Julien Clerc

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Julien Clerc
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Julien Clerc en 2011.

Informations générales
Nom de naissance Paul Alain Auguste Leclerc
Naissance (67 ans)
Paris, France
Activité principale Chanteur, compositeur
Genre musical Variété, chanson française
Années actives 1968 à aujourd'hui
Labels Pathé Marconi
Virgin
Site officiel www.julienclerc.com

Julien Clerc, né Paul-Alain Leclerc[1] le à Paris, est un chanteur français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille et enfance[modifier | modifier le code]

Paul-Alain Leclerc naît le 4 octobre 1947 dans le 19e arrondissement de Paris, fils unique de Paul Leclerc (né le 27 janvier 1916, mort en février 2003), un haut fonctionnaire à l'Unesco et d'Évelyne Merlot (29 octobre 1926), fille métisse guadeloupéenne dont la mère Marie-Louise était aide-ménagère chez le père de Paul, Auguste Leclerc, contrôleur PTT.

Des tensions apparaissent rapidement dans le couple aux origines sociales différentes et ce, dès le choix du prénom du nourrisson, qui se voit affublé d’un prénom composé, son père souhaitant l’appeler Paul, sa mère Alain. Ses parents divorcent le 6 avril 1949 et, après deux ans de bataille judiciaire, Paul obtient la garde de son enfant mais sort de la procédure éprouvé, étant victime d’un infarctus qui lui entraîne une paralysie partielle du visage.

Paul Leclerc se remarie avec Ghislaine Téry le 6 octobre 1949, le couple donnant à Paul-Alain deux demi-frères, Jean-Noël et Gérard (le journaliste Gérard Leclerc) et trois demi-sœurs, Sylvie, Christine et Marianne[2].

Paul-Alain habite alors à Bourg-la-Reine et, grâce à des voisins, fait du scoutisme laïque chez les Éclaireurs de France dans le groupe Montaigne. Ghislaine, claveciniste, le met au piano classique et l'emmène régulièrement au Théâtre des Champs-Élysées, écouter les Musigrains, des cycles de concerts-conférences pédagogiques fondés par Germaine Arbeau-Bonnefoy[3].

Formation et débuts[modifier | modifier le code]

Après des études au lycée Lakanal à Sceaux avec son ami d'enfance de Bourg-la-Reine, Maurice Vallet dit « Momo », Paul-Alain obtient son baccalauréat en 1965. Son père le destine à de hautes études, si bien qu'il tente l'examen de Sciences-Po puis s'inscrit à la faculté de droit en septembre 1966 et décide finalement d'entamer un cursus d'anglais à la Sorbonne. Mais, il néglige ses études et refait le monde avec ses camarades, en cette année qui annonce les bouleversements de mai 1968.

C'est à cette époque qu'il compose ses premiers morceaux, Maurice Vallet devenant son premier parolier. La rencontre décisive avec Étienne Roda-Gil dans le bistrot d'étudiant L’Écritoire a lieu probablement au printemps 1967. La légende veut que leur collaboration ait débuté en ce lieu lorsque le futur Julien Clerc, jeune étudiant en anglais, lance à la cantonade : « Qui veut m'écrire une chanson ? ». Roda-Gil sera son principal parolier, qui exclut vite Maurice Vallet.

L'écriture nouvelle de Roda-Gil, empreinte de nostalgie et d'hermétisme militant, associée à la voix haut perchée et chargée de vibrato de Paul-Alain, ainsi que son sens de la mélodie, vont faire leur succès[4]. C'est également dans ce café qu'il rencontre l'amour, en la personne de Marie-Françoise Aimé, dite Zaz[réf. nécessaire], une étudiante en lettres. Il passe de longues heures au piano dans la maison de Bourg-la-Reine de sa petite amie, que ses parents ont désertée.

Grâce à une relation familiale, sa cousine Jacqueline Socquet-Clerc, dont le frère est directeur artistique chez Pathé Marconi, Paul-Alain Leclerc signe dans la maison de disques qui sort, le 9 mai 1968, son premier 45 tours, La Cavalerie. La chanson de l'artiste, qui a pris le nom de scène de Julien Clerc, passe en boucle à la radio. Parlant d'« abolir l'ennui », elle trouve un écho dans la jeunesse de mai 1968 qui se découvre une idole toute neuve[5].

Succès[modifier | modifier le code]

À l'automne 1968, Julien Clerc part en tournée avec Adamo. En mars 1969, il monte pour la première fois sur la scène de l'Olympia en première partie de Gilbert Bécaud et réalise un triomphe[6]. C'est à cette occasion que Bertrand Castelli, hippie milliardaire et la productrice Annie Fargue, lui rendent visite dans sa loge. Détenteurs des droits de la comédie musicale Hair pour la France, ils lui proposent le premier rôle. Julien Clerc refuse puis finit par accepter après avoir assisté à une représentation à Londres[7]. Du 16 au 29 décembre 1970, Julien Clerc passe cette fois-ci en vedette à l'Olympia[6].

Années 1970 et 1980[modifier | modifier le code]

En 1971, Julien Clerc crée avec son agent Bertrand de Labbey les éditions Sidonie qui lui assurent une certaine autonomie[8]. Entre 1971 et 1976, il sort cinq albums (Ce n'est rien, Liberté, égalité, fraternité ou la mort, Julien, Terre de France et N°7) comprenant des succès comme Ce n'est rien, Si on chantait, Le patineur, ça fait pleurer le bon Dieu, C'est une andalouse, Danse-s'y, This melody, Elle voulait qu'on l'appelle Venise, Souffrir par toi n'est pas souffrir ainsi que deux 45 tours comprenant des titres inédits en albums : Le coeur volcan (Avec en face B Mon alezan) en 1971 et Ballade pour un fou (Loco, Loco) (Avec en face B Si tu frappes à la tête) en 1975.

Ayant l'impression d'avoir fait le tour de sa collaboration avec Roda-Gil et, sur les conseils de son agent Bertrand de Labbey[6], Clerc varie alors la liste de ses auteurs à partir de 1976 et l'album À mon âge et à l'heure qu'il est comprend entre autres Le Cœur trop grand pour moi (écrite par Jean-Loup Dabadie) ainsi que la chanson éponyme et Amis (écrites par Maxime Le Forestier). Cette séparation est mal vécue par son parolier[4]. En 1978, il fête ses trente ans, et Le Forestier lui écrit à cette occasion la chanson J'ai eu trente ans ; ce titre paraît à l'automne 1978 dans l'album Jaloux, qui est son premier grand succès en nombre de ventes (400 000 exemplaires), grâce notamment au titre de Dabadie Ma préférence[9].

En 1980, il souhaite évoluer, et se sépare d'Étienne Roda-Gil, ainsi que de son arrangeur, Jean-Claude Petit. Il s'engage pour l'abolition de la peine de mort en interprétant la chanson de Dabadie L’assassin assassiné et vient à Toulouse, en compagnie de Robert Badinter, assister au procès de Norbert Garceau[10]. Au cours des années 1980, il participe aux différentes campagnes publicitaires de la firme Citroën, avec le slogan chanté J'aime, J'aime, J'aime, que l'on peut entendre dans les clips et voir sur les affiches.

En 1982, sort son douzième album, incluant Femmes, je vous aime et Lili voulait aller danser. Il quitte sa maison de disques, Pathé Marconi, pour intégrer la firme anglaise Virgin, qui, à l'époque, n'est encore qu'un petit label. Il change également sa longue chevelure brune et bouclée contre des cheveux courts[6].

Accédant au rang de star populaire, il multiplie à cette époque les succès commerciaux et les concerts mais il force sur sa voix et dessèche ses cordes vocales en sniffant de la cocaïne, aussi décide-t-il de se reprendre en main et d'économiser sa voix en prenant des cours de chant[2].

Années 1990 et 2000[modifier | modifier le code]

L'album Utile, sorti en 1992, marque les retrouvailles de Julien Clerc avec Étienne Roda-Gil. De 1996 à 2010, il participe aux concerts des Enfoirés.

En 1997, il fête sur scène ses cinquante ans avec Marc Lavoine, Renaud, Alain Souchon, Françoise Hardy, Maurane et Pascal Obispo. Il en sera alors retiré un disque enregistré en public intitulé Le 4 octobre qui correspond à la date de son anniversaire.

Cette même année, la chanson Assez Assez - album Julien - écrite par David McNeil, avec les paroles : Faut des ronds, Faut des courbes […] Et les seins de Sophie Marceau, crée une polémique assez vive de la part de Sophie Marceau, qui menace de lui intenter un procès. L'actrice déclare : « J’ai été atrocement gênée par ce disque. Quand je l’ai reçu, je l’ai caché. J’avais peur que mon entourage ne l'entende. J’étais mal, comme si j’avais fait une bêtise. Comme si je montrais mes seins à la radio. Les seins, c’est intime, c’est érotique, sexuel, je me suis sentie dévêtue »[11]. L'auteur a reconnu : « N'avoir voulu faire qu'une belle rime[réf. nécessaire] ».

Pour l'album Si j'étais elle, sorti en novembre 2000, Julien Clerc fait appel pour la première fois à Carla Bruni qui lui écrit la majorité des textes.

Son album Double enfance sort fin 2005 et rencontre un beau succès dans une période où le marché du disque s'effondre. Il s'inscrit comme son meilleur album de la décennie, comportant entre autres deux chansons d’Étienne Roda-Gil, disparu quelques mois plus tôt et la chanson-titre revenant sur sa propre enfance, écrite par Maxime Le Forestier.

Son album Où s'en vont les avions sort le . Le premier extrait est La jupe en laine (clip réalisé par Hélène Grémillon). Ont notamment participé à l'album : Maxime Le Forestier, Carla Bruni, et Benjamin Biolay, ce dernier en tant que producteur.

Il fête ses quarante ans de carrière sur la scène du Casino de Paris. L'enregistrement public de la tournée qui en découle sort le sous le titre : Tour 09. L'enregistrement public de ce dernier album a lieu lors du concert du au Festival des Nuits de Fourvière à Lyon ; ce même concert est retransmis en direct et en trois dimensions dans plusieurs salles de cinéma ; Julien Clerc est le premier artiste européen à s'être prêté à cette innovation technologique[12].

Période actuelle[modifier | modifier le code]

Le sort son album, Fou, peut-être, réalisé par Philippe Uminski. Il y collabore avec Maxime Le Forestier, Charles Aznavour, Gérard Manset, Alex Beaupain, Julien Doré.

Après avoir donné, durant les huit premiers mois de 2012, des concerts accompagné par un orchestre symphonique, Julien Clerc entame en octobre 2012 une nouvelle tournée, Pianistic, qui durera jusqu'à l'été 2013. Il se produit en acoustique à deux pianos dans des salles plus intimes (accompagné par Aurore Crévelier et Dominique Spagnolo).

Le 4 novembre 2014, il sort l'album Partout la musique vient, Julien Clerc chante Alex Beaupain, Carla Bruni, L, Gérard Duguet-Grasser et Maxime Leforestier.

Vie privée[modifier | modifier le code]

En 1969, alors qu'il a le premier rôle dans la version française de la comédie musicale Hair, une des spectatrices assidues du spectacle, France Gall, entre dans la vie de Julien Clerc, au mois d'août 1969. Mais France souffre de rester dans son ombre alors qu'elle est en pleine traversée du désert artistique et décide de le quitter en 1974. Alors qu'il lui a écrit la chanson Chasse-neige, sa séparation avec France lui inspire Souffrir par toi n'est pas souffrir[2].

En 1976, Julien Clerc participe au film D'amour et d'eau fraîche, dans lequel il est le partenaire de Miou-Miou, alors la compagne de Patrick Dewaere. Une idylle naît entre eux. En l'apprenant, Patrick Dewaere l'attend à la sortie du tournage du film et le moleste[13]. L'actrice rompt avec son compagnon. Dix ans après le suicide de Patrick Dewaere, à sa majorité en 1992 et à la demande d'Angèle Herry, Julien Clerc adopte officiellement la fille de l'acteur et de Miou-Miou, qu'il a élevée « comme sa propre fille »[14] ; elle devient alors pour l'état civil, Angèle Herry-Leclerc. En 1978, naît sa fille, Jeanne, qui va devenir actrice et interprète de plusieurs rôles, au théâtre, à la télévision et au cinéma, puis réalisatrice, sous le nom de Jeanne Herry. Partageant des convictions écologiques, le couple s’installe d’abord à la Métairie Bruyère près de Parly, puis au Château des Gouttes près de Saint-Sauveur-en-Puisaye où ils élèvent leurs deux enfants et s'improvisent gentlemen farmers[2]. En 1981, Miou-Miou le quitte[6].

Le 14 septembre 1985, à Pino, en Haute-Corse, il épouse Virginie Coupérie-Eiffel, cavalière française (elle deviendra en 2005 championne de France de concours de saut d'obstacles), descendante de Gustave Eiffel et du ministre de la Police de Napoléon Ier Joseph Fouché, qu'il a rencontrée au château Bacon où il s'exerçait au saut d'obstacle ; le couple aura deux enfants : Vanille, en 1988, et Barnabé, en 1997. Ils se sépareront en 2002.

Depuis 2004, il vit avec Hélène Grémillon, née le , scénariste et romancière, qui donne naissance à Léonard le . Julien est père pour la cinquième fois après être devenu grand-père l'année précédente, sa fille Jeanne ayant eu un fils, Jules, le 3 avril 2007. Le 17 décembre 2012, il épouse Hélène Grémillon discrètement à la mairie du 16e arrondissement de Paris[15].

Engagements[modifier | modifier le code]

  • En décembre 2012, il cosigne un appel d'artistes et de personnalités artistiques en faveur du mariage pour tous et du droit d'accès à l'adoption pour les couples homosexuels[17].

Discographie[modifier | modifier le code]

Julien Clerc, photographié en 2008 par le Studio Harcourt.
Article détaillé : Discographie de Julien Clerc.

Vidéographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Dessin animé[modifier | modifier le code]

  • 2014 : Silex and the City, série de Jul. Julien Clerc interprète son propre personnage dans l'épisode La Tournée des évolués.

Récompenses et distinctions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans l'émission C à vous de France 5 du , Julien Clerc explique que l'un de ses parents voulait le prénommer Paul, l'autre Alain, et que, finalement, son père l'a déclaré sous le prénom Paul, deuxième prénom Alain, à la mairie du XIXe arrondissement de Paris, dans lequel il est né.
  2. a, b, c et d Sophie Delassein, Julien, Calmann-Lévy,‎ 2013, 324 p. (lire en ligne).
  3. « Interview mentionnant la fréquentation des Musigrains » (consulté le 25 janvier 2014).
  4. a et b Ludovic Perrin, « Si on chantait… », sur Libération,‎ .
  5. Bernard Gourbin, L'esprit des années 60, Éditions Cheminements,‎ 2006, p. 118.
  6. a, b, c, d et e « Julien Clerc », sur RFI Musique,‎ .
  7. Jacques Pessis, Chronique des années hippies, Éditions Chronique,‎ 2013, p. 38.
  8. Ludovic Perrin, « La couleur de l'agent », sur Libération.
  9. Louis-Jean Calvet, Cent ans de chansons française, Archipel,‎ 2006, p. 203.
  10. Philippe Boitel, Les Français qui ont fait la France, Sud Ouest,‎ 2009, p. 335.
  11. www.kiosk-sophiemarceau.com.
  12. www.lefigaro.fr.
  13. Laurent Delahousse, Julien Clerc clair obscur, émission Un jour, un destin, France 2, 26 octobre 2014, 56 min 30 s.
  14. Biographie de la fille adoptive de Julien Clerc, Angèle.
  15. Marc Fourny, « Les noces de Noël de Julien Clerc », sur Le Point,‎ .
  16. Dominique Delpiroux, « Julien Clerc, la pudeur et l'engagement », sur La Dépêche du Midi,‎ .
  17. Emmanuel Moire, Jenifer, Julien Clerc, Mika, Lorie : les artistes s'engagent pour le mariage pour tous, Chartsinfrance.com, consulté le 5 décembre 2012.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Bertrand Tessier, Julien Clerc, à mon âge et à l'heure qu'il est éditions Albin Michel, 2005.
    Une biographie de avec la collaboration officielle de Julien Clerc, illustrée de nombreuses photos personnelles. Préface de Jean-Loup Dabadie.
  • Marc Lemonier, L'intégrale Julien Clerc : Tout Julien Clerc de A à Z. éditions City, 2007.
    Cette « anthologie » fait partie d'une collection qui est une sorte de « dictionnaire ».
  • Philippe Crocq et Alain-Guy Aknin, Le pas discret du patineur. éditions du Rocher.
  • David Kuhn, Julien Clerc, une vie de tout…. Éditions du Marque Pages, 2008.
    Avec des photos inédites, des documents rares et des reproductions détachables.
  • Julien Clerc et Sophie Delassein, Je veux être utile, Calmann-Levy, 2011.
  • Alain-Guy Aknin, Stéphane Loisy, Julien Clerc, le roman du patineur, Romart, 2014

Documentaires[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]