Henri Gervex

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Henri Gervex
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Pierre Petit, Portrait d'Henri Gervex, Revue illustrée, 1902.
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Œuvres principales
Avant l'opération
Rolla
Le Couronnement du Tsar
Père-Lachaise - Division 55 - Gervex 04.jpg
Tombe d'Henri Gervex, Paris, cimetière du Père-Lachaise.

Henri Gervex né le à Montmartre[1] et mort le à Paris est un peintre et pastelliste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Henri Gervex est le fils de Joséphine Peltier et Félix Nicolas Gervex, facteur de pianos. Un ami de la famille le fait admettre dans l’atelier du peintre Pierre-Nicolas Brisset en 1867.

Trois ans plus tard, il s’engage au 152e bataillon de la Garde nationale. En 1871, il est reçu à l’École des beaux-arts de Paris dans l’atelier d'Alexandre Cabanel où il suit son enseignement pendant cinq ans comme condisciple de Jean-Louis Forain, Fernand Cormon et Eugène Damas.

Il fait aussi son apprentissage auprès du peintre orientaliste Eugène Fromentin.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Gervex débute au Salon de 1873 en exposant une Baigneuse endormie. L’année suivante, il reçoit une médaille de seconde classe pour son Satyre jouant avec une ménade, dont le nu est influencé par le style de Cabanel, et est acheté par l’État pour le musée du Luxembourg.

En 1876, il fait la connaissance d'Édouard Manet et fréquente les peintres impressionnistes. Sa peinture en subit l’influence et il éclaircit sa palette.

Le scandale de Rolla[modifier | modifier le code]

En 1878, il fait scandale en exposant Rolla, considéré comme son chef-d’œuvre[2].

Cette toile, inspirée d’un poème d’Alfred de Musset, est refusée par le jury du Salon pour les mêmes motifs que l’Olympia de Manet : représentant un nu prosaïque dans un décor contemporain, l’œuvre est qualifiée d’immorale.

Elle est exposée dans une galerie, chez le marchand de tableaux Bague au 41, rue de la Chaussée-d'Antin, où la foule se presse. Il aura la satisfaction, peu de temps avant sa disparition en 1929 de la voir entrer au musée du Luxembourg.

Portrait de Mlle Valtesse de La Bigne (1879), Paris, musée d'Orsay.

Il fait aussi le portrait de Mlle Valtesse de La Bigne, une demi-mondaine qui pose comme modèle et qui inspire Émile Zola pour la création de l’héroïne de son roman Nana.

Gervex lui-même est l'un des modèles pour le personnage de Fagerolles, un peintre opportuniste et mondain, dans le roman L’Œuvre de Zola, publié en 1886[3]

Dans les années 1880, il voyage en Espagne. Il fait partie du Cercle des mirlitons présidé par Ernest Meissonier, et expose au Cercle artistique de la Seine, qui vient d’être créé. À partir de cette année-là, il fait de nombreux séjours à Dieppe chez les parents de Jacques-Émile Blanche.

En 1882, il effectue son premier voyage en Angleterre avec Auguste Rodin. Il travaille à la décoration de la mairie du 19e arrondissement de Paris. L’année suivante, il effectue son deuxième voyage en Angleterre avec Rodin et est nommé chevalier de l’ordre de Léopold de Belgique à l’occasion de l’Exposition triennale des beaux-arts de Gand.

En 1884, au terme de son troisième voyage en Angleterre, il s’installe dans un nouvel atelier rue de la Chaussée-d'Antin. Il voyage en Italie avec Guy de Maupassant et G. Legrand.

Il fonde une académie de peinture avec le peintre Ferdinand Humbert, reprenant l'Atelier Cormon.

Un artiste reconnu[modifier | modifier le code]

En 1889, Henri Gervex est promu officier de la Légion d'honneur. En 1890, il est nommé chevalier de l’ordre de Saint-Olaf par le roi de Norvège et de Suède. En 1891, il participe à l’exposition internationale des beaux-arts de Munich. En 1892, il est nommé officier de l’ordre de Saint-Michel par le Gouvernement de Bavière.

Le , il épouse Henriette Marie Marguerite Fauche (1868-1958), jeune fille de la grande bourgeoisie protestante, qui fut élève de Charles Chaplin. Il est nommé chevalier de l’ordre de Charles III d'Espagne. Le naît leur fille Colette (1894-1976), qui épousera en 1920 le comte René Henri Louis du Plessis d'Argentré.

En 1895, il est nommé vice-président de la commission d’examen de la Société nationale des beaux-arts. Il décore la salle de physique de la Sorbonne à Paris.

En 1896, lors de son premier voyage en Russie, il est nommé commandeur de l’ordre de Sainte-Anne de Russie. En 1897, il fait une croisière en Italie puis en Turquie. En 1898, il fait un deuxième voyage en Russie. Il envoie Le Couronnement de Nicolas II à l’Exposition universelle de 1900. La même année, il participe à la décoration de la salle Dorée du restaurant Le Train Bleu de la gare de Lyon à Paris avec La Bataille de fleurs à Nice.

Il fait de fréquents séjours à Deauville et Trouville où il réside à la villa Les Frémonts sur la falaise et qui appartient à Mme Finaly, où Marcel Proust lui rend visite à plusieurs reprises.

En 1901, il part avec sa famille pour un troisième voyage en Russie. En 1902, il fait une croisière en Italie. En 1911, il est promu commandeur de la Légion d'honneur et reçoit la commande de la décoration du plafond de l'escalier d'honneur de la Cour des comptes à Paris.

En 1913, il entre à l’Institut de France et est élu président de la Société des pastellistes.

En 1918, il reçoit la croix de guerre pour service rendus à la patrie. En 1925, il est élu membre associé de la section peinture de l’Académie royale des sciences, lettres et beaux-arts de Bruxelles. Il possède un hôtel particulier à Paris en bordure du parc Monceau, dont les rideaux jaunes de la chambre de sa fille sont souvent reproduits dans ses tableaux.

En 1928, il est atteint d’une maladie à l’œil. Il meurt à Paris le au 12, rue Roussel (actuelle rue Léon-Jost) et est inhumé dans la 55e division du cimetière du Père-Lachaise[4],[5].

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Satyre jouant avec une bacchante (1874), Paris, musée d'Orsay.
Scène de café à Paris (1877), Detroit Institute of Arts.
Retour de bal (vers 1879), localisation inconnue.
Allégorie de la Justice (1910), Paris, plafond du palais Cambon.
États-Unis
France

Ouvrages illustrés[modifier | modifier le code]

Salons[modifier | modifier le code]

  • 1873 : Une baigneuse endormie.
  • 1874, Salon des artistes français : Satyre jouant avec une ménade, médaille de 2e classe.
  • 1875 : Diane et Endymion.
  • 1876 : Autopsie à l'Hôtel-Dieu.
  • 1877 : La Communion à l'église de la Trinité.
  • 1880, Salon de la Société nationale des beaux-arts : Souvenir de la nuit du 4.
  • 1885, Salon des artistes français : Une séance du jury de peinture.
  • 1887 : Avant l'opération.
  • 1890 : La Direction du Journal de la République française.
  • Salon de la Société nationale des beaux-arts :
    • 1894 : Le Bain ;
    • 1897 : Distribution des récompenses au palais de l'Industrie en 1889 ;
    • 1906 : 5 heures chez Paquin ;
    • 1907 : La Naissance de Vénus ;
    • 1911 : Portrait de Mme H… ;
    • 1913 : La Source ;
    • 1918 : La Lecture aux soldats aveugles ;
    • 1921 : Portrait de Mme J… (Jenny Sacerdote).

Expositions[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Élèves[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Au 18, rue Antoinette. Depuis le , cette rue porte le nom d'Yvonne Le Tac (1882-1957), ancienne institutrice et directrice de l'École des filles de la rue Antoinette, résistante et déportée en 1942.
  2. Jacques Baschet, L'Illustration,  : « Non seulement elle fut son chef-d'œuvre, mais elle fit scandale, ce qui lui valut un éclatant début de carrière. »
  3. Henri Mitterand, notice pour l'édition de L'Œuvre d'Émile Zola dans la collection « Folio classique », Gallimard, 1983, p. 435.
  4. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, , 867 p. (ISBN 978-2-914611-48-0), p. 367.
  5. Henri Gervex (1852-1929), sur le site appl-lachaise.net, consulté le .
  6. Au centre, de dos : Anna Gould devant elle son second époux : le duc Hélie de Talleyrand-Périgord, ainsi que Mme Gervex. au fond remontant en auto : le comte de Greffulhe et son épouse. Dans le restaurant, l'homme moustachu du premier plan assis à table à droite est le marquis Jules-Albert de Dion ; dans la baie centrale : Liane de Pougy, ainsi qu'à gauche : Alberto Santos-Dumont.
  7. Anciennement salle de physique.
  8. photo.rmn.fr.

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Maurice Guillmemot, « M. Henri Gervex chez lui », La Vie Heureuse, no 7, . — Article illustré de cinq photographies du peintre de son épouse et de leur fille dans leur hôtel-atelier du quartier du parc Monceau à Paris.
  • Jean-Christophe Pralong-Gourvennec, Henri Gervex, éditions Paris-Musées 1992 (ISBN 2879000769). — Catalogue de l’exposition de Bordeaux, galerie des Beaux-Arts, -, Paris, musée Carnavalet, 11er février-, Nice musée des Beaux-Arts -.
  • Cécile Ritzenthaler, L’École des Beaux arts du XIXe siècle, les pompiers, Éditions Mayer, 1987 (ISBN 2852990024).
  • Collectif, Le Train Bleu, Paris, Éd. Presse Lois Unis Service, 1990, 114 p. (ISBN 2908557010).
  • « Décoration du foyer de l'Opéra-Comique par M. Gervex », L'Illustration, no 2911, .
  • « Décoration du foyer de l'Opéra-Comique », L'Actualité, no 63, .
  • Benoît Noël, Jean Hournon, Parisiana, la capitale des peintres au XIXe siècle, Dislab, 2006, 160 p. (ISBN 2952721408).
  • N. Dufouscq, La Musique, tome II, Éditions Larousse.
  • André Devambez, Notice sur la vie et les travaux de Henri Gervex, Académie des Beaux-Arts, Institut de France, , 1930-10.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]