Savoyard (habitant)

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Savoyards
Description de cette image, également commentée ci-après

1er rang : Amédée VIII de SavoieFrançois de SalesClaude Louis Berthollet.
2e rang : Joseph de MaistreJacques BalmatAmélie Gex.
3e rang : Roger Frison-RocheAndré DussollierJeannie Longo.

Populations significatives par région
Savoie (France) 1 177 608 (incertaine)
Population totale incertaine
Autres
Régions d’origine Sapaudie
Savoie
Langues savoyard, français
Religions Catholicisme (majorité)
Ethnies liées Français, Italiens, Valdôtains.

Les Savoyards sont les habitants de la région historique de la Savoie, berceau de la maison de Savoie, seigneurs contrôlant le comté (XIe siècle-1416) puis le duché de Savoie (1416-1860). L'ancien duché est donné par ses princes à la France en 1860 afin d'obtenir le soutien de l'Empire et réaliser l'unité italienne et ce territoire correspond aujourd'hui aux deux départements français de la Savoie et de la Haute-Savoie, au sein de la région Rhône-Alpes.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les termes « Savoyard » et « Savoisien » sont apparus quasiment tous deux au XVIe siècle[1].

Au cours de l'histoire, d'autres gentilés ont été utilisés comme celui de « savoisien », utilisé pour désigner les sujets du prince ou des objets, ou encore « savoyen », plus littéraire. Le terme originel pour désigner les habitants de la Savoie est « savoisien ».

Au XVIe siècle, le poète Marc-Claude de Buttet (né en 1530 à Chambéry), auteur de l'Amalthée, fait suivre son nom du qualificatif : « Gentilhomme savoisien ». François de Sales au XVIIe siècle, en résistance au roi de France déclara : « Si votre excellence me le permet, je lui dirai avec esprit de liberté, que je suis né, nourri et instruit, et tantôt envieilli en une solide fidélité envers notre prince souverain, à laquelle ma profession outre cela, et toutes les considérations humaines qui peuvent se faire, me tiennent étroitement lié. Je suis essentiellement "savoisien", et moi et tous les miens, et ne saurais jamais être autre chose. »[2]

Au Piémont, au Moyen Âge, on employait en latin Savoinus, c'est-à-dire Savoyen[réf. nécessaire]. Puis la traduction de l'italien « savoiardo » a fait naître le gentilé « savoyard », parfois utilisé dans le passé de façon péjorative eu égard aux nombreux conflits entre la France et la Savoie.

Exemples de définitions françaises marquant la connotation péjorative du terme « savoyard » :

  • « Savoyard : homme sale, grossier et brutal, on emploie le mot savoyard par mépris », (Dictionnaire Universel, Paris 1834)
  • « Savoyard : dans un langage très familier, on emploie ce mot pour désigner un homme grossier, rustre », (Dictionnaire des Dictionnaires, Paris 1837)
  • « Savoyard : paysan grossier, ramoneur, employé comme injure au XIXe siècle », (Dictionnaire de langue Française de Paul Robert, Paris 1989)

Controverse[modifier | modifier le code]

Depuis l'apparition de mouvements indépendantistes en Savoie (cf. Ligue savoisienne), le terme « savoisien » a tendance à être approprié par eux et pour leurs objectifs, ces derniers refusant l'appellation considérée comme "française" et historiquement péjorative du nom des habitants de la Savoie[3].

Louis Besson, alors secrétaire d'État, faisait l'intervention suivante lors d'une séance au Sénat en octobre 1998, en évoquant les réticences à l'égard du mot « cumul » et de son dérivé « cumulard » : « Ce raisonnement me rappelle ce que disent les indépendantistes de ma propre région, qui veulent être désormais appelés « Savoisiens » et non plus « Savoyards » compte tenu de la connotation négative que revêt la terminaison "ard" ! »[4].

Aujourd'hui, le terme le plus utilisé, en Savoie comme en France, pour désigner les habitants de ces départements est « Savoyard », et plus spécifiquement « Haut-Savoyard » pour le département du nord. Il est utilisé sans connotation péjorative.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. André Palluel-Guillard, L'Aigle et la Croix : Genève et la Savoie 1798-1815, Chambéry, éditions Cabédita,‎ (ISBN 978-2-8829-5260-8), p. 14-18.
  2. Extrait d'une lettre citée dans Vie de Saint François de Sales, évêque et prince de Genève par M. le Curé de Saint-Sulpice, André Jean Marie Hamon, 1855, p.414.
  3. Jean de Pingon, Savoie française. L'histoire d'un pays annexé, Cabédita, Collection « Archives vivantes »,‎ (ISBN 978-2-88295-184-7 et 2-88295-184-1), p. 31 à 39. Jean de Pingon est le fondateur de la Ligue savoisienne.
  4. « Séance du 28 octobre « Projet de loi organique relatif aux incompatibilités entre mandats électoraux »1998 », sur le site du Sénat - www.senat.fr (consulté le 5 mai 2010).