Élie Bloncourt

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Élie Bloncourt
Fonctions
Parlementaire français
Député 1936-1942, 1945-1947
Gouvernement IIIe République, IVe République
Groupe politique SFIO
Biographie
Résidence Aisne

Élie Bloncourt, né le à Basse-Terre (Guadeloupe) et mort en 1978 à Antony, est un homme politique et résistant français.

Famille et jeunesse en Guadeloupe[modifier | modifier le code]

Élève boursier, Elie Bloncourt obtient son baccalauréat en 1913 au lycée Carnot de Pointe-à-Pitre mais doit arrêter ses études à la mort de sa mère, qui l'élevait seule avec ses cinq frères et sœurs. Elie Bloncourt est le descendant de Suzanne Melvil-Bloncourt, communard et député de Guadeloupe de 1871 à 1874. Son frère, Max, dit Max Clainville ou Max Clainville-Bloncourt, militant communiste, avocat, actif au sein de la Ligue des Droits de l'Homme, sera un collaborateur et ami proche d'Ho-Chi-Minh, Les deux fils de leur troisième frère, nés en Haïti, seront aussi des militants : Gérald Bloncourt, artiste peintre et photographe, sera responsable politique du service photo de L'Humanité ; Tony Bloncourt, résistant au sein des "bataillons de jeunesse", sera fusillé au Mont-Valérien en mars 1942.

Invalide de guerre 1914-1918[modifier | modifier le code]

Il est mobilisé en 1915, à la suite des lois sur la conscription coloniale, et combat dans les Dardanelles, à Salonique et en Macédoine ottomane. Il profite d'une permission pour se marier en Guadeloupe en 1917 mais repart pour la région de Verdun sans attendre la naissance de son fils. Il combat ensuite dans le département de l’Aisne, au sein de la division Marchand. Blessé au visage en , il perd définitivement la vue et il est laissé pour mort sur le champ de bataille, finissant la guerre dans un hôpital allemand.

Vie professionnelle et politique dans l'entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Rendu à la vie civile, il s’installe en métropole avec sa femme et son fils, apprend le braille et la dactylographie et s’inscrit à la Sorbonne où il obtient une licence de philosophie en 1921. Devenu professeur, il s'installe à La Fère, entre Laon et Saint-Quentin. À partir de 1934, il représente son canton d’adoption au conseil d’arrondissement de Laon et au conseil général de l’Aisne, puis est élu député aux législatives de 1936.

Résistant 1940-1945[modifier | modifier le code]

Absent de l'Assemblée nationale, lors du vote des pleins pouvoir au Maréchal Pétain en 1940, il intègre rapidement la Résistance et devient président de la SFIO pour la zone occupée. Il contribue à la mise en place du Groupe Libération-Nord, dont il est un des premiers responsables pour le département de l’Aisne. Il organise ensuite le réseau Brutus chargé de surveiller les mouvements de la Wehrmacht. En 1944, le Conseil national de la Résistance le désigne pour diriger le Comité de Libération de l’Aisne. Au cours de la libération de Paris, il investit les bureaux de la rue Oudinot au nom du Gouvernement provisoire de la République française, puis, à Laon, prend officiellement possession de la préfecture le .

Militantisme politique après la Libération[modifier | modifier le code]

Après la Libération, Élie Bloncourt reprend ses fonctions de professeur de philosophie au lycée Charlemagne. Réélu député de l’Aisne en 1945 aux côtés de son ami Jean Pierre-Bloch, il siège à la commission des territoires d’Outre-Mer. À l’instar de son frère Max Clainville-Bloncourt[1], Élie Bloncourt revendique un socialisme sans concession. Déçu de l’évolution de la SFIO, il se montre hostile aux tendances modérées de Léon Blum et Daniel Mayer. En 1947, mécontent de la rupture socialo-communiste, il ne se représente pas aux élections et quitte le parti. Il fonde alors le MSUD (Mouvement socialiste unitaire et démocratique qui deviendra par la suite le Parti socialiste unitaire) et publie La Bataille socialiste. Il adhère ensuite à l'Union de la gauche socialiste, qui rassemble des chrétiens de gauche, des trotskistes et d’anciens communistes, mais quitte ce mouvement lorsque celui-ci participe à la fondation du Parti socialiste unifié en 1958. En 1971, à l'âge de 75 ans, il rejoint finalement le nouveau Parti socialiste refondé par François Mitterrand au Congrès d'Épinay.

En 1968, il est témoin à décharge au procès des dix-huit nationalistes guadeloupéens déférés devant la Cour de sûreté de l'État à la suite des sanglants événements[évasif] de .

Distinctions[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Élie Bloncourt », dans le Dictionnaire des parlementaires français (1889-1940), sous la direction de Jean Jolly, PUF, 1960 [détail de l’édition]
  • Eric Nadaud, "Elie Bloncourt", in Claude Pennetier (dir.), Dictionnaire biographique Mouvement ouvrier Mouvement social, Période 1940-1968, tome 2, Bel-Buy, Les Éditions de l'Atelier, 2006.
  • Eric Nadaud, « Élie Bloncourt (1896-1978), une figure du socialisme de gauche unitaire », revue Parlement(s), octobre-décembre 2009, p. 120-131.
  • Dominique Chathuant, « Élie Bloncourt, député de l’Aisne », in J. Corzani (dir), Dictionnaire encyclopédique Antilles-Guyane, Désormeaux, Fort-de-France, 1992-1998.
  • Dominique Chathuant, « Elie Bloncourt, député guadeloupéen de l’Aisne », sur perso.wanadoo.fr, Dominique Chathuant,‎ (consulté le 13 octobre 2009)
  • Assemblée nationale, « Elie Bloncourt », sur Assemblee-nationale.fr, Assemblée nationale,‎ sd (consulté le 13 octobre 2009)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. : Oruno D. Lara, Mortenol ou les infortunes de la servitude, p. 518 : XIXe ‑ XXe siècle : 1850-1950, Paris, Editions L'Harmattan, . (notice BnF no FRBNF37693776)

Liens externes[modifier | modifier le code]