Henri Gervex

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Henri Gervex
Henri Gervex.jpg

Portrait d'Henri Gervex, Revue illustrée, 1902.

Naissance
Décès
Nationalité
Activités
Formation
Maîtres
Élèves
Distinctions
Œuvres réputées
Avant l'opération
Rolla
Le Couronnement du Tsar

Henri Gervex, né le dans l’ancienne commune de Montmartre[1] et mort le à Paris, est un peintre et pastelliste français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Portrait de Mlle Valtesse de La Bigne (1879), Paris, musée d'Orsay

Henri Gervex est le fils de Joséphine Peltier et Félix Nicolas Gervex, facteur de pianos. Un ami de la famille le fait admettre dans l’atelier du peintre Pierre-Nicolas Brisset en 1867, il a alors 15 ans. Trois ans plus tard, il s’engage au 152e Bataillon de la Garde nationale. En 1871, il est reçu à l’École des beaux-arts de Paris dans l’atelier d'Alexandre Cabanel où il suit son enseignement pendant cinq ans. Il est le condisciple de Jean-Louis Forain et Fernand Cormon. Il fait aussi son apprentissage auprès du peintre orientaliste Eugène Fromentin.

Les débuts[modifier | modifier le code]

Bordeaux, Musée des Beaux Arts.
Rolla (1878), Bordeaux, Musée des Beaux Arts.

Gervex débute au Salon de 1873 en exposant une Baigneuse endormie. L’année suivante, il reçoit une médaille de seconde classe, avec son Satyre jouant avec une ménade dont le nu est influencé par le style de Cabanel, et est acheté par l’État pour le musée du Luxembourg.

En 1876, il fait la connaissance d'Édouard Manet et fréquente les peintres impressionnistes. Sa peinture en subit l’influence et il éclaircit sa palette. C’est en 1878 qu’il fait scandale en exposant Rolla, considéré comme son chef-d’œuvre[2]. Cette toile, inspirée d’un poème d’Alfred de Musset, est refusée par le jury du Salon pour les mêmes motifs que l’Olympia de Manet : représentant un nu prosaïque dans un décor contemporain, l’œuvre est qualifiée d’immorale. Elle est exposée dans une galerie, chez le marchand de tableaux Bague, au 41 rue de la Chaussée-d'Antin où la foule se presse. Il aura la satisfaction, peu de temps avant sa disparition en 1929 de la voir entrer au musée du Luxembourg. Il fait aussi le portrait de Mlle Valtesse de La Bigne, une demi-mondaine qui pose comme modèle et qui inspire Émile Zola pour la création de l’héroïne de son roman Nana. Gervex lui-même est l'un des modèles pour le personnage de Fagerolles, un peintre opportuniste et mondain, dans le roman L’Œuvre de Zola publié en 1886[3]

Dans les années 1880, il voyage en Espagne. Il fait partie du « Cercle des mirlitons » présidé par Ernest Meissonier, et expose au Cercle artistique de la Seine, qui vient d’être créé. C'est à partir de cette année-là qu'il fait de nombreux séjours à Dieppe chez les parents de Jacques-Émile Blanche. En 1882, il effectue son premier voyage en Angleterre avec Auguste Rodin. Il travaille à la décoration de la mairie du 19e arrondissement de Paris. L’année suivante, il effectue son deuxième voyage en Angleterre avec Rodin et est nommé chevalier de l’ordre de Léopold de Belgique à l’occasion de l’Exposition triennale des beaux-arts de Gand. En 1884, au terme de son troisième voyage en Angleterre, il s’installe dans un nouvel atelier rue de la Chaussée-d'Antin. Il voyage en Italie avec Guy de Maupassant et G. Legrand. Il fonde une académie de peinture avec le peintre Ferdinand Humbert, reprenant l'Atelier Cormon.

Un artiste reconnu[modifier | modifier le code]

En 1889, il est promu officier de la Légion d'honneur. En 1890, il est nommé chevalier de l’ordre de Saint-Olaf par le roi de Norvège et de Suède. En 1891, il participe à l’exposition internationale des beaux-arts de Munich. En 1892, il est nommé officier de l’ordre de Saint-Michel par le gouvernement de Bavière. Le , il épouse Henriette Fauche, sa domestique en seconde noce. Il est nommé chevalier de l’ordre espagnol de Carlos III. Le naît sa fille Colette Gervex, qui deviendra la comtesse d'Argenté. En 1895, il est nommé vice-président de la commission d’examen de la Société nationale des beaux-arts. Il décore la salle de physique de la Sorbonne.

En 1896, lors de son premier voyage en Russie, il est nommé commandeur de l’ordre de Sainte-Anne de Russie. En 1897, il fait une croisière en Italie puis en Turquie. En 1898, il fait un deuxième voyage en Russie. Il envoie Le Couronnement de Nicolas II à l’Exposition universelle de 1900. La même année, il participe à la décoration de la Salle Dorée du restaurant le Train Bleu de la gare de Lyon à Paris avec La Bataille de fleurs à Nice. Il fait de fréquents séjours à Deauville et Trouville où il réside à la villa Les Frémonts sur la falaise et qui appartient à Mme Finaly, où Marcel Proust lui rend visite à plusieurs reprises. En 1901, il part avec sa famille pour un troisième voyage en Russie. En 1902, il fait une croisière en Italie. En 1911, il est promu commandeur de la Légion d'honneur et reçoit la commande de la décoration du plafond de l'escalier d'honneur de la Cour des comptes à Paris. Il entre à l’Institut de France en 1913 et est élu président de la Société des pastellistes. En 1918, il reçoit la croix de guerre pour service rendus à la patrie. En 1925, il est élu membre associé de la section peinture de l’Académie royale des sciences, lettres et beaux-arts de Bruxelles. Il possède un hôtel particulier en bordure du parc Monceau, dont les rideaux jaunes de la chambre de sa fille sont souvent reproduits dans ses tableaux.

En 1928, il est atteint d’une maladie à l’œil. Il meurt à Paris le et est inhumé dans la 55e division du cimetière du Père-Lachaise[4],[5].

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

Satyre jouant avec une bacchante (1874), Paris, musée d'Orsay.
Scène de café à Paris (1877), Detroit Institute of Arts.
Aux États-Unis
En France
  • Angers, musée des beaux-arts : Diane et Endymion, 1875, huile sur toile.
  • Bayonne, musée Bonnat-Helleu : Étude de femme nue, huile sur toile.
  • Beaune, musée des beaux-arts : Bord de Forêt de Fontainebleau, huile sur toile.
  • Bordeaux, musée des beaux-arts :
  • Étude de dos de vieil homme, huile sur toile.
  • Rolla (1878), huile sur toile.
  • Chambéry, musée des beaux-arts :
    • Vue d'une plage, Deauville, huile sur toile ;
    • Descente de Croix, huile sur toile ;
    • Portrait de Madame Gervex, 1893, huile sur toile.
  • Dieppe, château de Dieppe : Portrait du docteur Émile Blanche, huile sur toile.
  • Dijon, musée des beaux-arts : La Communion dans l'église de la Trinité, 1876, huile sur toile.
  • Évreux, musée d'Évreux : Femme endormie, vers 1878, huile sur toile.
  • La Rochelle, musée des beaux-arts : Baigneuse endormie, 1873, huile sur toile.
  • Lille, palais des beaux-arts :
    • Figure de femme nue, debout, les mains derrière la tête, pierre noire sur papier ;
    • Femme à sa toilette, crayon sur papier ;
    • Étude de femme nue assise, pierre noire sur papier ;
    • Odalisque, 1880, huile sur toile ;
    • Le Quai de la Villette à Paris ou Le Coltineur de Charbon, 1882, huile sur toile.
  • Marseille, musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée : Yachting dans l'archipel, 1905, calendrier, estampe.
  • Neuilly-sur-Seine, mairie : Parmentier accueillant Louis XVI dans la plaine des Sablons, 1904, décor pour le grand escalier, huile sur panneau.
  • Paris :
    • Académie nationale de médecine : Portrait du docteur Émile Blanche, pastel sur papier.
    • mairie du 19e arrondissement de Paris
      • Naissance, vers 1881, huile sur panneau ;
      • Le bureau de bienfaisance, 1883, huile sur panneau ;
      • Le Bassin de la Villette, 1884, salle des mariages, huile sur panneau ;
      • Mathurin Moreau, maire du XIXe arrondissement de Paris, célébrant le mariage civil de son fils, 1884, salle des mariages, huile sur panneau.
    • Cour des comptes : Allégorie de la France, 1911, plafond de l'escalier d'honneur.
    • hôtel de ville : La Musique à travers les âges, salle des fêtes, huile sur panneau.
    • musée de l'Armée : Officiers supérieurs et généraux de la Guerre de 1870-1871 et membres du gouvernement de la Défense, 1889, fragment du panorama de l'Histoire du siècle, huile sur toile.
    • musée Carnavalet :
      • Retour du Bal, 1879, huile sur toile ;
      • Le Président Sadi Carnot entouré de personnalités de la IIIe République, devant l'Opéra, 1889, huile sur toile, en collaboration avec Alfred Stevens ;
      • Portrait de Madame Blerzy, 1884, huile sur toile ;
      • Une soirée au Pré Catelan[6], 1909, huile sur toile.
    • musée du Louvre :
      • Jeune femme debout, vue de dos, devant une fenêtre, gouache et aquarelle sur papier ;
      • Femme nue, assise, la tête baissée, les bras rejetés en arrière, pastel sur papier ;
      • Homme, à mi-corps, de face, adossé à une fenêtre, fusain sur papier ;
      • Femme allongée, les jambes croisées et les bras écartés du corps, fusain sur papier ;
      • Femme nue, couchée, la tête posée sur son bras gauche, fusain sur papier.
    • musée d'Orsay :
      • Portait de Charle Émile Van Marcke, vers 1870, crayon sur papier ;
      • Paysage marin (Dieppe), vers 1885, pastel sur papier ;
      • Satyre jouant avec une bacchante, 1874, huile sur toile ;
      • Une séance du jury de peinture au Salon des artistes français, 1885, huile sur toile ;
      • Le Docteur Péan enseignant à l'hôpital Saint-Louis sa découverte du pincement des vaisseaux, ou Avant l'opération, 1887, huile sur toile ;
      • Portrait de Mademoiselle Valtesse de La Bigne, 1887, huile sur toile ;
      • La Direction du journal de La République française, 1890, huile sur toile ;
      • Le Couronnement de Nicolas II et de l'impératrice Alexandra Féodorowna en l'église de l'Assomption de Moscou, 1896, huile sur toile ;
    • palais de l'Élysée : La France accueillant l'Abondance, 1907, plafond.
    • Paris-Gare de Lyon, restaurant le Train bleu : Bataille de fleurs à Nice, 1900, huile sur panneau.
    • Petit Palais : La Naissance de Vénus, 1907, huile sur toile.
    • Sorbonne : décoration de la salle de physique, huile sur panneau.
    • théâtre national de l'Opéra-Comique, grand foyer :
      • Le Ballet comique de la Reine, 1897, huile sur panneau ;
      • La Foire de la Saint Laurent, huile sur panneau.
  • Saint-Quentin, musée Antoine-Lécuyer : Portrait présumé de William Busnach, vers 1880, pastel sur papier
  • Strasbourg, musée d'art moderne et contemporain : Portrait de Gustave Schlumberger, 1887, huile sur toile.
  • Versailles, musée de l'Histoire de France : Distribution des récompenses aux exposants par le Président Sadi-Carnot, à la suite de l'exposition de 1889, le 29 septembre 1889 au Palais de l'Industrie, le défilé des colonies françaises, 1897, huile sur toile.

Ouvrages illustrés[modifier | modifier le code]

Salons[modifier | modifier le code]

  • 1873 : Une Baigneuse endormie
  • 1874, Salon des artistes français : Satyre jouant avec une ménade, médaille de de 2e classe
  • 1875 : Diane et Endymion
  • 1876 : Autopsie à l'Hôtel-Dieu
  • 1877 : La Communion à l'église de la Trinité
  • 1880, Salon de la Société nationale des beaux-arts : Souvenir de la nuit du 4
  • 1885, Salon des artistes français : Une séance du jury de peinture
  • 1887 : Avant l'opération
  • 1890 : La Direction du Journal de la République française
  • Salon de la Société nationale des beaux-arts :
    • 1894 : Le Bain ;
    • 1897 : Distribution des récompenses au Palais de l'Industrie en 1889 ;
    • 1906 : 5 heures chez Paquin ;
    • 1907 : La Naissance de Vénus ;
    • 1911 : Portrait de Mme H… ;
    • 1913 : La Source ;
    • 1918 : La Lecture aux soldats aveugles ;
    • 1921 : Portrait de Mme J… (Jenny Sacerdote).

Expositions[modifier | modifier le code]

  • 1880 : exposition au Cercle de l'Union des artistes de la Seine
  • 1881 : Nana, galerie Georges Petit
  • 1881 : Nana, Cercle de l'union des artistes
  • 1889 : Exposition universelle de Paris : Panorama du siècle en collaboration avec Alfred Stevens, Rolla, Portait de Mme Blerzy et Portrait de Mlle Valtesse de La Bigne
  • 1891 : Exposition internationale des beaux-arts de Munich
  • 1900 : Exposition universelle de Paris, Le Couronnement de Nicolas II et Distribution des récompenses
  • 1988 : exposition à l'Ancienne Douane de Strasbourg : Le portrait dans les musées de Strasbourg, à quoi ressemblons nous ?
  • 1992 : Bordeaux, galerie des beaux-arts
  • 1993 : musée Carnavalet
  • 1993 : musée des beaux-arts de Nice
  • 2001 : exposition Portrait dans les collections des musées Rhône-Alpes à Bourg-en-Bresse, Chambéry et Valence
  • 2003 : exposition Un siècle de bains de mer à Honfleur au musée Eugène-Boudin

Honneurs[modifier | modifier le code]

Tombe d'Henri Gervex au cimetière du Père-Lachaise.

Élèves[modifier | modifier le code]

Iconographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Au no 18 de la rue Antoinette. Depuis le , cette rue porte le nom de Yvonne Le Tac (1882-1957), ancienne institutrice et directrice de l'École des filles de la rue Antoinette, résistante et déportée en 1942.
  2. Jacques Baschet, L'Illustration du  : « Non seulement elle fut son chef-d'œuvre, mais elle fit scandale, ce qui lui valut un éclatant début de carrière »
  3. Henri Mitterrand, notice pour l'édition de L'Œuvre d'Émile Zola dans la collection Folio classique, Gallimard, 1983, p. 435.
  4. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, (ISBN 978-2914611480), p. 367
  5. Henri Gervex (1852-1929), sur le site appl-lachaise.net, consulté le 22 août 2014
  6. Au centre, de dos : Anna Gould devant elle son second époux : le duc Hélie de Talleyrand-Périgord, ainsi que Mme Gervex. au fond remontant en auto : le comte de Greffulhe et son épouse. Dans le restaurant, l'homme moustachu du premier plan assis à table à droite : le marquis Jules-Albert de Dion. Dans la baie centrale : Liane de Pougy, ainsi qu'à gauche : Alberto Santos-Dumont.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Christophe Pralong-Gourvennec, Henri Gervex catalogue de l’exposition de Bordeaux, galerie des Beaux Arts, 11 mai-30 août 1992, Paris, musée Carnavalet, 11er février-2 mai 1993, Nice musée des Beaux arts 27 mai-29 août 1993, éditions Paris-Musées 1992 (ISBN 2879000769)
  • Jean-Christophe Pralong-Gourvennec, Henri Gervex , Catalogue Raisonné
  • Cécile Ritzenthaler, L’École des Beaux arts du XIXe siècle, les pompiers, éditions Mayer, 1987 (ISBN 2852990024)
  • Collectif, Le Train Bleu, Ed. Presse Lois Unis Service, Paris, 1990, 114p. (ISBN 2908557010)
  • L'Illustration, no 2911 du 10/12/1898, décoration du Foyer de l'Opéra-Comique par M Gervex
  • L'Actualité, no 63 du 7/4/1901, décoration du foyer de l'Opéra-Comique.
  • Benoît Noël, Jean Hournon, Parisiana, la capitale des peintres au XIXe, Dislab 2006- 160p. (ISBN 2952721408)
  • N. Dufouscq, La Musique, tome II, éditions Larousse

Liens externes[modifier | modifier le code]

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