Mathieu Bastareaud

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Mathieu Bastareaud
Description de cette image, également commentée ci-après
Mathieu Bastareaud, au début de sa dernière saison au RC Toulon, le .
Fiche d'identité
Naissance (32 ans)
à Créteil (France)
Taille 1,85 m (6 1)
Surnom Bastarocket[1]
Poste Centre, troisième ligne centre
Carrière en junior
PériodeÉquipe 
1995-2004
2004-2006
Rugby Créteil-Choisy
RC Massy
Carrière en senior
PériodeÉquipeM (Pts)a
2006-2007
2007-2011
2011-2019
2019
2020
2020-
RC Massy
Stade français
RC Toulon
Lyon OU
RU New York
Lyon OU
14 (25)[2]
99 (103)[2]
183 (105)[2]
7 (5)[2]
5 (10)[2]
1 (5)[2]
Carrière en équipe nationale
PériodeÉquipeM (Pts)b
2006-2007
2008
2009-2019
Drapeau : France France -19
Drapeau : France France -20
Drapeau : France France
10 (15)[2]
4 (5)[2]
54 (25)[3]

a Compétitions nationales et continentales officielles uniquement.
b Matchs officiels uniquement.
Dernière mise à jour le 6 septembre 2020.

Mathieu Bastareaud, né le à Créteil, est un joueur international français de rugby à XV, évoluant au poste de centre au sein de l'effectif du Lyon olympique universitaire.

Formé au RC Massy et au Stade français, il passe huit saisons au Rugby club toulonnais avec qui il remporte trois coupe d'Europe et un championnat de France. À partir de 2019, il est repositionné au poste de troisième ligne centre avec le Lyon olympique universitaire pour une saison. En 2020, il part pour les États-Unis où il joue pour le Rugby United New York, avant de revenir à Lyon.

Il remporte le Tournoi des Six Nations 2010 et participe à la Coupe du monde 2015 avec l'équipe de France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses débuts[modifier | modifier le code]

D'ascendance guadeloupéenne, Mathieu Bastareaud est formé au Rugby Créteil-Choisy dans le Val-de-Marne ainsi que dans le pôle espoir du lycée Lakanal (Sceaux). Il évolue ensuite au RC Massy Essonne en Fédérale 1 où il joue notamment avec Michel Denêtre et Sidney Galopin. Très proche des jeunes, il est le parrain de la section sportive rugby du collège Georges Braque de Paris qui a vu éclore quelques joueurs devenus professionnels et internationaux, tels Wesley Fofana et Félix Le Bourhis[4].

En professionnel[modifier | modifier le code]

À la fin de la saison 2006-2007, il signe un contrat avec le Stade français Paris pour l'année suivante. À l'occasion de la tournée estivale 2007 en Nouvelle-Zélande, il est appelé par Bernard Laporte à seulement 18 ans, sans avoir jamais disputé un match de championnat professionnel. Blessé au genou, il est contraint de déclarer forfait.

« C'est un garçon qui a de l'avenir, on a envie de le voir. Il a la maturité d'un gars de 25 ans et toutes les qualités pour jouer au niveau pro. »

— Bernard Laporte, dans L'Équipe, le 14 mai 2007[5]

Il n'est pas retenu pour la Coupe du monde 2007 et joue environ la moitié des matchs du Stade français lors de la saison 2007-2008 au poste de centre Durant cette même saison, il est appelé en équipe de France des moins de 20 ans pour participer au Championnat du monde junior 2008[6]. L'année suivante, il est titulaire en club et est appelé par Marc Lièvremont pour le match France-pays de Galles lors du Tournoi des six nations 2009 en remplacement de Maxime Mermoz, blessé. Sa prestation lui permet d'être à nouveau titulaire pour le match suivant contre l'Angleterre puis il remplacera Florian Fritz lors du dernier match face à l'Italie.

Polémique en Nouvelle-Zélande[modifier | modifier le code]

Après la défaite du Stade français en demi-finale du championnat de France face à l'USAP, il est sélectionné pour la tournée d'été 2009 en Nouvelle-Zélande et en Australie. Titulaire lors de la victoire à Dunedin, il est remplaçant à Wellington le mais n'entre pas en jeu. Le lendemain, il prétend avoir été agressé dans la nuit par des Néo-Zélandais[7] et rentre en France. Après que le premier ministre néo-zélandais, John Key, a présenté ses excuses à l'équipe de France et que la police locale a ouvert une enquête, Bastareaud revient sur ses accusations le [8]. L'affaire prend alors une tournure politique et le Premier ministre français François Fillon envoie à son tour, le , ses excuses à son homologue néo-zélandais[9]. Le , Mathieu Bastareaud est hospitalisé pour de « graves troubles psychologiques »[10]. Entre-temps, la fédération néo-zélandaise de rugby à XV envoie ce communiqué : « La Fédération néo-zélandaise de rugby a été scandalisée par la révélation selon laquelle le centre français Mathieu Bastareaud avait inventé de toutes pièces cette histoire d'agression », en mettant en avant la « publicité négative faite à la Nouvelle-Zélande et à la ville de Wellington »[11],[12].

Retour à la compétition[modifier | modifier le code]

Bernard Laporte, ici en 2014, est le manager de Mathieu Bastareaud à Toulon de 2011 à 2016.

Il fait son retour à la compétition en Top 14 le face au RC Toulon. En , il est suspendu pour trois mois par la Fédération française de rugby, cette sanction est ramenée à l'obligation d'accomplir 18 activités d'intérêt général[13]. Il n'est donc pas sélectionné pour la tournée d'automne en . Il fait son retour en équipe de France en remportant le Tournoi des six nations 2010 y compris le Grand chelem, le premier de sa carrière. Il marque même deux essais lors du premier match face à l'Écosse.

Mathieu Bastareaud avec le RC Toulon le .

En , il est invité avec les Barbarians français pour jouer un match contre les Tonga au Stade des Alpes à Grenoble[14]. Ce match est aussi le jubilé de Jean-Baptiste Elissalde. Les Baa-Baas s'inclinent 27 à 28[15].

Il n'est pas sélectionné par Marc Lièvremont pour la tournée d'automne 2010 ni pour le Tournoi des six nations 2011, ni pour la Coupe du Monde. Il quitte alors son club pour le RC Toulon.

Il ne fait pas non plus partie des 33 joueurs sélectionnés par Philippe Saint-André pour la tournée d'automne 2012. Il revient pour le Tournoi 2013, et il est retenu pour la tournée de juin en Nouvelle-Zélande[16]. Suite à ce retour, il est fréquemment aligné au centre de l'attaque tricolore, aux côtés de Wesley Fofana, notamment dans les Tournois des Six nations 2014 et 2015. Il joue alors sa première Coupe du Monde, qu'il aborde comme titulaire. Il est toutefois écarté au bénéfice d'Alexandre Dumoulin pour le 1/4 de finale perdu face à la Nouvelle Zélande.

Il n'entre pas dans les plans de Guy Novès, successeur de Philippe Saint-André. A son arrivée à Toulon, en 2017, Fabien Galthié, nouvel entraîneur, lui confie le brassard de capitaine. Ce palier franchi, ainsi que l'élection de son ancien entraîneur, Bernard Laporte, à la présidence de la Fédération française de rugby, environnent son retour en équipe de France. Guy Novès l'aligne en effet contre la Nouvelle Zélande et l'Afrique du Sud, aux côtés d'un néophyte, Geoffrey Doumayrou[17]. A la suite de mauvais résultats, le sélectionneur est licencié.

Son successeur Jacques Brunel le sélectionne pour le Tournoi des Six Nations 2018. Il est cependant suspendu dans un premier temps suite à des propos insultants à l'encontre de Sebastian Negri lors d'un match contre Trévise[18], et ne peut être aligné que dès le troisième match, contre l'Italie. Il s'impose alors comme un leader naturel aux côtés de Doumayrou. Suite au forfait de Guilhem Guirado, il est nommé capitaine de l'équipe pour le dernier match, contre le pays de Galles.

Non sélectionné par Jacques Brunel pour la Coupe du monde 2019 au Japon, il décide de mettre fin à sa carrière internationale le [19]. Il choisit aussi de quitter le RC Toulon pour rejoindre le Lyon olympique universitaire rugby en tant que Joker Coupe du monde, avant de rejoindre le Rugby United New York en Major League Rugby en fin d'année comme prévu avant sa non-sélection[20]. Il accepte alors le défi proposé par l'entraîneur lyonnais, Pierre Mignoni, qu'il a connu à Toulon, de le repositionner au poste de troisième ligne centre.

Le , il annonce son retour au LOU Rugby pour les deux prochaines saisons, après son expérience écourtée, à New York, en raison de la pandémie de Covid-19[21].

Famille[modifier | modifier le code]

Mathieu Bastareaud est le cousin du footballeur William Gallas[22]. Son frère Lenny a également joué au rugby au Rugby Créteil-Choisy, club des débuts de Mathieu[23].

Le , sa femme Aurélie met au monde un petit garçon, prénommé Lymah[24].

Style[modifier | modifier le code]

Mathieu Bastareaud est connu pour sa puissance physique due à un fort gabarit pour un centre (1,85 m, pour plus de 125 kg)[25]. Son autre grande qualité est sa capacité à contester, à « gratter » le ballon dans les regroupements, à la manière d'un avant[26]. Il est néanmoins critiqué pour son jeu trop physique et basé sur la percussion et ses difficultés à passer le ballon après contact[27]. Ses qualités lui permettent d'être repositionné en troisième ligne centre en fin de carrière.

Carrière[modifier | modifier le code]

En club[modifier | modifier le code]

En sélection nationale[modifier | modifier le code]

Statistiques et palmarès[modifier | modifier le code]

En club[modifier | modifier le code]

Mathieu Bastareaud remporte à trois reprises la Coupe d'Europe avec le Rugby club toulonnais, en 2013 face à l'ASM Clermont Auvergne le , il est élu homme du match[28]., en 2014 face aux Saracens et 2015, de nouveau face à Clermont. Il est également finaliste à deux reprises du Challenge européen, en 2011 avec le Stade français face aux Harlequins, puis en 2012 avec Toulon, face au Biarritz olympique.

En Championnat de France, il remporte le titre en 2014 avec le RC Toulon face au Castres olympique. Il a auparavant été finaliste à deux reprises, en 2012, battu avec Toulon par le Stade toulousain et en 2013, toujours avec Toulon face à Castres.

En sélection nationale[modifier | modifier le code]

Avec le XV de France Mathieu Bastareaud remporte le Tournoi des Six Nations 2010 où il réalise le Grand Chelem.

Au , Mathieu Bastareaud compte 47 sélections avec l'équipe de France, dont 31 en tant que titulaire, inscrivant 20 points, quatre essais[3]. Il obtient sa première sélection le au Stade de France lors du match face au pays de Galles au terme il sera élu homme du match[3]. Il compte 3 sélections en tant que capitaine[29].

Il participe à sept Tournois des Six Nations, en 2009, 2010, 2013, 2014, 2015, 2018 et 2019[30]. Il compte 27 sélections dans le tournoi et inscrit trois essais[30].

Il participe à une édition de la coupe du monde, en 2015, où il joue quatre rencontres, contre l'Italie, le Canada, l'Irlande et la Nouvelle-Zélande[31]

Avant ses sélections avec l'équipe de France, Mathieu Bastareaud porte le maillot bleu avec d'autres sélections. Il joue ainsi avec l'équipe de France des moins de 18 ans, puis celle des moins de 19, disputant le championnat du monde junior lors des éditions 2006 à Dubaï, cinq rencontres (Afrique du Sud, Irlande, Argentine, Australie, Angleterre), et 2007 en Irlande, cinq matchs (Écosse, Afrique du Sud, Australie, Samoa, Angleterre) où il inscrit trois essais. Avec l'Équipe de France des moins de 20 ans, il participe au Championnat du monde 2008 au pays de Galles, obtenant quatre sélections (Japon, Italie, Argentine, Australie), et inscrivant un essai.

Liste des essais[modifier | modifier le code]

Essai Adversaire Lieu Stade Compétition Date Résultat
1 Drapeau : Écosse Écosse Édimbourg, Drapeau de l'Écosse Écosse Murrayfield Stadium Tournoi des Six Nations 2010 Victoire
2
3 Drapeau : Italie Italie Rome, Drapeau de l'Italie Italie Stade olympique de Rome Tournoi des Six Nations 2015 Victoire
4 Drapeau : Italie Italie Marseille, Drapeau de la France France Orange Vélodrome Tournoi des Six Nations 2018 Victoire
5 Drapeau d'Afrique du Sud Afrique du Sud Paris, Drapeau de la France France Stade de France Test match Défaite

Distinctions personnelles[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « « Basta-Rocket » », Les Échos, (consulté le 24 octobre 2020).
  2. a b c d e f g et h « Fiche de Mathieu Bastareaud », sur itsrugby.fr (consulté le 6 avril 2015).
  3. a b c et d (en) « Fiche de Mathieu Bastareaud », sur espnscrum.com. (consulté le 15 novembre 2018).
  4. College Georges Braque.
  5. Une tournée panachée sur le site de L'Équipe
  6. « Bastareaud avec les -20ans », sur www.rugbyrama.fr, Midi olympique, (consulté le 24 février 2015)
  7. (fr) Mathieu Bastareaud agressé, lequipe.fr, 21 juin 2009.
  8. « Bastareaud: un mensonge qui devient une affaire d'État »
  9. « François Fillon s'excuse auprès de la Nouvelle-Zélande »
  10. « Le rugbyman Mathieu Bastareaud hospitalisé pour "troubles psychologiques" »
  11. Mensonge de Bastareaud: les Néo-Zélandais très choqués, 20minutes.fr, 26 juin 2009, consulté le 31 janvier 2011.
  12. Clément Garioud, « Ces sombres affaires qui ont entaché la réputation du rugby français », sur https://actu.fr, (consulté le 5 août 2019)
  13. « Sanction par la FFR », sur www.ffr.fr
  14. « Barbarians vs Tonga - Composition des Baabaas », sur www.lerugbynistere.fr, (consulté le 28 novembre 2016)
  15. « Barbarian Rugby Club vs Tonga », sur www.barbarianrugbyclub.com, Barbarians français, (consulté le 28 novembre 2016)
  16. « Saint-André dévoile sa liste pour la Nouvelle-Zélande », sur lexpress.fr, avec AFP, 14 mai 2013.
  17. « XV de France : Avec Bastareaud, Novès mange son chapeau », sur Sports.fr (consulté le 16 mars 2018).
  18. « Mathieu Bastareaud suspendu trois semaines pour ses propos insultants et remplacé par Jonathan Danty », sur www.lequipe.fr, L'Équipe, (consulté le 2 mai 2018).
  19. « Pau: Bastareaud annonce sa retraite internationale », sur www.rugbyrama.fr, Rugbyrama, .
  20. Julien Plazanet, « Bastareaud : "À Lyon, je vais tenter le pari de jouer en 8 !" », sur www.rugbyrama.fr, Rugbyrama, (consulté le 17 juillet 2019).
  21. « Mathieu Bastareaud de retour à Lyon », sur lequipe.fr, (consulté le 18 avril 2020).
  22. « William Gallas cousin de Mathieu Bastareaud », sur rmcsport.bfmtv.com, (consulté le 14 octobre 2019).
  23. Mathieu Bastareaud, Tête Haute, Paris, Robert Laffont, , 208 p. (ISBN 978-2-221-15791-6), p. 33.
  24. Mathieu Bastareaud devient papa d'un petit Lymah, né à Toulon ce dimanche, Var-Matin, 23 juin 2019.
  25. Brice Recotillon, « Quel avenir pour le rugbyman français Mathieu Bastareaud ? », sur ouest-france.fr, (consulté le 18 avril 2020).
  26. Philippe Kallenbrunn, « Tournoi des Six Nations : Mathieu Bastareaud sauve le XV de France », sur lejdd.fr, (consulté le 18 avril 2020).
  27. Alexandre Pedro, « Tournoi des six nations : Mathieu Bastareaud, le retour en grâce d’un joueur qui fait débat », sur lemonde.fr, (consulté le 18 avril 2020).
  28. Christophe Monteil, « La conférence de presse de Laporte, Wilkinson et Bastareaud », sur provence-alpes.france3.fr, 18 mai 2013.
  29. (en) « Mathieu Bastareaud : As captain », sur espn.co.uk (consulté le 23 juin 2018).
  30. a et b (en) « Mathieu Bastareaud : Five/Six Nations », sur en.espn.co.uk (consulté le 20 septembre 2015).
  31. (en) « Mathieu Bastareaud : IRB Rugby World Cup », sur en.espn.co.uk (consulté le 19 octobre 2015).
  32. Anthony Tallieu, « Oscars Midol 2018 - Quelle soirée ! », sur www.rugbyrama.fr, Rugbyrama, (consulté le 5 novembre 2018).

Liens externes[modifier | modifier le code]

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