Eugénie Éboué-Tell

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Eugénie Éboué-Tell
Fonctions
Conseillère de la République puis sénatrice de la Guadeloupe
Élection
Réélection
Députée de la 5e circonscription de la Guadeloupe
aux Ire et IIe Assemblées nationales constituantes
Élection
Réélection
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Cayenne (Guyane française)
Date de décès
Lieu de décès Pontoise (Val-d'Oise)
Nationalité Drapeau de la France Française
Parti politique SFIO (1944-1947)
RPF (1947-)
Conjoint Félix Éboué

Eugénie Éboué-Tell, née le à Cayenne (Guyane française) et décédée le à Pontoise (Val-d'Oise), est une femme politique française. Elle est successivement députée, conseillère de la République et sénatrice de Guadeloupe.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines, études et Résistance[modifier | modifier le code]

Eugénie Tell naît à Cayenne, en Guyane. Son père s'appelle Hypollite Herménégilde Tell est directeur du bagne. Elle effectue une partie de ses études au lycée de jeunes filles de Montauban (Tarn-et-Garonne), et obtient le certificat d'aptitude pédagogique[1]. Elle devient institutrice, profession qu’elle exerce en Guyane[2], à Saint-Laurent-du-Maroni[1].

Elle épouse Félix Éboué le 14 juin 1922 et part en 1923 vivre avec lui en Oubangui-Chari, l'actuelle Centrafrique où ils resteront jusqu'en 1931. Au cours de cette période, elle lui apportera tout ses talents de musicienne pour l'aider à déchiffrer les langages tambourinés et sifflés des populations Banda et mandja. Puis elle le suivra en Martinique ( 1932 à 1934) au Soudan (1934-1936) et en Guadeloupe (1936-1938). Lorsqu'il est nommé par Mandel gouverneur du Tchad français en 1938, elle le suit de nouveau. A l'Appel du 18 juin, Félix Eboué se rallie au général de Gaulle dès août 1940, contre la décision de son supérieur, Pierre Boisson, gouverneur général de l'A.E.F ; ce qui lui vaut d’être nommé à sa place gouverneur général de l'Afrique équatoriale française le 12 novembre1940[2]. De son côté, Eugénie Tell s’engage dans les Forces françaises libres féminines et devient infirmière à l'hôpital militaire de Brazzaville[1], ce qui justifie l’attribution de la Croix de guerre et de la Médaille de la Résistance[2]. Son époux décède le 17 mai 1944 au Caire.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Députée[modifier | modifier le code]

Elle adhère à la SFIO en 1944. Est elle nommée déléguée à l'Assemblée consultative provisoire puis devient députée de Guadeloupe des deux Assemblées nationales constituantes entre 1945 et 1946[2]. Lors des élections législatives de 1945, elle est élue dans la première circonscription de Guadeloupe, par 14 441 voix sur 25 020, puis réélue à celles de juin 1946, par 12 490 sur 18 815[1]. Elle échoue néanmoins à se faire réélire au sein de la Ire législature de la Quatrième République française, lors des élections législatives de novembre 1946[1] : elle est troisième sur une liste dont seulement le premier nom devient député.

Conseillère de la République et sénatrice[modifier | modifier le code]

Elle est élue, en mai 1945, conseillère municipale de Grand-Bourg (Guadeloupe)[1]. Lors des élections sénatoriales de 1946, le 15 décembre, elle est élue conseillère de la République (ce qui équivaut, sous les IIIe et Ve Républiques, et à partir de 1948 sous la IVe, au mandat de sénatrice), par 20 voix contre 30[1]. Clovis Renaison, deuxième sur la liste SFIO est également élu[1]. Elle est membre du groupe parlementaire socialiste ; elle fait partie de la Commission à l’Éducation nationale et de la Commission à l’Intérieur[2].

Sa première action est d’approuver la motion

« invitant le Conseil de la République à ne pas se prononcer sur la demande de levée d’immunité parlementaire des élus malgaches avant d'avoir entendu les intéressés (mai 1947) »[1]. Elle intervient publiquement pour la première fois en juillet 1947, alors qu’elle discourt sur Madagascar[2]. Elle soutient le transfert des cendres de Victor Schœlcher au Panthéon (Paris)[1].

En 1947, elle adhère au RPF, parti récemment fondé par le général de Gaulle[2] Elle est réélue sous cette étiquette aux élections municipales d’octobre 1947. Au Conseil de la République, elle rejoint alors le groupe parlementaire « Action démocratique et républicaine »[1]. Elle est réélue conseillère de la République lors des élections sénatoriales de 1948, qui reprend alors le nom de « Sénat », faisant d’Eugénie Éboué-Tell et de ses consœurs du palais du Luxembourg des « sénatrices ». Elle conduisait le liste RPF, qui pourvoit les deux sièges de sénateur ; elle l’emporte par 231 voix sur 583[1]. Elle devient membre de la Commission des douanes mais intervient essentiellement en séance publique sur des questions liées à l’Outre-mer. Elle est vice-présidente de la Commission de la France d'outre-mer à partir de janvier 1951[1]. Son mandat prend fin en 1952 (elle ne s’était alors pas représentée[1]).

Autres engagements[modifier | modifier le code]

Eugénie Éboué-Tell devient vice-présidente de l'Assemblée de l'Union française ; elle est ensuite vice-présidente du groupe parlementaire des « Républicains sociaux », au sein de cette assemblée[1]. Elle est aussi membre du comité directeur de l’Alliance internationale des femmes. Elle échoue lors des élections législatives françaises de 1956, alors candidate dans la 5e circonscription de la Seine ; elle était troisième sur la liste des Républicains sociaux, un seul siège étant pourvu par cette liste[1]. En 1958, elle est élue conseillère municipale d'Asnières[2] sous la houlette de Maurice Bokanowsky jusqu'en 1972.

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Malade, elle meurt le 20 novembre 1972 à Pontoise et est inhumée au cimetière de Pantin.

Décorations[modifier | modifier le code]

Hommage[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]