Carlos Martens Bilongo

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Carlos Martens Bilongo
Illustration.
Fonctions
Député français
En fonction depuis le
(1 an, 8 mois et 9 jours)
Élection 19 juin 2022
Circonscription 8e du Val-d'Oise
Législature XVIe (Cinquième République)
Groupe politique LFI
Coalition NUPES
Prédécesseur François Pupponi
Biographie
Nom de naissance Martens Carlos Bilongo
Date de naissance (33 ans)
Lieu de naissance Villiers-le-Bel (France)
Nationalité Française
Parti politique LFI (depuis 2022)
Profession Enseignant
entrepreneur

Carlos Martens Bilongo[1], né le à Villiers-le-Bel, est un homme politique français, membre de La France insoumise. Enseignant de profession et militant associatif, il est élu député le 19 juin 2022 dans la 8e circonscription du Val-d'Oise[2],[3], sous les couleurs de la NUPES.

Jeunesse et activités professionnelles[modifier | modifier le code]

Naissance et famille[modifier | modifier le code]

Carlos Martens Bilongo naît le à Villiers-le-Bel de parents d’origine congolaise (RDC) et angolaise[4],[5]. Son père est chauffeur dans les ambassades. Sa mère vend des bijoux au marché de Sarcelles[6]. Elle meurt en 2012 d'un cancer[6]. Il est le fils cadet d’une fratrie de six frères et sœurs. Enfant, il dit être confronté au racisme ; lors d'une interview, il déclare notamment que lorsqu'il jouait au football, on lui jetait des mies de pain et qu'il était l'objet de cris de singes en provenance des gradins[6].

Formation[modifier | modifier le code]

Après l’obtention d'un bac professionnel au lycée Gustave-Monod de Saint-Gratien, Carlos Martens Bilongo intègre Isifa Plus Values Paris Sud, une école de commerce à Issy-les-Moulineaux, où il obtient un BTS technico-commercial en 2012, avant de décrocher, une année plus tard, une licence en Marketing négociation[7].

Parcours professionnel[modifier | modifier le code]

Après un contrat d’apprentissage à AZ Métal, il y exerce successivement le poste de technico-commercial et puis celui de chargé d'affaires qu’il occupera pendant six ans[7]. Depuis 2019, il est enseignant en économie et en droit au lycée Alexandre-Dumas de Saint-Cloud[8],[9],[10].

Coach sportif et formateur physique en parallèle, il entraîne la chanteuse Aya Nakamura dans le cadre de sa tournée[11]. Il crée sa propre société d'équipements sportifs avec Koss niquel training (KNT) qui propose aussi des entraînements et accompagnements. Il a participé un temps à une société immobilière avec KNT Immo. Par ailleurs, il dirige la société Espace code, dévolue à des « activités spécialisées, scientifiques et techniques diverses »[12],[13].

Engagement associatif et politique[modifier | modifier le code]

Militant associatif[modifier | modifier le code]

Carlos Martens Bilongo est engagé dans le monde associatif. Il est également membre du collectif du Triangle de Gonesse, une plateforme qui regroupe plusieurs associations engagées pour s'opposer à la construction de EuropaCity, puis de la station de métro Gonesse et de la ligne de métro 17 associée pour « sauver les terres agricoles » fertiles au nord de Paris[14].

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Carlos Martens Bilongo est membre de La France insoumise. Investi en 2022 par la NUPES à Villiers-le-Bel dans la 8e circonscription du Val-d'Oise, il devance[3] François Pupponi au premier tour[15] avec plus de 37 % de voix contre 24 %. Durant l'entre-deux tours, il reçoit les soutiens des maires de Sarcelles, Garges-lès-Gonesse et Villiers-le-Bel ainsi que celui de Samy Debah[16]. Au soir du second tour, il est élu député avec 61,72 % des suffrages[17].

Le , lors d'une séance de questions au gouvernement à l'Assemblée nationale où il aborde le sujet de la répartition et de l'accueil des migrants qui naviguent au large des côtes italiennes sur l'Ocean Viking, il est interrompu par un propos à caractère raciste de Grégoire de Fournas, député Rassemblement national : « Qu'il retourne en Afrique ! », selon la version retenue par les rédacteurs des débats[18] et disponible dans le compte rendu de la séance[19], qui provoque l'indignation de l'ensemble de la représentation nationale à l'exception du groupe RN, et conduit, fait exceptionnel sous la Cinquième République, à une suspension définitive de cette séance par Yaël Braun-Pivet, présidente de l'Assemblée nationale[20],[21]. Le groupe Rassemblement national déclare, plus tard, que la phrase aurait été dite au pluriel (« qu'ils retournent en Afrique »), visant les migrants et non le député[22],[23], ce que l'écoute ne permet pas de vérifier. Alors que Grégoire de Fournas se voit infliger le lendemain la plus lourde des sanctions prévues par le règlement de l'Assemblée nationale en considération du trouble occasionné, Carlos Martens Bilongo reçoit dans les jours qui suivent cet incident « un déferlement d'insultes à caractère raciste » et des menaces sur sa boîte mail parlementaire ; il décide de porter plainte[24].

Le , une conférence qu'il anime à l'université de Bordeaux Montaigne au côté du député Louis Boyard est attaquée par des militants d'extrême droite cagoulés et équipés de barres de fer[25].

Le 27 juin 2023, en marge des émeutes à la suite de la mort de Nahel Merzouk, alors que Martens Bilongo est parti à la rencontre d'habitants de Nanterre pour les soutenir, il est pris à partie par un groupe, qui l'accuse de récupération et reçoit notamment un coup de lanceur de mortier sur la tête[26],[27],[28].

Le 1 octobre 2023 il s'affiche sur les réseaux sociaux en pleine séance de boxe avec l'organisation violente la Jeune Garde[29].

Enquête pour fraude fiscale[modifier | modifier le code]

En , il est visé par une enquête pour « blanchiment de fraude fiscale », « abus de biens sociaux » et « manquement de déclaration à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) »[30]. Il est notamment soupçonné d’avoir dissimulé un peu moins de 200 000 euros aux autorités et fait l’objet d’une procédure ouverte à la mi-avril à la suite d’un signalement de Tracfin[31]. Le , il déclare dans un communiqué de presse n’avoir « jamais ouvert de compte à l'étranger » et que « l’intégralité des sommes versées sur [ses] comptes sociétés a été déclarée en bonne et due forme » et avoir demandé à son expert-comptable de vérifier qu’aucune erreur de déclaration n'ait été commise. Il a ajouté qu'il sera « parfaitement transparent sur l'intégralité de ces éléments »[32].

Le 17 mai 2023, BFM TV révèle que Carlos Martens Bilongo aurait bénéficié jusqu'en décembre 2022, soit six mois après son élection comme député, d'un logement social, situé à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise), qu'il aurait sous-loué à l'une de ses sœurs alors qu'il était en parallèle déjà propriétaire de deux appartements, et nouvellement « rémunéré environ 7 500 € brut par mois comme tous les députés »[33],[34],[35]. Contacté par la chaîne, il indique avoir quitté ce logement social en 2020, dont il a « bénéficié conformément à ses conditions de ressources », en 2013 « après la mort de sa mère, alors qu'il était apprenti », et où il a habité avec sa sœur qui « participait au loyer » mais elle n'a « pu le libérer » qu'en décembre 2022[35],[36]. Le soir-même dans un communiqué, il complète sa réponse et affirme « avoir parfaitement respecté la loi », il indique « avoir informé le bailleur social par écrit et huissier en 2019 » de l'achat des deux autres appartements effectué en 2018 « avec un prêt », et du fait qu'il ne pouvait pas y habiter car l'un était « un investissement locatif » et le second était « en travaux entre 2018 et 2020 », année où il a quitté le logement social[35],[36].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Martens Carlos Bilongo à l'Etat-civil (acte de naissance n° 00006/1991, Villiers-le-bel)
  2. « M. Carlos Martens Bilongo - Val-d'Oise (8e circonscription) - Assemblée nationale », sur assemblee-nationale.fr (consulté le )
  3. a et b Julie Olagnol, « Législatives dans le Val-d’Oise : Carlos Martens Bilongo, cet enfant de Villiers-le-Bel qui a fait tomber Pupponi », sur leparisien.fr, (consulté le ).
  4. Manon Laplace et Olivier Marbot, « Rachel Keke, Nadège Abomangoli, Carlos Martens Bilongo… Qui sont les nouveaux députés français d’origine africaine ? », sur JeuneAfrique.com, (consulté le )
  5. « Carlos Martens Bilongo, député insoumis : "Moi, je suis là pour le combat" », sur Radio France, (consulté le )
  6. a b et c Rachid Laïreche, « Carlos Martens Bilongo, rester lui-même », sur Libération (consulté le )
  7. a et b « Carlos Martens BILONGO (AZ Métal) », sur viadeo.journaldunet.com (consulté le )
  8. « Législatives 2022 : la majorité présidentielle va-t-elle conserver son hégémonie dans le Val-d'Oise ? », sur France 3 Paris Ile-de-France (consulté le )
  9. « Carlos Martens Bilongo - Activité Parlementaire », sur Datan.fr (consulté le )
  10. « Carlos Martens Bilongo », sur Projet Arcadie (consulté le )
  11. Maïram Guissé, « Villiers-le-Bel : le coach sportif d’Aya Nakamura, c’est lui », sur leparisien.fr, (consulté le )
  12. « Villiers-le-Bel : « le sport permet de rassembler, de briser les barrières » », sur Le Parisien, (consulté le )
  13. « 5 choses à savoir sur Carlos Martens Bilongo, député LFI visé par une enquête pour blanchiment de fraude fiscale », sur LCI, (consulté le )
  14. Alexandre-Reza Kokabi et NnoMan, « Les habitants de Gonesse refusent le bétonnage des terres », sur Reporterre, (consulté le )
  15. Thomas Hoffmann, « Législatives 2022. 8 circonscription du Val-d'Oise : Carlos Martens Bilongo éjecte François Pupponi de son siège », sur actu.fr, (consulté le ).
  16. Hugo Robert, « Législatives : dans le Val-d'Oise, le camp présidentiel résiste à la vague Nupes », sur Les Échos, (consulté le ).
  17. « Val-d'Oise - 8e circonscription: Résultats des élections législatives 2022 - en direct », sur Franceinfo (consulté le ).
  18. « Fiche de synthèse : Les services des comptes rendus - Rôle et pouvoirs de l'Assemblée nationale - Assemblée nationale », sur www2.assemblee-nationale.fr (consulté le ).
  19. « Compte-rendu de la séance du jeudi 03 novembre 2022 », sur Assemblée nationale (consulté le ).
  20. Ludwig Gallet, « Un député RN accusé d’avoir tenu des propos racistes, la séance interrompue à l’Assemblée », sur leparisien.fr, (consulté le ).
  21. Mathieu Dejean et Ellen Salvi, « « Retourne en Afrique » : à l’Assemblée, le RN montre son vrai visage », sur Mediapart, (consulté le ).
  22. « "Qu'il(s) retourne(nt) en Afrique" : la séance des questions au gouvernement suspendue après la sortie raciste d'un député RN à l'Assemblée nationale », sur Franceinfo, (consulté le ).
  23. « "Qu'il(s) retourne(nt) en Afrique" : que s'est-il vraiment dit lors des échanges à l'Assemblée impliquant le député RN Grégoire de Fournas ? », sur Franceinfo, (consulté le ).
  24. Victoria Koussa, « Propos racistes à l'Assemblée nationale : victime d'insultes et de menaces, le député Carlos Martens Bilongo compte porter plainte », sur France Info, .
  25. H.G. et AFP, « Conférence perturbée à Bordeaux: les députés Louis Boyard et Carlos Martens Bilongo portent plainte », sur BFMTV, .
  26. « Mort de Nahel : LFI ne veut pas réagir après l’agression du député Martens Bilongo à Nanterre », sur Libération (consulté le )
  27. « « Trace ta route » : venu en soutien, le député LFI Carlos Martens Bilongo pris à partie à Nanterre », Ouest France,‎ (lire en ligne Accès libre [doc])
  28. « Mineur tué à Nanterre: le député LFI Carlos Martens Bilongo pris à partie par des émeutiers », sur Figaro Live, (consulté le )
  29. « Un député LFI s'entraîne à la boxe avec des militants antifascistes », sur LEFIGARO, (consulté le )
  30. « Le député LFI Carlos Martens Bilongo visé par une enquête, notamment pour "blanchiment de fraude fiscale" », sur Franceinfo, (consulté le ).
  31. AFP, « Le député LFI Carlos Martens Bilongo visé par une enquête pour blanchiment de fraude fiscale », sur Le Monde.fr, (consulté le ).
  32. AFP, « Carlos Martens Bilongo : soupçons de fraude fiscale pour le député LFI », sur Sud Ouest, (consulté le ).
  33. « Pourtant propriétaire, le député LFI Carlos Martens Bilongo a bénéficié d'un logement social qu'il sous-louait à sa sœur », sur LEFIGARO, (consulté le )
  34. « Le député LFI Carlos Martens Bilongo a bénéficié d'un logement social qu'il sous-louait à sa sœur », sur ladepeche.fr (consulté le )
  35. a b et c « Propriétaire de deux appartements, le député LFI Carlos Martens Bilongo a bénéficié d'un logement social », sur BFMTV (consulté le )
  36. a et b « On vous résume l'affaire Carlos Martens Bilongo, le député LFI soupçonné de blanchiment de fraude fiscale et abus de biens sociaux », sur Franceinfo, (consulté le )

Liens externes[modifier | modifier le code]