Comité européen pour le progrès économique et social

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Le Comité européen pour le progrès économique et social (CEPES) est un organisme de réflexion patronal transnational, proeuropéen, néolibéral et atlantiste, fondé en 1952 ; il a fonctionné jusqu'en 1967. Il est composé d’industriels et de banquiers, issus de pays fondateurs de la CECA.

Origines[modifier | modifier le code]

Le CEPES est né à l’initiative de la Fondation Ford dirigée par Paul G. Hoffman[1] de novembre 1950 à 1953, membre du board de l'American Committee on United Europe (ACUE), en liaison avec le Committee for economic development ( CED )[2] - Hoffman est membre du CED, qu'il a présidé de 1942 à 1948 -, et de l'universitaire germano-américain Karl Brandt, professeur à Stanford, dans le contexte de la guerre froide et de la politique américaine du « containment ». L’origine du CEPES remonte à l’année 1951. Des conversations, des échanges de courriers, la venue d'Hoffman et de Brandt en Europe, en janvier et février 1952, des réunions plénières tenues à Paris en février 1952 et à Bruxelles en juillet 1952, poursuivies en 1953 et 1954 à Francfort et à Milan, jetèrent les bases du CEPES. Un Belge, l'industriel Henri de Lovinfosse, un patron marqué par la doctrine sociale de l'Église, membre atypique de la Société du Mont-Pèlerin où il pu rencontrer Karl Brandt (économiste) (en), joue un rôle important dans la formation du CEPES[3]. Il dirige l'équipe belge, dont font partie deux intellectuels qui sont loin d'être des libéraux, le philosophe catholique Gustave Thibon[4], pourtant français, et l'ami de ce dernier, l'intellectuel maurrassien Marcel de Corte[5], professeur de philosophie à l’Université de Liège, et éditorialiste incisif au quotidien catholique La Libre Belgique, de 1950 à 1966. Thibon est alors l'un des deux vice-présidents de l’association Les Amitiés franco-espagnoles, avec le banquier Marcel Wiriath, fidèle de Charles Maurras et défenseur de Pétain. Fondée en 1950, elle est présidée par Henri Massis et le général Maxime Weygand est son président d’honneur[6]. Thibon et de Corte collaborent à la revue fédéraliste et proeuropéenne de La Fédération Fédération d'André Voisin et de Jacques Bassot. L'équipe belge quitte le CEPES vers 1955. Les dirigeants du CEPES se rencontrent cette année-là à Palerme[7].

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Le CEPES est dirigé par un comité directeur, formé des présidents des groupes nationaux. C’est l’Italien Vittorio Valletta (1883-1967), P-DG de Fiat de 1945 à 1966, qui le préside. Sont vice-présidents le président du groupe allemand - Walter Bauer (1901-1968), industriel du textile, directeur général de la Valentin Mehler AG à Fulda [8]- et le président du groupe français.

Groupe français du CEPES[modifier | modifier le code]

Dirigeants et membres[modifier | modifier le code]

C'est l'ancien ministre de Vichy François Lehideux qui fut choisi par les Américains pour fonder et présider le groupe français du CEPES. Sans doute en raison de ses liens avec Henry Ford II, membre du conseil d'administration de Ford France et du CED: Lehideux est P-DG de Ford France de 1950 à 1953.

Le trésorier et cofondateur du CEPES français, puis vice-président, est lui aussi le dirigeant d’une filiale française d’un groupe américain, Eastman-Kodak Company : Alfred Landucci (1897-1962), P-DG de Pathé-Kodak de 1946 à 1951 puis président de son conseil d’administration[9], membre du comité directeur du CNPF et vice-président de l'Union des industries chimiques. A-t-il été influencé par Marion B. Folsom, « treasurer » depuis 1935 et membre du « board of directors » depuis 1947 d'Eastman-Kodak ? Folsom est en effet l'un des fondateurs du C.E.D. avec Hoffman, et son « chairman of the board » de 1950 à 1953. Ce républicain est membre aussi de l'Atlantic union committee en 1951[10]. L'autre vice-président est un industriel du coton pétainiste, Georges Laederich. Et Lehideux, et Laederich ont connu les rigueurs de l'épuration à la Libération. À l'inverse, Landucci est présenté comme un patron résistant lorsqu'il est promu officier de la Légion d'honneur en 1948[11]. Tous trois avant la guerre ont fait partie de la mouvance "nationale". Laederich, membre de la Fédération républicaine, a appuyé les Croix de feu et a animé une officine patronale destinée à combattre le Front populaire, la CGT et le communisme. Le duc Joseph Pozzo di Borgo indiqua au chef des Croix de feu en juin 1936 que l'Union des industries chimiques que Landucci représentait souhaitait un entretien, en clair qu’elle voulait « soutenir financièrement » le mouvement de François de La Rocque[12]. Lehideux a fondé « des groupements PPF, PSF, des syndicats chrétiens, et d'autres syndicats encore » au sein des usines Renault, pour faire pièce à la CGT, même s'il a fini par laisser « s'éteindre l'activité dangereuse et combative de ces groupes »[13].

Les Américains sont en tout cas conscients du passé pétainiste de Lehideux ou Laederich; ils en sont venus à considérer qu'il n'était pas possible de ne rallier que des résistants : « In France particularly was it necessary to abandon any effort to weed out men who had served their country only under the barrel that finally proved to be successful »[14]. D'autant que Lehideux a rompu avec son passé vichyste: il fait désormais partie depuis 1950 d'un autre réseau transnational auquel appartiennent Valletta et Paul G. Hoffman, Fraternité mondiale, qui milite pour «promouvoir la justice, l'amitié, la compréhension et la collaboration entre gens de toutes races, nations et religions».

Lehideux, Landucci et Laederich ont participé à New-York en décembre 1951 à la première conférence tenue entre industriels américains et ouest-européens. La délégation française était menée par le président du CNPF, Georges Villiers. D'autres industriels parmi lesquels l'Italien Valletta et deux patrons qui vont fréquenter le CEPES à ses débuts, Goüin et Thierry-Mieg, y prirent part aussi. Ils ont pu y rencontrer Paul Hoffman, qui a donné un exposé lors de cette conférence[15]. Landuci est vice-président du comité France-Actuelle, doté de bureaux à Paris et à Washington, fondé en 1951 par Georges Villiers et Robert Lemaignen, P-DG de la Société commerciale d’affrètements et de commission (SCAM), pour contrer la mauvaise image de la France. Ce comité diffuse aux États-Unis et en France des études destinées à renseigner les élites américaines sur le dynamisme de la France et de ses entreprises. Lehideux et Laederich en sont membres[16].

Trois autres hommes animent le CEPES français: Claude Popelin, jusqu'en 1954[17], René Belin, chargé d'un rapport sur les salaires, discuté à la réunion de Bruxelles de juillet 1952, secrétaire général jusqu'en 1959[18], et Pierre Vigne. Popelin est le secrétaire général originel du CEPES français. Ancien « maréchal » des Volontaires nationaux de François de La Rocque et ancien dirigeant du Parti populaire français avant-guerre, ancien avocat à la Cour de Paris, il a été coresponsable de la délégation parisienne du Secrétariat à l’information et à la propagande, en tant que chargé de mission de Paul Marion, secrétaire d'État à l'information et ancien du PPF (mai-décembre 1942), avant de rejoindre le général Giraud à Alger en mai 1943 – il avait fait partie de son état-major en 1939. C’est un proche de Lehideux ; il a été chef du service de presse du comité d’organisation de l’automobile puis a fait partie de son cabinet, comme chargé de mission, en 1941. Lehideux l’a nommé attaché de direction générale de Ford-France pour les relations publiques, de 1950 à 1953[19]. Comme Lehideux, l'ancien syndicaliste CGT René Belin est un ancien ministre de Vichy. Après son exil en Suisse de 1947 à 1949, et depuis le non-lieu en janvier 1949 dont il a bénéficié, Belin s’intéresse encore aux questions syndicales; il a appuyé pour lutter contre la CGT et les communistes les efforts de la Confédération générale des syndicats indépendants. Il a pris la direction de la Revue syndicaliste ( 1949-1954 ) et collabore à Travail et liberté, sous le pseudonyme de Paul Brière. Dans ses mémoires inachevées, Lehideux affirme l’avoir rencontré avant-guerre aux rencontres de Pontigny. Et ils sont demeurés en contact après la fin du gouvernement Darlan. Selon Belin, « c’est Lehideux dont j’avais fait en 1940 un commissaire au chômage » qui l'a appelé au CEPES et qui lui proposa la fonction de secrétaire général, en 1952. Il le sera vers 1954-55. Ce qui a pour lui « le double avantage de lui ouvrir des horizons inconnus et de comporter une rémunération régulière ». C’est que Belin entend « vivre de sa plume » ; il a « refusé de pantoufler dans le commerce ou l’industrie où l’auraient volontiers accueilli certains de ceux qu’il avait connus lors de son passage au ministère »[20]. Il collabore aussi à l'éphémère hebdomadaire Le Présent ( 1952-53 ), de Claude-Joseph Gignoux, et à des périodiques de la droite politique, Paroles françaises, revue fondée en 1946 par le résistant et député anticommuniste André Mutter, organe du Parti républicain de la liberté ( PRL ), et France indépendante, l’hebdomadaire du CNIP, à la demande de Roger Duchet. Pierre Vigne, quant à lui, est secrétaire du groupe français avant de devenir son secrétaire général en 1959. C'est un permanent de l’Union des industries chimiques: il dirige son service fiscal et financier [21].

D'autres patrons sont membres du CEPES français en 1952[22]: Bernard Thierry-Mieg, ancien animateur avant guerre de l'Alliance corporative des industries textiles du Haut-Rhin [23], Henry Goüin, héritier de la riche famille Goüin, P-DG de la société Batignolles-Châtillon[24] – Laederich a été administrateur de cette société durant l'Occupation -, Jacques Warnier, membre en 1952 du conseil de direction du Centre des jeunes patrons, et ancien président ( 1947-51 )[25], Francis Gernigon (1887-1960), DG de la société française du chocolat Suchard, filiale d’un groupe suisse[26], Raymond Dreux, DG de la Société commerciale d’affrètements et de commission (SCAM)[27], Serge Scheer, dirigeant de la filiale française d’un groupe américain, la Standard des pétroles (Esso)[28], Pierre Laguionie ( 1884-1978), des magasins du Printemps, membre du comité directeur du CNPF, l’un des 7 vice-présidents du comité français de la Chambre de commerce internationale[29] - Lehideux a pu le côtoyer au Comité d'études pour la France en 1941-42[30] -, Bernard Toulouse, président des Docks de France et DG de Paridoc[31], Pierre Baruzy, qui rejoint le CEPES vers 1952-53. Ainsi qu'un cadre, Henri Migeon, secrétaire général de la Télémécanique électrique depuis 1944[32]. Et deux animateurs d’associations, Marcel Ribière (1892-1986), conseiller d'État honoraire (1950), président en 1948 de sociétés d'assurances, délégué général du syndicat des fabricants de produits pharmaceutiques, et Paul Voisin, secrétaire général de la Fédération des sociétés anonymes d'HLM et directeur de 1929 à 1969 du Foyer rémois, une société d’habitations à bon marché fondée en 1912, possédant des cités-jardins couplées à un réseau d'œuvres sociales (Maison de l'enfance, Maison commune)[33]. Certains de ces membres du CEPES ont été pétainistes, tels Marcel Ribière, préfet des Alpes-Maritimes sous l’Occupation, de 1940 à 1943[34], ou Paul Voisin, qui fut le délégué départemental de la Marne du Secours national de 1939 à 1945. Fondateur du Comité d’études et d’aménagement de Reims, fondé en 1943 avec l’appui du gouvernement de Vichy et sous un vocable corporatiste et communautaire, Voisin a été désigné membre en 1941 du comité provisoire du Rassemblement pour la Révolution nationale, comme aussi Baruzy, qui est cependant titulaire de la médaille de la résistance. Ce comité était un organisme concurrent de la Légion des combattants, qui devait réfléchir à la mise en place d’un mouvement de masse visant à « assurer au nouveau régime ses assises et briser l’activité renaissante de certaines organisation [ le PCF ] », mais qui n’eut qu’une existence éphémère[35].

Ce sont des patrons catholiques pour la plupart, tels Toulouse, Lehideux, Landucci[36], ou Voisin, qui a été comme Warnier membre du secrétariat social du diocèse de Reims à partir de 1935. Mais de sensibilité diverse[37]. Gernigon est alors un des dirigeants du Centre français du patronat chrétien ( CFPC ); Dreux va être vice-président et président de la commission des études du CFPC[38]. Warnier, Dreux et Migeon sont les gérants d'une petite revue trimestrielle, Sources, fondée en 1950 par des catholiques « unis par le travail et l'amitié et désireux de faire passer leur foi dans leurs actes ». C'est une énième revue de la troisième voie, entre libéralisme et socialisme[39]. Warnier est un ancien militant du corporatisme chrétien. Baruzy a aussi milité en faveur du corporatisme. Comme Laederich, Thierry-Mieg est protestant.

Enfin, Gustave Thibon, chargé d’un rapport introductif sur la liberté lors de la réunion de Bruxelles, débattu ensuite, est intégré à l'équipe française fin juillet 1952, sur la recommandation de Warnier[40].

En 1952, Landucci, Warnier et Laederich sont en parallèle partie prenante dans la naissance d'un autre organisme patronal, le Centre de recherche des chefs d’entreprise (CRC), un club de pensée lié au CNPF, fondé par le président du CNPF Georges Villiers et par Warnier, membre coopté au comité directeur du CNPF et premier président du CRC[41]. Laederich, Baruzy et Warnier discutent aussi de la formation de ce qui va devenir en 1954 le Centre d'études politiques et civiques, fondé par Laederich[42].

Dans les années qui suivent, le CEPES français tente de renforcer ses liens avec le CNPF. Georges Villiers assiste à un dîner le 15 février 1955 au cours duquel Lehideux affirme que le syndicat patronal a « toujours été informé de tout ce qui touche au CEPES et (que) c'est avec son approbation » que les Français ont contribué à le fonder en 1952. Tandis que Lehideux fait part d'une « volonté de loyale et cordiale collaboration », Villiers souhaite que le CEPES vienne « à la rescousse et nous aide car nous avons besoin d'organismes d'études comme le vôtre ». D'autant qu'il s'appuie sur la SEDEIS ( Société d’études et de documentation économique, industrielle et sociale ) de Bertrand de Jouvenel, soutenue par le CNPF[43]. Ce-dernier présente un rapport sur le problème de l'industrie française devant la prespective de l'intégration européenne lors du dîner. Pierre Baruzy, vice-président du CEPEC, a également pris la parole au dîner en tant que président du comité européen d'organisation scientifique. Le CEPES français comprend en mai 1955 65 patrons[44]. N'en font plus partie Warnier, Toulouse, Gernigon, Thierry-Mieg, Goüin, Toulouse, Paul Voisin, Migeon, Thibon. Sont encore membres Laguionie, Scheer, Ribière, Dreux. Ont apporté leur adhésion: Jean Delorme, P-DG de L'Air liquide, Jean-Jacques Guerlain, Robert Lemaignen, Malcor, président de la Compagnie des forges et aciéries de la marine et d'Homécourt, Étienne Perilhou, président des Établissements Kuhlmann, Paul Huvelin, vice-président de Kleber-Colombes et futur président du CNPF, Pierre Beytout, président de Roussel-UCLAF, Maurice Brulfer, président de Progil, Robert Cayrol, vice-président de la Compagnie française des pétroles et président de Desmarais frères[45], Marcel Demonque, DG de Lafarge ( et vice-président du CEPEC, président d'un groupe d'études du CRC ), Gillet, P-DG de Poliet et Chausson, Arnaud de Vogüé, président de Saint-Gobain, Jean-Edouard Senn, Henri Théodore Pigozzi, de Simca, etc. Des animateurs d'organisations syndicales comme Pierre de Calan et Henry Davezac[46], vice-président délégué général depuis 1937 du syndicat général de la construction électrique, membre du comité directeur du CNPF. Un seul représentant d'une banque, l'ancien secrétaire général de la police du régime de Vichy René Bousquet, alors secrétaire général de la Banque de l'Indochine.

Ces patrons n'entrent pas au conseil d'administration du CEPES français, à l'exception de Raymond Dreux, Davezac et Jean Gasiorowski, président de la Société des produits chimiques d'Auby. Deux autres membres du conseil sont des amis de Lehideux: Charles Vidal, directeur des Ets Roure-Bertand fils et Justin Dupont, une entreprise de la parfumerie, et André Reynaud, P-DG de la société Lorraine à Lunéville et membre du conseil supérieur du Centre des hautes études américaines[47].

Lehideux, devenu P-DG de Commentry-Oissel après son échec chez Ford, reste président du groupe français du CEPEC jusqu'en 1959, puis siège à son comité directeur. Landucci demeure vice-président du groupe français du CEPES jusqu'à son décès en janvier 1962, emporté par une embolie pulmonaire[48]. Laederich demeure l'un des vice-présidents jusqu'en 1965 ou 1966; mais il est surtout président du Centre d'études politiques et civiques[49].

Jean-Edouard Senn[50], un négociant cotonnier, membre du comité depuis 1959, succède à Lehideux. S’il est protestant comme Laederich, il s’est en revanche engagé dans la résistance, aux côtés des Français libres à partir de 1943. Il est médaillé des services volontaires de la France libre. Le groupe français du CEPES est dès lors aux mains de trois administrateurs de la Société alsacienne de constructions mécaniques (SACM) : Senn, administrateur depuis 1949, Laederich, administrateur à partir de 1952 après l'avoir été de 1935 à 1944, et le polytechnicien et ingénieur des Ponts-et-chaussées Roger Boutteville, président de la SACM de 1955 à 1964, vice-président du groupe français du CEPES à partir de 1958 ou 1959[51]. Boutteville quitte toutefois le CEPES, Charles Vidal le remplace en 1965 comme vice-président.

Le comité français du CEPES s'est alors étoffé, et comprend 13 autres membres dans les années 1960, pour la plupart de nouveaux entrants, patrons d'entreprises privées[52]: le métallurgiste Lucien Arbel, P-DG des Ets Arbel[53], Jean Gasiorowski, Georges Gallienne[54], président de l’Union routière de France depuis 1946, et l’inamovible président du syndicat français des textiles artificiels (1948-1974), Jean de Précigout, vice-président et futur président (1966-73) de l’Union des industries textiles, qui a animé avec Robert Lemaignen la commission des affaires européennes du CNPF à partir de 1956[55]. En est membre aussi le dirigeant d’une entreprise paraétatique, Jean-Paul Delcourt, P-DG de la Société Nationale des Pétroles d'Aquitaine de juin 1961 à son décès en 1965, à 45 ans[56]. Le comité comprend aussi des permanents de syndicats patronaux, bons connaisseurs des affaires européennes. C’est le cas de l’énarque et futur sénateur-maire de Vincennes Jean Clouet (homme politique), qui a suivi à Bruxelles pour le compte du CNPF les pourparlers relatifs à l’établissement du Marché commun, avant de devenir secrétaire général de la Chambre syndicale des constructeurs d’automobiles en 1955, puis délégué général en 1965 de la Fédération nationale des travaux publics, et du polytechnicien René Sergent, vice-président délégué de 1960 à 1969 du syndicat général de la construction électrique. Ce fils du banquier Charles Sergent est inspecteur général des finances honoraire. Il est l’ancien secrétaire général adjoint pour les questions économiques et financières de l’OTAN (1952-55) et l’ancien secrétaire général de l’OECE (1955-60). Deux cadres dirigeants complètent le comité : Gilbert Cazes, du Crédit lyonnais[57] Robert Wirth, adjoint au président de la SCAM (en l'occurrence Dreux, qui a quitté le comité). Il faut noter l'entrée au comité d'un permanent patronal discret, Patrice Leroy-Jay, chef du service du secrétariat général du CNPF et conseiller personnel de Georges Villiers : sa présence au comité d’administration permet de consolider le lien entre les dirigeants du CNPF et le CEPES[58].

Trois membres du comité au moins sont parallèlement membres du conseil d'administration du groupe français de la Ligue européenne de coopération économique: Boutteville, depuis au moins 1957, et Georges Gallienne, rejoints par René Sergent. Des membres du CEPES ont participé aux réunions internationales de la LECE. Tel l'ancien député et ancien préfet de Vichy Georges Potut, directeur de la revue Banque, qui assista à la conférence internationale de la LECE en 1953 avant de figurer dans la délégation du CEPES à la conférence internationale de la LECE en 1956 à Bruxelles, aux côtés de Charles Vidal et Pierre Vigne, ou bien Jean Clouet et Jean Deflassieux, fondé de pouvoirs du Crédit lyonnais et futur président de cette banque et futur président de la section française de la LECE, et socialiste, qui assistèrent à la conférence internationale en 1960, puis à celle de 1963, comme membres de la délégation du CEPES aux côtés de Senn. Ce qui illustre la porosité entre le CEPES et la LECE[59].

Objectifs et travaux du CEPES français[modifier | modifier le code]

Le groupe français du CEPES veut en 1955 « apporter une voix mesurée et réaliste car pleinement averti des difficultés, des conséquences et du caractère quasi-fatal de l'intégration européenne de l'Europe ». Il a toujours soutenu au sein du CEPES une « opinion modérée quant aux perspectives européennes ». Sa préoccupation est de « défendre le maximum d'idées libérales dans la construction économique de l'Europe ». Il affirme plus ouvertement son libéralisme : « L'Europe a un peu trop de soutien dirigiste et pas assez de soutien libéral. L'esprit libéral est un tout ; il n'y a pas de liberté politique, intellectuelle, sociale ou religieuse s'il n'y a pas d'abord la liberté écononomique ». Le CEPES français prône donc une « Europe de la libre-entreprise, une Europe de la liberté attachée à construire pour ses populations un progrès social fondé sur un progrès économique qui respecte lui-même les valeurs humaines »[60].

Les buts du CEPES et les principes de sa doctrine, celle du groupe français du moins, sont affirmés la même année dans une brochure[61] : « la recherche par la voie de travaux scientifiques du progrès économique et social en Europe », la « recherche objective et désintéressée des moyens par lesquels l’Europe peut accroître sa puissance économique en vue de soutenir un constant développement du progrès social ». Préparer « l’évolution économique inéluctable » car le « temps est révolu des ensembles économiques limités par les frontières, enserrés entre les États de surface et de puissance continentales ». Il s’appuie sur quatre idées-forces, quatre principes : le respect « des droits essentiels de la personne humaine », la « reconnaissance des devoirs qui en sont la contrepartie », la « recherche de la plus grande justice sociale dans l’amélioration continue des niveaux de vie », et enfin la « sauvegarde de l’efficacité économique maxima par la défense de l’entreprise libre ». L’insistance sur les devoirs, sur le respect de la « personne humaine » (et non des droits de l’Homme) et sur la justice sociale s’inscrivent dans la tradition de la doctrine sociale de l’Église et du christianisme social ainsi que du libéralisme social. Quant à la « défense de l’entreprise libre », elle s’inscrit dans la tradition antiétatiste du patronat français, réactivée dans le contexte du dirigisme mis en place par l'État à la Libération, à la suite de Vichy. Lehideux est alors attentif aux questions sociales. Lors de la réunion du CEPES à Palerme en 1955, il affirme qu'une des causes des difficultés français réside « dans la médiocre qualité de nos rapports sociaux actuels ». Or « pour une part sans doute décisive le destin de l'Europe sera ce que seront les rapports entre les masses ouvrières et paysannes et les dirigeants de nos pays, et par dirigeants, j'entends aussi bien les chefs politiques que les chefs de l'industrie, dont les responsabilités se complètent »[62]. Cette année-là, Valletta, Lehideux, Bauer devaient prendre la parole dans une réunion publique le 30 septembre 1955 à Francfort, aux côtés de trois invités : Bernardo Mattarella, ministre italien du commerce, Ludwig Erhard, ministre allemand des affaires économiques et l'ancien président du conseil français Paul Reynaud. Devaient aussi y assister Serge Scheer, Troy, administrateur de Simca, André Reynaud, Raymond Camus, gérant des Ets Camus, Pierre Vigne, le secrétaire du groupe français, ainsi que René Belin. Mais cette réunion a été annulée du fait de l'empêchement d'Ehrard et de Mattarella[63].

Contrairement aux groupes allemand et italien, le groupe français a été peu actif et a peu publié d'études en français, hormis une brochure en 1955 intitulée Contribution européenne à l’expansion des pays sous-développés. Début 1955, Lehideux compare les trois groupes du CEPES. Le groupe allemand est « très nombreux et éminemment représentatif, solidement organisé, doté de moyens financiers importants, dynamique ». Le groupe italien, « fort et prudent », « n'a cessé d'appeler au développement du groupe français pour ne pas demeurer en tête-à-tête avec le groupe allemand ». Alors que la progression (du groupe français) a été ralentie par les débats qui ont abouti au rejet de la Communauté européenne de défense, « dans un pays qui a montré le plus de réticences à l'idée européenne, avec des patrons qui ont peur, qui hésitent, qui exigent précautions après précautions ». C'est pourquoi le groupe français n'a pas poursuivi ses efforts de recrutement. Il n'a pas fait traduire la première étude intitulée The best way to european economic integration qui postule que « le retour de la convertibilité des monnaies est la seule méthode efficace pour développer les échanges internationaux ». Alors que le groupe allemand a un budget d'environ 20 millions de francs, le groupe italien de 15 millions, Landucci estime les besoins du groupe français à 8 millions, qui peuvent être apportés par 80 adhérents versant chacun 100 000 francs. « Sinon vous allez m'obliger à prendre mon bâton de pèlerin et à m'en aller le long des route faire un métier que je n'aime pas, très franchement »[64].

Certains de ses animateurs (Landucci, Belin, Reynaud, Vigne et Vidal) sont cependant membres de divers comités transnationaux du CEPES mêlant des patrons et des experts (« research and policy committee », dirigé par l'Allemand Theodor Steltzer[65], « business cycles committee », dirigé par l'Allemand Paul Binder). Ces comités comprennent des experts français comme Georges Potut, Roger Noly[66], Jacques Plassard, économiste du patronat français[67], ou l'économiste catholique Achille Dauphin-Meunier, animateur du Centre des hautes études américaines[68]. Plusieurs membres du comité du CEPES ont été des habitués des déjeuners mensuels de ce Centre (René Belin, Marcel Ribière, André Reynaud, membre en outre de son conseil supérieur, Boutteville, et, dans une moindre mesure, Lehideux). Belin a collaboré à la Nouvelle revue de l'économie contemporaine de Dauphin-Meunier et Lehideux a figuré au comité de patronage de cette revue.

René Belin s’exprime dans les colonnes du bulletin de la SEDEIS de Bertrand de Jouvenel, à destination du patronat français : il y publie un article sur « la zone de libre-échange » en Europe, sous le pseudonyme de Bertrand Gauderic; c'est une prise de position ferme contre une zone de libre-échange[69]. Il s’exprime aussi dans les colonnes de La Vie française, faisant remarquer par exemple que le Marché commun européen amène « à pratiquer une même politique commerciale dans des pays qui (…) pratiquent des politiques économiques contraires ». En novembre 1958, il donne une conférence aux membres français du CEPES présidée par Lehideux, sur le Marché commun : il y affirme que « les dangers que pouvaient faire courir la réalisation de la Communauté économique européenne avaient été fortement exagérés ». Une brochure de 32 pages aurait alors été publiée, Propos sur la zone de libre-échange, rédigée par Belin[70]. En voyage d’affaires aux États-Unis, Lehideux déclare fin 1958 : « Il est absolument nécessaire pour l’Ouest et le monde libre d’avoir une Europe riche et solide. Le seul moyen d’avoir cela, c’est d’unir ces pays et le premier pas est l’économie »[71]. En juin 1960, le CEPES français apporte son concours au colloque organisé à Nice par l’association des juristes européens sur les aspects de l’entrée en vigueur du traité de Rome ; Belin y souligne « le caractère d’urgence de l’harmonisation des droits »[72] .

Coopération avec le CED[modifier | modifier le code]

Le groupe français du CEPES est resté en relation avec ses partenaires américains du CED. Ils coopèrent pour la rédaction d'études en anglais. Par exemple sur le marché commun européen en 1958-59[73]. Le CEPES français invite les Américans du CED à une conférence internationale à Paris, les 4 et 5 juin 1962, qu'il organise, consacrée à la planification. Elle a pour but de montrer aux industriels, experts et universitaires étrangers invités (ceux du CEPES allemand et italien, dont Bauer et Valletta, du CED, d’organisations patronales suédoise, britannique et japonaise) les caractéristiques de la planification à la française, et de la comparer aux plans d’autres pays. Parmi les personnalités françaises, on note Pierre de Calan, délégué général du syndicat général de l’industrie cotonnière, Paul Huvelin, membres du CEPES, Émile Roche, président du conseil économique et social, qui préside la session d’ouverture, le sénateur André Armengaud, président de la commission économique et monétaire au Parlement européen, Pierre Massé, commissaire général au plan, Claude Gruson, DG de l'INSEE, Félix de Clinchamps, des papeteries Navarre, président du comité des industries du IVe plan, Bertrand de Jouvenel, chargé de conclure les travaux. Les débats ne se caractérisent pas par une attaque en règle de la planification, bien au contraire, ce qui provoque l'étonnement du journaliste du Monde : « Il était naturel que les représentants de l'État prêchassent pour leur saint. On fut davantage surpris de voir des représentants de l'industrie française privée emboucher unanimement les trompettes, prendre en quelque sorte le plan à leur compte, « faire l'article » et le présenter comme un de nos meilleurs produits d'exportation ». Même s'il note cette réflexion d'un des responsables de l'industrie automobile française après avoir entendu bon nombre des exposés : « C'est un procès de béatification sans avocat du diable »[74].

Le CEPES mena aussi des discussions avec ses partenaires du CED à propos de questions douanières. Par des « échanges de vues », le CEPES a pour objectif au cours des années 1960 de « contribuer au développement d’une économie européenne intégrée fondée sur le libre jeu des lois économiques et la défense de l’entreprise privée ». Pour autant, il ne s’agit pas de promouvoir un libre-échange intégral, du moins selon Laederich et Senn. Citant en effet ce-dernier, Laederich dénonce dans le numéro de juin-juillet 1959 de la revue Les Essais, « les doctrinaires du libre-échange » et leur préfère « une organisation professionnelle ou syndicale aussi nécessaire à l’intérieur du pays que dans les échanges internationaux ». Il est favorable à des « échanges libres limités à des zones où les conditions de vie et de travail sont proches et peuvent s’unifier par le rapprochement des législations » et réclame une « discipline de production qui gagnerait à être librement consentie par les professions elles-mêmes », et non par un quelconque dirigisme.

Les 23 et 24 mai 1963, le groupement français du CEPES organise une réunion pour « examiner les relations économiques entre l’Europe et les États-Unis ». La réunion eut lieu au château de Jouy, appartenant au CRC, grâce à son nouveau président, Paul Huvelin[75]. Des chefs d’entreprise et des universitaires s’y rencontrèrent, avec des représentants des groupements italien et allemand du CEPES, de groupements patronaux suédois et britanniques et du CED américain (son président, Alfred Neal, le vice-président de la Standard Oil, le chairman de Gillette, etc). Les Américains y soumettent un projet d’étude sur les relations économiques entre les États-Unis et l’Europe. Apparaissent des désaccords entre Américains et Européens. Les Américains soulignant l’importance de la réduction des tarifs douaniers, leur objectif prioritaire, fondée sur la méthode des « réductions équilinéaires » des tarifs tandis que les Européens, avec Jean de Précigout, membre du comité du groupe français du CEPEC, et Godard, vice-président délégué de l’UIMM, mettent en avant « l’importance des problèmes non-tarifaires » et la « nécessité de l’abandon de la méthode des réductions équilinéaires » lorsque les protections douanières présentent de fortes disparités. L’année suivante, alors que vont s’ouvrir des négociations du GATT – l’ancêtre de l’Organisation mondiale du commerce -, le groupe français déclare qu’il est « essentiel que les négociations du GATT ne mettent pas en péril l’unification européenne qui, limitée actuellement au domaine économique, devra progressivement s’étendre au domaine politique afin que l’Europe puisse enfin prendre dans la conduite des affaires du monde libre la part de responsabilité qui lui revient ». Les objectifs du CEPES, selon le groupe français, sont alors le développement du « partnership atlantique » et du commerce international. Il fait appel au « sens de responsabilités » des patrons et des négociateurs, souhaite une « franchise mutuelle » entre les États-Unis et la C.E.E. et entend « conserver, tout en l’améliorant, le système existant déjà fondé sur la libre entreprise ». Mais les patrons européens et américains s'opposent encore. En novembre 1965, Senn participe à une réunion sur les échanges Est-Ouest à Washington, organisée par le CED et le CEPES, à laquelle participe aussi le rapporteur général de la commission des relations économiques internationales du CNPF. La réunion a pour objet de préparer un texte commun aux Européens, Américains et Japonais sur les grandes lignes de l’attitude à adopter avec les pays communistes[76].

Cause ou conséquence, le CED américain cherche à partir de 1967 un nouveau partenaire en France : ce sera le Centre d'études et de recherches des chefs d'entreprises ( CRC )[77].

Sources[modifier | modifier le code]

  • Anne-Myriam Dutrieue, « Le CEPES, un mouvement patronal européen ? ( 1952-1967 ) », dans Michel Dumoulin, René Girault, Gilbert Trausch ( dir. ), L’Europe du patronat : de la guerre froide aux années 1960, Berne, Peter Lang, 1993,
  • Gérard Bossuat, Georges Saunier, Inventer l’Europe : histoire nouvelle des groupes d’influence et des acteurs de l’unité européenne, Peter Lang, 2003, p. 329 ( article « La fondation Ford et l’intégration européenne » )
  • Sigfrido M. Ramirez Pérez, « The European Committee for Economic and Social Progress : business networks between Atlantic and European Communities », dans Wolfram Kaiser, Brigitte Leucht, Michael Gehler, Transnational networks in regional integration : governing Europe 1945-1983, Palgrave MacMillan, 2010, p. 61-84
  • Sigfrido M. Ramirez Pérez, « Proyectos de globalizacion economica e integration europea : las empresas multinationales entre guerra fria y tercer mundo ( 1950-1970 ), Puente@Europa, ano IX, no 2, diciembre 2011 ( en ligne )
  • Jean-François Colas, Patronat et réseaux d'influence: l'exemple de Georges-René Laederich, ou les ambiguïtés du néolibéralisme chrétien, dans Collectif, Histoire de l'Europe libérale, Libéraux et libéralisme en Europe, XVIIIe-XXIe siècle, Nouveau monde éditions, 2016, p. 265-280

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Sur Paul Hoffman, cf. Alan R. Rocher, Paul G. Hoffman : architect of foreign aid, University Press of Kentucky, 1985
  2. Chester C. Davis, « associate director » de la Ford foundation, est membre de la commission d'études du CED, et membre aussi de l'Atlantic Union committee
  3. Sigfrido M. Ramirez Pérez, « The European Committee for Economic and Social Progress : business networks between Atlantic and European Communities », op. cit., p. 62. Henri de Lovinfosse (1897-1977) est le patron de la société Manta (Manufactures textiles) et administrateur de la société des usines cotonnières de Belgique (de Gand). Sur son engagement à la société du Mont-Pèlerin et ses relations avec Wilhelm Röpke, cf. Serge Audier, Néolibéralisme(s), Grasset, 2012
  4. Thibon a cosigné en 1951, avec Henri de Lovinfosse, un ouvrage portant sur la « solution sociale » du problème des relations entre patrons et ouvriers, s’appuyant sur la doctrine sociale de l’Église. Lovinfosse a fait paraître en Belgique un périodique (Le Billet de Waasmunster), dans lequel Thibon a écrit durant 30 ans, à partir de 1964.
  5. Cf. pour son itinéraire intellectuel Francis Balace, « Les maurrassiens belges après 1945 » dans Olivier Dard, Michel Grunewald, Charles Maurras et l’étranger, l’étranger et Charles Maurras, Peter Lang, 2009, p. 80- 86, et pour ses relations avec Jacques Maritain, qui l’a influencé et qu’il critiquera sur la question de l’antisémitisme chrétien, Bernard Hubert (dir.), Jacques Maritain en Europe : la réception de sa pensée, Beauchesne, 1996, p. 157-162. Cf. aussi le site http://users.skynet.be/lantidote/index.html pour des aperçus biographiques et des extraits des ouvrages et des articles de cet intellectuel. Lovinfosse a présidé une conférence de Marcel de Corte le 4 avril 1970 au congrès de Lausanne de l’Office international des œuvres de formation civique et d’action culturelle selon le droit naturel et chrétien (avatar de la Cité catholique) de Jean Ousset: cf. Verbo, 1977, Actes du congrès de Lausanne de 1970, ABC, 2/1/1977
  6. Cf. ABC, 8-3-1951 (en ligne): l’association envisage alors de publier une revue bilingue, qui ne paraîtra en fait qu’en février 1955. L’association « serait étroitement liée au CNPF » et sa revue « proche d'Antoine Pinay » (Relations internationales, Anne Dulphy, «  Antoine Pinay et l’Espagne franquiste », n ° 101, 2000, p. 78)
  7. Le Monde, 5 octobre 1955
  8. Notice sur Walter Bauer, Die Zeit, 9 juillet 1953, fondation formelle de la section allemande du CEPES
  9. Ingénieur diplômé de l'Institut chimique de Paris, il est entré à la société Pathé en 1923 et y a gravi tous les échelons : directeur d’usines en 1938, directeur général en 1940
  10. A report on activities, CED, 1952, Atlantic union resolution et liste des membres du conseil de l'Atlantic union committeen 1951, Jennifer Alice Delton, Racial integration in Corporate America, 1940-1990, Cambridge University press, 2009, p. 89.
  11. Il aurait pris « une large part au mouvement de résistance qui a animé les Ets Kodak-Pathé » durant l’Occupation, affirme le directeur de l’Institut de chimie. Par la remise en marche de la mine de Sablé (Sarthe) afin d’y utiliser le personnel menacé par le STO et par l’embauche de « quelques-uns des collaborateurs recherchés par la Gestapo » du général de Lattre de Tassigny, quand ce-dernier, commandant la 16e division militaire à Montpellier, n’obéit pas aux ordres du général Bridoux de laisser les troupes dans les casernes lors de l’invasion de la zone libre par les Allemands en novembre 1942, ce qui lui valut d’être arrêté et interné : cf. le Dossier de la Légion d'honneur d'Alfred Landucci sur la base Léonore, Kodakery, vol. 6, no 8, 26-2-1948 (« His elevation (…) is in recognition (...) for the patriotism he displayed (…) in backing the resistance movement, especially at the Vincennes plant where there was a very active group »), et le témoignage de François Sauteron, Une si jolie usine, Kodak-Pathé Vincennes, L'Harmattan, 2008 ).
  12. Jacques Nobécourt, Le colonel de La Rocque, Fayard, 1996, p. 424. Fils d’officier, Landucci a suivi des études au Prytanée militaire de La Flèche, pour préparer Polytechnique. Engagé volontaire en juillet 1915, il finit la Première guerre mondiale comme lieutenant d’artillerie, à l'instar de Laederich. Il est chevalier de la légion d’honneur à titre militaire (il finit sa carrière comme commandeur). Lehideux, trop jeune, n'est pas un ancien combattant de la "Grande Guerre".
  13. « Rejet de l'extrême droite et choix industriels. Une lettre inédite de Louis Renault à François Lehideux », 13 avril 1940, site louisrenault.com, janvier 2014.
  14. Progress report, 1952, p. Iv
  15. Proceedings of the 1st international conference of manufacturers, 1951, p. 14. Cf. Régis Boulat, « Regards et expériences croisés : les milieux économiques français et américains au tournant des années 1950 : l’heure de la productivité », dans Olivier Dard, Hans-Jürgen Lüsebrink ( dir. ), Américanisations et anti-américanismes comparés, Presses univ. du Septentrion, 2008, p. 66-68. Thierry-Mieg a séjourné aux États-Unis entre 1923 et 1926, où il a travaillé chez Ford. Il a rencontré Henry Ford (L'Alsace.fr, 20-8-2014). Landucci est venu aux États-Unis en 1945.
  16. Membres du comité : cf. Morocco: progress in partnership, Comité France actuelle, décembre 1952, p. 2 et 31, Tunisia : dangerous separatism, comité France actuele, décembre 1952, p. 30. Concernant les débuts du comité France-actuelle, cf. Décolonisations européennes, IHTP, Université de Provence, 1995, p. 59-63, Régis Boulat, « Regards et expériences croisés : les milieux économiques français et américains au tournant des annéees 1950 : l’heure de la productivité », op. cit., p. 68-71
  17. Popelin devient en 1954 adjoint technique du président de la commission des relations économiques internationales du CNPF (Pierre Ricard) et rapporteur du groupe de travail France-Amérique latine
  18. S'il n'est plus secrétaire général en 1959, il assiste encore à des réunions comme membre du CEPES. En 1960, il figure au sein de la délégation du CEPES à la 4e conférence internationale de la LECE. Deux ans plus tard, il est le représentant du CEPES français à une autre conférence internationale, à Stockholm, aux côtés de l’Allemand Walter Bauer: Spending up and smoothing economic growth: report on the international conference in Stockholm, mai 1931- 2 june 1962, SNS/International council for social and economic studies, 1962, p. 8 et 125.
  19. Who’s who 1969, BNF/gallica: Informations générales, 7-10-1941, 2-12-1941, 16-6-1942, 29-12-1942. Cf. ses mémoires Arènes politiques, Fayard, 1974. Sur le passé de Popelin (1899-1981) avant la guerre, cf. notamment Philippe Burrin, La dérive fasciste, Seuil, 1986
  20. Cf. ses mémoires, Du secrétariat de la CGT au gouvernement de Vichy, Ed. Albatros, 1978, p. 18, IHS : 98 J 4 et 15 : notes autobiographiques destinées à Jean Maitron, 1975, autobiographie inédite : Itinéraire de Bertrand Gaudéric ( un autre de ses pseudonymes )
  21. En tant que secrétaire général du groupe français du CEPES, Vigne assiste à des réunions du Centre d’études de politique étrangère, par exemple en 1962 ou à la réunion franco-allemande de novembre 1959, sur le thème : « L’avenir des relations économiques de l’Europe : unité ou division ? », à laquelle prend part aussi Walter Bauer (Politique étrangère, 1959, vol. 24, no 5). Il ne doit pas être confondu avec l'ancien syndicaliste homonyme, comme le fait Anne-Myriam Dutrieue. Il quitte Paris pour le Sud de la France par la suite et, grâce à Vidal, devient secrétaire général du syndicat des parfumeurs de Grasse et directeur du syndicat national des fabricants d'huiles essentielles, délégué général de la FEDARM, la fédération de trois syndicats professionnels des matières premières de la parfumerie puis, lorsque celle-ci éclate, délégué général puis président jusqu'en 2001 de la PRODARM : cf. Les sens du musée, novembre 2013 (sur le site museesdegrasse.com).
  22. CEPES, Progress report, 15 september 1952, p. 54 (cf. Progress report sur books.google.fr)
  23. Cf. BTM. Bernard Thierry-Mieg, écrits souvenirs et témoignages. Deux siècles d'histoire industrielle, La Nuée bleue, 2010, Collectif, La France en mouvement, 1934-1938, Champ vallon, 186, p. 243 : Thierry-Mieg (1902-1988) est le DG de Schaeffer à Mulhouse, leader de l'ennoblissement en Alsace, depuis 1945.
  24. Henry Goüin est le dirigeant de cette société depuis la fin des années 1930. C'est une filiale de la Société de construction des Batignolles, dont Henry Goüin est administrateur jusqu'en 1946 (et brièvement P-DG ; son départ s'explique par un conflit avec son oncle Ernest) et de 1954 à 1967. Fils d'Edouard, artilleur en 1918, il s'est engagé en 1940 et a été fait prisonnier ; il ne fut libéré qu'en décembre 1943. Il est titulaire de la croix de guerre, décernée à la Libération. Avec son épouse Isabelle, juive (son frère François a été déporté et est mort à Auschwitz), il est surtout connu pour son mécénat, avec la fondation du Centre international de Royaumont. Cf. Jean Monville, Une histoire de Spie, naître et renaître (en ligne)
  25. Il connaît bien Laederich: Régis Boulat, « Jacques Warnier, itinéraire d’un patron corporatiste des années 1930-1950 », dans Olivier Dard, Le siècle du corporatisme. Le corporatisme dans l’aire francophone au XXe siècle, Peter Lang, Berne, 2011, p. 94-118. L’auteur présente Laederich comme un « militant corporatiste ». Laederich l'a aidé lorsque Warnier a été blessé en 1940, Warnier a animé l'Office des comités sociaux de 1941 à 1944 et Laederich était membre de sa commission patronale, Warnier a été membre du comité de direction de l'Union des industries textiles, présidée par Laederich de 1942 à 1944. En outre, Warnier a témoigné en faveur de Laederich à son procès en 1946.
  26. Il est membre du conseil d’administration de Suchard holding Suisse à partir de 1954. Cf. son dossier de la Légion d'honneur sur la base Léonore (chevalier en 1953).
  27. Dreux (1907-1991) est l’adjoint de Robert Lemaignen et il lui succéda en 1958, jusqu’en 1970. Cf. Régis Boulat, Jean Fourastié, un expert en productivité, Presses univ. de Franche-Comté, 2008, p. 63 ( biographie et action de Dreux jusqu’aux années 1940 : ce polytechnicien a été directeur à la section centrale de l'Office central de répartition des produits industriels de 1941 à 1944 et attaché commercial de France à Washington en 1945.
  28. Né en 1900, diplômé de l’École centrale de Lyon (1922), Scheer a succédé en 1949 à Robert André à la tête de la filiale française de la Standard Oil, Esso-Standard SAF. Il y resta 17 ans, avant de prendre à 66 ans le poste de PDG de Garonor, de 1966 à 1972, tout en demeurant administrateur d’Esso-Standard.
  29. Fils du fondateur du Printemps, à qui il a succédé en 1920, il est gérant de la société Grands magasins « Au Printemps » Laguionie et Cie depuis 1907 et P-DG de la société des Magasins Prisunic. Ancien combattant de la « Grande Guerre », il a terminé cette guerre comme capitaine de réserve et titulaire de la croix de guerre. Il fait partie du conseil d'escompte de la Banque de France, est vice-président de la société d'encouragement à l'art et à l'industrie et de l'Union centrale des Arts décoratifs (L'Entreprise, no 3, 1-5-1953, p. 31). Laguionie était un libéral, mais il a un temps rallié « la conception du gouvernement (de Vichy), c'est-à-dire la direction par l'État de notre économie », après avoir critiqué la mobilisation économique durant la drôle de guerre. Il accepte « un régime autoritaire comme seul moyen » de sortir la France du désastre qu'elle vient de subir: cf. La Chambre de commerce et d'industrie de Paris, 1803-2003, Droz, 2003, p. 225. C'est aussi un ancien de la commission patronale de l'Office des comités sociaux, comme Laederich et Warnier.
  30. Philippe Mioche, Le plan Monnet, genèse et élaboration, 1941-1947, Publications de la Sorbonne, 1987, p. 15-18
  31. Il est l'un des trois fils d'Ernest Toulouse, fondateur d'une firme de commerce succursaliste basée à Tours, Docks de France, et d'une centrale d'achats, Paridoc. Cf. Claude Sordet, Docks de France, plein siècle, Édition privée sept et neuf, 1999
  32. Migeon (1894-1972) est saint-cyrien, ancien contrôleur général des armées
  33. Cf. pour Paul Voisin ( 1904-1996 ): L’Union, 4 octobre 2012, Les Cahiers du musée social, « Les problèmes du logement familial », 1944, p. 94-97, Sabine Effosse, L’invention du logement aidé en France: L’immobilier au temps des Trente Glorieuses, Institut de la gestion publique et du développement économique, 2013, p. 77, et le site http://www.cndp.fr/crdp-reims/ressources/dossiers/cheminvert/etude_de_cas/fondation.htm. Né au Havre, licencié en droit, il se consacre aux questions sociales après quelques années passées dans le commerce d'importation. Paul Voisin participe au travaux d'Économie et humanisme après la guerre: cf. P. Voisin, "Une politique de l'habitat", Économie et humanisme, 1946
  34. Il est connu pour avoir été un préfet pétainiste zélé, même s'il a démissionné en 1943 et réintégré le corps du conseil d’État : cf. Jean-Louis Panicacci, Les Alpes-maritimes de 1939 à 1945: un département dans la tourmente, Serre, 1989
  35. BNF/gallica: Le Temps, 31 janvier 1941, Romain Pasquier, « L’invention de la régionalisation « à la française » ( 1950-1964 ), IEP de Rennes/CRAP, 2003 (en ligne), p. 14. La Fédération prendra contact avec Paul Voisin après la guerre. Sur le comité de rassemblement, cf. Jean-Paul Cointet, La Légion française des combattants, Albin Michel, 1995, p. 104-111.
  36. Chimie, notre jeunesse, no 113, mars 1962, allocution de son DG, L. Vacher, lors de ses obsèques : « Pour moi, l'histoire de Landucci se réduit au déploiement d'une charité (…). Pourquoi ne pas employer ce mot, auquel le chrétien qu'il était se référait explicitement si souvent (...) ».
  37. Celle de Warnier n’est pas celle de Gernigon, issu du catholicisme démocrate-chrétien : ancien du mouvement Le Sillon, il vendait L'Aube (quotidien) le dimanche matin, à la sortie des églises, avant guerre, présida les Amis de l’Aube et fut membre du conseil d’administration de ce journal, et membre de la commission exécutive de la Jeune République: cf. Jean-Claude Delbreil, Marc Sangnier : témoignages, Beauchesne, 1997, p. 110, BNF/gallica: Almanach de la Jeune-République pour 1935, p. 123. Cf. le portrait de Gernigon par André Aumonier dans Un corsaire de l’Église, du patronat chrétien au Secours catholique, Fayard, 1996, p. 78-79 : « Il avait (…) une foi de Breton. Dans sa voiture il lisait l'Évangile à haute voix ; il échangeait ensuite avec son chauffeur qui m'en fit un jour la confidence » et la biographie de Gernigon, Notre ami Francis par André Lecomte, édit. La Colombe, 1965.
  38. Cf. la page Entrepreneurs et dirigeants chrétiens.
  39. Warnier et Migeon figurent parmi les fondateurs, aux côtés de Jean Predseil, secrétaire général du CDJ, l'économiste Louis Salleron, qui milita aussi pour un corporatisme chrétien, Jean Daujat, Pierre Loyer, André Romieu, ancien directeur de l'Office des comités sociaux, Pierre Pasquet, de la Confédération nationale de la famille rurale, le polytechnicien Yvan Téqui. Jean de Fabrègues est l'un des cogérants en 1951. Leur revue, qui s'achève avec son dernier numéro 9 en 1953, accueille comme collaborateurs Jean Daniélou, Jean Guitton, Hyacinthe Dubreuil, Bernard Jousset (président du CFPC, futur Entrepreneurs et dirigeants chrétiens), Jean-Louis Lagor (alias Jean Madiran), le R.P. Chenu, l'abbé Pierre Leisnay, Henri Pourrat
  40. Progress report, CEPES, September 15, 1952: page lvi, Jean-François Colas, dans Histoire de l'Europe libérale, op. cit., p. 270
  41. Sur le CRC, fondé par 21 patrons, cf. Régis Boulat, « Du Centre de recherche des chefs d’entreprise à l’Institut de l’entreprise ou « comment gagner la guerre des idées » dans la seconde moitié du XXe siècle » dans Olivier Dard, Gilles Richard ( dir. ), Les droites et l’économie en France au XXe siècle, Riveneuve éditions, 2011, ainsi que son article déjà cité sur Jacques Warnier, p. 112-117.
  42. Laederich a invité au CEPEC ses relations du CEPES. On relève ainsi aux premiers dîners trois animateurs du CEPES : Lehideux, René Belin et Claude Popelin. D’ailleurs, Laederich, en 1952, avait lors d’une réunion du CEPES proposé que le futur CEPEC « puisse devenir l’organisme de travail du groupe français du CEPES ». René Belin donna en 1959 trois exposés au bureau d’études sur « la question ouvrière » et les « problèmes posés à la classe ouvrière ». Lehideux va intégrer en 1959 le comité directeur du CEPEC, qu'il préside après la mort de Laederich. Landucci est présenté à sa mort en 1962 comme « un ami du CEPEC ». Il a au moins assisté à un dîner-débat, le 4e en 1955: Les Cahiers du CEPEC, n° 19
  43. Fonds Paul Reynaud, 74 AP 51, sous-dossier CEPES
  44. Ibidem: liste des membres
  45. Biographie sur le site des Annales des mines
  46. Davezac (1898-1973), fondateur et délégué général en 1928 de ce syndicat patronal et président en 1960, est un ancien conseiller référendaire à la Cour des comptes qui a pantouflé dans le privé à 30 ans, après avoir été secrétaire général du Haut-commissariat à la République pour les provinces du Rhin de 1925 à 1928. Davezac a fait partie du conseil de direction du groupe des Nouveaux cahiers avant guerre, où il côtoya René Belin. Secrétaire du C.O. de la construction électrique et membre du conseil consultatif du Centre d’information interprofessionnel, qui remplaça la CGPF sous Vichy, il joua un rôle en coulisses dans la formation du CNPF à la Libération
  47. Reynaud a été directeur de la SAFE, filiale métallurgique de Renault, adjoint de Lehideux au C.O. de l’automobile puis administrateur de Ford-France. Entré dans l'entreprise Roure-Bertand fils en 1943, secrétaire général, Vidal sera vice-P-DG en 1965 puis P-DG de l’entreprise en 1970. Polytechnicien, ingénieur, ancien officier d’active de l’armée de l’air, ce-dernier a été le directeur du cabinet de Lehideux en 1941 (il était auparavant membre du cabinet de Belin, puis directeur adjoint du cabinet de Pierre Pucheu ; il a été directeur de cabinet de Bichelonne en mai 1942 : cf. BNF/gallica, Informations générales. Lehideux l'a parrainé pour l'attribution de la francisque. Il l'évoque dans ses mémoires, à plusieurs reprises, notamment p. 300-302 : Vidal serait resté son ami jusqu'à sa mort. Cf. l'intervention de Vidal au colloque sur le gouvernement de Vichy, 1940-1942 (FNSP, 1972)
  48. Il a cumulé nombre de présidences, dans le domaine de la chimie – président de de la commission de la chimie aux 2e et 3e plans de modernisation et d'équipement, le gouvernement gaullien lui a renouvelé sa confiance en 1961 pour le 4e plan -, et dans les domaines de la réflexion – il copréside une section au CRC -, de la recherche et de l'éducation: Président de la Maison de la chimie ( 1955-61 ), président de l'Institut de la recherche chimique appliquée depuis juin 1958, président de la Société d'études et de documentation scolaire, vice-président de la Société de chimie industrielle, membre de la commission permanente des écoles nationales supérieures d'ingénieurs, membre du conseil d'administration de l'ENSIC, etc. Cf. son dossier sur la base Léonore, L'ingénieur des industries chimiques, no 29, avril 1962, p. 18, Chimie, notre jeunesse, no 78, octobre 1958, Ibid., no 113, mars 1962
  49. Lehideux et Laederich ne sont plus cités comme membre du conseil d'administration dans la brochure du CEPES, Trade policy toward low-income countries, 1967, liste des membres.
  50. L'Europe du patronat, op. cit., p. 223. Senn ( 1901-1992 ) est P-DG de l’entreprise familiale la Compagnie cotonnière du Havre ( 1949-75 ). Cf. sa biographie dans Jérôme Blanc, Les Engel, une famille d’industriels et de philanthropes, Paris, Ed. Christian, 1994, p. 184-185. (L’auteur n’évoque pas le CEPES), Claude Malon, Le Havre colonial de 1880 à 1960, Presses universitaires de Caen, 2006, le site francaislibres.net. Il occupa aussi les fonctions d'administrateur de la Compagnie havraise de réassurance, de la Compagnie Cotonnière du Haut-Oubangui, de la Société Cotonnière franco-tchadienne, de Dollfus-Mieg et Compagnie de 1957 à sa retraite. Senn a occupé des postes d’influence dans le domaine du textile cotonnier : directeur en 1939 des achats du groupement d’importation et de répartition du coton, président-fondateur en 1941 de l’UCEF (Union cotonnière de l’empire français, qui succéda à l’Association cotonnière coloniale, dont il était membre du comité de direction), administrateur en 1949 de la CFDT (Compagnie française pour le développement des fibres textiles), membre en 1944-45 de la mission française à Washington dirigée par Jean Monnet, rapporteur de la commission textile au Commissariat général au plan, président de l’Institut de recherche du coton et des textiles exotiques ( IRCT ). Il a présidé le comité textile de l’OECE de 1953 à 1961
  51. François Bernard, L’Alsacienne de constructions mécaniques des origines à 1965, Presses universitaires de Strasbourg, 2000. Boutteville (1892-1978), après avoir été inspecteur général des travaux de la ville de Paris de 1926 à 1934, est entré au groupe Messine en 1932 et il a été en tant que directeur général de l’Union d’électricité, d’octobre 1934 à mai 1946, le bras droit d’Ernest Mercier, administrateur de la SACM dès les années 1920 et premier vice-président de 1933 à 1940 et de 1954 à 1955. cf. le Dossier de la Légion d'honneur de Roger Boutteville sur la base Léonore ( chevalier en 1920, officier en 1930, commandeur en 1948, avec comme parrain Mercier, puis grand-officier en 1960, sur proposition du premier ministre ). Il est aussi président de la société des Maisons Phénix, qu’il a fondée en 1945, et administrateur de plusieurs sociétés (Lyonnaise des eaux et de l’éclairage, compagnie pour la fabrication des compteurs et matériel d’usine à gaz, force et lumière électrique, crédit industriel et commercial, société nationale d’investissement). Président du C.O. de l’énergie électrique durant l’Occupation, il a occupé les fonctions après la guerre de président de la commission de modernisation de l’électricité et de président de la commission des investissements des activités de base au Commissariat général au plan
  52. Die freie Weltwirtschaft in der Bewahrung: drei studien zur Kennedy-Runde, CEPES, 1964, p. 44; Trade negociations for a better free world economy, CED, 1964, p. 520
  53. Archives des Ets Arbel, Archives de la famille Arbel
  54. Après une carrière dans l’automobile de 1919 à 1945 (il a été le directeur commercial de Renault), il est depuis 1947 P-DG de la société varoise de transport, administrateur de plusieurs sociétés, dont la société du tunnel du Mont-Blanc. Il est aussi président de l'École alsacienne, maire de Chambourcy, candidat aux législatives en 1962 dans la 3e circonscription de Seine-et-Oise, sous l'étiquette Union des républicains, contre le député sortant UNR: cf. Le Monde, 30 octobre 1962
  55. Il est membre du comité économique et social de la CEE, de sa fondation en 1958 à la fin des années 1970, et membre du conseil économique et social en 1964. notice biographique du Who's who
  56. Il était auparavant, depuis 1948, le chef de service du financement au Commissariat général au plan. Le Monde, 5/7/1982, Le Monde, 30/10/1965
  57. Né en 1910, polytechnicien, demi-frère de Marcel Cazes, DG adjoint du Crédit lyonnais en 1956, puis DG. Il est directeur du département à la Haute Banque depuis 1956
  58. Patrice Leroy-Jay (1920-2015), est lui-même issu d’un milieu d’industriels : fils de Jean-Charles Leroy-Jay, industriel, ancien inspecteur général au ministère de l’agriculture, il épouse en 1944 Annick Hauvette (dont il divorcera en 1959), fille d’un industriel apparenté à la famille Michelin (Le Journal des débats, 27-1-1944). Ses témoins sont son cousin Maitre-Pierre, président des aciéries du Nord, et son frère Hubert, auditeur au conseil d'État depuis 1935, très catholique, qui sera secrétaire général du Secours national en 1941, ami de Michel Debré (il fut son camarade de préparation au concours de l’auditorat) et conseiller d’État jusqu’en 1975. Leroy-Jay sera l’inamovible secrétaire général du CNPF durant de longues années, jusqu’en 1986, le directeur de publication du mensuel du CNPF, et aussi administrateur de la SEDEIS, actif au sein de l'Association pour la liberté économique et le progrès social à ses débuts et membre du comité directeur du Mouvement national des élus locaux en 1971. Cf. sa biographie in Michel Offerlé, Les patrons des patrons, Odile Jacob, 2013, p. 157-158.
  59. La LECE, 1947-57, Dix ans d'activité, p. 26, La LECE, 1946-66, p. 40-41 ( en ligne sur http://archives.eui.eu ). Sur les relations difficiles entre le CEPES et la LECE, qui poursuivent des objectifs semblables et qui ont failli fusionner en 1957, cf. Michel Dumoulin, Anne-Myriam Dutrieue, La Ligue européenne de coopération économique, 1946-1981, Peter Lang, 1993.
  60. Fonds Paul Reynaud, dossier CEPES; documents du CEPES français adressés à Reynaud
  61. Brochure du CEPES, Contribution européenne à l’expansion des pays sous-développés, 1955
  62. Le Monde, 15 octobre 1955, "Une cause importante des difficultés françaises réside dans la médiocre qualité de nos rapports sociaux industriels ", déclare à Palerme M. Lehideux".
  63. Fonds Paul Reynaud, 74 AP 51, sous-dossier CEPES
  64. Fonds Paul Reynaud, sous-dossier CEPES: dîner de février 1955
  65. Cf. wikipedia en allemand. Compte-rendu de ses mémoires en 1966
  66. Ancien élève de l'École libre des sciences politiques, conseiller financier, membre de la Société d'économie politique et de la Société de statistique de Paris (1958). Il a collaboré aux Études américaines de Dauphin-Meunier: Pour une politique d'expansion économique, Cahier 39, 1953
  67. Il est directeur des études du Centre de recherches pour l’expansion de l’économie (Rexeco) depuis 1957 et il tient une chronique mensuelle sur la conjoncture française dans le bulletin de la SEDEIS: cf. Who's who
  68. The European common market § its meaning to the United States, CED, (juin) 1959, p. 65, European Business Cycle Policy, CEPES, 1958, 48 p., p. 47.
  69. Bulletin de la SEDEIS, Bertrand Gauderic, "La zone de libre échange", n° 688 et 689, décembre 1957 et janvier 1958 (La première partie est intitulée "Commentaires sur les thèses britanniques", et la seconde "Aperçus sur les vues françaises"), Revue du marché commun, 1958, p. 34
  70. Le Courrier du CEPEC, n° 17, 10 janvier 1959
  71. The daily oklahoman, 18 décembre 1958, p. 8
  72. Revue internationale de droit comparé, 1960/12, no 4, p. 780-782. Belin est présenté (faussement ?) comme vice-président du CEPES
  73. The European common market § its meaning to the United States, CED, (juin) 1959. Contient un texte du CEPES sur ce sujet.
  74. Le Monde, 4 juin 1962, Le Monde, 7 juin 1962, "Cent cinquante industriels se sont initiés à la planification " à la française ", French and other national economic plans for growth, CEPES, 1963 (Bibliothèque de l'Université de Stanford ), Jan S. Prybila, Comparative economic systems, Ardent media, 1969, p. 210-211
  75. Patronat français (bulletin du CNPF), no 234, novembre 1963, p. 6-7
  76. brochure du CED, et du CEPES: Négociations commerciales pour une meilleure économie du monde libre, 1964, avec en annexe des textes des groupes nationaux du CEPES et l’organigramme de ces groupes, East-West trade: a common policy for the west, CED, vol. 4, no 10, 1965, p. 74, Le Monde, 6 juin 1964, "Industriels européens et américains confrontent leurs points de vue sur le " Kennedy round ", Jean Ottenheimer, Vingt ans d’économie mondiale, M.T. Génin, 1966, p. 51
  77. Armand Draun, Le CRC, sur le site de l’Institut de l’entreprise, p. 19 et 44