Éditions de l'Atelier

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Logo de la maison d'édition
Repères historiques
Création 1929
Dates clés Changement de nom en 1993
Fiche d’identité
Siège social Ivry-sur-Seine  (France)
Dirigée par Bernard Stéphan
Spécialités Justice sociale, politique, société
Titres phares Le Maitron
Site web editionsatelier.com

Les Éditions de l'Atelier est un éditeur indépendant qui existe sous ce nom depuis 1993. Il publie principalement dans les domaines des sciences humaines et sociales, et du religieux.

Depuis 2011, il limite sa production à une trentaine de titres par an. Parmi sa production figure Le Maitron, ouvrage de renommée scientifique internationale.

Historique[modifier | modifier le code]

La Librairie de la Jeunesse ouvrière[modifier | modifier le code]

Les Éditions de l’Atelier sont les héritières de deux maisons d'édition : la Librairie de la Jeunesse ouvrière, créée en 1929 au 12 avenue de la Sœur-Rosalie à Paris 13e, à l’initiative de la Jeunesse ouvrière chrétienne (JOC). Ce mouvement d’éducation populaire, en plein essor dans les années 1930, éditait des livres et des brochures pour ses membres[1]

Les Éditions ouvrières[modifier | modifier le code]

Les Éditions ouvrières succèdent à la Librairie de la Jeunesse ouvrière, dans les mêmes locaux. En 1947-1948, la direction en est assurée par deux hommes : Roger Cartayrade et André Villette[2]. Tous deux ont un parcours comparable : issus de la JOC, syndiqués à la CFTC, l'un né en 1915, l'autre en 1917, ils sont impliqués dans le christianisme social et la Résistance. Ce duo dirige la maison d'édition jusqu'en 1982.

Des gestionnaires engagés[modifier | modifier le code]

Parallèlement à ses activités éditoriales, André Villette occupa des fonctions électives à Fresnes, dans le Val-de-Marne[3]. Quand il prend sa retraite, en 1982, c'est à nouveau dans le vivier des militants de la JOC et de l’Action catholique ouvrière (ACO) que les Éditions ouvrières trouvent leur directeur. Le choix n'est pas commun avec Daniel Angleraud (1937-1993), qui vient juste de quitter son poste d'administrateur du CCAS d'EDF, où il représente la CGT dont il est militant depuis 1954. Daniel Angleraud ne reste que trois années à la direction de la maison d'édition, toujours installée alors dans son siège historique, près de la place d'Italie, avenue de la Sœur-Rosalie (Paris, 13e). En 1987, en effet, il est élu membre du bureau confédéral de la CGT.

Les Éditions ouvrières ont ensuite comme directeurs André Jondeau et Daniel Prin.

Revue Les Cahiers de l'Atelier[modifier | modifier le code]

À partir de septembre 1995, la revue Masses ouvrières éditée par Les Éditions ouvrières devient Les Cahiers de l'Atelier, revue trimestrielle d'approfondissement par les sciences humaines de questionnements qui traversent la société et l’Église.

Années 1990[modifier | modifier le code]

Les Éditions ouvrières connaissent des difficultés financières au début des années 1990, consécutives à l'échec de la tentative de se lancer dans la distribution de leurs ouvrages. Contraintes à s'engager dans une procédure de dépôt de bilan en 1992, elles réussissent à redresser leur situation financière et entament une seconde vie en juin 1993 sous une nouveau nom. Devenues les Éditions de l'Atelier, elles poursuivent l'aventure éditoriale du Maitron, dont elles sont l'éditeur historique.

Les Éditions de l'Atelier[modifier | modifier le code]

Le changement de nom, en 1993, marque aussi une nouvelle période. Les Éditions de l'Atelier abandonnent les locaux « historiques » du 13e arrondissement parisien pour s'installer dans la proche banlieue sud de Paris à Ivry. Elles élargissent leur production en publiant, par exemple, des ouvrages largement illustrés de photographies, mais gardent leur spécificité d'intervention dans les domaines sociétaux, en prise avec l'actualité. Elles sont diffusées en France, Belgique et Suisse par la Sofedis et sont distribuées par la Sodis[4].

Revue Le Mouvement social[modifier | modifier le code]

Comme les Éditions ouvrières, les Éditions de l'Atelier poursuivent jusqu'en 2007 la publication d'une revue de recherches historiques, Le Mouvement social, en liaison avec l'université Paris I et le Centre d'histoire sociale du XXe siècle. Cette revue[5] avait été créée en 1960 par Jean Maitron.

Direction[modifier | modifier le code]

Le directeur général et littéraire est, depuis 1993, Bernard Stéphan.

Le Maitron[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Maitron.

Pour les professionnels comme pour les amateurs d'histoire sociale et ouvrière, les Éditions ouvrières sont connues pour être l'éditeur du Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français (dit « Le Maitron ») devenu, depuis 2006, le Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social.

C'est en 1958 que les Éditions ouvrières prirent la décision de soutenir le projet de Jean Maitron. Rien n'était moins prévisible que la rencontre du chercheur, auteur d'une thèse sur l'anarchisme, fils d'un instituteur laïque et syndicaliste, avec le directeur de la maison d'édition catholique, André Villette. C'est à ce titre que l'histoire sociale lui doit d'avoir assumé le pari de la publication d'un Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, dont l'historien Jean Maitron lui avait présenté le projet. Cette entreprise de longue haleine débute en 1964 par la parution aux Éditions ouvrières d'un premier volume. Elle résulte de travaux de recherche et de constitution d'équipes de chercheurs menés par Jean Maitron, puis par Claude Pennetier.

Ses recherches, Jean Maitron les mène tout d'abord hors du cadre universitaire institutionnel. Il les poursuit à l'université Paris I, dans le cadre d'un institut d'histoire des mouvements sociaux, structure au sein de laquelle travaillent ses successeurs, Claude Pennetier et Michel Dreyfus. Au fil des années, le Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, appelé communément « Le Maitron », a pris une ampleur éditoriale rarement atteinte : 44 volumes permettent de suivre plus de 100 000 militants, sur une période allant de la Révolution française à 1939.

  • 1789-1864: volumes 1-3
  • 1864-1871: volumes 4-9
  • 1871-1914: volumes 10-15
  • 1914-1939: volumes 16-43
  • Le volume 44 apporte des compléments sur l'ensemble de la période couverte par les 43 tomes précédents.
  • La publication d'une cinquième période (1940-1968), intitulée Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social, voit le jour en 2006 avec la parution de deux premiers tomes (dix autres sont à suivre, chacun accompagné d'un cédérom complétant substantiellement le volume papier, puis d'un code d'accès à la version numérique). Cette nouvelle période déborde le mouvement ouvrier classique pour explorer aussi ce qu'il est convenu d'appeler le « mouvement social ».

Le papier, attribut essentiel des dictionnaires, tend à céder le pas à l'édition sur cédérom puis en ligne. En 1998, les 43 volumes, qui occupaient 1,50 mètre d'étagères, sont réédités et enrichis de compléments en un seul cédérom. Plus de 600 chercheurs de différents pays ont participé à ce travail. Plusieurs historiens spécialisés ont contribué à faire paraître des volumes sur :

Des volumes thématiques, centrés sur les militants d'un milieu professionnel, ont été réalisés :

  • Gaziers-électriciens
  • Cheminots et militants

Quelques auteurs publiés[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, notice Roger Cartayrade qui retrace l'histoire des Éditions ouvrières.
  2. Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, notice André Villette.
  3. J'étais maire de Fresnes, Paris, les Éditions ouvrières, 1991.
  4. Pour l'export par Gallimard / hormis le Canada : Novalis.
  5. Le Mouvement social continue depuis 2008 sa parution chez un autre éditeur.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]