Paulette Nardal

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Paulette Nardal
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Paulette Nardal vers 1920
Naissance
Saint-Pierre (Martinique)
Décès
(Martinique)
Nationalité française
Profession
journaliste, fonctionnaire des Nations unies
Autres activités
femme de lettres
Militante politique
Chant
Formation
Agrégée d'anglais
Famille

Paulette Nardal (1896-1985), est une femme de lettres et journaliste martiniquaise. Militante de la cause noire, elle est une des inspiratrices du courant littéraire de la négritude et la première femme noire à étudier à la Sorbonne. Elle est la sœur de Jeanne Nardal.

Jeunesse en Martinique[modifier | modifier le code]

Paulette Nardal naît à Saint-Pierre en 1896 dans une famille de la nouvelle bourgeoisie noire de l'île. Elle est l'aînée de 7 sœurs et la fille de Paul Nardal, le premier ingénieur noir de l'île[1]. Elle est âgée de 6 ans lors de l'éruption de la montagne Pelée en 1902 et l'anéantissement de Saint-Pierre, la capitale économique et culturelle de la Martinique.

Paulette Nardal devient institutrice avant de décider, à l'âge de 24 ans, de rejoindre la métropole pour poursuivre ses études de lettres.

Vie parisienne[modifier | modifier le code]

Études à la Sorbonne[modifier | modifier le code]

Elle arrive à Paris en 1920 et s'inscrit à la Sorbonne pour étudier l'anglais. Elle devient ainsi la première femme de lettres martiniquaise à étudier à la Sorbonne, à une époque où peu de femmes et de noirs avaient accès à cette institution.

À Paris, elle profite de la vie culturelle de la capitale. Elle va au théâtre, assiste à des concerts, visite des expositions... Elle fréquente le Bal Nègre. C’est l’un des rares endroits où la jeune femme peut retrouver ses repères culturels[2].

Le salon littéraire[modifier | modifier le code]

Paulette Nardal tient un salon littéraire dans l'appartement qu'elle partage avec ses deux sœurs à Clamart. Elle cherche à mettre en relation les diasporas noires. Elle aborde la question de l’émancipation des femmes et pose les prémices de la théorie de la Négritude[3]. Dans son salon littéraire se croiseront des écrivains célèbres tels que Léopold Senghor, Aimé Césaire qui feront part de leur expérience d'étudiants en métropole, Jean Price Mars de passage dans la capitale, Léon-Gontran Damas, René Maran qui racontera les péripéties rencontrées avec son livre Batouala, et d'autres venus d'Afrique, de Haïti et de New York, notamment ceux de la Harlem Renaissance comme Claude McKay.

Paulette Nardal et l'écrivain haïtien Léo Sajous fondent La Revue du Monde Noir. La Revue du Monde Noir cessera de paraître en 1932, après 6 numéros à cause de contraintes économiques. D'autres écrivains vont reprendre le flambeau de ce courant littéraire de la Négritude, tels que Césaire ou Senghor. Elle écrivit : « Césaire et Senghor ont repris les idées que nous avons brandies et les ont exprimées avec beaucoup plus d’étincelles, nous n’étions que des femmes ! Nous avons balisé les pistes pour les hommes »[4].

Militante politique[modifier | modifier le code]

Durant cette période, elle devient aussi secrétaire du parlementaire martiniquais socialiste Joseph Lagrosillière puis de Galandou Diouf, élu député du Sénégal en 1934. Elle poursuit son engagement politique notamment contre l'invasion de l'Éthiopie par l'Italie fasciste de Mussolini[1].

En 1937, elle se rend au Sénégal sur l'invitation de son ami Léopold Senghor.

Naufrage[modifier | modifier le code]

En 1939, alors qu'elle rentre de Martinique en bateau, un sous-marin allemand torpille le navire et le coule. Paulette Nardal sera sauvée de la noyade grâce à une chaloupe de sauvetage mais est blessée aux genoux lors du naufrage. Elle garde d'importantes séquelles de cet épisode qui la laissent infirme.

En 1944, elle part à la toute fin de la Seconde Guerre mondiale travailler aux Nations unies, à New York, mais son handicap la contraint au retour, définitif cette fois, à la Martinique.

Retour en Martinique[modifier | modifier le code]

Féminisme[modifier | modifier le code]

À la suite de l'ordonnance du 21 avril 1944 qui accorde le droit de vote aux femmes, Paulette Nardal crée le Rassemblement Féminin en 1945. Elle souhaite par cette initiative inciter les femmes martiniquaises à exercer ce nouveau droit et à aller voter le .

Engagements musicaux[modifier | modifier le code]

Passionnée de musique, elle rédige un historique de la tradition musicale des campagnes martiniquaises. Le Bèlè et ses variantes comme le gran bèlè, le béliya, le bouwo, le Ladjia et sa base, le rythme afro aja-gbe doivent retrouver leur place dans la musique antillaise. Elle est la tante de la cantatrice Christiane Eda-Pierre.

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Paulette Nardal meurt le , à l’âge de 89 ans. Cette femme de lettres et militante politique, pionnière de la cause noire, restera celle qui répétait inlassablement à ses amis et ses élèves sa fierté d'être noire : « Black is beautiful ».

Filmographie[modifier | modifier le code]

Le film de Jil Servant : Paulette Nardal, la fierté d’être négresse, coproduction France-Antilles T.V., 2004, retrace le parcours de cette femme de lettres qui fut la première martiniquaise à étudier à la Sorbonne.

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]