Noirs en France

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Noirs en France
Populations significatives par région
Autres
Régions d’origine BlankMap-Africa.svg Afrique
Middle America relief location map.png Caraïbes
Langues français, créoles, langues africaines
Religions Principalement le christianisme et l'islam
Ethnies liées Divers peuples d'Afrique subsaharienne (principalement d'Afrique de l'Ouest)

Les Noirs en France sont, selon certaines organisations comme le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN), une catégorie de citoyens ou de résidents français d'ascendance africaine subsaharienne ou afro-américaine ou ultra-marins.

Histoire[modifier | modifier le code]

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Le 10 janvier 1719 et le 27 septembre 1720, la compagnie des Indes obtient le monopole de la traite[1].

Au XVIIIe siècle, une personne noire a demandé la liberté sans l'autorisation de son maître qui l'avait amené en France métropolitaine[Qui ?] [2].

Le 15 décembre 1738, un édit du roi réglemente de manière plus précise le sort des personnes de couleur noires venues en France, notamment en en réglementant leur venue, et en limitant à trois années la durée de leur séjour[3]. Cet édit fait suite à l'édit de mars 1685 et à celui d'octobre 1716, et à la volonté des habitants d'outre mer de faire venir en France des esclaves pour les confirmer dans leurs instruction et leur exercice de la Religion (catholique) ainsi que l'apprentissage des arts et métiers, sans qu'ils ne s'y maintiennent, et sans qu'ils ne soient affranchis[4].

Ainsi d'après l'auteur de l'Edit de 1738, les personnes présentes en France y prendraient l'habitude et l'esprit d'indépendance, d'autant plus que leurs maîtres oublient de leur appendre un métier[5]. L'édit se justifie au nom de l'utilité et de la dangerosité des dites personnes.

Toutefois, il semble que cet édit de 1738 n'était intégralement appliqué puisque sept esclaves sur huit présents à Saint-Domingue étaient amenés par des blancs[6].

En 1766, les 10 et 12 mai, à la Martinique, des empoisonneurs et distributeurs de drogues, libres et esclaves, sont condamnés au feu et exécutés[7]. Le feu a également été utilisé contre d'autres empoisonneurs, comme Mackandal[8].

Le 31 juillet 1767, un arrêt ouvre la libre concurrence sur le Sénégal, en mettant fin au monopole dont bénéficiait la compagnie des indes[9].

Un édit du roi du 27 août 1777, à la demande des colonies, interdit aux gens de couleur de quitter les colonies pour venir en France[10].

Un décret (de 1773) est également paru pour interdire aux gens de couleurs non mariés de porter des noms européens présent dans les îles[11], alors que neuf dixièmes des affranchis seraient « illégitimes ». À cette même époque, les officiers publics avaient injonction de consigner les qualifications de mulâtres, sang-mélé, quarteron, libre, etc, dans leurs registres, sous la justification de l'amour propre et de l’orgueil des personnes concernées [12]. À ce moment-là, les curés tiennent déjà des registres depuis 30 ans, relatifs aux esclaves.

À la même époque, certains blancs se sont fait payer pour se marier avec des femmes de couleurs noires, dont le seul but était de légitimer des enfants actuels et futurs[13] (cf mariage blanc). Par ailleurs, il semble que deux tiers des affranchis étaient de sexe féminin, pour des raisons qui ne sont pas en ligne avec les valeurs prônées par l'église catholique[14].

En 1785, plusieurs livres paraissent pour défendre des gens de couleur. Ils sont écrits par Raymond, (sans doute Julien Raimond[15]), un homme noir élevé en France, mais né à Saint-Domingue[16].

Le livre « Réflexion sur le sort des noirs dans nos colonies » est daté de 1789[17].

Le 5 décembre 1789, les « nègres, mulâtres libres, et gens de couleurs » qui sont à Paris se sont réunis pour demander à jouir des mêmes droits que les propriétaires blanc, et à ce que tous mulâtres soit déclarés libre[18]

Au 11 janvier 1790, la société des amis des noirs a été affaiblie dans l'opinion publique par l'écrit de Rouvrai intitulé « de l'état des nègres »[18], ce qui permet d'éluder certaines questions.

Toussaint Bréda fait partie des esclaves noirs affranchis qui bénéficient, sous l’Ancien Régime, d’une ascension sociale. Sa situation à l’aube de la Révolution française, est donc plutôt confortable pour un noir des colonies. Or la Révolution française menace l’ordre socio-économique dont il est, relativement, l'un des bénéficiaires.

Joseph Bologne de Saint-George, plus connu sous le nom de « chevalier de Saint-George » ou, plus simplement, « Saint-George », né en Guadeloupe le 25 décembre 1745[19] et mort à Paris le 10 juin 1799, fréquente les milieux abolitionnistes du XVIIIe siècle, et, par sa position sociale, est une figure de l'émancipation des esclaves des empires coloniaux européens. Militaire, il devient, à la Révolution française, un citoyen actif ayant fait le choix politique des valeurs françaises, et s’engage pour la défense du territoire de la République. Désireux de « continuer et de s'immortaliser par sa valeur et son enthousiasme pour la liberté », il se met à la tête de la Légion franche des Américains.

Thomas Alexandre Davy de La Pailleterie, dit le général Dumas, est un général de la Révolution française, né le à Jérémie (Saint-Domingue, aujourd'hui Haïti) et mort le à Villers-Cotterêts (Aisne). Mulâtre de Saint-Domingue, il est le premier général ayant des origines afro-antillaises de l'armée française. Il fit la campagne de Belgique, la guerre de Vendée (1793-1796), la guerre des Alpes, la campagne d'Italie (1796-1797) et la campagne d'Égypte (1798-1801).

La première émancipation des esclaves a lieu à Saint-Domingue, par le décret du 29 août 1793, qui fut par la suite renforcé par la Loi du 20 mai 1802.

La loi du 4 février 1794 (16 pluviôse an II), est le 1er décret de l'abolition de l'esclavage dans l'ensemble des colonies françaises, qui est très inégalement appliqué.

Par la loi du 20 mai 1802 (30 floréal an X), le Premier Consul Napoléon Bonaparte ne restaure pas l'esclavage, ni à la Guyane, ni à Guadeloupe, ni à Saint Domingue, puisque l'abolition y est déjà (difficilement) appliquée, mais, le maintient partout où la loi du 4 février 1794, n'a pas encore été administrée (à cause de l'opposition locale aux Mascareignes : La Réunion, l'Île-de-France - Maurice - et Rodrigues, mais aussi, à La Martinique, Tobago, Saint Martin et Sainte Lucie, îles récemment restituées à la France par l'Angleterre, avec le traité d'Amiens du 25 mars 1802).

XIXe siècle[modifier | modifier le code]

En novembre 1837 dans l'Algérie française, quelque temps après le Combat du Sig, les soldats noirs (tribus, Douair et Sméla) hommes et femmes, bien que considérés comme noirs, étaient considérés comme des prisonniers échangeables en tant que personnes par l'armée française.

XXe siècle[modifier | modifier le code]

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L'histoire coloniale française a eu pour conséquence qu'à la fin des années 1950 il y avait plusieurs dizaines de millions de citoyens français noirs en Afrique et dans les Caraïbes, et un nombre indéterminé en métropole, où la présence de Noirs était déjà attestée depuis le XVIe siècle, comme dans d'autres pays européens[20]

« On peut s'appuyer sur les recensements qui font passer la population d'Afrique subsaharienne résidant en métropole de 13 517 personnes en 1946 à 17 797 personnes en 1962. »[21]

Un grand nombre d'intellectuels (Sartre, Aron, Camus, Gide, Monod, Leiris, etc.) soutiennent le lancement de la revue Présence africaine, fondée en 1947 par le sénégalais Alioune Diop. « En septembre 1956, la presse se fait largement l'écho du premier Congrès international des écrivains et des artistes noirs, organisé par Alioune Diop dans l'amphithéâtre Descartes de la Sorbonne. »[21]

Dès l'après-guerre, on assiste à une richesse des débats parmi les « afro-parisiens » : Abdoulaye Sadji, Nini, 1956 (l'impasse de l'assimilation) ; Ferdinand Oyono, Une vie de boy, 1956 (les méfaits de la colonisation) ; Birago Diop, Les contes d'Amadou Koumba, 1947 (la découverte de la tradition orale) ; Camara Laye, L'Enfant noir, 1953 (la célébration des valeurs villageoises) ; Sembène Ousmane Ô pays, mon beau peuple, 1957 (l'exaltation des cultures africaines) ; Bernard Dadié, Un nègre à Paris, 1959 (l'expérience européenne des étudiants africains). Selon les estimations du ministère de l'Éducation nationale, le nombre d'étudiants africains ne cesse d'augmenter : 250 en 1946, 800 en 1950, 2000 en 1955, 5 500 en 1960[22].

Tout ceci[Quoi ?] concourt, écrit Philippe Dewitte, au fait que « le paternalisme existe lui aussi toujours, mais il est incontestablement moins affirmé qu'il ne l'était dans les années 1920 et 1930, quand « le Noir » était symbolisé par les tirailleurs et le parler « p'tit nèg’ », par les pseudos « cannibales » du jardin d'Acclimatation, par les exhibitions de l'exposition coloniale, par les spectacles de Joséphine Baker et les bals nègres où la bonne société parisienne n'hésitait pas à s'encanailler. »[23]

Cependant, le racisme existe malgré tout. Alexandre Biyidi, écrit en 1953 dans Présence africaine : « A-t-on jamais évalué la proportion de chances, pour un Africain, de se trouver un emploi dans ce pays ? La France n'est pas un pays raciste ! C'est si vite dit. On ne lynche pas les gens ici ! »[24].

Dans L'enquête sur les étudiants noirs en France (Réalités africaines, 1962), Jean-Pierre Ndiaye demande l'avis des africains sur différentes questions ; il en ressort que 34,4 % des enquêtes portent un jugement favorable sur les Français, parmi lesquels 14,6 % en comparaisons avec les Français d'Afrique[25].

Afrocentrisme et suprémacisme noir en France[modifier | modifier le code]

Contestation du terme[modifier | modifier le code]

L'écrivain Gaston Kelman écrit dans Au-delà du noir et du blanc « Je ne me réveille pas tous les matins au son du djembé. Je ne me réveille pas avec sur le visage le crachat qu'a pris mon père colonisé. Je ne me réveille pas le corps meurtri par les coups qu'ont reçus les ancêtres des Noirs américains ou des Noirs antillais. Je voudrais cesser d'être un Noir. Je voudrais être tout simplement un homme. »[26]

Statistiques[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Statistiques ethniques.

Bien que le recueil de données sur l'ethnicité soit interdit dans les recensements de population[27],[28],[29],[30], des estimations démographiques diverses existent.

Une source[Laquelle ?] indique qu'il y avait 1,5 million de personnes noires en France en 2005[31], tandis qu'une étude du CRAN évoquait en 2007 1,865 million (de plus de 18 ans), soit l'équivalent d'un peu moins de 4 pour cent de la population des plus de 18 ans[32]. Un article de 2008 paru dans le New York Times indiquait des estimations variant entre 3 et 5 millions[33]. On estime que quatre personnes sur cinq noirs en France sont d'origine africaine, le reste étant les Afro-Américains en France (en)[34],[35].

Selon une étude de l'Insee publiée en 2012, les immigrés d'Afrique subsaharienne et leurs enfants (2e génération uniquement) sont 1 239 000 en 2008. Ce chiffre n'inclut pas la 3e génération. D'autre part, 364 800 personnes nées dans un département d’outre-mer vivent en France métropolitaine en 2008 (ce chiffre n'inclut pas leurs enfants nés en métropole et qui représentent environ le même nombre que celui de leurs parents)[36],[37],[38].

Selon Jean-Paul Gourévitch, il y a en France métropolitaine, en 2008, environ 2,4 millions de personnes noires originaires d'Afrique subsaharienne et de l'Océan indien et de 700 à 900 000 Domiens soit au total entre 3 et 3,5 millions de personnes noires en France métropolitaine soit 5% de la population totale[39].

Certaines organisations, telles que le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN), ont plaidé en faveur de l'introduction de la collecte de données sur les groupes minoritaires, mais cela a été combattu par d'autres organisations et les politiciens au pouvoir, souvent sur les motifs que la collecte de ces statistiques va à l'encontre des principes laïques de la France et renvoie à des documents d'identité de l'époque du régime de Vichy[40],[41],[42]. Lors de l'élection présidentielle de 2007, cependant, Nicolas Sarkozy a été interrogé sur la question et a déclaré qu'il était favorable à la collecte de données sur l'appartenance ethnique[43]. Une partie d'un projet de loi parlementaire qui aurait permis la collecte de données dans le but de mesurer la discrimination a été rejetée par le Conseil Constitutionnel en novembre 2007[30].

Personnalités[modifier | modifier le code]

Politique[modifier | modifier le code]

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Severiano de Heredia, né à La Havane, Cuba, le 8 novembre 1836 et mort à Paris le 9 février 1901, devint membre du conseil municipal de Paris pour le quartier des Ternes ( arrondissement de Paris) à partir d'avril 1873, président du conseil municipal de Paris en 1879, puis fut élu en août 1881 à la Chambre des députés (premier mandat sous l'étiquette de l'Union républicaine, second mandat sous celle de la Gauche radicale). Il devint ministre des Travaux publics du 30 mai 1887 au 11 décembre 1887 dans le premier gouvernement de Maurice Rouvier. Il lutta entre autres pour réduire la journée de travail en usine à dix heures pour les enfants de moins de douze ans, se prononça contre le général Boulanger et intervint dans le vote des lois sur le réseau métropolitain de Paris.

Outre les politiciens noirs élus en métropole, il y a évidemment eu des dizaines de parlementaires noirs élus à l'Assemblée nationale ou au Sénat pour représenter des circonscriptions d'outremer, ainsi que des ministres, secrétaires d'État ou sous-secrétaires d'État, des gouverneurs, des préfets.

Jean-Baptiste Belley (1746-1805) fut le premier député français noir, représentant alors le département du Nord de la colonie française de Saint-Domingue à la Convention nationale puis au Conseil des Cinq-Cents.

Le Sénégalais Blaise Diagne (1872-1934) est devenu en 1914 le premier député noir d'Afrique élu à la Chambre des députés française. Il a également été le premier noir sous-secrétaire d'État aux Colonies en 1931.

Le Guyanais Félix Eboué (1884-1944) est devenu le premier gouverneur-général d'origine non-européen de l'Afrique équatoriale française en 1940. Après sa mort, il devient la première (et jusqu'à aujoud'hui la seule) personne noire enterrée au Panthéon.

Christiane Taubira, députée de Guyane, a été la première candidate noire aux élections présidentielles française, en 2002.

Personnalités politiques noires de métropole

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  • Roger Bambuck (1945 - ), secrétaire d’État à la jeunesse et aux sports (1988 à 1991), dans le gouvernement de Michel Rocard.
  • Élie Bloncourt (1896-1978), député noir de métropole (1936-1940, 1945-1947), conseiller général noir de métropole (1934-1940, 1945-1951), guadeloupéen
  • Ernest Chénière (1945-), député de l'Oise (1993-1997), martiniquais
  • Harlem Désir (1959-), député européen (1999-), de père martiniquais
  • Raphaël Élizé (1891-1945), premier maire noir de métropole (1929-1940), martiniquais
  • Hégésippe Jean Légitimus (1868-1944) premier député noir de métropole, plus jeune député (élu à 30 ans) (1898 - 1902, 1906 - 1914), premier président noir du conseil général en 1899, maire de Pointe-à-Pitre en 1904.
  • Gaston Monnerville (1897-1991), premier sénateur noir de métropole (1946-1974), président du Sénat (1947-1968), maire, président du conseil général du Lot, guyanais
  • George Pau-Langevin (1948-), députée de Paris, guadeloupéenne
  • Arthur Richards (1890-1972), conseiller général à Bordeaux (1951-1964), député de Gironde (1958-1967), guyanais
  • Christiane Taubira (1952-), députée du PRG de Guyane et Garde des Sceaux (2012-2016)
  • Fodé Sylla (1963-), député européen (1999-2004), d'origine sénégalaise
  • Rama Yade (1976-), secrétaire d'État (2007-2010), d'origine sénégalaise
  • Kofi Yamgnane (1945-), secrétaire d'État (1991-1993), député du Finistère (1997-2002), maire de Saint-Coulitz (1989-2001), conseiller régional de Bretagne (1992-1997), conseiller général du Finistère (1994-2008) d'origine togolaise

Préfets[modifier | modifier le code]

Lors de la nomination en 2008 de Pierre N'Gahane, « premier préfet noir » selon plusieurs médias, plusieurs observateurs ont noté qu'il y en avait déjà d'autres, nommés en métropole sous la Cinquième République[44],[45], notamment

Ambassadeurs[modifier | modifier le code]

Militaires[modifier | modifier le code]

Culture[modifier | modifier le code]

Concours de beauté[modifier | modifier le code]

Miss France[modifier | modifier le code]

Sport[modifier | modifier le code]

Historiens et psychiatres[modifier | modifier le code]

Chevalier de la légion d'honneur[modifier | modifier le code]

Influences internationales[modifier | modifier le code]

La musique noire, ou faisant référence à ce sujet dans ses paroles et/ou dans son sujet a eu une certaine popularité en France, en renforçant et/ou en déjouant les stéréotypes[48].

En 1916, sort la chanson Les mains noires et les mains blanches [49], à une époque où la guerre concerne tout le monde, y compris les Tirailleurs sénégalais.

En 1952, le seuil publie Peau noire, masques blancs écrit par Frantz Fanon.

En 1964, Serge Gainsbourg n'a pas été dans la finesse, en chantant Là-bas c'est naturel, et Joanna[50].

En 1966, Nino Ferrer chante Je veux être noir[50].

Dans les années 1960, Johnny Hallyday sort Noir c’est noir et chante « Il y a longtemps sur des guitares, les mains noires lui donnaient le jour, pour chanter les peines et les espoirs, pour chanter Dieu et puis l’amour »[50], qu'il chantera ensuite en 1981 en espagnol sous le titre Black es noir.

En 1967, (ou 1965[50]) Claude Nougaro sort la chanson intitulée Armstrong, en référence à Louis Armstrong, considérée comme de la « musique noire » par certains chercheurs [48]. dont les paroles disent notamment: « Armstrong, je ne suis pas noir
Je suis blanc de peau
Quand on veut chanter l'espoir
Quel manque de pot »
. « Au - delà de nos oripeaux
Noir et blanc sont ressemblants
Comme deux gouttes d'eau
Oh yeah ! »
[51].

En 1979, François Béranger sort Mamadou m'a dit.

En 1985 passe à la radio la chanson (sortie en 1984 [52]), Mélissa, métisse d’Ibiza, vit souvent moitié nue, conduisant à ce que l'année suivante, huit mille petites filles s’appelent Mélissa[53], alors que le chanteur est lui-même le fils d'une femme métisse.

En 1987, Asimbonanga (« Nous ne l'avons pas vu »[54]), une chanson politiquement engagée — dans un contexte d'apartheid —, et dédiée à Nelson Mandela tout en citant Steve Biko, connaît un important succès en France, se classant 2e du Top 50 pendant sept semaines consécutives[55]. Elle entre également dans les charts en Suisse et au Royaume-Uni, se classant respectivement 45e et 94e[56],[57]. Cette chanson a été enregistrée en Afrique du Sud et a été chantée par Johnny Clegg au festival Musiques métisses d'Angoulême en 1986[58]; le succès fut tel en France qu'au début des années 1990, un million d'exemplaires avaient été vendus.

En 1997, Serge Gainsbourg sort Couleur café, une compilation rythmes afro-cubains, où il chante « Que j'aime ta couleur café».


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k426187n/f386.image
  2. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6511825k/f16.image Causes célèbres et intéressantes, avec les jugemens qui les ont décidées. Tome 20 / . Nouvelle édition, revue, corrigée, & augmentée de plusieurs pièces importantes qu'on a recouvrées Gayot de Pitaval, François (1673-1743) Éditeur : Poirion [et T. Legras] (Paris) TOME XIII Date d'édition : 1739-1750
  3. Titre : IIe Suite du Nouveau recueil des édits... enregistrez au Parlement [de Normandie]... depuis 1726 jusqu'en 1740... Auteur : Louis XV (roi de France ; 1710-1774) Éditeur : J.-B. Besongne (Rouen) Date d'édition : 1743 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6533887v/f17.image
  4. Titre : IIe Suite du Nouveau recueil des édits... enregistrez au Parlement [de Normandie]... depuis 1726 jusqu'en 1740... Auteur : Louis XV (roi de France ; 1710-1774) Éditeur : J.-B. Besongne (Rouen) Date d'édition : 1743 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6533887v/f698.image
  5. Titre : IIe Suite du Nouveau recueil des édits... enregistrez au Parlement [de Normandie]... depuis 1726 jusqu'en 1740... Auteur : Louis XV (roi de France ; 1710-1774) Éditeur : J.-B. Besongne (Rouen) Date d'édition : 1743 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6533887v/f699.image
  6. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57904669/f21.image
  7. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57904669/f43.image
  8. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k426326t/f283.image
  9. Répertoire universel et raisonné de jurisprudence civile, criminelle, canonique et bénéficiale. T23 / , ouvrage de plusieurs jurisconsultes, publié... par M. G****... Éditeur : J. Dorez (-Panckoucke) (Paris) Date d'édition : 1775-1783 Contributeur : Guyot, Joseph-Nicolas (1728-1816). Éditeur scientifique http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k426187n/f386.image
  10. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k426187n/f382.image
  11. Observations d'un habitant des colonies sur le "Mémoire en faveur des gens de couleur..." adressé à l'Assemblée nationale par M. Grégoire... (Signé : P. U. C. P. D. D. L. M. [16 décembre 1789.]) Date d'édition : 1789 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57904669/f13.image
  12. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57904669/f16.image
  13. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57904669/f28.image
  14. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57904669/f39.image
  15. Correspondance de Julien Raimond, avec ses frères, de Saint-Domingue, et les pièces qui lui ont été adressées par eux ([Reprod.]) Auteur : Raimond, Julien Éditeur : de l'impr. du Cercle social (Paris) Date d'édition : 1793 conditions spécifiques d'utilisation - Collection Les archives de la Révolution française http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k44856k/f4.image
  16. Observations d'un habitant des colonies sur le "Mémoire en faveur des gens de couleur..." adressé à l'Assemblée nationale par M. Grégoire... (Signé : P. U. C. P. D. D. L. M. [16 décembre 1789.]) http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k57904669/f8.image
  17. Réflexions sur le sort des noirs dans nos colonies . [Par D. Lescallier] Auteur : Lescallier, Daniel (1743-1822) Date d'édition : 1789 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k82300x/f4.image
  18. a et b Correspondance secrète des députés de Saint-Domingue avec les comités de cette île. (12 août 1789-9 avril 1790.) Date d'édition : 1789-1790 http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5785501k/f36.image
  19. Tessier, fils, La Boëssière, Traité, Notice historique sur le chevalier de St.-Georges, Paris, Didot, , xvi. Selon La Boëssière.
  20. Olivier Rogez, « Interview: Pascal Blanchard, auteur de la «France noire» », Radio France internationale, 7 novembre 2011
  21. a et b Philippe Dewitte, L'immigration : l'émergence en métropole d'une élite africaine, in Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire, Culture impériale 1931-1961, Éditions Autrement 2004, p. 202
  22. Recueil de statistiques scolaires et professionnelles, 1949-1950-1951, CNDP, Informations statistiques du ministère de l'Éducation nationale, no 29-30, mai-juin 1961. Cité dans Philippe Dewitte, L'Immigration : l'émergence en métropole d'une élite africaine, in Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire, Culture impériale 1931-1961, Éditions Autrement 2004, p. 204. À propos de ces chiffres, Philippe Dewitte les qualifie d'« aléatoires »
  23. Philippe Dewitte, L'immigration : l'émergence en métropole d'une élite africaine, in Pascal Blanchard et Sandrine Lemaire, Culture impériale 1931-1961, Éditions Autrement 2004, p. 204-205.
  24. Alexandre Biyidi, « Problèmes de l'étudiant noir », in « Les étudiants noirs parlent... », Présence africaine, no 14, 1953, p. 22-23.
  25. Jean-Pierre Ndiaye, enquête sur les étudiants noirs en France, Réalités africaines, 1962, p. 273.
  26. Au-delà du noir et du blanc, 2005, éditions Mad Max Milo
  27. Michèle Tribalat, L'Islam en France, PUF, 2010, p.21.
  28. François Héran, Inégalités et discriminations. Pour un usage critique et responsable de l’outil statistique, 3 février 2010.
  29. « Les sanctions pénales », sur cnil.fr
  30. a et b (en) David B. Oppenheimer, « Why France needs to collect data on racial identity...in a French way », Hastings International and Comparative Law Review, vol. 31, no 2,‎ , p. 735–752 (lire en ligne)
  31. (en) John Tagliabue, « French blacks skeptical of race neutrality », New York Times,‎ (lire en ligne)
  32. (en) « First French racism poll released », BBC News,‎ (consulté le 27 octobre 2009)
  33. (en) Michael Kimmelman, « For blacks in France, Obama's rise is reason to rejoice, and to hope », New York Times,‎ (lire en ligne)
  34. (en) Katrin Bennhold, « Black anchor fills top spot on French TV », International Herald Tribune,‎ , p. 2 (lire en ligne)
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  36. Les descendants d'immigrés se sentent au moins autant discriminés que les immigrés, Insee 2012
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  49. Les mains blanches et les mains noires : chanson : [pour chant et piano] / paroles de Henri Bazin ; musique de Raoul Chassain Auteur : Chassain de La Plasse, Raoul (1842-1921). Compositeur Éditeur : Esper (Paris) Date d'édition : 1916 Contributeur : Bazin, Henri (18..-1916 ; parolier). Parolier Sujet : Chansons françaises -- 1900-1945 Sujet : Chansons acc. de piano -- 1900-1945 Sujet : Chants de guerre -- 1900-1945 Sujet : Guerre mondiale (1914-1918) -- Chansons http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/btv1b10308945j/f1.item
  50. a, b, c et d 1966 : "Je veux être noir" par Nino Ferrer http://www.franceinfo.fr/emission/noeud-emission-temporaire-pour-le-nid-source-295/2012/1966-je-veux-etre-noir-par-nino-ferrer-08-04-2012-07-40
  51. Conseiller pédagogique en éducation musicale–Marseille zone Calanques Une chanson contemporaine: Armstrong – Claude Nougaro (1967) tice1d.13.ac-aix-marseille.fr/artsvisuels/Une%20chanson%20contemporaine%20-%20Armstrong.pdf
  52. http://www.bide-et-musique.com/song/102.html
  53. Mélissa, modèle de Matisse http://next.liberation.fr/livres/2012/07/26/melissa-modele-de-matisse_835801
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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pascal Blanchard, La France Noire, trois siècles de présences, Éditions La Découverte, 2011, 360 p. (ISBN 9782707169211).
  • Pierre H. Boulle, Race et esclavage dans la France de l'Ancien Régime, Perrin, 2007, 286 p. (ISBN 978-2-262-02672-1).
  • Sylvie Chalaye, Nègres en images, L’Harmattan, 2002.
  • Jean-Philippe Dedieu, La parole immigrée. Les migrants africains dans l'espace public en France (1960 - 1995), Paris, Klincksieck, 2012, 336 p. (ISBN 2-252-03828-4).
  • Philippe Dewitte, Les mouvements nègres en France, 1919-1939, Paris, L’Harmattan, 1985, 415 p.
  • Régis Dubois , Les Noirs dans le cinéma français : de Joséphine Baker à Omar Sy, LettMotif, 2016, 247 p.
  • Trica Danielle Keaton, T. Denean Sharpley-Whiting, Tyler Stovall (dir.), Black France/France noire, The History and Politics of Blackness, Duke University Press, 2012, 344 p. (ISBN 978-0-8223-5262-4).
  • Pap Ndiaye, La condition noire. Essai sur une minorité française, Paris, Calmann-Lévy, 2008, 435 p. (ISBN 2-702-13807-1).
  • Erick Noël, Être noir en France au XVIIIe siècle, Tallandier, 2006 - 320 p. (ISBN 978-2-84734-299-4).
  • Sue Peabody, "There Are No Slaves in France": The Political Culture of Race and Slavery in the Ancien Regime, New York and Oxford: Oxford University Press, 1996. (ISBN 978-0195158663)
  • Sue Peabody, Tyler Stovall (dir.), The Color of Liberty: Histories of Race in France, Durham, NC: Duke University Press, 2003, 400 p. (ISBN 978-0822331179).
  • Michel Samuel, Le Prolétariat africain noir en France, Paris, Maspero, 1978, 262 p. (ISBN 2-7071-0980-0).


Articles connexes[modifier | modifier le code]