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Présence africaine

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L'Éditions Présence Africaine[réf. nécessaire]
Repères historiques
Dates clés - Création de la revue Présence africaine
- Création de la maison d'édition Présence africaine
- Premier Congrès des écrivains et artistes noirs (Paris-Sorbonne)
- Deuxième Congrès des écrivains et artistes noirs (Rome)
- Festival mondial des arts nègres (Dakar)
Fondée par Alioune Diop
Fiche d’identité
Siège social Paris (France)
Dirigée par Christiane Diop
Spécialités Littératures (Afrique et Outre-Mer)
Site web www.presenceafricaine.com
Préfixe ISBN 978-2-7087Voir et modifier les données sur Wikidata

Présence africaine est une revue panafricaine semestrielle, fondée en par Alioune Diop.

Elle est éditée par la maison d'édition du même nom[1], fondée en , et une librairie située dans le Quartier latin à Paris, au 25 bis, rue des Écoles. La maison d'édition Présence africaine est dirigée par la veuve du fondateur, Christiane Diop, puis par la fille du fondateur, Suzanne Diop.

La naissance de la revue s'inscrit dans la mouvance du panafricanisme dont les idées s'expriment depuis le début du XXe siècle, notamment lors de plusieurs congrès, comme celui de Paris en , organisé par W. E. B. Du Bois soutenu par Blaise Diagne. Les intellectuels sont aussi marqués par le surréalisme et le marxisme. En , le Front populaire confronte les Africains vivant en France au monde syndical et politique et cette dynamique trouve un écho notamment au Sénégal. Enfin, la liberté retrouvée à l'issue de la Seconde Guerre mondiale soulève désormais avec acuité la question de la souveraineté des peuples et des cultures à l'échelle mondiale, et notamment en Afrique. Petit à petit, des périodiques donnent la parole aux Noirs, tels que La Revue du monde noir, Légitime Défense, L'Étudiant noir ou Tropiques, éditée par Aimé Césaire au début des années .

Rayonnement de la revue et de la maison d'édition

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C'est dans ce contexte que la revue est créée en  -  par Alioune Diop, professeur de philosophie né au Sénégal, avec le soutien d'intellectuels, écrivains ou anthropologues, dont Aimé Césaire, Léopold Sédar Senghor, Richard Wright, Albert Camus, André Gide, Jean-Paul Sartre, Théodore Monod, Georges Balandier ou Michel Leiris, Nénékhaly Condetto-Camara , mais aussi Joséphine Baker, James Baldwin, Picasso, etc.[2],[3]

Dans le premier numéro – contenant un avant-propos d'André Gide – Alioune Diop déclare que « la revue ne se place sous l'obédience d'aucune idéologie ou politique. Elle veut s'ouvrir à la collaboration de tous les hommes de bonne volonté (Blancs, Jaunes ou Noirs), susceptibles de [les] aider à définir l'originalité africaine et de hâter son insertion dans le monde moderne ».

La revue rencontre le succès et, dès , la maison d'édition du même nom est créée. Le premier titre publié est l'ouvrage — controversé[4] — du missionnaire belge Placide Tempels (-), La Philosophie bantoue[2],[5]. L'année suivante, en , Alioune Diop accepte d'éditer un manuscrit de Joseph Zobel, refusé par les éditions Albin Michel en raison de l'usage de tournures inspirées du créole dans le texte. C'est le roman La Rue Cases-Nègres, bien accueilli en France et sur le continent africain. Joseph Zobel y met à profit ses souvenirs d'enfance. Il recourt dans cette œuvre à un duo idéal : l'enfant, qui n'a pas encore une grande expérience du monde, et la grand-mère, expérimentée mais qui tente d'adoucir les angles (lui-même a été en partie élevé par sa grand-mère). Le résultat est un témoignage, très rare à l'époque, sur la communauté noire antillaise[6].

Pendant les années et , la revue milite activement en faveur de l'émergence d'une culture africaine indépendante. Véritable moteur intellectuel, elle offre une tribune de choix aux figures montantes du monde littéraire et politique. Les mentalités devancent ainsi les décisions politiques dans l'accession à l'indépendance.

En , la revue commandite un court-métrage documentaire, réalisé par Chris Marker et Alain Resnais, Les statues meurent aussi[7]. Dénonciation des méfaits de la colonisation, le film sort en et obtient la même année le prix Jean-Vigo, mais il est censuré pendant une dizaine d'années.

En , Présence africaine réunit dans le grand amphithéâtre Descartes de la Sorbonne le premier Congrès des écrivains et artistes noirs[2], un événement que l'on a parfois qualifié de « Bandung culturel », en référence à la conférence de Bandung qui s'était tenue en . La Société africaine de culture se constitue à l'issue de ce premier congrès.

La librairie ouverte par Présence africaine dans le Quartier latin est visé par un attentat de l'OAS en [8].

Dans un Sénégal désormais indépendant, Alioune Diop et son équipe organisent avec Léopold Sédar Senghor le premier Festival mondial des arts nègres à Dakar, inauguré en [2].

Après la mort d'Alioune Diop en , sa veuve Christiane Mame Yandé Diop reprend le flambeau, aidée par leur fille Suzanne. Le 50e anniversaire de la revue est célébré par un colloque organisé au siège de l'Unesco à Paris du au . Du au , la Communauté africaine de culture, ONG succédant à la Société africaine de culture, présidée par le prix Nobel Wole Soyinka, a organisé le cinquantenaire du premier Congrès des écrivains et artistes noirs à la Sorbonne et à l'Unesco.

Christiane Diop reçoit la décoration de chevalier de la Légion d'honneur, remise au palais de l'Élysée, le .

Fin , on dénombre près de 300 numéros de la revue et environ 400 ouvrages parus[9].

Le directeur de la publication actuel est Romuald Fonkoua, professeur de littérature française et comparée à l'université de Strasbourg.

Du au , le musée du Quai Branly accueille une exposition thématique autour de la revue Présence africaine[10] dans le cadre des célébrations du centenaire de la naissance de son fondateur Alioune Diop[11].

Le , dans les locaux de l'Organisation internationale de la francophonie, Christiane reçoit la décoration de grand-croix de l'Ordre national du Lion des mains de Macky Sall, président de la république du Sénégal.

Christiane Diop reçoit la décoration d'officier de la Légion d'honneur le à l'Hôtel de Ville, en présence de George Pau-Langevin, ancienne ministre et ancienne députée de Paris.

Quelques auteurs

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Notes et références

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  1. « Présence africaine éditions », sur societe.com (consulté le ).
  2. a b c et d Séverine Kodjo-Grandvaux, « Édition. Inestimable Présence africaine », Le Monde, .
  3. Alain Mabanckou et Abdourahman Waberi, « Présence africaine », dans Dictionnaire enjoué des cultures africaines, Paris, Fayard, (ISBN 978-2-213-70604-7 et 978-2-213-70775-4), p. 257–258 [lire en ligne sur Google Livres Accès limité].
  4. Voir l'article Philosophie africaine.
  5. Placide Tempels (trad. du néerlandais par A. Rubbens), La Philosophie bantoue [« Bantou-filosofie »], Paris, Éditions africaines, coll. « Présence africaine », , 125 p.-9 p. de pl. (BNF 31441840).
  6. Kidi Bebey, « La Rue Cases-Nègres passe par la case bande dessinée », Le Monde, .
  7. « Histoire et anthropologie 3/4 : Les statues meurent aussi », La Fabrique de l'histoire, sur radiofrance.fr, France Culture, .
  8. Amzat Boukari-Yabara, chap. 6 « Répressions coloniales et résistances africaines », dans Thomas Borrel (dir.), Amzat Boukari-Yabara (dir.), Benoît Collombat (dir.) et Thomas Deltombe (dir.), L'Empire qui ne veut pas mourir : Une histoire de la Françafrique, Paris, Seuil, , 992 p. (ISBN 978-2-02-146416-0 et 978-2-02-146417-7), p. 137–151 [DOI 10.3917/ls.colle.2021.01.0137] [lire en ligne sur cairn.info Accès payant], en particulier « Présence africaine et Afrique 50 : l'anticolonialisme par les mots et l'image », p. 140–141 [lire en ligne sur Google Livres Accès limité].
  9. Lubabu 2007, p. 108.
  10. Pierre Pérot, « Présence africaine au musée du quai Branly », L'Express, .
  11. Sarah Frioux-Salgas, « Présence africaine : Une tribune, un mouvement, un réseau », dossier d'exposition à destination des enseignants et de leurs classes [PDF], sur quaibranly.fr, Musée du Quai Branly,  - .

Bibliographie

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  • (en) Bennetta Jules-Rosette, Black Paris: The African Writer’s Landscape, Chicago, University of Illinois Press, 1998.
  • (en) Marga Graf, « Roots of Identity : The National and Cultural Self in Présence Africaine », Comparative Literature and Culture, vol. 3, no 2,‎ (DOI 10.7771/1481-4374.1121).
  • (en) Salah D. Hassan, « Inaugural Issues : The Cultural Politics of the Early Présence Africaine, 1947-55 », Research in African Literatures, vol. 30, no 2,‎ , p. 194–221 (DOI 10.1353/ral.2005.0060, JSTOR 3820567).
  • (en) Valentin-Yves Mudimbe (sous la direction de), The Surreptitious Speech: Présence Africaine and the Politics of Otherness, -, Chicago, University of Chicago Press, 1992.
  • Léopold Sédar Senghor et la revue "Présence africaine", Paris, Présence africaine, 1996, 250 p. (ISBN 2-7087-0621-7) (anthologie).
  • Jacques Howlett, Index alphabétique des auteurs et index des matières de la revue "Présence africaine", Paris, Présence africaine, 1977, 381 p. (ISBN 2-7087-0343-9).
  • Micaela Fenoglio, "Présence africaine" entre critique et littérature : l'esprit du dialogue, Rome, Bulzoni, 1998.
  • Sarah Frioux-Salgas (dir.), Présence africaine. Les conditions noires : une généalogie des discours, Gradhiva no 10, Paris, Musée du quai Branly, 2009 [lire en ligne].
  • Marcella Glisenti (sous la direction de), Hommage à Alioune Diop, fondateur de Présence africaine, Rome, Éditions des amis italiens de Présence africaine, 1977.
  • Lilyan Kesteloot, Les Écrivains noirs de langue française : naissance d'une littérature, Bruxelles, Université libre de Bruxelles, 1965.
  • Diane T. Simard, Théorie et critique littéraires dans la revue "Présence africaine", Montréal, Université McGill, 1972 (Thèse M.A.).
  • 20e anniversaire : Mélanges : réflexions d’hommes de culture, Présence africaine -, Paris, Présence africaine, 1969.
  • 30e anniversaire de Présence africaine. Hommage à Alioune Diop, Paris, Présence africaine, 1977.
  • 50e anniversaire de Présence africaine, - : colloque de Dakar,  - , Paris, Présence africaine (numéro spécial), 1999, 385 p. (ISBN 2-7087-0674-8).
  • Tshitenge Lubabu, « Soixante ans de Présence », Jeune Afrique, no 2448,‎  - , p. 106–108 (lire en ligne).

Articles connexes

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Liens externes

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