Statistiques ethniques au Royaume-Uni

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Les Statistiques ethniques au Royaume-Uni montrent la répartition et l'évolution des ethnies résidant au Royaume-Uni. Des migrations intermittentes en provenance du nord de l'Europe se produisent depuis des millénaires, d'autres groupes tels que les Juifs britanniques sont également établis depuis longtemps.

Depuis la Seconde Guerre mondiale, une immigration importante en provenance notamment du nouveau Commonwealth, de l'Europe et du reste du monde a modifié la démographie de nombreuses villes du Royaume-Uni. Les Britanniques autochtones sont depuis 2011 une minorité à Londres et les blancs toutes origines confondues devraient devenir minoritaires dans le pays d'ici 2066 environ.

Les statistiques ethniques ont été introduites dans les recensements de la population suivant le modèle américain en 1991[1].

Historique et évolution[modifier | modifier le code]

Pourcentage de la population totale du Royaume-Uni selon l'origine ethnique « blanche » ou « non blanche », statistiques de 2001 à 2011 et projections jusque 2066[2],[3]

  • non-blancs
  • blancs

Les Britanniques autochtones sont issus des diverses ethnies qui se sont installées sur les îles britanniques depuis le dernier âge glaciaire jusqu'au XIe siècle. Parmi ces peuples, on trouve les pré-celtes, les celtophones, les romains, les anglo-saxons, les nordiques et les normands[4]. Une analyse génétique récente a suggéré que la majorité des ancêtres traçables de la population britannique moderne est arrivée entre 15 000 et il y a 7600 ans et que les Britanniques partagent largement une ascendance commune avec les Basques[5], bien qu'il n'y ait pas de consensus parmi les généticiens[6].

Les premiers Juifs en Grande - Bretagne ont été introduits en Angleterre en 1070 par le roi Guillaume le Conquérant, tandis que les Roms en Grande - Bretagne sont documentés depuis le XVIe siècle. Le Royaume-Uni a une histoire d'immigration non européenne à petite échelle, Liverpool regroupant la plus ancienne communauté noire britannique, remontant au moins aux années 1730, à l'époque de la traite des esclaves africains[7] et la plus ancienne communauté chinoise d'Europe, datant de l'arrivée des marins chinois au XIXe siècle[8].

Depuis 1948, une immigration substantielle en provenance d'Afrique, des Antilles et du sous-continent indien est un héritage des liens forgés par l'empire britannique[9]. migration en provenance des nouveaux États membres de l'UE en Europe centrale et orientale depuis 2004 s'est traduite par une croissance de ces groupes de population[10].

Le sociologue Steven Vertovec affirme qu'alors que "la population immigrée et les minorités ethniques de Grande-Bretagne étaient classiquement caractérisées par de grandes communautés de citoyens afro-caribéens et sud-asiatiques bien organisées originaires de pays du Commonwealth ou de territoires autrefois coloniaux", plus récemment le niveau de diversité de la population a considérablement augmenté, en raison de "l'augmentation du nombre d'immigrants nouveaux, de taille réduite, dispersés, d'origine multiple, liés de manière transnationale, différenciés sur le plan socio-économique et stratifiés légalement". Il appelle ce phénomène la "superdiversité"[11].

Lors du recensement de 2011, les Noirs africains ont dépassé les Noirs des Caraïbes pour la première fois et sont devenus le plus grand groupe ethnique de noirs[12].

Selon les projections, les minorités « non blanches » devraient passer de 13 % de la population du Royaume-Uni en 2006 à 28 % en 2031 et 44 % en 2056, et à environ la moitié du groupe des 0-4 ans en 2056[2].

Selon le démographe David Coleman, professeur émérite de l'université d'Oxford, si les tendances se maintiennent en matière de natalité comme d'immigration, les Blancs deviendront minoritaires vers 2066[13].

Les Britanniques autochtones sont une minorité à Londres depuis 2011[14] et, en 2019, l'ensemble des groupes ethniques « blancs » représente 59.80 % des habitants de la capitale contre 18.50 % asiatiques (sous continent indien compris), 13.30 % noirs, 5 % métisses et 3.40 % « autres »[15]. Selon un rapport de 2018, les Blancs britanniques sont sur le point de devenir une minorité à Birmingham[16].

En Grande-Bretagne, le nombre de citoyens issus de minorités ethniques est passé de quelques dizaines de milliers dans les années 50 à plus de 3 millions, soit environ 6 % de la population totale en 2000. Alors que le nombre de Blancs est pratiquement statique, l'augmentation de la fécondité et de l'immigration nette signifie que le nombre de personnes issues de minorités ethniques augmente de 2 à 3 pour cent par an[17].

Un démographe, qui ne voulait pas être cité par crainte d'être qualifié de raciste, a déclaré : « C'est une pure question d'arithmétique que, si rien d'autre n'arrive, les non-Européens deviendront une majorité et les blancs une minorité au Royaume-Uni. Ce serait probablement la première fois qu'une population autochtone deviendrait volontairement une minorité dans son pays d'origine historique »[17].

Lee Jasper, conseiller en relations raciales auprès du maire de Londres, Ken Livingstone, « Nous pourrions avoir une majorité noire en Grande-Bretagne d'ici la fin du siècle »[17].

Population par ethnie[modifier | modifier le code]

Carte illustrant le pourcentage de la population non blanche selon le recensement de 2011.
Recensement 2011[3],[18],[19],[20],[21]
Groupe ethnique 2001 2011
Nombre % Nombre %
Blancs 54 153 898 92,12% 55 073 552 87,17%
Asiatiques : total 2 578 826 4,39% 4 373 339

6,92%

Asiatiques : Indiens 1 053 411 1,79% 1 451 862

2,30%

Asiatiques : Pakistanais 747 285 1.27% 1 173 892

1,86%

Asiatiques : Bangladeshi 283 063 0,48% 451 529

0,71%

Asiatiques : Chinois 247 403 0,42% 433 150

0,69%

Asiatiques : autres 247 664 0,42% 861 815

1,36%

Noirs 1 148 738 1,95% 1 904 684

3,01%

Métis 677 117 1,15% 1 250 229

1,98%

Autres 230 615 0,39% 580 374

0,92%

Total 58 789 194 100,00% 63 182 178

100,00%

Accroissement de la population[modifier | modifier le code]

L’accroissement naturel des « Blancs Britanniques » est nul, leur nombre de décès étant équivalent au nombre de naissances[22]. Les autres groupes de « Blancs » non britanniques ont un solde naturel négatif[22]. La fécondité des Chinois et autres Asiatiques de l'Est est très basse[22].

L'accroissement de la population au Royaume-Uni est uniquement due aux personnes d'origine étrangère. Les personnes appartenant au groupe ethnique du sous-continent indien expliquent, à elles seules, 40 % du solde naturel positif de l’Angleterre. L'augmentation la plus forte est celle des Pakistanais, grâce notamment à leur fécondité élevée, suivis des Indiens à la fécondité plus basse et des Bangladais[22].

Les « Noirs Africains » ont un solde naturel important lié à une fécondité haute et une importante immigration[22] contrairement aux « Noirs des caraïbes » dont la fécondité est plus faible et l'exogamie importante[22].

Minorités nationales[modifier | modifier le code]

Le gouvernement britannique reconnaît les peuples écossais, gallois, irlandais et cornouais en tant que minorités nationales dans le cadre de la Convention-cadre du Conseil de l'Europe pour la protection des minorités nationales, que le Royaume-Uni a signée en 1995 et ratifiée en 1998[23].

Statistiques criminelles[modifier | modifier le code]

Ethnie en pourcentage de la population carcérale totale[24],[25]
pourcentage de la

population carcérale

31 mars 2019

Pourcentage de la

population totale

en 2011[26]

Asiatique 8 % 7,5 %
Noir 13 % 3,3 %
Mixte 5 % 2,2 %
Autre groupe ethnique 2 % 1 %
Blanc 73 % 86 %
Non précisé 0 %

Voir également[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Michèle Tribalat, Statistiques ethniques, une polémique bien française, L'artilleur, (ISBN 9782810006908, lire en ligne)
  2. a et b David Coleman, « Projections of the Ethnic Minority Populations of the United Kingdom 2006-2056 », Population and development review, vol. 36,‎ , p. 441–86 (DOI 10.2307/25749196, lire en ligne, consulté le 9 octobre 2019)
  3. a et b (en) « 2001 Census KS06 Ethnic group: Key Statistics for local Authorities », sur ons.gov.uk (consulté le 4 septembre 2014)
  4. Jonathan Duffy, « Are the British a race? », BBC News,‎ (lire en ligne)
  5. Stephen Oppenheimer, « Myths of British ancestry », Prospect,‎ (lire en ligne)
  6. Nicholas Wade, « A United Kingdom? Maybe », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  7. Ray Costello, Black Liverpool: The Early History of Britain's Oldest Black Community 1730–1918, Liverpool, Picton Press, (ISBN 978-1-873245-07-1)
  8. « Culture and Ethnicity Differences in Liverpool – Chinese Community » [archive du ], Chambré Hardman Trust (consulté le 9 mars 2015)
  9. « Short History of Immigration », BBC News (consulté le 18 mars 2015)
  10. Vargas-Silva, « Migration Flows of A8 and other EU Migrants to and from the UK », Migration Observatory, University of Oxford, (consulté le 18 mars 2015)
  11. Vertovec, « Super-diversity and its implications », Ethnic and Racial Studies, vol. 30, no 6,‎ , p. 1024–1054 (DOI 10.1080/01419870701599465)
  12. https://www.voice-online.co.uk/article/2011-census-british-africans-now-dominant- groupe noir
  13. « White Britons to become minority by 2066 », sur telegraph.co.uk, (consulté le 24 novembre 2016).
  14. (en-GB) Norma Cohen, « White ethnic Britons in minority in London », sur Financial Times, (consulté le 9 octobre 2019)
  15. (en) « London Population 2019 », sur worldpopulationreview.com, (consulté le 9 octobre 2019)
  16. Carl Jackson, « British white people set to become a minority in Birmingham », sur birminghammail, (consulté le 9 octobre 2019)
  17. a b et c (en-GB) Anthony Browne, « Non-whites will be majority in US and Europe by 2050 », The Observer,‎ (ISSN 0029-7712, lire en ligne, consulté le 18 octobre 2019)
  18. (en) « Analysis of Ethnicity in the 2001 Census - Summary Report », sur scotland.gov.uk (consulté le 4 septembre 2014)
  19. (en) « Census 2001 Key Statistics - Urban area summary results for local authorities KS06 Ethnic group », sur ons.gov.uk (consulté le 4 septembre 2014)
  20. (en) « Northern Ireland Neighbourhood Information Service », sur ninis2.nisra.gov.uk (consulté le 4 septembre 2014)
  21. 2011 Census: KS201UK Ethnic group, local authorities in the United Kingdom ONS, Retrieved 21 October 2013
  22. a b c d e et f Laurent Chalard et Gérard-François Dumont, « Des statistiques "ethniques? en Angleterre à la situation en France », Population & Avenir, vol. 681, no 1,‎ , p. 13 (ISSN 0223-5706 et 1968-3952, DOI 10.3917/popav.681.0013, lire en ligne, consulté le 18 octobre 2019)
  23. (en) Département du Logement, des Communautés et du Gouvernement local, « Cornish granted minority status within the UK », Business Cornwall,‎
  24. (en) « Offender Management statistics quarterly: October to December 2018 - Prison population: 31 March 2019 (Table 1.4) », sur GOV.UK (consulté le 18 octobre 2019)
  25. (en) Georgina Sturge, « UK Prison Population Statistics », House of Commons Library, no CBP-04334,‎ (lire en ligne)
  26. (en) « Population of England and Wales », sur www.ethnicity-facts-figures.service.gov.uk (consulté le 18 octobre 2019)