Alexandre Pétion

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Alexandre Pétion
Illustration.
Portrait du président Alexandre Pétion.
Fonctions
Président de la République d'Haïti
(République du Sud)

(11 ans et 19 jours)
Élection
Réélection
(président à vie)
Premier ministre Jean-Pierre Boyer
Prédécesseur Jacques Ier (empereur)
Successeur Jean-Pierre Boyer
Sénateur de Port-au-Prince
Biographie
Nom de naissance Alexandre Sabès
Date de naissance
Lieu de naissance Port-au-Prince, (Saint-Domingue)
Date de décès (à 47 ans)
Lieu de décès Port-au-Prince, (Haïti)
Conjoint Marie-Madeleine Lachenais
Profession Orfèvre, Militaire (général de division)

Alexandre Pétion
Présidents de la République d'Haïti

Alexandre Sabès, dit Alexandre Pétion (né le à Port-au-Prince – mort le dans la même ville) est un homme militaire et dirigeant haïtien, ayant combattu pendant la Révolution haïtienne (1791-1804), sous les ordres du général André Rigaud.

Fils d'un riche colon français et d'une mulâtresse, il est envoyé en France en 1788 pour étudier à l'Académie militaire à Paris. Pendant la guerre d'indépendance, il rejoint le parti « mulâtre » du général Rigaud, contre le général Toussaint Louverture et participe ainsi à la Guerre des couteaux. Vaincu, il s'exil et rejoint les français. Pendant l'expédition de Saint-Domingue, il revient à Haïti et combat aux côtés des français contre Louverture. Après la défaite des français, il rejoint les indépendantistes, se rallie au gouverneur-général Jean-Jacques Dessalines qui proclame l'indépendance en 1804. Sous l'Empire, il est un proche de l'empereur et l'un de ses collaborateurs. En 1806, il dirige un complot contre ce dernier qui aboutit par la mort de Dessalines et l'abolition de l'Empire.

Avec le général Henri Christophe, Pétion proclame la République. La rivalité entre les deux hommes entraîne très vite une division du pays, entre le Nord, dirigé par Christophe, et le Sud, dirigé par Pétion qui devient président de la République en 1807.

Avec Louverture, Dessalines et Christophe, il est l'un des « pères fondateurs » d'Haïti.

Biographie[modifier | modifier le code]

Premières années[modifier | modifier le code]

De retour dans son île natale, Pétion participe à la campagne d'expulsion des Britanniques (1798-1799). Il prend le parti d'André Rigaud, chef des gens de couleur libres, contre Toussaint Louverture pendant la Guerre des couteaux, qui commence en juin 1799. Dès novembre, la faction mulâtre se trouve coincée au port stratégiquement important de Jacmel, sur la côte méridionale. C'est Pétion qui prend la tête de la défense ; Jean-Jacques Dessalines dirige l'assaut. La chute de Jacmel, mars 1800, termine en effet la révolte et Pétion et d'autres dirigeants de couleur s'exilent en France.

L'indépendance[modifier | modifier le code]

En février 1802, il retourne à Saint-Domingue avec Jean Pierre Boyer, Rigaud, et une armée de 12 000 Français sous les ordres de Charles Leclerc, beau-frère de Napoléon Bonaparte. À la suite de la trahison qui livre Toussaint aux Français, Pétion se rallie aux forces nationalistes en octobre 1802 (en raison de la conférence secrète à Arcahaie) et donne son soutien à Dessalines. Le général Clerveau est l'adjoint principal de Pétion à cette époque. La force expéditionnaire est écrasée le lors de la bataille de Vertières, et Haïti devient une république indépendante le 1er janvier 1804. Dessalines se proclame président à vie, puis se couronne Empereur le .

Pétion est parmi ceux qui prônent l'assassinat de l'Empereur en octobre 1806, et par la suite il revendique la démocratie libérale contre Henri Christophe.

Président de la République[modifier | modifier le code]

Le général et président Alexandre Pétion.

Christophe, élu président de la République, rompt avec le Sénat contrôlé par Pétion, et Haïti se divise de fait en deux États. Le Sénat qui ne reconnaît plus Christophe comme président, élit Pétion à sa place. Une guerre dérisoire se poursuit jusqu'en 1810 – Christophe contrôlera le nord (fief traditionnel des factions noires radicales) tandis que Pétion dirigera le sud (où les gens de couleurs sont enracinés).

Reconnaissant l'aspiration des paysans (anciens esclaves) à être propriétaires, Pétion saisit les plantations en les faisant partager entre ses partisans et le peuple. Cette action lui vaut jusqu'aujourd'hui les louanges des pauvres comme Papa Bon-Kè (Papa Bon-Cœur). Cependant, l'économie haïtienne, fondée sur l'exportation du sucre et du café, est en train de se reconvertir à l'autarcie et à l'agriculture de la subsistance.

Il établit le lycée Pétion à Port-au-Prince. En 1815, Pétion donne asile à Simón Bolívar (chassé pour le moment du Venezuela) et lui donne les moyens pour reprendre sa campagne de libération mais impose que Bolívar fasse émanciper les esclaves de toutes les terres qu'il libère du joug espagnole.

En principe partisan de la démocratie constitutionnelle, Pétion supportera de moins en moins les contraintes imposées par le Sénat. Ainsi, en 1816 il se proclame président à vie ; en 1818 il suspend la législature.

Guerre avec le Nord[modifier | modifier le code]

Dès la division d'Haïti en 1807, des tensions étaient apparues entre les Haïtiens nordistes et sudistes. Cela entraîna une véritable guerre civile. La tension avec les sudistes s'intensifie encore avec l'instauration du royaume du Nord par Christophe. Pétion, en tant que président de la république sudiste, déclare représenter la lutte contre la tyrannie qui serait ainsi représentée par le roi Henri et sa cour. De 1807 jusqu'en 1820, aucune des deux armées ne parvient à franchir la frontière séparant les deux régimes.

Monument en hommage à Pétion.

Quant au roi Henri, il dénigre Pétion en déclarant qu'il incarne la fausse démocratie qui masque la tyrannie, cette déclaration étant confirmée lorsque Pétion devint président à vie du Sud avec droit de désigner son successeur.

Postérité[modifier | modifier le code]

Pétion meurt de la fièvre jaune en 1818 ; il laisse le pouvoir à son protégé Jean Pierre Boyer qui lui succède comme président à vie du Sud. Deux ans plus-tard, la révolution nordiste renverse le régime de Christophe, et Boyer réunifie le Nord avec le Sud avant de conquérir le reste de l'île Hispaniola. Il devient ainsi maître absolu du pays et prend le titre de « chef suprême de la Nation ».

En 1926 fut inauguré le mausolée à la gloire d'Alexandre Pétion et Jean-Jacques Dessalines attenant au Palais présidentiel. La ville de Pétionville en Haïti, fut baptisée en son honneur. Le Lycée Pétion, le plus ancien de la capitale, fondé par lui en 1816, porte aussi son nom. Le Fort Alexandre construit au début du XIXe siècle, pour défendre Port-au-Prince fut baptisé en son honneur. Les places et avenue Pétion-Bolivar furent nommées en hommage à Pétion et à Simón Bolívar.

Le billet de 500 gourdes ainsi que la pièce de 5 gourdes portent son effigie.

Liens externes[modifier | modifier le code]