Traites négrières

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Captifs sur le marché aux esclaves de Zanzibar, deuxième tiers du XIXe siècle.

Le terme « traites négrières », ou « traite des nègres » ou « traite des noirs », désigne le commerce d'esclaves dont ont été victimes, par millions, les populations de l'Afrique de l'Ouest, l'Afrique centrale et l'Afrique australe durant plusieurs siècles[1].

Les traites négrières furent un phénomène historique de très grande ampleur en raison du nombre de victimes, des nombreuses méthodes d'asservissement et des multiples opérations de transports sur de longues distances.

On [Qui ?] distingue trois types de traite négrière qui auraient abouti à la déportation d'environ 42 millions de personnes[2] : selon des estimations et projections mathématiques contestées, concernant des périodes de longueur très différentes. La traite orientale (17 millions sur 13 siècles[2]) , dont la traite dite arabe serait composante principale, la traite atlantique (11 millions dont 90% sur 110 ans[2]) et la traite intra-africaine (14 millions[2])[3].

L'apogée de la traite atlantique a eu lieu au XVIIIe siècle[4], celle de la traite orientale et de la traite interafricaine au XIXe siècle[4].

L'expression de "traite négrière" est cependant contestée pour la traite orientale, qui a pris le relais de celle de l’Empire romain, avec des victimes de toutes origines non musulmanes, tandis que le servage et le rapt pratiqués dans certaines sociétés africaines ne visait pas non plus une race en particulier[5].

Critères et définitions[modifier | modifier le code]

Pour qu'il y ait traite négrière, selon l’historien controversé Olivier Pétré Grenouilleau, il faut que les six éléments suivants soient combinés[6].

  • les victimes sont des Noirs ;
  • les réseaux d’approvisionnement sont organisés et intégrés ;
  • les populations esclaves ne peuvent se maintenir de manière naturelle (natalité/décès) ;
  • le lieu de la capture et celui de la servitude sont éloignés l’un de l’autre ;
  • la traite[7] correspond à un échange commercial entre producteurs et acheteurs et l’esclave est donc considéré comme une marchandise;
  • des entités politiques approuvent ce commerce et en retirent un bénéfice financier.

La traite doit être distinguée de l'esclavage qui « consiste à exercer sur une personne un quelconque ou l'ensemble des pouvoirs liés au droit de propriété »[8]. S'il ne peut y avoir de traite sans esclavage, l'inverse n'est pas vrai : ce fut par exemple le cas dans le Sud des États-Unis au XIXe siècle. La traite se différencie aussi de la notion contemporaine de trafic d'êtres humains.

Étymologie de « traites négrières »[modifier | modifier le code]

Le choix du terme pour qualifier un commerce d'hommes, femmes et enfants noirs a longtemps été discuté, et continue de l'être. Selon l'historien Olivier Pétré-Grenouilleau, la formule « traite négrière » semble plus adaptée[9] que celle de Commerce triangulaire. Elle fait principalement référence aux « commerçants » de cette traite, les « négriers ». D'autres historiens parlent de "traite des noirs".

Les historiens anglophones parlent de slave trade (« commerce d'esclaves ») mais ce terme ne fait pas l’unanimité auprès des chercheurs. Pour Serge Daget, ce terme signifie que les victimes étaient déjà esclaves alors que bon nombre d'entre elles étaient nées libres[10]. D'autres historiens estiment cependant que la captivité qui leur est imposée pendant le voyage en fait déjà des esclaves.

Historiographie[modifier | modifier le code]

Les récits de marins et traficants[modifier | modifier le code]

Les récits des marins portugais Azurara, Cadamosto et Pacheco Pereira, arrivés en Afrique avant le commerce des esclaves ne comportent aucune trace de racisme[11]. C'est aussi le cas, quand la fin du XVIIe siècle et le début du XVIIIe siècle voient émerger un grand nombre d'ouvrages écrits par Barbot, Snelgrave, Bosman et Phillips ou d'autres trafiquants d'esclaves et employés travaillant dans les "compagnies commerciales africaines"[11].

Le différend de 1969, Curtin contre Dunbar[modifier | modifier le code]

Jusqu'au milieu du XXe siècle, les historiens ont pris en compte les chiffres sur le commerce des esclaves estimés dans son livre de 1860, de 278 pages, publié sous le titre "The Mexican papers", dont une partie a été traduite le 5 mai 1860 dans la Revue des deux mondes"[12] puis republié en 1863[13], par Edward Ely Dunbar (1812-1871)[14] abolitionniste américain et se basant sur des connaissance encore partielles sur la répression de la traite au XIXe siècle[15]. Ces chiffres avaient été retravaillés en 1936 par l'économiste allemand Robert René Kuczynski, qui les a lui-même hérités de l'écrivain américain W. E. B. Du Bois, les publiant dans "The Negro". Ces chiffres sont ensuite contestés par de nouveaux ouvrages, comme le livre de Philip D. Curtin (en) en 1969[16] proposant de « nouveaux » chiffres[11], mais lui-même contesté pour ne se référer à aucune source nouvelle[11]. Dans "The Atlantic Slave Trade: A Census", il critique le fait que le chiffre de 20 millions de déportés soit une extrapolation à partir de dossiers désormais perdus concernant la Jamaïque[17]. Dans une démarche historiographique, il montre aussi le lien entre les chiffres d'Edward Ely Dunbar et ceux de W. E. B. Du Bois et Robert René Kuczynski[18].

Le chiffre de 11 millions d'esclaves estimé par Curtin, est souvent considéré comme le strict minimum pour ce qui est du trafic atlantique et n'inclut pas celui passant par l'océan Indien, autre traite marquée par la participation de l'Europe, dont l'ordre de grandeur est jugée encore plus difficile à estimer[11].

Les travaux de Peter Mannig en 1990[modifier | modifier le code]

Dans les années 1960, l'universitaire Peter Mannig observe que l’Afrique du Nord et l’Arabie furent au cours du premier millénaire les principales destination des migrants subsahariens[19]. En 1969, il soutient sa thèse sur l’histoire économique du Dahomey entre 1880 et 1914, sous la direction de Philip Curtin[19], qui publie cette année-là The Atlantic Slave Trade[19]. Au cours des années 1970, Manning se tourne vers des analyses démographiques de la traite à partir des terrains qu’il connaît, le golfe du Bénin, pour tenter d’affiner les données disponibles sur le nombre de personnes qui y ont été asservies ou déportées[19]. Il constate que les débats sur la diaspora africaine ont régulièrement grandi en importance depuis les années 1960[19]. Grâce à des programmes de simulation développés avec un collègue mathématicien, il estime en 1981 que la mortalité due à l’esclavage a entraîné un déclin démographique[19]. Deux ouvrages synthétisent ces recherches : Francophone Sub-Saharan Africa (1988) et Slavery and African Life (1990)[19]. Mais l'étude de la traite n'est rapidement pour lui qu'un palier vers l’histoire migratoire[19], plus large, qui peut la faciliter car il constate, à partir du XVIIe siècle, des « identités raciales renforcées par l’asservissement »[19] et un « nombre phénoménal d’études sur la traite des esclaves »[19]. Obliquant vers l'histoire migratoire en 1983, Peter Manning élabore à Bryn Mawr College un projet de cours « Histoire de trois mondes (Afrique, Europe, Amérique) »[19], puis un an plus tard déménage à Northeastern University[19], où il le reprend. Au même moment, le Zimbabwéen Robin Cohen publie en 1995 une grande synthèse sur la migration mondiale[19], puis en 1997 un livre sur les diasporas mondiales[19], remarqué par Peter Mannig, qui s'aperçoit que les études sur chaque diaspora ont eu tendance à « progresser de manière séparée »[19], offrant un potentiel de connexion. En 2005, Peter Manning publie Migration in World History, reprenant ses travaux sur l'histoire mondiale[19], dont deux chapitres entiers traitent de la dispersion de l’humanité à partir de l’Afrique sur très longue durée[19], puis en 2009 une étude de la « diaspora africaine », cette fois resserrée à une période qui ne débute qu’en 1400[19], qu'il décrit comme un ensemble de communautés en provenance d’Afrique subsaharienne, sur le continent comme ailleurs sur la planète[19], et qu'il segmente en plusieurs « régions »[19], en développant le concept de « maillage africain », réseau d’intercommunications locales permettant l’échange culturel[19].

Selon Peter Manning, l'historien français Olivier Grenouilleau a puisé dans son livre de 1990, Slavery and African Life, des estimations statistiques sur les populations en Afrique et sur la mise en esclavage afin d'affirmer en 2004 « que le commerce transatlantique des esclaves organisé par les Français était négligeable par rapport à l’ampleur de l’esclavage sur le continent africain ». Il dénonce « ces tentatives visant à dissocier l’esclavage transatlantique de l’esclavage africain » et l'affirmation d'Olivier Grenouilleau, qu'il a écrit dans les Les traites négrières, selon laquelle il s'agit de la première histoire globale de ce phénomène, alors que son propre livre et celui de François Renault et Serge Daget, Les traites négrières en Afrique, datant de 1985, l'ont précédé[19].

Les trois grandes traites négrières[modifier | modifier le code]

La traite négrière touche l’Afrique depuis l’antiquité, trois grandes traites négrières sont identifiées : la traite orientale dont la traite arabe, la traite atlantique ou occidentale et la traite intra-africaine ou interne[20].

La traite orientale[modifier | modifier le code]

« Maniere dont les Maures prennent les Esclaves », v. 1797.

La traite orientale ou arabe-musulmane utilisait les voies commerciales des empires arabe puis ottoman : traversée du Sahara, de la Méditerranée, de la mer Noire, de la mer Rouge. Elle approvisionnait leurs principaux marchés aux esclaves, dans les grandes villes d'Afrique du Nord et de la péninsule arabique, puis de Turquie[4].

Les régions d'importation des captifs sont le Kanem (actuel Tchad), la Nubie, l'Éthiopie, la Somalie et l'hinterland mozambicain et tanzanien[4].

Contrairement à une idée reçue, la traite orientale ne touchait pas davantage les femmes que les hommes et n'était pas particulièrement à finalité sexuelle[21]. En revanche, elle était orientée plus vers la satisfaction des besoins domestiques que vers le travail productif[4]. Elle fournissait une main-d'œuvre servile employée à des travaux domestiques et de services (employés de maison, tâches d'entretien des palais et des infrastructures et activités sexuelles : harem, concubines, prostitution, eunuques). Les travaux des historiens Raymond Mauny, William G. L. Randies et Pierre Kalck ont établi qu'il fallait en moyenne compter trois à cinq morts, pour un esclave déporté[22].

Au Moyen Âge, une partie des esclaves terminaient leurs périples en Espagne et au Portugal, en partie sous contrôle musulman[23] avec l'Al-Andalus jusqu'au XVe siècle, ou en Sicile jusqu'au XIe siècle et dans les Balkans à compter du milieu du XIVe siècle avec les Ottomans.

La traite d'esclaves noirs se poursuivit après la Reconquista espagnole, surtout vers la Sicile et les royaumes de la couronne d'Aragon. Après le Moyen Âge, quelques esclaves noirs arrivèrent jusqu'en Russie via l'Empire ottoman qui contrôlait la quasi-totalité du pourtour de la mer Noire[24].

Le chiffre de 10 millions retenu en 1978[modifier | modifier le code]

Lors du colloque de cinq jours organisé par l'UNESCO 1978 à Haïti[22],[11], consacré à la traite négrière, les participants ont estimé le nombre des esclaves partis d'Afrique à 15,4 millions pour la traite atlantique 4 millions pour la traite dans l'océan Indien et 10 millions pour la traite transaharienne et la traite par la mer Rouge[22], dont moins 6 millions pour la période de 1451 à 1870[11]. Le chiffre de dix millions s'étend sur la période comprise entre 850 et 1910 mais certains historiens le trouvent ce excessif[11], hypothèse jugée plausible par l'historien nigérian Joseph E. Inikori, qui rédige le compte-rendu du colloque, mais pouvant selon lui « compenser peut-être dans une certaine mesure le chiffre trop modeste avancé pour la traite transatlantique »[11], signe que les experts ne conçoivent pas alors les traites comme se dissociant mais se complétant[11]. Le colloque est suivi par le lancement en 1994 par l'UNESCO d'un programme consacré à la traite transatlantique et il est décidé d'accentuer les recherches sur les traites de l'Océan Indien, jugées moins bien étudiées que celles de l'Océan Atlantique[11].

Le chiffre de 17 millions contesté en 2004[modifier | modifier le code]

La traite orientale aurait été la plus importante en nombre d'individus asservis : 17 millions de Noirs, du VIIe siècle à 1920, selon l'historien Olivier Pétré-Grenouilleau [25], qui publie en 2004 un livre comparant pour la première fois les différentes traites, sur la base d'une compilation d'autres auteurs. Ce chiffre est cependant considéré comme « hypothétique » par Catherine Coquery-Vidrovitch, historienne, spécialiste de l'Afrique[26]. Selon Olivier Grenouilleau, se déroulant principalement sur terre, elle aurait été moins visible et l'importance des mariages mixtes aurait masqué l'importance de cette traite, ainsi que le fait que les esclaves ne soient pas incités à se reproduire entre eux[4], mais d'autres historiens observent que c'était le cas aussi pour la traite atlantique. La comparaison est par ailleurs critiquée car la traite orientale s'est étendue sur 13 siècles alors que la traite atlantique a été effectuée en 110 ans, tandis que les deux mouvements ne comportent pas du tout le même type de sources, la seconde étant documentée par les comptabilités des armateurs, confrontés à l'abolitionnisme. Au total, 90 % des esclaves africains déportés vers les colonies européennes l’ont été sur 110 ans, entre 1740 et 1850[27].

La traite orientale à son apogée en 1860[modifier | modifier le code]

À des époques plus tardives on a pu en trouver également dans l'agriculture[28], l'artisanat et l'extraction minière ou le métier des armes[29]. La traite orientale connut ainsi son apogée au XIXe siècle[4], notamment à travers une réorientation vers le travail productif avec l'essor de la culture du clou de girofle à Zanzibar: 100 000 esclaves, soit deux tiers de la population en 1834[4] puis 200 000 esclaves en 1860, pour une population totale de 300 000 habitants environ[11]. La plupart appartenaient à des omanais, qui étaient moins de 5 000[11]. Seyyid Said possédait 45 plantations, dont une regroupant 6 000 à 7 000 esclaves[11]. Cette époque de récoltes abondantes clous de girofle a « coïncidé avec une période d'exportation plus intense que jamais » d'esclaves razziés à l'intérieur de l'Afrique de l'Est[11]. D'après l'historien Cooper, de 15 000 à 20 000 transitaient par Zanzibar chaque année[11] vers 1860.

Les prélèvements en Asie centrale, Empire Byzantin et Europe[modifier | modifier le code]

La traite orientale ne se limitait pas aux populations noires. D'autres groupes ethniques en étaient aussi victimes, notamment des Européens, mais dans des proportions moindres. Elle prélevait des populations venant des steppes turques d'Asie centrale et de l'Europe slave et suscita des razzias dans le monde chrétien (Sud de l'Europe, Empire byzantin).

La présence d'esclaves en Asie[modifier | modifier le code]

Par ailleurs, des inscriptions javanaises et des textes arabes montrent qu'aux IXe et Xe siècles, l'Indonésie entretenait des échanges commerciaux avec l'océan Indien et la côte Est de l'Afrique. Les inscriptions parlent d'esclaves jenggi, c'est-à-dire « zengi », employés à Java ou offerts à la cour de Chine. En arabe, Zeng ou Zanj désigne à l'époque les habitants de la côte Est de l'Afrique[30].

La traite atlantique[modifier | modifier le code]

Les cycles de la traite occidentale[modifier | modifier le code]

Les débuts : les portugais s'arriment à la traite orientale[modifier | modifier le code]

Sur les 34 850 expéditions négrières atlantiques, l'immense majorité a eu lieu après 1640[31]. Entre 1500 et 1640, eviron 800 000 esclaves arrivèrent au Nouveau Monde[31], soit seulement 5% du total, contre plus de sept millions au XVIIIe siècle[31]. La toute première période, 1500 à 1600, voit trois fois moins de déportations que celle 1500-1600[31]. Les esclaves partent vers Lisbonne, au départ de l'Île d'Arguin, sur la côte Mauritannienne, au débouché des caravanes provenant de Tombouctou[31], empruntées par la traite orientale. Ils sont moins de 200 par an entre 1500 et 1514[31], puis ce chiffre approche du millier les années suivantes[31]. Ils partent aussi de l’entrepôt de Santiago du Cap-Vert[31], vers Séville et de Valence[31]. Ces esclaves deviennent domestiques, concubines, ou travailleurs pour les mines et les sucreries des Canaries, Sao Taomé ou Madère[31]. Les esclaves noirs sont introduits à Hispaniola dès 1493 dans le sillage des voyages de Christophe Colomb, après la découverte de mines d’or à Cibao avec entre 1505 et 1525, la déportation de près de 10 000 noirs vers Hispaniola, Porto Rico; le Darien et Cuba.

Le Brésil, découvert en 1500, n'adoptera la culture du sucre qu'en 1548 ou 1550[31], malgré la volonté du Roi du Portugal manifestée dès 1516. La traite atlantique concerne d'abord des esclaves nés en captivité au Portugal ou en Espagne[31] et elle ne deviendra significative qu'à partir des années 1580, en Angola, secteur d'où viendront trois-quarts du total des captifs déportés par les Portugais, quand ils entreprennent la conquête du cours du fleuve Kwenza, à une époque où les flux de métaux précieux issus du Potosi, au Pérou, connaissent un tassement, avant de remonter au milieu des années 1590. nés en captivité au Portugal ou en Espagne.

L'exploration des côtes africaines lancée par le prince Henri le Navigateur en 1422 recherche des métaux précieux. En 1441, des africains sont ramenés dans la péninsule ibérique[32]. La première vente a lieu en 1444, dans la ville portugaise de Lagos[33]. En 1453, la chute de Constantinople prive l'Europe du commerce transméditerranéen. Le Vénitien Alvise Cadamosto organise aussi deux expéditions pour les côtes de l'Afrique subsaharienne, en 1455 et 1456 mais sans ramener d'esclaves[34]. Par la bulle Romanus Pontifex, en 1454, le Pape Nicolas V se pose en arbitre des empires espagnols et portugais, y compris dans la christianisation des peuples indigènes et musulmans. L'historien Norman Cantor l'a opposé à Eugène IV, auteur de l'encyclique Sicut dudum qui interdisait clairement la possession d'hommes et accusé d'avoir légalisé la colonisation de l'Afrique et l'esclavage. Cependant, les différentes sources explicatives, la précision du texte une année plus tard, ainsi que la non-utilisation de cette bulle pour justifier l'esclavage, montrent que ces accusations ne sont pas prouvées.[35],[36].

Le Roi du Portugal répondit par la négative aux lettres de protestation au milieu du XVIe siècle du roi Alphonse Ier du Kongo, pourtant converti, comme son père, au christianisme, dont un successeur fut assassiné, et qui écrivit aussi au Pape pour protester contre la détention d'esclaves par les portugais. D'autres rois africains ont refusé de vendre des captifs aux négriers européens au XVIe siècle, comme « le roi du Rio Sanguin[37] et ces refus seront constatés aussi au siècle suivant, au Congo en 1641, où le roi Garcia II, continue à commercer avec les Portugais, mais refuse la vente d'esclaves, car ce sont, dit-il, « ni de l'or, ni du drap, mais des créatures ». [38].

Au contraire, quatre grands royaumes côtiers ont construit, aux XVIIIe-XIXe siècles, leur bonne fortune sur le dos des esclaves: Bénin, DahomeyAshanti et l'Oyo. Parmi les monarques dahoméens, le pire fournisseur d’esclaves fut Béhanzin et Tegbessou parmi ceux qui s'enrichissent le plus : en 1750, il vend 9000 personnes par an et encaisse un revenu de 250.000 livres sterling, dépassant celui des plus riches trafiquants de Liverpool et de Nantes[38]. Ce fut le cas aussi des princes des États voisins de celui du sultan du Bornou (Kanem, Wadaï, Baguirmi et Sokoto), sur les terres du futur Nigéria. Au pays des Fellatas, les raeeas étaient menées par Ahmadou, fils et digne héritier de El Hadji Omar Seydou Tall[39]. En Angola, selon le gouverneur Fernão de Sousa (1625-1630), les sobas, devenus vassaux de la couronne portugaise, s’étaient engagés à fournir une certaine quantité d’esclaves adultes et robustes mais livraient en partie des enfants. Il rappelle que les « négriers » n’ont pas le droit de négocier directement dans les terres des sobas, mais que les femmes et enfants de ceux-ci sont envoyés aux Amériques en cas de non-livraison du quota d'esclaves[40].

Dans le diocèse du Congo et d’Angola, les évêques résidèrent entre 1596 et 1621 au siège épiscopal de Mbanza Congo, à 200 km du littoral et plus tard seulement à Luanda[41]. Desservie par des voies fluviales et des chemins, la région hébergeait entre 1000 et 1500 habitants portugais et lusobrésiliens au XVIIe siècle, dont une part de soldats[41], sans compter leurs alliés, les guerriers "jagas" et Mubiré[41], ce qui en fait le peuplement européen le plus massif en Afrique pour deux siècles[41].

Ces traffics ont des motivations très corrélées aux métaux précieux, dans les périodes où ils manquent. Les Portugais s’employaient surtout à acquérir l’or africain expédié en métropole[41], mais l'Angola ne fut repris par Lisbonne, en 1648, que grâce au soutien des colons sud-américains[41]. Salvador de Sá devint lui-même gouverneur angolais[41]. Commandant de l’expédition du XVIe siècle en Angola, Salvador de Sá gouverneur et héritier de Rio de Janeiro, voulait obtenir des Noirs pour les exporter à Buenos Aires, afin de relancer la contrebande entre La Plata et Rio de Janeiro et approvisionner les planteurs de sucre de la baie de Guanabara, dont les besoins étaient cependant encore modestes et assurés par l’asservissement des Indiens[41]. En réalité, il souaitait surtout atteindre Buenos Aires, pour contrôler l'accès et l'approvisionnement des riches mines d'argent du Potosi[41]. Lancée dans les deux dernières décennies du XVIe siècle, la traite entre La Plata et Rio de Janeiro se maintient de manière intermittente jusqu’au début du XIXe siècle[41].

En 1817, les Britanniques signent un traité avec Radama Ier, roi du Madagascar, lui allouant 10.000 dollars annuels pendant trois ans contre son engagement à renoncer à la traite tandis que le roi négrier Docemo du golfe de Guinée sera déposé par des interventions militaires.[réf. nécessaire]

Les Portugais n'acceptent plus qu'on ne leur livre plus que les condamnés à mort. En 1583, ils « ont conquis la moitié du royaume et battu quatre armées du roi. Des milliers de ses vassaux ont été tués... d'innombrables esclaves ont été capturés... »[42], au début de ce que la géographe et historienne Marie-Louise Maes a appelé « une Guerre de Cent Ans qui a duré trois siècles, avec les armes de la Guerre de Trente Ans »[22], causant une chute démographique du même impact que ce qu'avait connu la France pendant la Guerre de Cent Ans[42].


, cité par T. Diakité, La traite..., p. 162). En 1641, le roi Garcia II du Congo, après la conquête de plusieurs possessions portugaises, proches de son royaume, par les Hollandais, se déclare disposé à continuer à commercer comme avec les Portugais, mais refuse la vente de Noirs, car ce sont, dit-il, « ni de l'or, ni du drap, mais des créatures ».

Les cycles au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Tout au long des guerres du XVIIIe siècle, la traite occidentale connait une alternance de cycles de croissances et récessions, conditionnée par les guerres, la piraterie et les succès des différentes cultures coloniales (sucre puis café et coton). La Marine anglaise va accroître son pouvoir sur l'Océan Atlantique alors qu'il était déjà important au début du siècle. La traite vers les plantations de Saint-Domingue est tantôt paralysée par les guerres tantôt investie par des négriers anglais opérant discrêtement sous pavillon portugais.

Les établissements négriers sur la côte africaine[modifier | modifier le code]

Des sites d'abord fortifiés, qui se multiplient pendant la Guerre de Trente ans[modifier | modifier le code]

Les établissements sur la côte africaine sont souvent fortifiés et bâtis sur des îles ou presqu'îles, ce qui leur permet d'être défendus par un nombre plus réduit de soldats, et aux marchands d'opérer sans trop s'exposer aux maladies tropicales des Africains, immunisés car ils ont survécu aux graves dégâts de la mortalité infantile. Les forts permettent de défendre les marchandises de traite en attendant de trouver leurs débouchés commerciaux, puis d'emprisonner des captifs, en attendant qu'il y en ait assez pour justifier un voyage vers l'Amérique. Bien souvent ce qui oblige les navires à longer la côte, perdant du temps et des marins, qui succombent aux maladies en raison de l'allongement du séjour.

L'archéologie montre qu'à l'origine les forts ont souvent été bâtis pour d'autres commerces que les esclaves, notamment l'or, et seront renforcés au fil du temps. En 1471, les mandingues s’inquiétèrent quand la quantité d’or que le royaume de Bono fournissait aux Dioula se réduit après l'arrivée de nouveaux acquéreurs sur la côte[47], les Portugais. Ces derniers identifient différents royaumes africains contrôlant d'importants gisements d'or. En 1482, ils construisent le château d'Elmina, « la mine » en portugais, premier établissement européen sur la Côte de l'Or. L'or sera à payer les mercenaires de la Guerre de reconquête de la péninsule ibérique, enfin terminée en janvier 1492, quand tombe le dernier bastion musulman à Grenade.

Peu après, au début du XVIe siècle, d'autres sources européennes mentionnent l'existence d'États riches en or dans la haute vallée de l'Ofin (Guana). C'est sur le littoral corresponsant que les autres Européens s'implantent d'abord, rivalisant pour s'approvisionner en or, dans une période de pénuries métaux précieux venus du Pérou. Sur les 200 kilomètre de la côte de l'or du Ghana furent construits près de quarante forts et loges[48]. Les Portugais croyaient avoir trouvé l’Eldorado dont rêvait l’Europe entière, en manque d'or et d'argent[48]. Les mines du nord de l’actuel Ghana connaissaient alors une pleine exploitation dont les musulmans exportaient la presque totalité par les pistes transsahariennes et l'arrivée des Portugais inversa les flux, suscitant la jalousie de concurrents[48].

Ces rivalités sont exacerbées par la Guerre de Trente Ans(1618-1648), menées par des armées de mercenaires, ce qui provoque une poussée de la demande en métaux précieux: des batailles opposent les Hollandais aux Espagnols et Portugais sur les 4 continents. L'or espéré est parfois remplacé par des esclaves: 15430 sont envoyés au Brésil sur la seule première moitié des années 1620, où le nombre de sucreries triple en un demi-siècle pour atteindre 436 (150 à Pernambouc 80 à Bahia et 60 à Rio). Le sucre devient une monnaie. En janvier 1630, une flotte de 67 navires hollandais cingle sur le Brésil, où une pénurie de sucre est causée, de 1630 à 1636, par la destruction d'une grande partie des moulins à sucre du Pernambouc par les Hollandais[49]. Les cours du sucre flambent, tout comme la valeur des terres dans la petite île sucrière de la Barbade, provoquant dans les années 1640 l'importation d'africains pour remplacer les engagés irlandais dont les planteurs se méfient, sur fond de Première révolution anglaise. Les traces écrites montrent une résistance, aux Pays-Bas et en Angleterre, aux idées esclavagistes jusqu'aux années 1640, période où ces nations basculent vers l'esclavagisme.

En 1641, les hollandais s’emparent cette fois de l’Angola et de São Tomé mais en 1648, une expédition navale, majoritairement financée par les portugais du Brésil les en expulse. Affaiblis aussi par la première guerre anglo-hollandaise gagnée par Oliver Cromwell (1652-1654), les Hollandais renoncent aussi au Brésil en 1654[48],[50]. D'autres nations européennes récupèrent une partie de leurs comptoirs africains: elles offrent de plus en plus d'armes et de marchandises aux Africains pour obtenir de l'or. Alors émerge au XVIIe siècle sur la côte le royaume Denkyira et surtout, plus au nord, dans l'intérieur des terres, le royaume Ashanti et son premier souverain Obiri Yebora, dont le successeur Osei Toutou remporta une série de victoires contre les voisins, à l'aide des armes à feu fournies par les Européens. Il reçoit le trône d’or, sur lequel était répandu le sang des prisonniers sacrifiés[47].

Au siècle suivant, la traite est plus massive, avec plus de complicités africaines et moins de rivalités entre négriers européens, qui échangent parfois discrêtement leurs clients aux Antilles, surtout les Anglais qui dominent les mers. Les fortifications moins nécessaires. En 1756, Richard Brew, négrier anglais originaire d'une famille de brasseurs irlandais, fait ériger le « Brew Castle », une vaste demeure richement meublée, modernisant un ancien fort sur la côte du Ghana, où il épouse la fille d'un chef africain du nom de John Corrantee[51], qui en 1747 avait envoyé ses fils à Paris et Londres pour mettre en concurrence les deux puissances européennes dans commerce d'esclave d'Annamaboe[52]. Le fort de "Carolusborg" (Fort de Cape Coast (en) avait été érigé deux siècles plus tôt en 1555 par les marchands portugais et reconstruit en 1649 par Hendrik Carloff (en), avec un autre un peu plus loin, pour le compte de la Compagnie suédoise d'Afrique (en) alors à la recherche pressante d'or pour faire face aux contraites des guerres en Scandinavie et rivale de la Compagnie danoise des Indes occidentales et orientales, qui s'en empare pour constituer la Côte-de-l'Or danoise mais les forts sont récupérés par les Britanniques en 1664 e 1685, contre compensation financière.

Des sites proches des fleuves[modifier | modifier le code]

Les Portugais n'ont pas concentré leurs forts uniquement à hauteur des mines d'or du Guana mais aussi sur les régions côtières du Royaume du Kongo, de Loango, de Kakongo et de Ngoyo, reléguant les voies terrestres au second plan. Les voies d'eau vont permettre d'accéder jusqu'à des territoires éloignés comme l'Oubangui-Chari, déjà sous la pression de la traite orientale, où les européens procurent des armes à feu à des courtiers locaux, africains, qui acheminent les esclaves par pirogue à partir de 1750.

L'étude du rôle important de la côte de Loango, zone côtière de 600 km allant du cap Lopez au Gabon, jusqu'à Luanda en Angola n'a pas suscité beaucoup d'intérêt de la part des chercheurs[53], et la littérature nouvelle des années 1980 s'est focalisée sur la partie sud de l'embouchure du fleuve Congo, l'Angola, dominée par les Portugais, négligeant la côte de Loango, sorte de « zone franche » où les marchands locaux, Britanniques, Français et Hollandais, ont joué un rôle clé[54]. Les Britanniques, plus présents dans la navigation vont aussi mieux contrôler ces espaces. Selon l'historien Pierre Kalck, le port anglais de Liverpool a lancé, entre 1783 et 1793, plus de 4000 expéditions négrières, déportant 196 784 esclaves[22].

De 1485 à 1877, les Européens ont tenté de remonter le fleuve Congo, souvent sans succès, à commencer par les caravelles portugaises. Diogo Cão et ses hommes ont atteint les rapides de Yellala en 1485 avant de rebrousser chemin sans doute à cause de la malaria[55]. À cet endroit, il laisse un padrão témoignant de sa visite, qui ne sera redécouvert qu'en 1911[56].

Des obstacles géographiques ont freiné la navigation et le flux des esclaves[57], en particulier les rapides de Yellala, les chutes d'Inga et les chutes Linvingstone, amenant les Portugais à ne pas trop s'éloigner des régions côtières.

Les cours d'eau Sangha, Oubangui, et Congo, constituaient également des voies d'acheminement. Les Bobangis qui contrôlaient le territoire situé entre le confluent Congo-Oubangui et l'actuel site de Bangui, la capitale centrafricaine, deviendront ainsi un maillon essentiel d'une chaîne négrière en tant que peuple courtier[58].

Rang Zone d'embarquement Nombre de captifs Pourcentage de captifs
1 Côte de Loango & Côte d'Angola 5 694 574 45,48
2 Golfe du Bénin 1 999 060 15,97
3 Golfe du Biafra (et ïles avoisinantes du golfe de Guinée) 1 594 560 12,73
4 Côte de l'Or 1 209 321 9,66
5 Sénégambie et îles avoisinantes 755 713 6,04
6 Côte orientale et îles de l'océan Indien 542 668 4,33
7 Sierra Leone 388 771 3,10
8 Côte sous le vent (actuelle Côte d'Ivoire) 336 868 2,69
- Total 12 521 300 100,00

Un commerce d'hommes influents[modifier | modifier le code]

La traite négrière occidentale, qui comporte d'importants risques militaires, nécessite une surface financière conséquente : on n'y trouve guère d'artisans ou petits marchands mais surtout des officiers supérieurs, la plupart du temps très proches de la royauté, ou des financiers confirmés. Un homme d'origine plus modeste, comme Henry Morgan, s'y fait une place grâce à son statut de chef des pirates de la Caraïbe au début des années 1670. La majorité de ces armateurs (il existe quelques exceptions comme la famille de Montaudoüin) ne consacre qu'une partie de leur activité à la traite négrière afin de diversifier les risques. Ainsi à Nantes, premier port négrier en France (43 % des expéditions négrières françaises, représentant un peu plus d’un dixième de l'activité maritime nantaise), l'armement négrier n'a jamais excédé 22 % de l'armement total[59].

Le développement très rapide de la traite entre 1665 et 1750 contribue à des fortunes considérables, à une époque où l'argent est rare et circule encore relativement peu, l'absence d'industrie limitant les possibilités de s'enrichir vite. Leur influence amène l'Angleterre puis la France à approvisionner en esclaves l'Espagne à qui le traité de Tordesillas interdit l'accès aux côtes d'Afrique.

Quelques personnages influents dans la traite négrière occidentale :

Les négociants juifs n'ont joué qu'un rôle très marginal dans la traite atlantique. Dans Le Monde du 5 mars 2005, l'historien Gilles Manceron[63] a rappelé les quatre déclarations en un an de l'humoriste Dieudonné accusant les Juifs d'être responsables des traites négrières[64], en démontrant qu'elles n'ont aucun fondement. Il rejette les appels aux tribunaux, interdictions et agressions visant ses spectacles, pour ne pas lui permettre « d'apparaître comme une victime », alors qu'il « revient aux historiens de dire que ses délires sont des élucubrations dangereuses »[65], le terme « élucubrations » étant aussi utilisé à ce sujet par l'historien Olivier Grenouilleau. Aucun juif ne figurait parmi les capitaines de navires négriers[65] ; ils étaient absents du négoce négrier à Nantes[65] et très marginaux à Bordeaux[65]. L'écrivain noire Calixthe Beyala, présidente du Collectif Égalité, a au même moment rappelé dans Le Monde qu'au moment « où commençait le commerce triangulaire, les Juifs étaient persécutés, Isabelle la Catholique venant de les chasser d'Espagne ». Elle dénonce aussi les médias qui font de Dieudonné le « porte-parole des Noirs de France, par ignorance ou par recherche de sensationnalisme », contribuant « à transformer un épiphénomène en tragédie sociale »[66].

L'exposition aux guerres, rivalités nationales et dénonciations[modifier | modifier le code]

Des taux de rentabilité difficiles à calculer[modifier | modifier le code]

Les statistiques sur le trafic négriers donnent des taux de rentabilité très variables selon les périodes. La Guerre de Sept Ans (1756-1763), la Guerre d'indépendance des États-Unis (1776-1784) et les Guerres de la Révolution française (1792-1802) ont fermé l'océan au trafic négrier, relancé différentes formes de piraterie et surtout consacré la domination des mers par la Royal Navy anglaise, sur fond de rivalités franco-anglaises très violentes pour le commerce colonial. La durée de ces guerres représente près de la moitié de la seconde moitié du XVIIIe siècle, période reine de la traite atlantique.

Le calcul d'une rentabilité moyenne, ou d'un nombre moyen d'esclaves déporté par an est ainsi biaisé, variant de 76000 à 100000 entre 1780 et les années 1820[27], alors qu'ils restent globalement l’objet de vives controverses [27], y compris pour le XVIIIe siècle (60 % des expéditions[27]) et le XIXe siècle (33 %), alors que les XVIe et XVIIe siècles assurèrent à peine 7 % du total[27].

Des négriers anglais pour les plantations Françaises[modifier | modifier le code]

Dès les quinze ans d'après la paix internationale de 1713, les navires négriers français sentent l'ascendant pris sur les mers par les anglais. Et sur les 36 expéditions de 1743, 11 sont victimes des corsaires britanniques. La fiscalité française tente assez vite de compenser. Le commerce triangulaire français est exonéré de toute taxe sur le sucre embarqué après avoir débarqué des esclaves[67]. L'Angleterre adopte au contraire en 1733 le Sugar and Molasses Act, imposant une taxe de six cents sur chaque gallon de mélasse entrant aux treize colonies américaines. Ces dernières vont prendre l'habitude d'importer plutôt de la mélasse des îles françaises. Autre avantage pour les Français, les difficultés des Anglais avec les Nègres marrons en Jamaïque, de loin la première des îles sucrières anglaises, où l'Histoire de la colonisation espagnole, des sols moins fertiles qu'à Saint-Domingue et le relief dans certaines régions, favorisent le phénomène éndémique des Nègres marrons de Jamaïque. En 1739-40, ceux-ci obligent le gouverneur britannique Edward Trelawny a signé un traité avec eux, promettant des terres et l'autonomie, en échange de leur engagement à ne plus aider les esclaves en fuite.

Assez rapidement, dès 1720 selon les historiens, la production de sucre de Saint-Domingue dépasse largement celle Jamaïque, puis l'écart se creuse alors que les Anglais dominent plus que jamais les océans pendant et après la Guerre de Sept Ans (17(--1763). Lorsque la paix revient, les Anglais domine le trafic négrier et les Français la rente sucrière. Au moins un cinquième des esclaves importés à Saint-Domingue, dans les années 1760 et les années 1770 transite sur des navires non-français, selon les estimations les plus prudentes. La maison « Mason and Bourne », de Liverpool, recourt à des pavillons français[67], tout comme les armateurs du Rhode Island. La Nouvelle-Angleterre livre les plantations françaises en poisson séché et en importe discrêtement de la mélasse pour ses fabriques de rhum. La destination "Amérique du Nord", elle, reste modeste, les plantations de riz ayant un taux de mortalité moins fort que celle de sucre. elle ne dépasse jamais 15% du trafic négrier malgré une petite progression au XVIIIe siècle[67] tandis que les hollandais disparaitront du marché des négriers dès 1795.

En 1767, un article de La Gazette du commerce, journal d'information économiquem relate la création d'une association « pour la traite des nègres, le commerce d'Amérique et la pêche », qui dénonce la concurrence des navires étrangers le long de la côte africaine[68]. « Si l'association qui se forme peut avoir allez de crédit pour faire fermer les ports de ces mêmes colonies aux étrangers, elle rendra un grand service à la Nation, ranimera son émulation, et procurera en conséquence un grand avantage à l'État », affirme l'article[68]. L'objectif n'est pas atteint: en 1769, La Gazette du commerce publie cette fois des statistiques par pays du nombre d'esclaves achetés en Afrique, qui montre 104000 achats au cours de l'année, dont la moitié par les Anglais [68].

Depuis 1764, le Sugar Act anglais, une fiscalité alourdie sur le sucre favorise encore plus l'essor des plantations rivales de Saint-Domingue. La France tente de pousser son avantage. À partir de 1784, les « acquis de Guinée » exonérant le commerce triangulaire sont remplacés par une subvention directe, majorée pour les voyages vers le sud de Saint-Domingue, Tobago, Sainte-Lucie, Martinique et la Guadeloupe[67].

Gestion du risque et évitement des abolitionnistes[modifier | modifier le code]

Les armateurs, face au risque, ont multiplié les expéditions partagées entre un grand nombre d'investisseurs, qui achetaient des "parts" dans les navires et exigeaient en retour d'avoir des informations sur les dangers encourus et les pertes humaines[69], d'où les rapports rédigés par les capitaines des navires négriers[69]. Ces informations risquaient de tomber entre les mains des abolitionnistes anglais et cherchaient à dissimuler les causes réelles des décès, l'entassement des esclaves sur les navires, la durée réelles des traversées, ou les révoltes d'esclaves, dont de nombreuses traces ont cependant survécu[69]. Si la traite n'a été abolie qu'en 1809, les abolitionnistes anglais étaient auparavant à la recherche d'informations pour dénoncer les abus des capitaines à leurs associés.

La sous-estimation des révoltes et aléas climatiques[modifier | modifier le code]

Amistad, film historique américain réalisé par Steven Spielberg en 1997 a montré les difficultés pour les esclaves, même en cas de révolte victorieuse sur le navire, à revenir en Afrique ou trouver une destination en Amérique sans être repris, à partir des XVIIIe siècle.

Sur le navire bordé de filets pour les suicidaires[60] règnent nudité[60], marquage au fer rouge, entassement à demi courbé 16 heures par jour[60], enchaînement en duo, au milieu des rats et de la vermine[70], travaux de nettoyage forcés, supplices des meneurs (pendaison, décapitation, dépeçage, noyade à vif)[60], qui s'ajoutent au gavage des grévistes de la faim à l’ouvre-bouche métallique[60]. La construction d’un faux-pont, entre l’entrepont et le pont supérieur, servait à augmenter la surface de stockage des captifs. Les trop grands ne pouvaient se tenir assis[69]. C'est l’aménagement le plus significatif des navires de traite lorque ce phénomène prend son essor à Nantes dans la première moitié du XVIIIe siècle[69],[71].

De 1713 à 1743, les archives nantaises comportent 33 exemples de révoltes pour 475 expéditions, soit une sur 14, la plupart en mer et parfois lors des escales dans les îles portugaises[69]. Les mutins utilisent des armes saisies sur les sentinelles et le matériel de travail ou de navigation, notamment les couteaux en cuisine[69]. L'équipage a pour consigne de limiter les pertes[69]: les rapport des capitaines insistent sur le recours à des armes qui assomment et sur les décès par noyades et suicides. Plusieurs rébellions ont causé la mort d’une cinquantaine de noirs[69] mais la majorité moins de 20 morts[69]. En 1721, la réédition du Parfait Négociant de Jacques Savary[69] témoigne du nombre importante de révoltes d'esclaves et tente de définir des précautions[69]. L'auteur explique « qu’il en meure plus avant de partir du port que pendant le voyage », mention par son fils Jacques Savary des Bruslons dans son "Dictionnaire universel de commerce ", publié en 1723[69].

Tous les témoignages émanent des gardiens[69], en général passés au filtre des rapports de capitaine devant justifier devant leur armateur la perte d’une partie de la cargaison[69] et qui privilégient souvent une explication de type psychologique[69].

Les constats alarmants ne relèvent pas tous des abolitionnistes, où sont motivés par la crainte de la mauvaise publicité depuis qu'ils deviennent influents. La Gazette du commerce publie en 1771 une lettre d'un certain Laffon de Ladebat, qui n'a rien d'un abolitioniste, à propos de « la nourriture des nègres dans les vaisseaux »[68]. Le texte décrit « des malheureux, entassés dans des entreponts peu aérés, n'y respirent qu'un air brûlant et corrompu : sans exercice, livrés à la mélancolie et à l'ennui »[68], tout en assurant que « la raison peut excuser ce commerce » et que « la politique le rend essentiel »[68]. Au Royaume-Uni, c'est dans le sillage du renouveau religieux impulsé par le fondateur du méthodisme, le prédicateur John Wesley que le mouvement antiesclavagiste prit une ampleur déterminante : dès 1774, la publication par Wesley de ses Thoughts on Slavery, encouragea les pasteurs méthodistes à réclamer avec force dans leurs sermons la disparition de la traite[72].

Aléas climatiques et entassement: deux facteurs s'aggravant mutuellement[modifier | modifier le code]

Le principal facteur de mortalité des captifs sur les navires négriers est l'allongement de la durée du voyage, causé par un aléas climatique ou le risque d'être arraisonné par un autre navire. S'ensuit en général une pénurie, les vivres et eau s'abimant, d'autant plus grave que le capitaine a pris ou non un risque qui vient l'aggraver: celui d'entasser un nombre d'esclaves plus important dans les cales du navire.

Pendant les tempêtes, les périodes sans aucun vent ou les canicules, l'impossibilité de ventiler le navire augmentait le nombre de victimes et la probabilité de révoltes. Lors des tempêtes, « des filins étaient accrochés temporairement afin de permettre aux malheureux ballottés de s’accrocher » et la « recherche de remplissage aboutissait à créer une geôle obscure, avec de réels problèmes d’aération », selon l'historien Guy Saupin.

Le taux d'entassement est variable d'un navire à l'autre, diffice à certifier, et ne suit aucune courbe logique au fil des décennies. Les premières expéditions négrières du XVIIIe siècle ont lieu sur de gros bâtiments, en période de guerre. La période 1713-1743 voit les taux d'entassement en constante augmentation, allant de 2 à 2,5 captifs par tonneau, avec une baisse en 1740 et 1743, grâce à l'augmentation du tonnage.

Après 1712, entre 14 et 20 % des effectifs embarqués décèdent. Ce taux revient dans les années 1720 à 13,9 %, mais cette diminution n'est pas confirmée de 1731 à 1743, malgré la fin d'une phase d’expérimentation longue. Les armateurs qui fixent les consignes cherchaient d'abord à limiter les décès en raccourcissant le plus possible le temps passé à bord, mais sans forcément y parvenir.

La mortalité des équipages des navires négriers[modifier | modifier le code]

La mortalité des équipages des navires négriers est tout juste inférieure à celle des captifs[59] car spécifiquement aggravée par 4 raisons[69]. La première est l'expositions à des maladies tropicales virulentes contre lesquelles ces marins n'ont aucune immunité[69], alors que les africains approchés ont eux survécu à la mortalité infantile causée par ces maladies[69].

La deuxième raison est la longueur des séjours effectués le long du littoral africain[69] bien supérieure à celle de la traversée pour ensuite gagner les îles de la Caraïbe ou le Brésil[69]: carences et maladies augmentent avec le temps à bord. Les navires mouillent plusieurs mois, pour rechercher puis stocker les petits groupes de captifs qui y convergent par pirogues[60], et sont marchandés contre des textiles, armes à feu, et poudres aux souverains locaux, « premiers maillons de la traite »[60]. Ensuite, si le voyage dure, les captifs à leur tour incubent des maladies européennes.

La troisième raison est la dureté du travail à bord: il faut nettoyer les esclaves pour éviter qu'il ne tombent malade, les faire monter sur le pont pour les travaux ou des exercices permettant de faire circuler le sang[69], par l’exercice physique de la danse forcée[60], ce qui expose aux tentatives de mutinerie. La quatrième est le fait qu'un nombre important de marins, une fois arrivés aux Antilles, préfèrent disparaitre et que les capitaines préfèrent masquer ce phénomène en les comptabilisant comme décédés[69].

Les deux traites, en droiture et triangulaire[modifier | modifier le code]

La majorité des navires commerçant avec les colonies ne pratiquent pas la traite négrière mais le commerce en droiture[73], qui domine aux deux tiers le commerce triangulaire, plus tardif[59]: le navire achemine les aliments, tissus et outils nécessaires au fonctionnement des colonies et revient chargé de denrées coloniales (coton, sucre, cacao, café, indigo). Cet aller-retour direct entre la métropole et la colonie est moins risqué car évitant le détour par l'Afrique.

Pacotille : Cauris des îles Marquises et perles de Murano notamment échangés contre des esclaves en Afrique. Musée d'Aquitaine, Bordeaux.

Dans le commerce triangulaire, les navires négriers partent de l'Europe les cales pleines de « pacotille » (verroterie, miroirs, objets de parure, coquillages) mais aussi des marchandises de traite de qualité (tissus, alcools, armes à feu, barres de fer, lingots de plomb) troqués sur les côtes africaines contre des captifs. Le capitaine doit négocier auprès de fournisseurs africains qui peuvent parfois faire jouer la concurrence[59]. Les navires mettaient ensuite le cap sur l'Amérique du Sud, les Caraïbes ou l'Amérique du Nord, où les esclaves étaient vendus contre des lettres de change ou des matières premières : sucre, puis coton et café pour approvisionner l'Europe. Les investissements sucriers anglais des années 1660 puis français des années 1680, abaissent son prix, mais font monter celui des esclaves en Afrique, relançant les guerres tribales.

L'Espagne ignorait le commerce triangulaire. Le traité de Tordesillas lui interdisant les comptoirs en Afrique, elle importait via l'Asiento.

Les premiers esclaves africains arrivent à Cuba dès 1513. Mais deux siècles et demi plus tard, en 1763, Cuba ne compte que 32 000 esclaves, 10 fois moins que la Jamaïque anglaise et 20 fois moins que Saint-Domingue. En revanche, de 1792 à 1860, 720 000 Noirs sont introduits par les réfugiés français de Saint-Domingue à Cuba[74], alors que l'esclavage disparaît à Saint-Domingue et à la Jamaïque.

La création dans les années 1670 de la Compagnie du Sénégal et de la Royal African Company dope le commerce triangulaire. La Martinique n'avait que 2 600 esclaves en 1674, ils sont 90 000 un siècle plus tard. D'immenses fortunes émergent[75], sans se réinvestir dans l'industrie : malgré l'enrichissement des Irlandais de Nantes, l'arrière-pays reste sous-développé. Nantes, Bordeaux, Le Havre et La Rochelle[76] deviennent à la fin du XVIIIe siècle les capitales du commerce triangulaire français[pas clair]. Les bateaux sont plus grands, Saint-Domingue reçoit 20 000 captifs par an, le prix des esclaves monte encore, générant des guerres en Afrique.

La traite intra-africaine ou interne[modifier | modifier le code]

C'est la moins étayée des trois traites pour sa partie ancienne, faute de sources écrites. Selon le philosophe et théologien canadien Melchior Mbonimpa, elle remonterait au moins au XIe siècle[77], mais sa partie la plus importante, la plus récente, principalement au XIXe siècle est documentée depuis longtemps.

La majorité des personnes mises en esclavage sont des prisonniers de guerre[78] ou des personnes reconnues coupables de crimes ou parentes d'une personne exécutée pour crime[78],[79]. Si les guerres ont pû constituer une offre de prisonniers à utiliser, l'ampleur d'une demande spécifique à l'Afrique et les principaux travaux auxquels ces esclaves "internes à l'Afrique" ont été affectés sont rarement identifiés clairement. La traite intra-africaine a été stimulée par les deux autres, mais n'est devenue dominante qu'au XIXe siècle.

Les problèmes de sources et d'époque[modifier | modifier le code]

Esclaves enchaînés en Afrique de l'Est.

Selon l'historien Olivier Grenouilleau, « le prix des esclaves n’a pas cessé de monter jusqu’au début du XIXe siècle »[80], avec l'l'expansion de la culture sucrière, tout comme les effectifs de la traite intérieure africaine[80]. À la fin du XIXe siècle, la proportion d'esclaves en Afrique était cinq fois plus élevée que trois siècles plus tôt[80].

Au XVe siècle, deux expéditions brésiliennes ont dû rentrer à l'intérieur des terres, en Angola, pour s'approvisionner[80]. Les Européens ont ensuite construit des « forts de traite » sur le littoral, pour emprisonner les captifs qui leur étaient vendus au fil de l'eau, en attendant qu'ils soient assez nombreux pour qu'un navire vienne les chercher. Les captifs ont assez rapidement été échangés contre des marchandises venues d'Europe, dont les armes à feu, munitions et barres de métal étaient prédominantes.

La part de la traite intra-africaine dans l'ensemble de la traite a fortement progressé au XIXe siècle[81], selon le sociologue Peter Manning. À partir des années 1800, les sources écrites deviennent bien plus nombreuses, d'autant que l'abolition de la traite atlantique en 1807 puis sa répression par la Royal Navy entrainent des recherches sur l'offre de prisonniers. Entre 1806 et 1863, la politique anglaise de répression de cette traite a représenté l'équivalent, en moyenne, de 1,8 % du revenu national[82], alors que dans le même pays, au XVIIIe siècle, l'apport du capital négrier dans la formation de ce revenu national s'est située seulement autour de 0,11 %[82], dépassant rarement la barre des 1 %, selon Olivier Grenouilleau, historien, professeur à l'université de Lorient[82]. Avant 1850, seulement un tiers des captifs africains restaient sur place. Puis entre 1850 et 1880, leur nombre devint supérieur à ceux exportés par la traite orientale et la traite occidentale, abolie à l'échelle internationale depuis 1809, et combattue par la Royal Navy à une échelle intensive à partir de 1814-1815. Après 1880, la quasi-totalité des captifs restèrent sur place[83]. Malgré les sources écrites beaucoup plus significatives du XIXe siècle, les auteurs les plus engagés dans la mise en avant de la traite intérieure africaine, comme Olivier Grenouilleau[82], reconnaissent que le débat sur l'impact des différentes traites pour l'Afrique noire, ne recevra sans doute jamais de réponses claires[82] et que l'estimation de Ralph Austen, 17 millions d'esclaves sur onze siècles, est sujette à une marge d'erreur exceptionnellement élevée, de plus ou moins 25 %[82].

Les recherches des années 1970 et 1980[modifier | modifier le code]

La traite inter-africaine est ainsi connue et analysée de longue date par les historiens français, sans retard réel sur l'historiographie des autres pays[84],[85],[86]. Dès 1972, l'historien Hubert Deschamps lui accordait déjà une "place marquée" dans son livre[87], même s'il observait qu'il est difficile de l'évaluer[88]. L'historien Hubert Deschamps, professeur à la Sorbonne à partir de 1962, en parle, sans la classer parmi les autres traites moins connues, dès la courte préface du livre publié par l'historien Jean-Michel Filliot, aux Editions de l'Office de la recherche scientifique et technique outre-mer, en 1974[89] et qui fait l'objet de compte-rendu dans des revues scientifiques prestigieuses les deux années suivantes, sans mentionner cette traite interafricaine comme une révélation[90], [91].

Dès les années 1980, la communauté des historiens tente de pallier les lacunes de la recherche pour mieux connaitre cette traite inter africaine, malgré la difficulté d'interpréter les sources orales, et déplorent plus généralement « l'énorme prédominance des études concernant la traite atlantique par rapport à la traite transsaharienne et orientale », qui finit par faire croire que la traite « se caractérisait essentiellement par l'exportation hors d'Afrique » des personnes déportées [92].

Le chercheur canadien Martin A. Klein estime lui que, bien avant 1850, plus de la moitié des captifs restaient en Afrique de l'Ouest[93]. Selon lui, même les années où l'exportation d'esclaves atteignait son intensité maximale, les captifs restant sur place — principalement des femmes et des enfants — étaient plus nombreux[83].

Le lien avec les autres traites puis avec l'abolition de la traite atlantique[modifier | modifier le code]

Les historiens ont plus travaillé sur les liens avec les autres traites et les conséquences de l'abolition de la traite occidentale que sur la comparaison chiffrée entre les différentes traites, en raison des problèmes de disparité entre les époques et de sources écrites lacunaires. La comparaison entre traites est surtout venue lors de la couverture médiatique du livre d'Olivier Grenouilleau en 2004, qui reprend des projections de Peter Manning, estimant à 14 millions le nombre de victimes de la traite intra-africaine[94], soit la moitié des captifs exportés par les traites occidentales et orientales[83]. Mais l'historienne Catherine Coquery-Vidrovitch estime quant à elle que « quatorze millions d'esclaves qui auraient, en sus, été "traités" et utilisés à l'intérieur du continent noir par les Africains eux-mêmes » est « un chiffre sans fondement sérieux »[95].

Les historiens ont apporté des contrepoids aux thèses légitimant la traite occidentale par l'existence d'un esclavage africain[96]. Ils ne sont pas unanimes sur la question de savoir si les traites atlantique et orientale sont à l'origine de la traite intra-africaine, mais d'accord pour constater qu'elles l'augmentent très fortement à partir des XVIIIe et XIXe siècle[96], période où l'abondance des sources écrites fait foi. Les esclaves sont échangés contre des armes à feu, ce qui permet à certains peuples de former des nations guerrières, comme les Ashanti du pays de l'or, au Guana, et les migrations se multiplient, désorganisant les agricultures. D'autres peuples acquièrent des armes pour se défendre et se mettent à vendre à leur tour des prisonniers afin de pouvoir se procurer ces armes.

À partir de 1750, la traite intra-africaine concerne des territoires éloignés comme l'Oubangui-Chari, déjà sous la pression de la traite orientale, où les européens procurent des armes à feu à des courtiers locaux, africains, qui acheminent les esclaves par pirogue, sur des fleuves que les navires européens ont du mal à remonter. L'existence de la traite intra-africaine, son développement au XIXe siècle, quand les débouchés vers l'Amérique sont interdits, une époque où les différentes traites avaient déjà plongé l'Afrique dans un chaos militaire, démographique et économique, ont servi souvent de prétexte à la constitution des empires coloniaux français, belges, allemand, italien et anglais. En raison des risques militaires, des maladies et des difficultés de navigation, les Européens avaient jusque-là, dans la majorité des cas, évité de pénétrer l’intérieur des terre avant le XIXe siècle, même si les portugais ont fait des razzias à l'intérieur de l'Angola dès 1583. Malgré le le boom sucrier du XVIIIe siècle, les besoins des économies européennes en matières premières et leurs moyens militaires n'étaient pas encore aussi importants que lors de la Révolution industrielle, dans la seconde moitié du XIXe siècle, principale période de colonisation.

En juin 2005, un an après le prix accordé par le Sénat à la thèse de Olivier Pétré-Grenouilleau, l'"Affaire Olivier Grenouilleau" a défrayé la chronique médiatique après un entretien d'Olivier Grenouilleau accordé au Journal du dimanche du accusant la Loi Taubira classant l'esclavage comme un crime contre l'humanité d'être responsable des déclarations antisémites de Dieudonné et les descendants d'esclaves d'être peut-être des descendants de négriers.

La traite intérieure vue du Nigéria ou en Côte d'Ivoire[modifier | modifier le code]

En juin 2009 au Nigéria, après avoir relevé que le Sénat américain a présenté des excuses pour « l'inhumanité, la cruauté, l'injustice fondamentale de l'esclavage », le Congrès des droits civiques (CRC), un collectif rassemblant des dizaines d'organisations de défense des droits de l'homme a demandé aux « chefs traditionnels africains nigérians de s'excuser pour le rôle que leurs ancêtres ont joué dans la traite des esclaves »[97]. Le CRC a proposé à cette occasion qu'en échange de ces excuses ces chefs traditionnels obtiennent une reconnaissance constitutionnelle[97], une démarche parfois jugée liée à des arrière-pensées politiques, dans un pays où le poids des ces chefs traditionnels dans une partie des villages est considéré par les élites urbaines comme un frein à la modernité[97].

L'indignation apparait parfois comme trop sélective et les ivoiriens n'ont par exemple jamais organisé de manifestations pour protester contre l’esclavage toujours pratiqué au XXIe siècle en Mauritanie, remarquait en 2016 le journaliste Venance Konan, directeur du journal Fraternité Matin, à Abidjan[98].

La répression et l'abolition des traites négrières[modifier | modifier le code]

Dès le XVIIIe siècle, les traites négrières rencontrent une opposition en Angleterre. Ralph Davis a raconté les mutineries de Liverpool en août 1775, dans le port, où des marins de navires baleiniers se révoltèrent contre des armateurs désireux de réduire les salaires et furent rejoints par l'équipage d'un navire négrier, avant d'occuper la Bourse de Commerce, où les soldats furent envoyés pour déloger plusieurs milliers de mutins[99].

Des interdictions qui s'échelonnent entre 1786 et 1814-1815[modifier | modifier le code]

La plupart des pays impliqués dans les traites négrières les ont abolies au XIXe siècle, plusieurs décennies avant de le faire pour l'esclavage, d'abord pour des motifs humanistes. Pour sa part, l'historien marxiste Eric Williams y voit un calcul économique pour favoriser le libre-échange au détriment d'un mercantilisme daté[100].

La traite des Noirs est abolie par le Royaume-Uni en 1807, les États-Unis en 1808, et en France, par le décret du 29 mars 1815[101], quand Napoléon revient au pouvoir lors des Cent-Jours, confirmé par la suite par l'ordonnance royale du et la loi du . Ces trois pays n'aboliront respectivement l'esclavage qu'en 1833, 1865 et 1848[102].

"Vive l'égalité, vive la liberté, caricature de Napoléon, Bodleian Library.

La France et le Royaume-Uni ont signé une première convention pour la suppression du trafic des esclaves et un traité contre la traite des Noirs le et une convention supplémentaire le [103]. Cette convention prévoit que d'autres puissances maritimes sont invitées à se joindre à ces conventions. Les villes hanséatiques le font le [104], le Grand-duc de Toscane le [105], la république d'Haïti le 29 août 1840[106].

Le Brésil abolit officiellement la traite en 1850[107] mais l'esclavage seulement le [108], ce qui cause le renversement de l'empereur Pedro II[109]. Le dernier navire négrier arrive à Cuba en 1867[110].

Si la traite atlantique disparaît, une traite persiste entre l'île de Zanzibar et le monde arabe. Alexandrie est de nouveau, dans la seconde moitié du XIXe siècle, l'un des principaux marchés à esclaves. On estime à 1,65 million de personnes le nombre des victimes de la traite transsaharienne entre 1800 et 1880[110]. Une nouvelle forme de traite apparaît : l'engagisme ou coolie trade.

L'abolitionnisme avait cependant tenté d'interdire l'esclavage bien plus tôt. Dès la fin du XVe siècle, la papauté condamne l'esclavage : c'est le cas de Pie II, de Paul III, de Pie V, d'Urbain VIII ou encore de Benoît XIV[111]. Mais ne pouvant le supprimer, elle cherche ensuite à améliorer les conditions par une action auprès des esclaves (Sœur Javouhey, Pierre Claver, Montalembert).

La Révolution française abolit l'esclavage le 4 février 1794[112], mais Napoléon Bonaparte le rétablit par le décret du 30 Floréal An X () après la restitution de la Martinique à la France par la paix d'Amiens ()[113] et plus encore lors du soulèvement de Saint-Domingue qu'il tente vainement de combattre par une expédition désastreuse qui ne peut empêcher l'indépendance d'Haïti[114]. L'abolition de l'esclavage ne sera définitive pour les autres colonies françaises qu'avec le décret du 27 avril 1848[115].

En Louisiane, le gouverneur espagnol, Francisco Luis Hector de Carondelet, avait interdit toute importation d'esclaves en 1796. Son prédécesseur Esteban Rodríguez Miró, avait banni en 1786 l'importation d'esclaves nés dans la Caraïbe, la limitant à ceux qui venaient d'Afrique.

La Révolution haïtienne de son côté, combattit la piraterie des années 1800 dans la Caraïbe, liée à la traite négrière illégale, pour rendre la traite plus dangereuse et plus difficile.

Les effets de l'abolition aux États-Unis[modifier | modifier le code]

Le Brésil achète ses esclaves avec l'or du Minas Gerais, en expansion dès 1740, recyclé pour acheter des tissus indiens dans les années 1780[67]. Avec les portugais et espagnols, ils sont les seuls à avoir un accès régulier à l'Afrique à partir de 1810[67]. Les importations d'esclaves aux États-Unis chutent de 8 % dans les années 1790 et 20 % dans les années 1800[67], tombant aux deux-tiers de leur niveau des années 1780[67] dès les années 1820. Sans les restrictions aux traites négrières, ce volume aurait au contraire doublé en trente ans, selon l'historien David Eltis, professeur à l'Université Emory, vu le boom des surfaces plantées en coton aux États-Unis. L'allongement de la durée de vie des esclaves, le bond de leur natalité et la hausse de la productivité ont compensé[67] et pris le relais des achats à prix fort aux anciennes colonies de la côte atlantique qui ne pèseront plus que 10 % du coton américain en 1865.

Entre 1817 et 1820, neuf négriers du Rhode Island sont condamnés par les tribunaux américains[67]. La plupart vont chercher des esclaves à Cuba pour les revendre en Georgie, d'où un prix prix plus élevé de 50% à Cuba, soumis à la demande des États-Unis, qu'au Brésil[67]. Puis le quasi-monopole mondial des États-Unis dans le coton les place en position de force face aux marchands d'esclaves[67].

Les historiens estiment que le professeur Philip Curtin a sous-estimé le nombre d'esclaves importés aux États-Unis, plus que pour les autres territoires et constatent une chute des prix des esclaves en 1823, quand les abolitionnistes en Angleterre obtiennent une repression plus dure de la traite, dans le sillage du Scandale de l'île d'Amelia de l'automne 1817, qui voit l'armée de négriers de Louis-Michel Aury investir une île espagnole. Une forte hausse des prix des esclaves va au contraire anticiper, dans les années 1850, l'abolition de l'esclavage aux États-Unis[67], à une époque où il est difficile de s'en procurer, le Brésil monopolisant le commerce illégal, et où leur accès aux soins s'améliore, aidé par le fait que la proportion de mulâtres parmi les esclaves des États-Unis d'Amérique va atteindre 10,4% en 1860. Une fois la traite atlantique disparue, la croissance démographique en Afrique atteignit l'un des taux les plus élevés du monde entre 1900 et 1950.

Les nouveaux circuits de la traite[modifier | modifier le code]

Les Antilles britanniques ne représentent plus qu'un tiers des esclaves transportés par les négriers britanniques après 1800, selon l'historien David Eltis, professeur à l'Université Emory[116]. Les négriers anglais et américains sont nombreux à changer de localisation, pour éviter la répression de la traite. Ils évitent les ports anglais à partir de 1811 et s'installent à l'étranger, recourant au pavillon portugais, pays allié de l'Angleterre[117]. De plus, les négriers refusent de faire crédit à Cuba et dans les Antilles françaises, réduisant les flux vers cette destination.

Entre 1783 et 1807, la moitié des esclaves transportés par le Rhode Island allaient à Cuba. Mais après 1807, les navires danois et anglais, qui règnaient sur le commerce inter-antillais, ont cessé la traite négrière, ce qui fait chuter les prix sur ce marché. Cuba est alors approvisionné directement en Afrique et devient la plaque tournante du trafic mondial, dirigé en grande partie par les Réfugiés français de Saint-Domingue à Cuba, qui importe entre 1792 et 1807 autant d'esclaves qu'en deux siècles, et qui avaient animé la Piraterie des années 1800 dans la Caraïbe. Sur 444 voyages négriers recensés entre 1808 et 1815, la totalité sauf douze passent par Cuba ou le Brésil.

L'action spécifique des Britanniques contre les traites négrières[modifier | modifier le code]

Le Royaume-Uni a eu les moyens de réprimer la traite de la plupart des pays, grâce à la puissance de la Royal Navy, sortie gagnante du XVIIIe siècle, sous la pression d'une partie des milieux économiques, menés par William Wilberforce, qui l'avaient jugée contre-productive dès la fin du XVIIIe siècle, pour des raisons d'équilibre économique, puis sous l'influence de l'Anti-Slavery Society. Au XVIIIe siècle, la culture du sucre est plus grande consommatrice d'esclaves, qui meurent d'épuisement sur les plantations en quelques années et les « îles à sucre » françaises ont profité d'une fiscalité plus favorable pour supplanter leurs rivales britanniques.

La Société pour l’abolition de la traite négrière (Society for the Extinction of the Slave Trade), influencée par les initiatives des quakers anglais et nord-américains, provoqua en 1788 une enquête du Conseil privé de la Couronne[118], qui amena le Parlement à voter en 1807 l’interdiction de la traite négrière. Les abolitionnistes britanniques intensifièrent alors leurs campagnes[118], recourant aux moyens les plus divers pour sensibiliser l’opinion publique mondiale : conférences, signatures de pétitions, campagnes de boycott des marchandises en provenance de pays à esclaves, diffusion de livrets et feuilles imprimés et illustrés. L’Angleterre prit ainsi la tête des courants abolitionnistes mondiaux après avoir maîtrisé le trafic négrier pendant plus de deux siècles[118].

Au congrès de Vienne (1815), Talleyrand promit à Castlereagh de soutenir la position britannique sur l'interdiction de la traite. Malgré l’abolition par plusieurs pays, celle-ci continua de perdurer. En France, elle devint illégale mais se poursuivit : jusqu'au milieu des années 1820, des négriers français sont armés à Nantes ou Bordeaux, à la vue de tous. Ils bafouent ouvertement la loi. Entre 1815 et 1833, on recense 353 bateaux de traite à Nantes[75].

La traite négrière disparaît grâce à des accords entre la France et le Royaume-Uni et d'autres pays, incluant un « Droit de visite des navires étrangers », prévu explicitement par une série de traités internationaux : la Royal Navy croise sur les côtes occidentales africaines. La mission de ses vaisseaux est de visiter les lieux de la traite et les navires marchands. L'État français coopère mais une large partie des milieux d'affaires français accuse l'Angleterre de vouloir simplement ruiner la France et juge que la traite est un acte patriotique, contribuant à la richesse de la France. Après 1835, on ne dénombre plus que 20 navires français à s'être livrés à la traite.

Les marchés nationaux d'esclaves se substituent aux traites négrières[modifier | modifier le code]

Vente aux enchères d'esclaves noirs, Atlanta, Georgie, États-Unis, 1864.

Aux États-Unis, il faut attendre 1805 pour que Washington interdise l'importation d'esclaves, ce qui enrichit leurs propriétaires : sur le marché aux esclaves de La Nouvelle-Orléans, le prix d'un esclave monte à 500 dollars en 1805 contre 200 en 1776 et 100 en 1766. Trois nouveaux états esclavagistes sont fondés dans les années 1810 : Alabama, Mississippi et Louisiane. Ils cultiveront 78 % du coton américain en 1859, si on leur ajoute la Géorgie. Les esclaves des anciennes colonies de la côte atlantique sont déplacés, depuis le port de Norfolk jusqu'à La Nouvelle-Orléans puis vendus aux propriétaires de l'Ouest. La Louisiane importe 18 000 esclaves entre 1790 et 1810[119]. La plupart doivent ensuite emprunter des « routes de la migration » établies le long d'un réseau d'entrepôts.

Les États-Unis ne comptaient que 350 000 esclaves en 1750, sur 1,5 million d'habitants. En 4 générations, leurs descendants sont 11 fois plus nombreux : 4 millions en 1865. Une question centrale abordée par les historiens des États-Unis a été de savoir comment le commerce interrégional des esclaves du Vieux Sud côtier vers le Nouveau Sud intérieur a affecté les familles d'esclaves . La réponse, selon des études récentes, est que les familles et les communautés d'esclaves ont été dévastées: même si une partie des propriétaires cherchant des occasions de s'installer dans des régions de frontière se déplaçait avec leurs esclaves et leurs familles , il est probable que plus de 50 pour cent des esclaves exportés l'ont été sans leur famille.

Au Brésil, la délocalisation du pouvoir politique et financier vers le sud facilita le développement de la production de café dans le sud-est. L'Angleterre, qui craignait la concurrence "déloyale" d'une production par des esclaves exigea une chasse aux trafiquants[120]. Du coup, le prix des esclaves flamba et un marché interne se développa pour déplacer cette main d´œuvre du Nordeste[120].

Les abolitions tardives[modifier | modifier le code]

L'Arabie saoudite a aboli l'esclavage en 1962, la Mauritanie en 1981.

Le nombre de victimes des traites négrières[modifier | modifier le code]

« Les esclavagistes se vengent de leurs pertes », Journal de D. Livingstone, 1874.

Olivier Pétré-Grenouilleau, l'historien qui met le plus l'accent sur la traite orientale, a estimé, en 2004, à 42 millions le total de victimes pour trois traites négrières :

  • la traite orientale, à destination du monde arabo-musulman : 17 millions de personnes ;
  • la traite intra-africaine : 14 millions de personnes, dont une partie revendue à des Européens ou des Arabes ;
  • la traite occidentale (ou atlantique) : 11 millions de personnes, dont l'essentiel à partir de la fin du XVIIe siècle.

En 1971, Jacques Houdaille rend compte des travaux de l'historien américain Curtin, qui recense 9,5 millions d'esclaves importés d'Afrique et vendus dans les Amériques, sans tenir compte de la mortalité importante lors du trajet en bateau, qui pouvait atteindre de 8 à 22 % de l'effectif[121].

En 1997, Hugh Thomas a estimé au total à 13 millions le nombre d'esclaves « ayant quitté l'Afrique » lors de la traite atlantique, dont 11,32 millions arrivés à destination au moyen de 54 200 traversées. Il affecte au Portugal et sa colonie du Brésil 30 000 de ces traversées[122].

Dans ses estimations le Danemark est censé avoir déporté 50 000 esclaves avec 250 traversées. Or, selon l'historien danois Per Hernaes[123], « on peut estimer aujourd'hui à environ 85 000 le nombre total d'esclaves transportés sur des navires danois entre 1660 et 1806 ».

En 2001, en ce qui concerne la traite atlantique, David Eltis arrivait à un total de 11 062 000 déportés pour 9 599 000 esclaves débarqués aux Amériques, entre 1519 et 1867. Ce sont ses estimations que Petré-Grenouilleau a reprises dans son livre Les Traites négrières, Essai d'histoire globale. En décembre 2008, David Eltis lance la plus large base de données consacrée à la traite atlantique : The Trans-Atlantic Slave Trade Database, elle fait état de 12 521 336 déportés entre 1501 et 1866[124].

Quant à l'historien Serge Daget, voici ses estimations en 1990 :

  • traite atlantique : 11,7 millions ;
  • traite transsaharienne : 7,4 millions ;
  • traite orientale : 4,28 millions.

En 1982, Joseph Inikori[125] estime à 15 400 000 le nombre de déportés par la traite atlantique, tandis que Paul Lovejoy (en) proposait 11 698 000[126] déportés (pour 9 778 500 débarqués) ; chiffre qu'il portera à 11 863 000 en 1989[127].

Pour Catherine Coquery-Vidrovitch, ces « chiffres globaux n'ont pas grand sens puisqu'ils recouvrent des durées très inégales : la traite musulmane, qui a commencé au IXe siècle s'est prolongée jusqu'au début du XXe. En outre, ils sont aussi contestables que contestés : un historien britannique vient-il de proposer de faire tomber la traite transsaharienne à six ou sept millions d'individus au plus (au lieu de douze), sur 1 250 ans »[128].

Traite orientale[modifier | modifier le code]

Sahara[modifier | modifier le code]

En 1979, Ralph Austen présentait des estimations affirmant que la moitié de la traie arabe aurait eu lieu sur ses huit premiers siècles, qui ont ensuite été fortement révisées car la partie concernant le XIXe siècle, la plus documentée, avait été fortement sous évaluée[129], notamment sur la traite orientale :

    • Total départ : 9 387 000 y compris les captifs n’ayant pas atteint la zone méditerranéenne (372 000), car restés en bordure désertique.
    • Total arrivée : 7 450 000
    • Ecart : 1 937 000

Mer Rouge et océan Indien[modifier | modifier le code]

  • Répartition entre grandes périodes, en pourcentage
    • 800-1450 : 40,0
    • 1450-1890 : 60,0
  • en individus
    • Total départ : 5 000 000
    • Total arrivée : 4 900 000
    • Pertes : 100 000

Soit au total 14 387 000 individus au départ et 12 350 000 à l'arrivée et pour l'ensemble des traites arabes.

Toutefois, en 1987[130], Austen porte à 8 millions le nombre de déportés de la « traite orientale » entre 650 à 1920 (au lieu des 5 millions reportés ci-dessus pour la période 800-1890) ; ce qui donnait globalement 17 387 000 déportés pour les traites arabes. C'est cette dernière estimation que Petré-Grenouilleau a reprise en 2004, mais qu'il n'avait pas retenue en 1997. Depuis, Ralph Austen estime à « environ 12 millions » le nombre de déportés par les « traites arabes ».

En 1969, Philip Curtin (en) proposait 9 566 100 déportés par la traite atlantique[131]. Nombre d'estimations ultérieures se sont appuyées sur les travaux de Curtin, en affinant certains aspects (notamment la traite illégale) pour parvenir à des chiffres, ou bien supérieurs (Inikori), ou bien inférieurs (Lovejoy).

Des archives encore inexploitées[modifier | modifier le code]

  • D'après Eric Goebel des archives nationales du Danemark, « on estime que les archives des compagnies commerciales danoises possèdent approximativement quelque 4 500 pièces. Ces nombreux registres et liasses de documents occupent l'équivalent de 400 mètres linéaires sur des étagères »[132].
  • Selon Dra Rosa Cruz e Silva[133], les fonds documentaires du seul Angola sur la traite négrière comportent 3 448 manuscrits occupant six kilomètres d'étagères. Et cela ne représente qu'une petite partie des archives angolaises, car « […] la plus grande partie de la documentation, la plus ancienne sur notre pays, la documentation sur les XVe, XVIe et XVIIe siècles […] est encore aujourd'hui au Portugal, la puissance coloniale ». Quand on songe à l'importance de la région d'Angola, démembrement de l'ancien royaume du Kongo, comme lieu de départ d'une forte proportion des déportés par la traite atlantique, on voit à quel point les estimations actuelles sont parcellaires ; et susceptibles de corrections substantielles dans les années à venir.

Les conséquences[modifier | modifier le code]

Les différentes traites ont eu une influence profonde sur les sociétés africaines.

La ponction démographique directe et indirecte[modifier | modifier le code]

Figurine africaine, Venise (?) (XVIIe siècle), Budapest, musée hongrois des arts décoratifs.

Avec 110 millions d'habitants, l'Afrique représentait 20 % de la population mondiale en 1600. Trois siècles plus tard, en 1900, avec 140 millions d’habitants, elle n’en représente plus que 8,4 %[134], affaiblissement aggravé pour l'économie ca des hommes et des femmes jeunes ont été soustraits aux systèmes de production locaux[134].

Lors d'un colloque sur La tradition orale et la traite négrière[135], il a été présenté que la traite négrière a été dévastatrice pour l'Afrique, à la fois socialement et économiquement.

Selon le professeur Gueye Mbaye[réf. souhaitée] :

« dans certains secteurs, les populations avaient renoncé à vivre dans de gros villages pour se contenter de petits hameaux éparpillés à l’intérieur de la forêt et auxquels on n’accédait que par des sentiers le long desquels on avait établi des ruches d’abeilles guerrières qui en interdisaient l’accès à toute cavalerie. C'est compte tenu de tout ceci que les vieillards interrogés sur les stagnations voire la régression de l’agriculture africaine sont unanimes à incriminer "la période des chevauchées permanentes". »

Selon Eduardo Galeano, la situation globale de l'Afrique au temps de la traite négrière est à mettre en parallèle avec celle de l'Amérique et des Amérindiens[136]. Il existe selon lui une indéniable corrélation entre l'extermination de ces derniers et la déportation de millions d'Africains dans les mines et plantations américaines ; entre l'effondrement des cultures (matérielles et spirituelles) amérindiennes au contact des Européens et l'agonie des sociétés traditionnelles africaines au sortir de la conjoncture négrière atlantique.

Nathan Nunn écrit quant à lui qu'au

« royaume du Congo en Afrique centrale et de l’ouest (...) dès 1514, les enlèvements de citoyens du royaume pour être vendus aux portugais suivaient un rythme effréné, menaçant l’ordre social et l’autorité du roi. En 1526, Affonso, roi du Congo, écrit au Portugal pour se plaindre du fait qu'« il y a beaucoup de commerçants dans tous les coins du royaume. Ils amènent la ruine du pays. Tous les jours des gens sont réduits en esclavage et raptés, même des nobles, même des membres de la famille royale[137]». Cette rupture de l’ordre et de la loi fut en partie responsable de l’affaiblissement et finalement, de la chute de cet état anciennement puissant. Pour beaucoup des autres ethnies bantouphones, des états stables ont existé auparavant mais le temps que la traite soit abolie, peu des anciens états existaient encore[138],[139] »

Les déplacements de population[modifier | modifier le code]

Dans de nombreuses régions, les populations se sont réfugiées dans des zones montagneuses[134] comme le Burundi et le Rwanda, qui ont les plus fortes densités de population[134] car le relief abritait des expéditions des royaumes esclavagistes de l’Afrique orientale qui fournissaient le « marché » de Zanzibar[134]. Au Mali, les Dogons se sont retranchés sur la falaise de Bandiagara, difficilement accessible par des guerriers à cheval[134]. Parallèlement, de vastes espaces se sont dépeuplés, comme la partie orientale de la Centrafrique, dévastée par les razzias du chef de guerre africains Rabah, tué par des soldats français en 1900[134].

Ces déséquilibres démographiques ont été des freins au développement[134]. La traite a aussi préfiguré les économies de rente de l’Afrique subsaharienne[134] car ses bénéfices ne furent jamais utilisés à l’investissement productif, tout comme les profits du pétrole ou des diamants seront gaspillés dans les poches des dirigeants au XXe et XXIe siècles[134].

Les tensions locales à dimension mémorielle[modifier | modifier le code]

Un article de janvier 2007 dans Jeune Afrique[134] a rappelé que bon nombre de tensions locales à dimension mémorielle qui ont perduré jusqu'à l'Afrique du XXIe siècle, notamment les images de la guerre qui dévaste à partir de février 2003 le Darfour, avec des villages encerclés par des cavaliers en armes, des cases brûlées, des femmes et enfants enlevés, comme dans les razzias qui subies par cette partie de l’Afrique à l'époque des négriers[134]. Ce secteur fut un réservoir d’esclaves dès l’Égypte pharaonique[134], puis lors des périodes fatimide puis ottomane[134]. Maures, Touaregs, Peuls et Arabes ayant joué un rôle actif dans les razzias, les mémoires des habitants des régions soudano-sahéliennes se réveille parfois, comme lors des affrontements entre Sénégalais et Mauritaniens en avril 1989[140].

Au Tchad et au Soudan, les affrontements du XXIe siècle mettent aux prises des « communautés arabes » et « non arabes », « même si la distinction entre les unes et les autres n’est pas toujours facile »[134], tandis que la guerre qui a décimé le Sud-Soudan de 1964 à 2005 fut marqué par la détermination, face au pouvoir de Karthoum des populations noires christianisées, qui ont payé un lourd tribut à la traite négrière[134]. Une autre guerre civile rappelant les antagonismes du passé a vu s’affronter entre 1975 et 2002 le Mouvement populaire pour la libération de l’Angola (MPLA), dominée par les habitants de la capitale Luand sur les secteurs côtiers, et l’Unita de Jonas Savimbi, implantée dans le centre de l'Angola[134]. Les relations difficiles, au Bénin, entre les Yoroubas du nord et les Fons du sud, ont pour partie des racines dans les tensions créées par les négriers des royaume ashanti (Ghana et Côte d’Ivoire actuels), d'Oyo (Nigeria) et du Dahomey, opérant dans le passé le marché négrier d’Ouidah[134].

L'impact économique[modifier | modifier le code]

Dans sa contribution à l'ouvrage collectif The Oxford History of the British Empire, l'historien David Richardson estime[141] que les profits de la traite négrière n'ont représenté environ qu'un pour cent (1 %) des investissements réalisés dans les premières années de la révolution industrielle britannique. De grands ports négriers comme Bristol, ou encore Nantes en France, n'ont pas connu de décollage industriel, leur arrière-pays restant rural, car les profits de la traite négrière ont dans leur quasi-totalité été investis dans des placements fonciers.

Du côté africain, la traite a représenté un moyen important d'enrichissement pour les élites en place[142].

Les travaux de Nathan Nunn, un économiste canadien, professeur à l'Université Harvard, ont montré l'importance du préjudice économique lié à l'esclavage et la traite sur le développement économique des pays d'Afrique[143].

Mémoriaux[modifier | modifier le code]

Clara Sörnäs, Mémorial de l'esclavage à Zanzibar.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Laurent Carroué, Didié Collet et Claude Ruiz, Les Amériques, Éditions Bréal (ISBN 2749505305, lire en ligne), p. 32.
  2. a b c et d (en) Patrick Manning, Slavery and African Life: Occidental, Oriental, and African Slave Trades, Cambridge University Press, , 248 p. (ISBN 978-0521343961), p. 47
  3. Mémoire de la traite négrière, Marcel Dorigny, www.monde-diplomatique.fr, novembre 2007
  4. a b c d e f g et h Marie Poussart-Vanier, Georges Courade et Sylvain Guyot, L'Afrique des idées reçues, Belin, , 400 p. (ISBN 2701143217), p. 122-129
  5. .Odile Tobner, « Une négrophobie académique ?, Olivier Pétré-Grenouilleau, ou la banalisation de la Traite »
  6. Pétré-Grenouilleau 2004, p. 20-21, https://books.google.fr/books/about/Les_traites_négrières_Essai_d_histoire.html?id=9OtYBAAAQBAJ&printsec=frontcover&source=kp_read_button&redir_esc=y.
  7. On dit traite des esclaves, de la gomme ou du sucre, lorsqu'on échange des marchandises de traite contre des produits connus, à des prix à peu près stables et lorsqu'on engage des capitaux importants en vue de bénéfices prévisibles dans la mesure où les risques appréciables — tempêtes, maladies, révoltes d'esclaves, piraterie — ne les réduisent pas, Henri Brunschwig, « La troque et la traite », Cahiers d’Études africaines, année 1962, vol. 2, no 7, p.  340.
  8. Définition donnée par l'art. 7, al.2, c), du statut de Rome de la Cour Pénale Internationale.
  9. Pétré-Grenouilleau 2004, p. 18-20.
  10. Dictionnaire de l'Académie française, 8e édition, 1932-1935. : « la traite des noirs est le trafic consistant à échanger des marchandises contre des noirs africains ou à les acheter pour les employer ou les revendre en qualité d'esclaves », Le Trésor de la langue française informatisé.
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  13. "History of the Rise and Decline of Commercial Slavery in America" par Edward Ely Dunbar, Carlton Publisher, 1863 [3]
  14. Tombe d'Edward Ely Dunbar [4]
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  18. "L'Afrique sous domination coloniale, 1880-1935" par Albert Adu Boahen UNESCO, 1987 [7]
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  22. a b c d et e "Essai d'évaluation de la population de l'Afrique Noire aux XVe et XVIe siècles", par Louise-Marie Diop-Maes, dans la revue Population en 1985 [9] 
  23. Significativement, avant de voir se mettre le commerce triangulaire en place, la traite atlantique débuta par une période qui vit se poursuivre la déportation de captifs africains vers la péninsule ibérique (cette fois sous contrôle européen chrétien) et ce, pendant plusieurs décennies ; v. Gomes Eanes de Zurara, Chronique de Guinée, éd. IFAN, Dakar, 1960.
  24. La Chaîne et le lien, Doudou Diène, (éd.), Paris, Éditions Unesco, 1998 [10]
  25. Pétré-Grenouilleau 2004, p. 147.
  26. Catherine Coquery-Vidrovitch, Enjeux politiques de l'histoire coloniale, Agone, , 187 p., p123
  27. a b c d et e "Une approche globale du commerce triangulaire" par Marcel Dorigny, Maître de conférences en histoire à l’université Paris-VIII, dans Le Monde diplomatique de novembre 2007 [11]
  28. Pétré-Grenouilleau 2004, p. 448-451.
  29. Pétré-Grenouilleau 2004, p. 451.
  30. Lombard, Denys, Le Carrefour javanais. Essai d'histoire globale, EHESS, 1990.
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  32. Gomes Eanes De Zurara, Chronique de Guinée, éd. IFAN, Dakar, 1960.
  33. Gomes Eanes de Zurara, Chronique de Guinée, éd. IFAN-Dakar, 1960, chap. XXIV & XXV.
  34. Voyages en Afrique noire d’Alvise Ca Da Mosto, éd. Chadeigne/UNESCO, Paris, 2003.
  35. Hélène Vignaux, L’Église et les Noirs dans l’audience du Nouveau Royaume de Grenade, Presses universitaires de la Méditerranée, (ISBN 978-2-84269-864-5 et 978-2-36781-077-5, DOI 10.4000/books.pulm.496, lire en ligne)
  36. Svétlana U. ABRAMOVA, Histoire générale de l'Afrique, Études et documents, Unesco, p. 429
  37. André Ducasse, Les Négriers et le trafic des esclaves, Paris, Hachette, 1948 [13]
  38. a et b Les partenaires africains de la traite négrière atlantique [14]
  39. Interview de l'économiste sénégalais Tidiane N’Diaye, auteur de « Le génocide voilé » éditions Gallimard, 2008, par Philippe Triay le 7 mai 2015, pour le portail "Outremers"
  40. "Esclavage africain et traite atlantique confrontés : transactions langagières et juridiques (à propos du tribunal de mucanos dans l’Angola des XVIIe et XVIIIe siècles" par Catarina Madeira-Santos, dans la revue Brésils en 2012 [15]
  41. a b c d e f g h i et j "Le versant brésilien de l'Atlantique-Sud : 1550-1850" par Luiz Felipe de Alencastro dans la revue Annales. Histoire, Sciences Sociales en 2006 [16]
  42. a et b " Essai d'évaluation de la population de l'Afrique Noire aux XVe et XVIe siècles", par Louise-Marie Diop-Maes, dans la revue Population en 1985 [17]
  43. a b et c "Sugar and Slavery: An Economic History of the British West Indies, 1623-1775", par Richard B. Sheridan, page 410 [18]
  44. Le sucre de Jamaïque est alors exporté en contrebande mais privée de la puissance commerciale de Bristol et Londres, plaques tournantes de la réexportation
  45. a b c d e f et g "Les esclaves dans la zone d'occupation anglaise de Saint-Domingue en 1796", par Jacques Houdaille, dans la revue Population en 1971 [19]
  46. La moyenne d'apport dans des mariages entre époux jacobites passe ainsi de 28 000 à 54 000 livres entre le premier et le deuxième quart de siècle à Nantes
  47. a et b Les cinquante Afriques, Hervé Bourges et Claude Wauthier, Seuil, (1978), p. 578.
  48. a b c et d "Traite, esclavage et fortifications dans l’Ouest africain (XVe – XVIIe siècle)" par Jean-Michel Deveau dans Eco-Géo de juin / août 2007 [20]
  49. "Les Pays-Bas et la traite des Noirs" par P. C. Emmer, pages 32 et 187 [21].
  50. "Laurent Wirth, inspecteur général de l’Éducation nationale , conclusion du Séminaire national "La traite négrière, l’esclavage et leurs abolitions : mémoire et histoire", organisé le 10 mai 2006 par l'Éducation nationale, au Carré des sciences, à Paris [22]
  51. Le maître d’Annamaboe, par Jean-Pierre Bat, dans Libération du 9 avril 2017 [23] ; Where the Negroes Are Masters, par Randy J. Sparks, [24].
  52. Selon Randy J. Sparks
  53. (en) Kristen Windmuller-Luna, « The Visual Archive: A Historian's Perspective on Kongo and Loango Art », sur www.metmuseum.org, (consulté le 16 août 2018)
  54. Stacey Jean Muriel Sommerdyk, op. cit. p. 8
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  56. (en) Léon Kochnitzky, Negro art in Belgian Congo, Belgian Govt. Information Center, , p. 5
  57. (en-GB) Armin Schwegler, Bryan Kirschen et Graciela Maglia, Orality, Identity, and Resistance in Palenque (Colombia): An interdiciplinary approach, Amsterdam/ Philadelphia, John Benjamins Publishing Company, (ISBN 978 90 272 5278 4, LCCN 2017027549, DOI 10.1075/coll.54), p. 109-110
  58. Gérard Grellet, Monique Mainguet et Pierre Soumille, La République centrafricaine, Presses universitaires de France (réédition numérique FeniXX), (ISBN 978-2-13-065846-7, lire en ligne)
  59. a b c et d Gérard Vindt, Jean-Michel Consil, « Nantes, Bordeaux et l'économie esclavagiste - Au XVIIIe siècle, les villes de Nantes et de Bordeaux profitent toutes deux de la "traite négrière" et de l'économie esclavagiste », Alternatives économiques, no 325,‎ , p. 17-21.
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  61. Claude Wanquet et Benoît Jullien, Révolution française et océan Indien, Prémices, Paroxysmes, héritages et déviances, L'Harmattan, , 526 p. (ISBN 978-2738441102, lire en ligne).
  62. Jean-François Delmas, « Jean-Joseph de Laborde et le domaine de Méréville », État et société en France aux XVIIe et XVIIIe siècles... op. cit., p. 182.
  63. Rédacteur en chef de revue de la Ligue des droits de l'homme.
  64. Dans Le Journal du dimanche du 8 février 2004, à propos de ceux qui avaient agressé le public de son spectacle, il affirmait : "Ceux qui m'attaquent ont fondé des empires et des fortunes sur la traite des Noirs et l'esclavage", puis en juillet 2004, il récidivait : "Les juifs ont profité de cette colonisation et de la traite négrière." et évoquait le 29 décembre 2004 "la haine des juifs à l'égard des Noirs" et affirmait le 16 février 2005 que les "autorités sionistes" l'empêchaient de faire "un film sur la traite négrière"
  65. a b c et d "L'exploitation raciste d'un crime contre l'humanité", par Gilles Manceron, dans Le Monde du 5 mars 2005 [26]
  66. "Les convoyeurs de la haine", par  l'écrivain Calixthe Beyala présidente du" Collectif Égalité", dans Le Monde [27]
  67. a b c d e f g h i j k l et m D. Eltis (1987)
  68. a b c d e et f Article de Rétronews le 12/11/2018 par Pierre Ancery [28]
  69. a b c d e f g h i j k l m n o p q r s t u v et w "La violence sur les navires négriers dans la phase de décollage de la traite nantaise (1697-1743)" par Guy Saupin, section dans l'ouvrage "La violence et la mer dans l'espace atlantique: XIIe – XIXe siècle " par Mickaël Augeron, Mathias Tranchant, aux Presses universitaires de Rennes en 2015 [29]
  70. Gaugue 1997, p. 50.
  71. " A bord du négrier. Une histoire atlantique de la traite" par Marcus Rediker, Editions du Seuil, 2014 [30]
  72. Olivier Pétré-Grenouilleau 2004, p. 224-225
  73. Paul Bois, Histoire de Nantes, Privat, , p. 146.
  74. http://www.clio.fr/BIBLIOTHEQUE/cuba_dans_l_empire_espagnol.asp.
  75. a et b Jean Sévillia, Historiquement correct : pour en finir avec le passé unique, Paris, Perrin, (ISBN 2-262-01772-7), p. 251.
  76. Jean-Michel Deveau, La traite rochelaise, Éd. Karthala, , 330 p. (lire en ligne).
  77. Melchior Mbonimpa, Idéologies de l'indépendance africaine, L'Harmattan, , 247 p. (ISBN 2738404308, lire en ligne), p. 33.
  78. a et b Sparks, Randy J. (trad. de l'anglais par Marie-Anne de Béru et Myriam Dennehy), Là où les nègres sont maîtres : Un port africain au temps de la traite [« Where The Negroes Are Masters : An African Port in the Erea of the Slave Trade »], Paris, Alma Editeur, , 369 p. (ISBN 978-2-36279-222-9)
  79. Grenouilleau Olivier, Quand les Européens découvraient l'Afrique intérieure, Paris, Tallandier, , 349 p. (ISBN 979-10-210-0335-4)
  80. a b c et d "Les traites négrières, ou les limites d'une lecture européocentrique" par Olivier Pétré-Grenouilleau, dans la Revue d'histoire moderne et contemporaine en mai 2005 [31]
  81. Pétré-Grenouilleau 2004, p. 185-186.
  82. a b c d e et f « L'esclavage permettait de renforcer les élites », par Olivier Grenouilleau, historien, professeur à l'université de Lorient, propos recueillis par Jean Soublin le 7 janvier 2005 dans Le Monde [32]
  83. a b et c Pétré-Grenouilleau 2003, p. 7.
  84. "La Traité des noirs par l'Atlantique" pa Piet C. Emmer, Jean Mettas, Jean-Claude Nardin. Société Franc̦aise d'Histoire d'Outre-Mer, 1975
  85. "L'Esclavage en Afrique précoloniale" par Claude Meillassoux et Maurice Godelier, aux Editions Maspero en 1975, compte-rendu de lecture par Éliane Journal des Africanistes en 1976 [33]
  86. "Traites et esclavages en Afrique orientale et dans l'océan Indien" par Henri Médard, KARTHALA Editions, 2013 [34]
  87. Histoire de la traite des Noirs, de l'Antiquité à nos jours" par Hubert Deschamps, Editions Fayard, 1972
  88. "Histoire de la traite des Noirs, de l'Antiquité à nos jours" par Hubert Deschamps, compte-rendu de l'historien Charles Laroche dans la revue Outre-Mers en 1972 [35]
  89. "La traite des esclaves vers les Mascareignes au XVIIIe siècle" par Jean-Michel Filliot, Editions de l'Office de la recherche scientifique et technique outre-mer, en 1974
  90. "La traite des esclaves vers les Mascareignes au XVIIIe siècle" par Jean-Michel Filliot, compte-rendu de lecture par Jacques Houdaille, dans la revue Population en 1976 [36]
  91. "La Traite des esclaves vers les Mascareignes au XVIIIe siècle", par Jean-Michel Filliot, compte-rendu de lecture par Jean Valette, dans la. Revue d'histoire Outre-Mers en 1975 [37]
  92. "De la traite à l'esclavage: actes du Colloque international sur la traite des noirs, Nantes, 1985, Volume 1" par Serge Daget - Centre de recherche sur l'histoire du monde atlantique, 1988
  93. Pétré-Grenouilleau 2004, p. 186.
  94. « La colonisation est-elle responsable des malheurs de l'Afrique », Ambroise Tournyol du Clos, Conflits, hors série no 3, printemps 2016, p. 18-22.
  95. Catherine Coquery-Vidrovitch, Enjeux politiques de l'histoire coloniale, Agone, , 187 p., p123-124
  96. a et b "Les esclavages dans l’histoire européenne" par Marc Ferro, directeur d’études, à l'École des hautes études en sciences sociales, contribution au Séminaire national "La traite négrière, l’esclavage et leurs abolitions : mémoire et histoire", organisé le 10 mai 2006 par l'Éducation nationale, au Carré des sciences, à Paris [38]
  97. a b et c "Des Africains ont eu leur part dans la traite des Noirs" dans La Croix le 12/11/2009 [39]
  98. "Traite négrière occidentale et arabe : l’indignation sélective de l’Afrique" par Venance Konan, journaliste et écrivain ivoirien, est le directeur du journal Fraternité Matin, à Abidjan. dans Le Monde du 26 août 2016 [40]
  99. "Européens et espaces maritimes: vers 1690-vers 1790", par Paul Butel, page 175 [41]
  100. Marie-Jeanne Rossignol, « L’Atlantique de l’esclavage, 1775‑1860 : Race et droit international aux États‑Unis, en Grande‑Bretagne et en France », Transatlantica, (consulté le 1er mai 2018)
  101. Bulletin des lois, 1815 (page 55) - https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k486114j.
  102. Delacampagne 2002, p. 208.
  103. Georg Friedrich von Martens, Nouveau recueil de traités d'alliance, de paix, de trêve, de neutralité, de commerce, de limites, d'échange... des puissances et États de l'Europe depuis 1808, Librairie de Dieterich, Gottingue, 1833, tome IX, 1827-1831, p. 544-558
  104. Georg Friedrich von Martens, Nouveau recueil de traités d'alliance, de paix, de trêve, de neutralité, de commerce, de limites, d'échange... des puissances et États de l'Europe depuis 1808, Librairie de Dieterich, Gottingue, 1840, tome XV, 1830-1838, p. 191-194
  105. Annales maritimes et coloniales, 1841, p. 292-295
  106. Annales maritimes et coloniales, 1841, p. 893-898
  107. Delacampagne 2002, p. 214.
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  109. Stela Bueno, « Le Brésil en finit avec l'esclavage », herodote.net, (consulté le 2 mai 2018)
  110. a et b Delacampagne 2002, p. 215.
  111. Jean Sévillia, Historiquement correct : pour en finir avec le passé unique, Paris, Perrin, (ISBN 2-262-01772-7), p. 252.
  112. « La Convention abolit l'esclavage », herodote.net, (consulté le 2 mai 2018)
  113. « Bonaparte légalise l'esclavage », herodote.net, (consulté le 2 mai 2018)
  114. Fabienne Manière, « Haïti chasse les Français », herodote.net, (consulté le 2 mai 2018)
  115. « Abolition de l'esclavage, 1848 », Université de Perpignan (consulté le 2 mai 2018)
  116. "Economic Growth and the Ending of the Transatlantic Slave Trade", par David Eltis, professeur d'histoire à l'Université Emory, Oxford University Press, 1987, page 51 [42]
  117. "Economic Growth and the Ending of the Transatlantic Slave Trade", par David Eltis, professeur d'histoire à l'Université Emory, Oxford University Press, 1987, page 53 [43]
  118. a b et c "La traite négrière, l’esclavage et leurs abolitions : mémoire et histoire", Actes du colloque national - Paris, le 10 mai 2006 [44]
  119. (en) Adam Rothman, Slave Country, , 296 p. (ISBN 978-0-674-01674-3, lire en ligne), p. 219.
  120. a et b BRÉSIL, LE PAYS DU CAFÉ, par Bruno Guinard, français installé au Brésil depuis plus de 20 ans, 2015 [45]
  121. Jacques Houdaille, « Le nombre d'esclaves africains importés en Europe et en Amérique », Population,‎ (lire en ligne)
  122. Cf. Hugh Thomas, La Traite des Noirs, 1440-1870, éd. R. Laffont pour la traduction française, Paris 2006, p. 870-871 : « Statistiques approximatives ». Voir aussi la note consacrée à ces statistiques, p. 933-935, où l'auteur retrace la succession d'estimations depuis les années 1950.
  123. Cf. Traditions orales et archives de la traite négrière, sous la direction de Djibril Tamsir Niane, éd. UNESCO, 2001. Précisément, l'article intitulé « Les forts danois de la Côte de l'Or et leurs habitants à l'époque de la traite des esclaves », p. 114.
  124. « Trans-Atlantic Slave Trade Database », Université Emory (consulté le 6 décembre 2008).
  125. Cf. « Forced Migration », Londres, 1982.
  126. « The volume of the atlantic slave trade : a synthesis »
  127. « The impact of the slave trade in Africa ».
  128. Catherine Coquery-Vidrovitch, Enjeux politiques de l'histoire coloniale, Agone, , 187 p., p124
  129. Cf. Ralph Austen, « The Trans-Saharan Slave Trade : A Tentative Census » dans H.A. Gemery & J.S. Hogendorn eds, The Uncommon Market. Essays in the Economic History of the Atlantic Slave Trade, New York, Academic Press, en 1979, pages 66 et 68.
  130. African Economic History. Internal Development and External Dependency, Londres, James Currey, 1987, p. 275.
  131. (en) Philip D. Curtin, The Atlantic slave trade: a census, University of Wisconsin Press, (ISBN 978-0299054045)
  132. « Les archives des compagnies danoises d'outre-mer : une source pour la Route de l'esclave », dans Traditions orales et archives de la traite négrière, sous la direction de Djibril Tamsir Niane, éd. UNESCO, 2001.
  133. « Les archives de la traite en Angola », dans Tradition orale et archives de la traite négrière, éd. UNESCO, Paris, 2001.
  134. a b c d e f g h i j k l m n o p q et r "Les séquelles des traites négrières" le 2 janvier 2007 par Dominique Mataillet, dans Jeune Afrique [46]
  135. (fr) Tradition orale et archives de la traite négrière.
  136. Cf. Eduardo Galeano, Les Veines ouvertes de l'Amérique latine, une contre-histoire, éd. Plon, 1981.
  137. (en) Jan Vansina, Kingdoms of the Savanna, University of Wisconsin Press, (ISBN 978-0299036645), p52
  138. (en) Colson Elizabeth, “African Society at the Time of the Scramble,” in Colonialism in Africa, 1870–1960. Volume 1: The History and Politics of Colonialism, 1870–1914, L.H. Gann and Peter Duignan, Cambridge University Press, , p36-37
  139. (en) Nathan Nunn, « The long term effects of Africa's slave trades », Harvard Library,‎ , p143 (lire en ligne)
  140. "Géopolitique de l’Afrique et du Moyen-Orient" Nathan, 2006, cité par Jeune Afrique en 2007 [47]
  141. (en) P. J. Marshall, The Oxford History of the British Empire, vol. II : The Eighteenth Century, Paperback, 662 p. (ISBN 9780199246779, lire en ligne).
  142. Pétré-Grenouilleau 2004, p. 505-509.
  143. Nathan Nunn, The long term effect of Africa's slave trade
  144. « Ouidah, le chemin du souvenir », sur lesmemoiresdesesclavages.com (consulté le 25 novembre 2015).
  145. « Le Mémorial Acte de Guadeloupe présenté à Paris », sur la1ere.fr.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages historiques[modifier | modifier le code]

  • Olivier Pétré-Grenouilleau, Les Traites négrières, essai d'histoire globale, Paris, Gallimard, , 468 p. (ISBN 2-07-073499-4).
  • Olivier Pétré-Grenouilleau, Les Traites négrières, essai d'histoire globale, Paris, Gallimard, coll. « Folio histoire », , 733 p. (ISBN 978-2-07-033902-0).
  • Olivier Pétré-Grenouilleau, La traite des Noirs, Paris, PUF, coll. « Que sais-je ? », .
  • Olivier Pétré-Grenouilleau, Nantes au temps de la traite des Noirs, Paris, Hachette Littérature, 1998.
  • Djibril Tamsir Niane (dir.), La Tradition orale, source de connaissance des relations entre Europe-Afrique à partir de la Côte, UNESCO.
  • Marcus Rediker, À bord du négrier. Une histoire atlantique de la traite, trad. d'Aurélien Blanchard, Paris, Seuil, 2013.
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  • Jean-Pierre Plasse, Journal de bord d'un négrier, adapté du français du XVIIIe siècle par Bernard Plasse, préface de Olivier Pétré-Grenouilleau, Marseille, Éditions le Mot et le reste, 2005 (ISBN 2-915378-12-6).
  • Mickaël Augeron et Olivier Caudron, dir., La Rochelle, l'Aunis et la Saintonge face à l'esclavage, Les Indes savantes, Paris, 2012.
  • Tidiane N'Diaye, Mémoire d'errance, Ivry, Éditions A3, 1998.
  • Tidiane N'Diaye, L'Éclipse des Dieux, Paris, Éditions Du Rocher/Le Serpent A Plumes, 2006.
  • Tidiane N'Diaye, Le Génocide voilé : enquête historique, Paris, Gallimard, 2008 (ISBN 978-2-07-011958-5).
    la traite des Noirs d'Afrique par le monde arabo-musulman.
  • Hugh Thomas, La Traite des Noirs, trad. de Guillaume Villeneuve, éd. Robert Laffont, 2006.
  • Louis Sala-Molins, Le Code noir, Paris, PUF, 1988.
  • Eric Williams, Capitalisme et esclavage, éd. Présence Africaine, 1968.
  • Walter Rodney, Et l'Europe sous-développa l'Afrique..., trad. de Catherine Belvaude avec la collab. de Sàmba Mbuup, Paris, Éditions caribéennes, 1972.
  • Eduardo Galeano, Les Veines ouvertes de l'Amérique, trad. de Claude Couffon, Paris, éd. Plon, 1981.
  • Gomes Eanes de Zurara, Chronique de Guinée, trad. de Léon Bourdon et Robert Ricard, Dakar, éd. IFAN, 1960.
  • Nelly Schmidt, L'Abolition de l'esclavage, Paris, éd. Fayard, 2005.
  • Serge Daget, La Répression de la traite des Noirs au XIXe siècle, Paris, Karthala, 1997.
  • Serge Daget, Répertoire des expéditions négrières françaises à la traite illégale (1814-1850), Nantes, CRHMA, 1988.
  • Serge Daget, La Traite des Noirs, Éditions Ouest-France/-Université, 1990.
  • François Renault et Serge Daget, Les Traites négrières en Afrique, Paris, Karthala, 1986.
  • La Traite négrière du XVe au XIXe siècle : documents de travail et compte-rendu de la réunion d'experts organisée par l'Unesco à Port-au-Prince, Haïti, 31 janvier - 4 février 1978, Unesco, 1979.
  • La Traite des Noirs par l'Atlantique, œuvre collective, Société française d'histoire d'outre-mer, Paris, 1986.
  • Robin Blackburn, The Making of New World Slavery, 1997.
  • Anne Gaugue, Les États africains et leurs musées: La mise en scène de la nation, L'Harmattan, , 232 p. (ISBN 978-2738452733).
  • Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Paris, Le livre de poche, (ISBN 2253905933).
  • Charles de La Roncière, Nègres et Négriers, Paris, Éditions des Portiques, 1933.
  • Jacques Heers, Les négriers en terre d'islam, VIIe et XVIe siècles, Perrin, coll. « Tempus », .
  • Henri Médard (dir.), Marie-Laure Derat (dir.), Thomas Varnet (dir.) et Marie Pierre Ballarin (dir.), Traites et esclavages en Afrique orientale et dans l’océan Indien, Paris, Karthala-CIRESC, coll. « Esclavage », , 528 p. (présentation en ligne).
  • Tugdual de Langlais, Jean Peltier Dudoyer, l'armateur préféré de Beaumarchais, de Nantes à l'Isle de France, Éd. Coiffard, 2015, 340 p. (ISBN 9782919339280).
  • (en) David Eltis, Economic Growth and the Ending of the Transatlantic Slave Trade, Oxford University Press, (ISBN 9780195364811, présentation en ligne). 
  • Frédéric Régent, La France et ses esclaves : De la colonisation aux abolitions (1620-1848), Arthème Fayard, Pluriel, 2010, (ISBN 978-2-8185-0279-2) (première édition : Grasset & Fasquelle, 2007.
  • Jean Sévillia, Historiquement correct : pour en finir avec le passé unique, Paris, Perrin, (ISBN 2-262-01772-7)
  • Pluchon Pierre (sous la direction de), La Route des esclaves. Négriers et bois d'ébène au XVIIIe siècle, Chapitre IV - La cueillette de l’or noir, Hachette Education, (lire en ligne), p. 113-178

Articles[modifier | modifier le code]

  • J. Baumès, L'immigration africaine et la traite des noirs, dans Revue contemporaine et Athenæum français, 1857, tome 34, p. 790-808 (lire en ligne)
  • Joseph Inikori, L'Afrique dans l'histoire du monde : la traite des esclaves et l'émergence d'un ordre économique dans l'Atlantique, HGA, tome V, Chap. 4, éd. Présence africaine/UNESCO, 1998.
  • Joseph Inikori, « The volume of the British slave trade, 1655-1807 », Cahiers d'études africaines, vol. 128,‎ .
  • Olivier Pétré-Grenouilleau, « Les Traites négrières », Documentation photographique, no 8032,‎ .
  • Marc-Antoine Pérouse de Montclos, « Les esclaves invisibles de l'Islam : à quand l'heure de vérité ? », Études, vol. tome 396, no 6,‎ , pp. 751-759 (lire en ligne, consulté le 31 mai 2018).
  • Serge Daget, « L'abolition de la traite des Noirs en France de 1814 à 1831 », Cahiers d'études africaines, vol. 11, no 1,‎ , p. 14-58 (lire en ligne, consulté le 2 août 2018).

Témoignages d'époque sur l'esclavage[modifier | modifier le code]

  • Olaudah Equiano, Ma véridique histoire, Mercure de France, .
  • Mungo Park, Voyage à l'intérieur de l'Afrique, FM/ La Découverte, Maspero, Paris 1980.
  • Jehan Mousnier, Journal de la traite des Noirs, Éditions de Paris, Paris, 1957.
  • João Mascarenhas, Esclave à Alger, Éditions Chandeigne, Paris, 1993.

Œuvres de fiction[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]