Marjane Satrapi

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Marjane Satrapi (en persan : مرجان ساتراپی, Marjāne Sātrāpi), née le à Rasht (Iran), est une artiste franco-iranienne d'expression francophone surtout connue comme auteure de bande dessinée et réalisatrice.

Satrapi accède à la célébrité avec la publication de Persepolis, une bande dessinée autobiographique en quatre volumes où elle raconte son enfance et sa jeunesse entre l'Iran de la Révolution islamique et l'Europe des années 1980-1990. Publiée par la maison d'édition française L'Association de 2000 à 2003, cette série est vendue à plus d'un million d'exemplaires en France, traduite dans de nombreuses langues et récompensée dans le monde entier. Satrapi publie dans la foulée deux autres bandes dessinées se déroulant en Iran, Broderies et Poulet aux prunes (prix du meilleur album du festival d'Angoulême 2004).

Elle se détourne ensuite de la bande dessinée pour se consacrer notamment au cinéma. Ses deux premiers films, co-réalisés avec Vincent Paronnaud, sont des adaptations de ses œuvres : en 2007, le dessin animé Persepolis, primé à Cannes 2007 et aux César 2008, et en 2011 le film en prise de vues réelles Poulet aux prunes. Son premier film non adapté d'une de ses œuvres, The Voices, sort en salle fin 2014 et est primé à L'Étrange Festival et à Gérardmer.

Biographie

Jeunesse et formation

Marjane Satrapi (un pseudonyme[1]) naît en Iran, dans une famille de Téhéran proche des idées communistes. Elle vit, en tant qu'enfant, la restriction grandissante des libertés individuelles et les conséquences dans la vie quotidienne des événements politiques de l'époque, particulièrement la révolution islamique et les débuts de la guerre Iran-Irak. Son oncle Anouche, un dirigeant du Parti communiste iranien à qui elle est très attachée, est exécuté pour ses opinions politiques.

En 1984, à l'âge de 14 ans, elle est envoyée par ses parents au lycée français de Vienne, en Autriche, où elle reste pendant quatre ans. Après un retour en 1988 en Iran, et l'obtention d'une maîtrise de communication visuelle à l'école des beaux arts de Téhéran, elle part ensuite, en 1994, en France et fait des études à l'École supérieure des arts décoratifs de Strasbourg.

Auteur de bandes dessinées à succès (années 2000)

Son entrée à l'atelier des Vosges, au sein duquel sont associés des dessinateurs comme Émile Bravo, Fabrice Tarrin, Christophe Blain, Joann Sfar, Frédéric Boilet ou David B., lui donne le goût de la bande dessinée.

La vraie révélation vient de la lecture de Maus de Art Spiegelman. Elle publie les quatre tomes de Persepolis entre 2000 et 2003 et obtient un grand succès critique et commercial.

En 2003, elle publie Broderies, nommé dans la catégorie du meilleur album au Festival d'Angoulême 2004. Finalement, sa dernière bande dessinée, Poulet aux prunes, paraît en 2004, couronné cette fois-ci par le prix du meilleur album[2].

Elle décide alors de ne plus créer de bandes dessinées et de se consacrer à la peinture et à la réalisation de films car elle a « besoin de nouveauté »[3].

Carrière de réalisatrice (années 2000 et 2010)

La co-réalisatrice et auteur à une avant-première de Persepolis, en août 2007.

Entre 2005 et 2007, elle réalise en partenariat avec Vincent Paronnaud Persepolis, l'adaptation de sa bande dessinée autobiographique en long métrage d'animation en noir et blanc, sorti le . Il est projeté au festival de Cannes 2007 au sein de la sélection officielle. À cette occasion, la République islamique d'Iran s’inquiète de voir la sélection de ce film présentant ce qu'elle trouve être « un tableau irréel des conséquences et des réussites de la révolution islamique[4] ». Le film reçoit, malgré la polémique, le prix du jury du festival et obtient un succès international couronné par deux Césars l'année suivante (« meilleur premier film » et « meilleure adaptation ») ainsi que par une nomination à l'Oscar 2008 du meilleur film d'animation. En 2008, elle remporte également le prix International d'Humour Gat Perich[5].

En 2010, elle adapte son album Poulet aux prunes au cinéma dans un film au même titre, sélectionné en compétition lors de la Mostra de Venise en 2011, et qui gagne le prix du meilleur long métrage au festival international de film d'Abu Dhabi ainsi que le prix du public à São Paulo.

Elle est initialement annoncée pour réaliser L'Extraordinaire Voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea[6], mais la réalisation est finalement confiée à Ken Scott.

Artiste peintre

Marjane Satrapi commence à peindre, pour son plaisir, avant de se consacrer aux bandes dessinées. Elle expose une première fois en 2013 à la galerie Jérôme de Noirmont à Paris sur le thème de la femme[7]. C'est sur ce même thème — elle ne peint que des femmes[8] — qu'elle réalise en 2020 une nouvelle exposition à la galerie parisienne Françoise Livinec intitulée Femme ou Rien[9].

Prise de position

Lors de la campagne pour l'élection présidentielle de 2017, elle participe à un meeting de soutien au candidat En marche Emmanuel Macron, le à Bercy[10].

Vie privée

Marjane Satrapi parle anglais, allemand, italien et suédois en plus de sa langue maternelle (le persan) et du français[11].

Elle est mariée avec Mattias Ripa, un Suédois[12].

Elle réside actuellement à Paris[13].

Décorations

Œuvres

Bande dessinée

Filmographie

Réalisatrice

Actrice

Musique

Distinctions

Autres

Notes et références

  1. notice BnF no FRBNF13576294.
  2. Mattéo Sallaud, « BD : au festival d’Angoulême, le prix du meilleur album prend du poids chaque année », Sud Ouest,‎ (lire en ligne)
  3. « Marjane Satrapi rend hommage aux femmes de sa vie », sur ouest-france.fr, (consulté le )
  4. Didier Péron, « Persepolis » anime Téhéran, écrans, .
  5. « http://www.denoirmont.com/biographie-artiste-marjane-satrapi.html »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?) Biographie sur le site de la galerie de Jérôme de Noirmont.
  6. Paul Valmalle, « Marjane Satrapi adapte L'Extraordinaire Voyage du fakir », Figaro, .
  7. Dominique Poiret, « Le galeriste Jérôme de Noirmont jette l’éponge », sur Libération.fr, (consulté le )
  8. Stéphanie Pioda, « Marjane Satrapi, peintre « féroce » », sur Beaux Arts, (consulté le )
  9. « "Peindre, c'est revenir à l'origine de ce que j'ai aimé faire" : Marjane Satrapi célèbre la femme dans une exposition à Paris », sur Franceinfo, (consulté le )
  10. Antoine Llorca, « Stéphane Bern, Yohan Cabaye, Vincent Lindon… des dizaines de personnalités au meeting de Macron à Bercy », lci.fr, 17 avril 2017.
  11. (en) « Author Bio: Marjane Satrapi », Michael Schwartz Library: Cleveland State University, (consulté le ).
  12. « ‘Words are never enough,’ says 'Persepolis' author Marjane Satrapi », sur The Blade, (consulté le ).
  13. Charbanou Jochum-Maghsoudni, Marjane Satrapi. Persépolis, vol. 2006-2, L'Harmattan, (ISSN 0247-9788, lire en ligne), p. 277-281.
  14. « Nomination dans l'ordre des Arts et des Lettres juillet 2015 - Ministère de la Culture », sur culture.gouv.fr (consulté le ) ; nomination du par Fleur Pellerin, ministre de la Culture et de la Communication.
  15. Allociné, « Rosamund Pike dans la peau de la scientifique Marie Curie », Allociné,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  16. Thierry Groensteen et collectif, Primé à Angoulême : 30 ans de bande dessinée à travers le palmarès du festival, Éditions de l'An 2, (ISBN 2-84856-003-7)
  17. La rédaction, « Angoulême planche sur l'avenir de ses bulles. Les Alph'arts remis par le jury », Le Monde,‎

Annexes

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Bibliographie

Liens externes