Ernest Pignon-Ernest

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Ernest Pignon-Ernest
Ernest Pignon-Ernest 2014.jpg
Ernest Pignon-Ernest en 2014.
Naissance
Nom de naissance
Ernest Pignon
Nationalité
française
Activité
Distinction

Ernest Pignon-Ernest, pseudonyme d'Ernest Pignon[2], né le à Nice, est un artiste plasticien français.

Il est considéré comme l'un des précurseurs de l'art urbain en France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un employé des abattoirs et d'une coiffeuse, Ernest Pignon doit gagner sa vie dès l'âge de 15 ans et travaille pour des architectes[3]. Parallèlement, il pratique le dessin puis la peinture, pendant un an[4].

À partir de 1966, il quitte Nice, s'installe dans un café abandonné dans le Vaucluse qu'il transforme en atelier[4]. Il appose par collage des affiches exécutées au pochoir sur le plateau d'Albion (Vaucluse) en réaction à la force de frappe nucléaire française[5],[6].

Début des années 1970, il commence à créer des images éphémères sur les murs des grandes villes, qui se font l'écho des événements qui s'y sont déroulés[7]. Il est un des initiateurs, avec Daniel Buren et Gérard Zlotykamien, de l'art urbain en France[8].

Sensible aux injustices, il traite des thèmes comme l’avortement (Tours, Nice, Paris, 1975), les expulsés[9] (Paris, 1979), le sida (Soweto, 2002).

Il vit et travaille à Paris et à Ivry, où il a son atelier[3].

Engagements[modifier | modifier le code]

Ernest Pignon-Ernest a été membre du Parti communiste français[10] et parmi les fondateurs, en 1977, du Syndicat national des artistes plasticiens CGT.

En 2017, il co-signe une tribune dans Médiapart intitulée « Faire gagner la gauche passe par le vote Mélenchon »[11].

En 2019, il co-signe dans Mediapart un appel au boycott de l'Eurovision à Tel Aviv[12].

Dans le cadre des élections européennes de 2019, il soutient la liste du Parti communiste français menée par Ian Brossat[13].

En octobre 2019, il signe avec 40 personnalités une tribune contre l’interdiction de la corrida aux mineurs que la députée Aurore Bergé voulait introduire dans une proposition de loi sur le bien-être animal[14].

Décoration[modifier | modifier le code]

Parcours artistique[modifier | modifier le code]

Avant son intervention contre le jumelage de Nice avec Le Cap en 1974, Ernest Pignon-Ernest a voulu jouer un rôle important dans la campagne « Artistes du monde » contre l'apartheid. Il a ainsi, depuis plus de vingt ans, gardé des liens avec l'Afrique du Sud. Parti en 2001 pour Johannesburg avec l'intention d'y mener un projet sur le caractère multiculturel du pays, il a été amené à changer de thème en découvrant sur place la gravité de la pandémie de sida et en écoutant les sollicitations des organisations qui luttent contre l'hécatombe annoncée.

Après de nombreuses rencontres dans les hôpitaux, les dispensaires, les crèches et en liaison avec les associations, Pignon-Ernest a élaboré une image faisant un parallèle entre la lutte contre le sida et celle contre l'apartheid, en se référant à la photographie de Sam Nzima représentant un homme portant le corps d'Hector Pieterson, un écolier tué pendant les émeutes de Soweto. Sérigraphiée sur place à plusieurs centaines d'exemplaires, il l'a collée, accompagné des habitants, sur les murs des quartiers particulièrement touchés de Warwick à Durban et de Kliptown à Soweto[16],[17],[18],[19].

Analyse[modifier | modifier le code]

Hanté par les ombres laissées sur les murs, à Nagasaki et à Hiroshima, par les corps volatilisés, il a apposé des images peintes, dessinées, sérigraphiées sur du papier fragile, sur les murs des cités, dans des cabines téléphoniques, images qui se fondent dans l'architecture urbaine, sont acceptées par les populations qui les défendent même de leur dégradation lente[réf. nécessaire] (comme à Naples). Les témoignages photographiques accentuent cette fusion et en gardent les traces.

Ernest Pignon-Ernest dénonce l'art construit pour les musées et les expositions, ce qui ne l'empêche pas d'y exposer.[interprétation personnelle]

Installations et expositions[modifier | modifier le code]

Installations[modifier | modifier le code]

Au début des années 1970, le dispositif des premières installations d'Ernest Pignon-Ernest se fait sous la forme de collage de motifs traduits sur papier, apposés sur des surfaces murales. Au début des années 1980, l'artiste expérimente la sculpture temporaire.

  • 1971 :
  • 1974 :
  • 1978 :
    • Sur l’avortement, Tours, Nice, Paris, Avignon
    • Les Immigrés, Avignon
    • Rimbaud, Paris-Charleville, entre Paris et Charleville, portrait en pied d'un Rimbaud moderne, en jeans, repris d'un cliché de Carjat
    • Les Expulsés[9]
  • 1979 :
    • Bourse du Travail, Grenoble; fresque de 5 mètres de haut sur 14 mètres de large ; reproductions d'affiches politiques et syndicales et sérigraphies.
  • 1982 :
  • 1983 :
    • Les Arbrorigènes, au Jardin des plantes. Des statues vertes de chlorophylle d'hommes et femmes nus, juchées dans des arbres, composées de micro-algues, de mousse de polyuréthane, de végétation naturelle.
  • 1988 :
    • Sans titre (Belfort) Représentation de 46 personnages européens illustres (de Molière à Marlène Dietrich en passant par Goethe ou Picasso…) symbolisant la proximité des cultures latine et germanique, à la frontière desquelles se situe Belfort. Un 47e personnage symbolise une des origines communes des deux cultures, l'Iliade d'Homère.
    • La Déposition-Mise au tombeau-Naples-1, dessin, photographie, signé en bas à droite, 2,15 m (h.) × 1,41 m, réalisé à Naples ; musée municipal (ancien évêché) d'Évreux
    • Naples I, II, III, IV. Incrustations de figures[21] peintes sur papier, sculpturales voire religieuses
  • 1996 :
    • Derrière la vitre, silhouettes sérigraphiées et affichées dans des cabines téléphoniques à Lyon
  • 1998 :
  • 2002 :
    • Soweto-Warwick-Durban, Afrique du Sud[22]. Le fléau du sida en Afrique
  • 2003 :
  • 2009 :
  • 2012 :
    • Prison Saint-Paul, Lyon[24]
  • 2015 :

Expositions personnelles[modifier | modifier le code]

Ernest Pignon-Ernest à la Maison des arts de Malakoff en 2014.

Expositions collectives[modifier | modifier le code]

  • 2016 :
    • « Résonance. De l'original au multiple », Centre Cristel Éditeur d'Art, Saint-Malo, du 30 janvier au 19 mars 2016[29]

Publications[modifier | modifier le code]

Livres illustrés[modifier | modifier le code]

  • L'Arbre perché[30] de Jean-Luc Moreau, couverture et dessins d'Ernest Pignon-Ernest, Paris, éd. P. J. Oswald, coll. « Enfantines » 1974
  • Ça cavale[31], textes de l'oratorio rock d'André Velter, dessins d'Ernest Pignon-Ernest, Vénissieux, Paroles d'aube, coll. « Trace », 1992 (ISBN 2-909096-05-X)

Bibliophilie[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

  • 2006 : estampe du portfolio créé par Cristel Éditeur d'Art pour le 3e Prix Jacques-Goddet (Trophée LCL), prix qui récompense chaque année le meilleur article de la presse francophone publié durant le Tour de France[36]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Ernest Pignon-Ernest sur lefestivaldulivre.fr.
  2. Pour se différencier d'Édouard Pignon (leurs initiales portèrent à confusion lors d'une exposition conjointe), il redoubla son prénom derrière son nom.
  3. a et b Luc Le Vaillant, « Ernest Pignon-Ernest, humain, montrez vos papiers », sur Libération, .
  4. a et b Propos recueillis par Denis Cosnard, « Ernest Pignon-Ernest : « Le dessin est le seul truc qui me valorisait » », sur Le Monde, .
  5. Ernest Pignon-Ernest : « Je cherche à activer les lieux, à exacerber leur potentiel » sur article11.info, no 5, 14 novembre 2011.
  6. Date erronée [1966] au lieu de 1963 — cf. « Exposition In/Out », MAC Créteil, octobre-décembre 2014.
  7. Violaine Pondard, « Biographie d’Ernest Pignon-Ernest », sur street-art-avenue.com.
  8. Stéphanie Lemoine et Julien Terral, In situ : un panorama de l'art urbain de 1975 à nos jours, Éditions Alternatives, 2005, p. 10.
  9. a et b Sylvia Ladic, « Analyse d’oeuvre : Les expulsés d’Ernest Pignon Ernest », sur e-cours-arts-plastiques.com, .
  10. Ernest Pignon Ernest 6/6 : « Le parti communiste reste mon camp », vidéo Dailymotion.
  11. « Faire gagner la gauche passe par le vote Mélenchon », mediapart.fr, 21 avril 2017.
  12. « Nous, artistes français, dénonçons l'Eurovision 2019 en Israël », sur Mediapart, (consulté le 11 mai 2019).
  13. « Européennes : le PCF soutenu par Costa-Gavras, Patrick Pelloux et les Pinçon-Charlot », sur Europe 1, (consulté le 8 mai 2019).
  14. « 40 personnalités lancent un appel pour ne pas interdire la corrida aux mineurs », sur France 3 Occitanie (consulté le 23 novembre 2019)
  15. Le  ; voir : Archives des nominations et promotions dans l'ordre des Arts et des Lettres.
  16. Ernest Pignon-Ernest : « Je cherche à activer les lieux, à exacerber leur potentiel », Article11 no 5, juillet 2011. Consulté le 29 mars 2014.
  17. Pierre Barbancey, Pignon-Ernest. Soweto - Warwick 2002, galerie Lelong, 2003 (ISBN 9782868820631)
  18. Didier Fassin (dir.), Afflictions: l'Afrique du sud, de l'apartheid au sida, Karthala Éditions, , 299 p. (ISBN 9782845865693, présentation en ligne), p. 18, 273, 283.
  19. Anne Volvey, Myriam Houssay-Holzschuch, « La rue comme palette - Une Pietà sud-africaine, Soweto/Warwick, mai 2002, Ernest Pignon-Ernest », Travaux de l'Institut de Géographie de Reims, 129-130 (2007) p. 145-174.
  20. 156 : le nombre d'hommes qui allaient mourir d'un accident du travail pendant les 12 jours de l'exposition…
  21. L'artiste s'inspire des maîtres italiens (Fra Angelico, Michel-Ange, Le Caravage…), qu'il recopie. Il tire des sérigraphies de ses dessins et les affiche en ville. Il étudie la religion à cette occasion.
  22. a b c et d Voir sur espacejacquesvillegle.com.
  23. « Des anges d’Ernest Pignon-Ernest censurés à Montauban », brève de Connaissance des arts (30 juillet 2009) reprise sur le site Prochoix.
  24. Intervention sur les murs de la prison avant que celle-ci ne soit détruite ; voir sur lyoncapitale.fr.
  25. « L'auteur des portraits du Panthéon » sur Francetvinfo.
  26. Article « Exposition - Le Creusot (71) d'Ernest Pignon-Ernest, L'Arc Scène Nationale » par Siloé Petillat sur dijonart.com.
  27. Pierre Barbancey, L'Humanité, 10 août 2016 « Ernest-Pignon-Ernest, dessins philosophico-poétiques ».
  28. Exposition « Ecce homo » au Palais des Papes.
  29. Christophe Penot, « Exposition Résonance », Centre Cristel Editeur d'Art, Saint-Malo,‎ du 30 janvier au 19 mars 2016 (lire en ligne, consulté le 17 mai 2017)
  30. Notice bibliographique du catalogue général de la BnF.
  31. Notice bibliographique du catalogue général de la BnF.
  32. Notice bibliographique du catalogue général de la BnF.
  33. Notice bibliographique du catalogue général de la BnF.
  34. Présentation sur le site des éditions Collodion.
  35. Notice bibliographique du catalogue général de la BnF.
  36. « Prix Jacques Godet », sur www.centre-cristel-editeur-art.com (consulté le 20 janvier 2020)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ernest Pignon-Ernest en dédicace à Malakoff en 2014.

Presse, radio[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]