Afro-Caribéens

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Afro-Caribéens
Populations significatives par région
Drapeau d'Haïti Haïti 8 900 000
Drapeau de la République dominicaine République dominicaine 8 100 000
Drapeau de Cuba Cuba 4 900 000
Drapeau de la Jamaïque Jamaïque 2 500 000
Drapeau de Porto Rico Porto Rico 1 700 000
Drapeau de la Martinique Martinique et Drapeau de la Guadeloupe Guadeloupe 790 000
Drapeau de Trinité-et-Tobago Trinité-et-Tobago 555 000
Drapeau des Bahamas Bahamas 290 000
Drapeau du Guyana Guyana 290 000
Drapeau de la Barbade Barbade 253 771
Drapeau de Sainte-Lucie Sainte-Lucie 173 765
Drapeau de la Guyane Guyane 131 676
Drapeau de Curaçao Curaçao 120 000
Drapeau de Saint-Vincent-et-les-Grenadines Saint-Vincent-et-les Grenadines 118 000
Drapeau d'Aruba Aruba 110 000
Drapeau de Grenade Grenade 101 309
Drapeau du Belize Belize 93 394
Drapeau d'Antigua-et-Barbuda Antigua-et-Barbuda 90 000
Drapeau des Îles Vierges des États-Unis Îles Vierges des États-Unis 79 000
Drapeau de la Dominique Dominique 72 660
Drapeau des Îles Caïmans Îles Caïmans 44 000
Drapeau de Saint-Christophe-et-Niévès Saint-Christophe-et-Niévès 38 827
Drapeau de Saint-Martin (Royaume des Pays-Bas) Saint-Martin 35 000
Drapeau des îles Turks-et-Caïcos Îles Turks-et-Caïcos 31 458
Drapeau de Saint-Martin Saint-Martin 30 000
Drapeau des Îles Vierges britanniques Îles Vierges britanniques 20 000
Drapeau d'Anguilla Anguilla 15 500
Drapeau de Bonaire Bonaire 12 000
Drapeau de Montserrat Montserrat 5 000
Drapeau de Saba Saba 1 500
Population totale 29 600 000
Autres

Les Afro-Caribéens (Afro-Caribbeans) sont des habitants de la Caraïbe d'origine africaine, dont l'arrivée est postérieure à la découverte du continent américain par Christophe Colomb en 1492. Ils sont parfois nommés Africains-Caribéens (notamment dans la diaspora au Royaume-Uni), Afro-antillais ou Afro-Indiens de l'Ouest.

Entre le XVIe siècle et le XIXe siècle, la traite négrière provoque l'arrivée de plusieurs millions d'Africains dans la Caraïbe, qui étaient exploités dans des camps de travail et des plantations esclavagistes contrôlés par les puissances coloniales de la région (Espagne, France, Royaume-Uni et Pays-Bas). La résistance, les révoltes et les soulèvements des Afro-Caribéens ont peu à peu conduit à l'abolition de l'esclavage. Des mouvements indépendantistes ont également conduit à l'établissement de nombreux États-nations insulaires.

Bien que la majeure partie des Afro-Caribéens vive aujourd'hui dans des États ayant pour langue officielle l'espagnol, le français , l'anglais, ou le créole, une importante diaspora s'est constituée dans tout l'hémisphère nord, notamment au Royaume-Uni, en France, aux États-Unis et au Canada. Les principaux pays de résidence des Afro-Caribéens sont Haïti, la République dominicaine, Cuba et la Jamaïque.

De nombreuses personnalités d'origine afro-caribéenne sont devenues célèbres et se sont distinguées dans les arts (Aimé Césaire, Frantz Fanon, Jean-Michel Basquiat), le sport (Usain Bolt, Tim Duncan), la politique (Colin Powell) ou la musique (Bob Marley, Rihanna, Nicki Minaj, Wyclef Jean ).

Histoire des Afro-Caribéens[modifier | modifier le code]

Du XVIe au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Le général Toussaint Louverture (1743-1803). Descendant d'esclaves, il mène la Révolution haïtienne de 1791 à sa déportation en France en 1802. Il devient par la suite une figure majeure de l'émancipation des Noirs et de l'abolitionnisme.

Les archipels et les îles des Caraïbes sont le premier point de départ de la diaspora africaine sur le continent américain. Pedro Alonso Niño (en), un explorateur espagnol de couleur noire, était aux commandes d'un des navires de Christophe Colomb en 1492. Il revient dans les Amériques en 1499 mais ne s'y installe pas. Au début du XVIe siècle, la proportion d'Africains dans la population des colonies espagnoles des Caraïbes augmente, parfois libres mais de plus en plus avec le statut d'esclaves, domestiques, ouvriers et laboureurs. Cette demande croissante de travailleurs africains s'explique par le dépeuplement rapide des Caraïbes, en raison des massacres perpétrés et des maladies importées par les colons européens, qui déciment notamment les peuples Taïnos.

Au milieu du XVIe siècle, la traite négrière vers les Caraïbes était si lucrative que les marchands-explorateurs anglais Francis Drake et John Hawkins se sont engagés dans la piraterie, transgressant ainsi les lois coloniales espagnoles, afin de déporter par la force 1500 esclaves de Sierra Leone sur l'île de Hispaniola (aujourd'hui partagée entre les États de République dominicaine et Haïti)[1]. Durant le XVIIe siècle et le XVIIIe siècle, la colonisation européenne dans les Caraïbes dépend de plus en plus de l'économie de plantation esclavagiste, si bien qu'à la fin du XVIIIe siècle, sur de nombreuses îles, le nombre d'Afro-Caribéens esclaves et libres dépasse largement celui de leurs maîtres européens[2]. Les conditions de vie difficiles, les guerres permanentes entre empires coloniaux et la montée des opinions révolutionnaires entraînent la Révolution haïtienne, de 1791 à 1804, menée par Toussaint Louverture et Jean-Jacques Dessalines, tous deux descendants d'esclaves.

Du XIXe siècle à aujourd'hui[modifier | modifier le code]

En 1804, grâce à sa très importante population noire, Haïti devient la seconde nation des Amériques à obtenir son indépendance des puissances coloniales. Au cours du XIXe siècle, des soulèvements à répétition, tels que la Guerre baptiste (en) menée en 1831 par l'esclave Samuel Sharpe (en) en Jamaïque, créent peu à peu les conditions favorables à l'abolition de l'esclavage dans les Caraïbes. Cuba était alors l'île la plus soumise aux puissances coloniales.

Durant le XXe siècle, les Afro-Caribéens affirment leur identité culturelle et leurs droits politiques, économiques et sociaux dans le monde entier, avec des figures de proue telles que l'UNIA de Marcus Garvey[3], ou le courant littérature de la négritude mené par le Martiniquais Aimé Césaire. À partir des années 1960, les territoires britanniques des Indes de l'Ouest acquièrent progressivement leur indépendance et jouent un rôle majeur dans l'élaboration de nouvelles formes culturelles, telles que le reggae, le calypso ou le mouvement rastafari. Au-delà des Caraïbes se développe la diaspora afro-caribéenne, qui compte des personnalités influentes aux États-Unis et en Europe : Stokely Carmichael et Kool Herc participent à la création du Black Power et de courants de hip-hop ; Frantz Fanon[4] et Stuart Hall deviennent des auteurs de sciences humaines et sociales de renommée internationale[5]. Le chanteur de reggae Bob Marley évoque le peuplement africain des Caraïbes dans sa chanson Buffalo Soldier.

Liste de personnalités d'origine afro-caribéenne[modifier | modifier le code]

Politiques[modifier | modifier le code]

Le musicien et militant jamaïcain Marcus Garvey (1887-1940). Précurseur du panafricanisme, il est considéré comme un prophète par les adeptes du mouvement rastafari.

Sciences, lettres et arts[modifier | modifier le code]

L'écrivain martiniquais Frantz Fanon (1925-1961)

Cinéma, musique et sports[modifier | modifier le code]

Le sprinteur jamaïcain Usain Bolt, détenteur des records du monde du 100 mètres et du 200 mètres.

Références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Anthony Benezet, Some Historical Account of Guinea: With an Inquiry Into the Rise and Progress of the Slave Trade, J. Philipps, , 161 p. (lire en ligne), p.48
  2. (en) Stephen Behrendt, "Transatlantic Slave Trade", in Africana: The Encyclopedia of the African and African American Experience, New York, Basic Civitas Books, (ISBN 0-465-00071-1)
  3. (en) Tony Martin, Race First: The Ideological and Organizational Struggle of Marcus Garvey and the Universal Negro Improvement Association, Westport, Connecticut, Greenwood Press,
  4. (en) Nigel C. Gibson, Fanon: The Postcolonial Imagination, Oxford, Polity Press,
  5. (en) Kuan-Hsing Chen, "The Formation of a Diasporic Intellectual: An interview with Stuart Hall", in Stuart Hall: Critical Dialogues in Cultural Studies, New York, Routledge,

Voir aussi[modifier | modifier le code]