ces tombes collectives, respectivement dénommées Hypogée de Bounias, Hypogée de la Source, Hypogée du Castelet (ou d'Arnaud-Castelet), et Hypogée de Cordes (ou Grotte des Fées), auxquelles on associe désormais la grotte-dolmen de Coutignargues, ont toutes été découvertes et fouillées au XIXe siècle.

Caractéristiques communes[modifier | modifier le code]

Il ne s'agit pas d'hypogées au sens strict puisque non intégralement creusés dans la roche comme une grotte artificielle, ni de monuments mégalithiques totalement bâtis comme un dolmen. Mais, comme l'expression ancienne d'allées couvertes (Paul Cazalis de Fondouce 1873) l'exprime un peu mieux[2], ce sont des excavations tombales couvertes de dalles mégalithiques.

Ces tranchées comprennent en général trois parties : un couloir d'accès descendant en escalier (les apparentant aux tombes à couloir) menant à une antichambre (plus ou moins individualisée selon les cas), puis à la chambre funéraire proprement dite, assez allongée, de forme rectangulaire ou légèrement trapézoïdale vue de dessus[3].

Ces quatre hypogées sont classés au titre des monuments historiques[Mér 1],[Mér 2],[Mér 3],[Mér 4].

Hypogée de Cordes[modifier | modifier le code]

L'hypogée de Cordes, également appelé Grotte des Fées, ou Hypogée des Fées de Cordes ou encore Épée de Roland, est l'« un des plus impressionnants monuments mégalithiques de l'Europe occidentale »[1]. C'est le plus grand des quatre et il est situé dans la partie occidentale et la plus élevée de la crête de la montagne de Cordes, en face du plateau du Castelet où se trouvent les trois autres hypogées.

Il fut le premier à être exploré et documenté : Louis Mathieu Anibert (1742-1782), Dissertation topographique et historique sur la montagne de Cordes et ses monumens, J.Mesnier Arles 1779. La cavité mesure 42 m de long[1] et s'enfonce à 4 m de profondeur. Elle a, en vue aérienne, la forme d'une épée médiévale d'où son surnom d'« épée de Roland ».

Alors que les trois autres hypogées ont fourni des preuves objectives (ossements humains, objets divers, utilitaires ou de parure) de leur usage comme sépultures collectives, seule la Grotte des Fées fut trouvée vide, comme si son utilisation eût été autre, un sanctuaire peut-être, ce que suggère Jean Guilaine spécialiste de ces monuments (1994, 1998)[3].

Hypogée de Bounias[modifier | modifier le code]

Il fut découvert fortuitement en 1866, ainsi que son alter-ego de la Source, par un certain Bounias, adjoint au maire de Fontvieille, sur le plateau du Castelet, au sud de la route d'Arles et en face du domaine du Castelet. Ces deux grottes ne furent fouillées que dans les années 1870 et celle de la Source révéla les restes d'une centaine d'individus, affirmant le statut funéraire de ces monuments.

Les marches d'une rampe d'accès de 2,50 m de long permettent d'atteindre un vestibule ou antichambre à sol plat de 3,70 m en partie protégé par la première dalle de la couverture mégalithique. Taillée dans la molasse la porte présente une forme trapezoïdale à angles supérieurs arrondis et une épaisseur de 0,50 m[4].

Il faut relever l'erreur typographique de la fiche Mérimée qui écrit Bonnias au lieu de Bounias.

Hypogée de la Source[modifier | modifier le code]

Le plus petit des quatre, il fut ainsi désigné par Paul Cazalis de Fondouce en raison de la présence d'une source, jaillissant au pied de la falaise voisine[5].

Sa longueur totale atteint 16,60 m; sa chambre présente une forme légèrement trapézoïdale allongée et mesure 12 m pour une largeur de 2,70 m près de l'entrée et 1,90 m au fond, sa hauteur variant entre 2,40 m et 2,45 m. Il était recouvert par un tumulus de 38 m de diamètre masquant sept dalles mégalithiques parfaitement ajustées dont la quatrième porte des motifs gravés : une douzaine de cupules, quelques tracés curvilignes et une curieuse représentation sub-circulaire à quatre rayons prolongée par une longue tige recourbée[5].

Ce tumulus était délimité par une tranchée creusée dans la roche dont les restes ont été identifiés par Fernand Benoit sur le côté ouest/nord-ouest, sur une dizaine de mètres. Évidemment les dalles ancrées dans cette rainure et destinées à contenir le remblai, ont aujourd'hui disparu, mais quelques-unes ont été encore décrites par Jacques Latour en 1952[5].

Fouillé pour la première fois, avant 1874 et après son quasi-jumeau de Bounias, par le propriétaire des lieux et donc sans la rigueur scientifique nécessaire ; puis en 1876, avec plus de souci des règles, par Marius Huart (1830-1895), directeur du musée Lapidaire d'Arles ; il livra, outre des ossements et d'autres objets, une petite hache polie, des pointes de flèches, des tronçons de lames, deux canines de renard perforées, un perçoir en silex beige-gris qualifié de « chasséen » par Arnal & Latour, une pendeloque en serpentine, huit perles subconiques allongées en stéatite, une perle olivaire en marbre jaspé vert-clair, une perle subconique et trois petits fragments de plaque en cuivre, un poinçon en tibia de lapin et divers tessons de poterie plus ou moins grossière dont une anse à double mamelon[5].

Galerie souterraine de l'hypogée du Castelet

Hypogée du Castelet[modifier | modifier le code]

Bien que signalé dès le XVIIIe siècle par Véran, il fut le dernier et donc le plus méthodiquement exploré en 1876. Sa singularité est sa rampe d'accès en forme de demi-pirogue[6] et aux marches très étroites à peine ébauchées ou très érodées.

Seul monument accessible au public, les trois autres étant sur des propriétés privées, il se situe juste en contrebas de la route d'Arles, départementale 17, du côté nord, alors que les autres sont au sud, et un kilomètre avant l'abbaye de Montmajour en venant de Fontvieille (juste derrière le panneau indicateur).

Il est appelé aussi grotte Arnaud du nom de la famille propriétaire lors de sa découverte, et encore parfois grotte du Fabre, le faure, forgeron en occitan (là encore la fiche Mérimée est fautive écrivant Forgerin pour forgeron), un forgeron l'ayant un temps utilisé comme atelier et pratiqué pour ce faire une ouverture quadrangulaire dans la troisième dalle de couverture, la cheminée du faure[6]. Il appartient aujourd'hui à la commune de Fontvieille.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jean Guilaine, La Mer partagée ; La Méditerranée avant l’écriture, 7000-2000 av. J.-C., Éditions Hachette, 1994
  • Jean Guilaine, Au temps des dolmens ; Mégalithes et vie quotidienne en France méditerranéenne il y a 5000 ans, Éditions Privat, 1998
  • Jean Guilaine, Les Hypogées protohistoriques de la Méditerranée : Arles et Fontvieille, Errance - Acte Sud, , 2 p. (ISBN 978-2-87772-544-6). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Roger Joussaume, « Les hypogées de Fontvieille », Bulletin du Groupe Vendéen d’Études Préhistoriques, no 50,‎ , p. 101-104. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Gérard Sauzade, « Les monuments mégalithiques de Fontvieille, près d'Arles (Bouches-du-Rhône) », dans Congrès Préhistorique de France - Compte rendu de la XXe session - Provence - 1-7 juillet 1974, Paris, Société préhistorique française, , 627 p., p. 17 Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Sauzade 1977
  2. Guilaine 2015, p. 16.
  3. a et b Joussaume 2014.
  4. Guilaine 2015, p. 61-67.
  5. a b c et d Guilaine 2015, p. 74.
  6. a et b Guilaine 2015, p. 86.
  7. « L'énigme de la grotte des Fées », Documentaires, sur passesimple.net (consulté le 20 mai 2018).
Références base Mérimée