Crucifixion

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article traite de la crucifixion de Jésus de Nazareth. Pour le supplice en général, voir crucifiement.
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Crucifixion par le Pérugin

La Crucifixion (du latin classique crucifixio, ionis) désigne le crucifiement de Jésus de Nazareth, considéré par les chrétiens comme le Christ. Selon les textes néotestamentaires, Jésus-Christ fut condamné à mort par le préfet romain Ponce Pilate, et exécuté par le supplice de la croix. La croix de Jésus était vraisemblablement une crux immissa[1] puisque, selon les Évangiles, un écriteau était fixé au sommet du stipes[2], et relativement basse puisqu'un soldat lui donne à boire avec une éponge imprégnée de vinaigre (la posca) au bout d'un roseau ou d'une petite branche d'hysope. La crucifixion fait partie du récit de la Passion.

Récit dans l'Évangile[modifier | modifier le code]

Articles connexes : Via Dolorosa et Chemin de Croix.
Jésus crucifié aux pieds non cloués, porte de l'église Sainte-Sabine de Rome datée du Ve siècle.

D’après l’Évangile, Jésus fut obligé, comme d’autres condamnés au crucifiement (qui deviendra pour ce cas précis la Crucifixion), de porter sa propre croix jusqu’au mont du Golgotha (la place du crâne), le lieu de l’exécution. D’après les évangiles synoptiques, sur la route du Golgotha, les soldats obligent un passant, Simon de Cyrène, à porter la croix de Jésus. La raison n’en est pas donnée dans les Évangiles, mais l’Évangile selon Marc trouve opportun de citer les enfants de Simon, Alexandre et Rufus, comme s’ils avaient été des personnages connus des futurs lecteurs de Marc (Brown et al. 628). Paul cite aussi un « Rufus » dans son Épître aux Romains (Rm 16. 13)[3]. Luc ajoute que les femmes disciples suivaient Jésus, et pleuraient sur son destin, mais qu’il leur répondait par des citations (Os 10. 8)[4].

Le récit littéraire de la mort se déroule dans un cadre marqué par un rythme de trois heures selon l'évangile de Marc[5] : Jésus est crucifié à la troisième heure (9 heures du matin)[6], les ténèbres débutent à la sixième heure (à midi)[7] et la mort survient à la neuvième heure (trois heures de l'après-midi)[8]. On doit prendre garde à ne pas confondre cette « sixième heure » avec celle dont il est question en Mt 27:45, puisqu'il s'agit du « jour » dans ce dernier passage. La péricope marcienne a une visée théologique manifeste car ces trois blocs de trois heures correspondent aux trois moments de prières journalières dans le judaïsme[9] au temps de Jésus[10].

Quand ils arrivent au Golgotha, les Évangiles synoptiques déclarent qu’il est proposé à Jésus du vin mêlé de myrrhe pour atténuer la douleur, mais il le refuse. Jésus est alors crucifié, d’après les Évangiles synoptiques, à la « troisième heure » du jour (9 h). Selon les récits et traditions, il aurait été crucifié avec trois ou quatre clous[11].

Les Évangiles synoptiques ajoutent que la croix comportait, au-dessus de la tête de Jésus, l’inscription Iesus Nazarenus Rex Iudaeorum « Jésus de Nazareth, roi des Juifs ». L’Évangile selon Jean précise que Pilate a rédigé cette inscription sur un titulus (écriteau), en hébreu, en latin et en grec.

Les Évangiles canoniques déclarent alors que les vêtements de Jésus lui furent retirés par les soldats, pour être répartis entre eux en plusieurs lots. L’Évangile selon Jean prétend que ceci accomplit une prophétie de Ps 22. 18[12]. D’après l’Évangile selon Luc, les deux voleurs crucifiés aux côtés de Jésus, lui parlent. Luc déclare que l’un railla Jésus, et que l’autre le respecta, et que Jésus déclara que le voleur respectueux, Dismas (le bon larron), gagnerait promptement son entrée au paradis ; traditionnellement l’autre, Gesmas ou Gestas (le mauvais larron), est considéré comme voué à l’enfer. Dismas est considéré comme le premier saint de l'Église[13], canonisé par le Christ lui-même : « Aujourd'hui tu seras avec moi dans le paradis » Luc 23-43[14]. sans étape intermédiaire, ni œuvres, ni baptême, par la foi seule.

Le Christ sur la croix représente pour les chrétiens le sommet de l'amour de Dieu pour l'homme : Jean ch 3 v 16 dit « Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, Jésus, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas mais qu'il ait la vie éternelle ». Ce verset est un des fondements de la foi chrétienne.

La tradition chrétienne occidentale fixe symboliquement le jour de la Crucifixion le 25 mars qui correspond à la fête de l'Annonciation[15].

Historicité du récit biblique de la crucifixion[modifier | modifier le code]

Giovanni Previtali crédite Giotto de l'innovation du Christ en croix avec trois clous et le suppedaneum (c. 1320-1325)[16].

Un récit avant tout théologique[modifier | modifier le code]

Si l'historicité de la crucifixion ne fait plus aucun doute pour la majorité des chercheurs qui y voient des critères d'authenticité (critère d'embarras ecclésiastique, d'attestation multiple, de cohérence)[17],[18], les causes et les détails de l'exécution de Jésus sont plus sujets à caution, les évangélistes ayant enrichi ces épisodes bibliques de symboles théologiques[19].

Aucun des évangélistes ne mentionne le cloutage des pieds et des mains. La tradition du cloutage est probablement un embellissement théologique des évangélistes Jean[20], Luc[21] et d'un apocryphe, l'évangile de Pierre pour répondre à la prophétie du Livre des Psaumes[22], tradition développée par Justin Martyr[23] vers 160[24].

De même, le coup de lance présente un caractère théologique plutôt qu'historique, l'auteur de l'évangile attribué à Jean, qui est le seul des quatre évangiles à mentionner ce fait, pourrait avoir voulu répondre à la prophétie[25] du livre d'Ézéchiel[24].

Les évangélistes, à part Luc[26], rapportent l'épisode de la couronne d'épines dont l'historicité fait consensus[27].

L'épisode des deux larrons crucifiés avec Jésus rapporté dans les Évangiles n'est pas sans rappeler l'incident relaté par Flavius Josèphe dans son Autobiographie[28] : en se rendant auprès de Titus, il reconnaît parmi les captifs crucifiés trois de ses anciens amis[29]. La tradition des larrons (du latin latro, « voleur ») est incompatible historiquement avec le crucifiement, peine romaine réservée aux grands brigands, aux pirates, parfois aux prisonniers de guerre et aux condamnés pour motifs politiques mais pas à de simples voleurs. L'évangile de Marc[30] et de Luc [31] les qualifient en grec de lestes et kagoulos, appellation classique des romains à l'encontre des Sicaires ou des Zélotes et qui est largement utilisée par Flavius Josèphe. Il est possible que les évangélistes aient voulu faire référence à des séditieux et aient introduit ces personnages dans un but théologique[32] et que la tradition chrétienne ultérieure ait voulu atténuer ce côté violent et politique[33].

Le supplice de la Crucifixion[modifier | modifier le code]

Chez les Romains, le crucifiement était un supplice infamant et servile[34]. Les Juifs privilégiaient comme peine capitale la lapidation, mais le crucifiement étant depuis longtemps un supplice juif, ce supplice n'étant pas seulement un privilège de l’armée romaine d’occupation[35]. Il n'existe aucune source écrite de cette époque détaillant les instructions et les techniques de ce supplice qui ont varié selon les époques et les régions[36].

Premier témoignage archéologique connu de la réalité de la crucifixion en Israël lors de la fouille d'un ossuaire en 1968.

Le plus souvent, le condamné était attaché et/ou cloué bras écartés avec des cordages (effet de garrot) sur une poutre (patibulum[37]) sur laquelle était attachée le motif de sa condamnation (titulus). Le patibulum, doté d'une mortaise, était fixé, soit au sommet (crux commissa en forme de T), soit en dessous (crux immissa) d'un pieu (stipes) qui était ensuite fiché en terre. Le condamné pouvait être également attaché ou cloué à un simple poteau (crux simplex), une croix en X (crux decussata) ou à un arbre (arbor infelix ou infelix lignum, « arbre de malheur »)[38].

Différentes pièce en bois pouvaient prolonger le supplice du crucifiement en permettant au condamné de mieux respirer : sedula pour le fessier, suppedaneum pour les pieds encloués ou attachés[39]. Comme l’explique l’historien juif Yosef Klausner, le corps nu du supplicié se couvrait de plaies sur lesquelles venaient se coller mouches et moustiques. Avec ses sphincters qui se relâchaient, l'urine et les excréments coulaient le long de ses jambes, conjuguant ainsi à la souffrance l'humiliation de cette exhibition publique. Selon la coutume romaine, le cadavre devait rester en place pour devenir la proie des oiseaux mais selon la loi juive, le corps de Jésus devait être enlevé le soir même pour être déposé dans la sépulture des suppliciés, la fosse commune[40].

Une découverte archéologique montre que les pieds étaient cloués au niveau du calcanéum[41] (cas de Jehohanan (en), crucifié au temps d'Hérode[42]). Le cloutage des mains pouvait se faire de différentes manières selon des études en anatomie et en paléopathologie : dans le haut de la main du côté radial du poignet (hypothèse de Frederick Zugibe), dans l'espace carpien de Destot (hypothèse du chirurgien Pierre Barbet)[43], mais non dans la paume comme l'iconographie traditionnelle le montre car les mains ne pouvaient supporter le poids d'un corps (poids maximum supporté évalué à une trentaine de kg), une crucifixion faite de cette manière aboutissant rapidement à un déchirement des mains, à moins qu'elles ne soient également ligotées au patibulum[44]. Une autre découverte archéologique en Israël[45] suggère que les bras du supplicié pouvaient être encordés et passés derrière le patibulum[46], les mains étant cloutées non dans la paume mais par derrière[47]. Il est probable qu'en règle générale, les condamnés devaient être liés et non cloués, les évangélistes ayant voulu singulariser l’exécution de Jésus[48].

Les Évangiles suggèrent que la croix de Jésus était une crux immissa puisqu'ils mentionnent qu'un écriteau était fixé au sommet (le titulus). L'Église privilégiera cette croix qui deviendra au Ve siècle la croix latine, représentée avec un montant vertical élevé (la crux sublimis). Le fait qu'un soldat donne à boire à Jésus avec une éponge imprégnée d'eau vinaigrée (la posca) au bout d'un roseau[49] ou d'une branche d'hysope[50] (tout petit arbrisseau) suggère plutôt l'emploi d'une crux humilis, croix basse utilisée pour les exécutions ordinaires, la crux sublimis étant réservé pour des personnages plus importants afin que leur exécution soit visible de loin[51].

Aspects médicaux de la crucifixion[modifier | modifier le code]

Crucifix baroque brésilien

Une dizaine d'hypothèses tentant d'expliquer les circonstances de la mort de Jésus sur la croix par l'intermédiaire de connaissances médicales ont été proposées au cours des XIXe et XXe siècles par un éventail de personnes, dont des médecins, des historiens, et même des mystiques[52].

La plupart des théories proposées par des médecins qualifiés (avec des spécialités allant de la médecine légale à l'ophtalmologie) ont conclu que comme tous les crucifiés Jésus a enduré d'énormes quantités de douleur et de souffrance sur la croix avant sa mort. En 2006, le médecin généraliste John Scotson a examiné plus de 40 publications sur la cause de la mort de Jésus et les théories allaient de la rupture cardiaque à l'embolie pulmonaire[53].

Dès 1847, en s'appuyant sur Jean 19:34, le médecin William Stroud a proposé la théorie de rupture du cœur comme cause de la mort du Christ et cette théorie influença par la suite un certain nombre d'autres experts[54],[55].

La théorie de l'asphyxie a fait l'objet de plusieurs expériences qui simulent la crucifixion chez des volontaires sains et de nombreux médecins conviennent que la crucifixion provoque une perturbation profonde de la capacité de la victime à respirer. Un des symptômes de l'asphyxie exhaustive est que la victime crucifiée trouve progressivement de plus en plus difficile d'obtenir assez de souffle pour parler. Cela peut fournir une explication à la brièveté des dernières paroles du Christ[56]. Les expériences du chirurgien Pierre Barbet suggèrent que le crucifié devait utiliser ses pieds percés pour lever son corps afin de décontracter ses muscles thoraciques inspiratoires et expiratoires[57]. En effet, le poids du corps reposait exclusivement sur les jambes. Il arrivait parfois que les jambes des condamnés soient brisées afin d'accélérer l'étouffement. Le supplicié mourait ainsi d'asphyxie après une période d'auto-torture importante passée à tenter desserrer le blocage mécanique de la cage thoracique en se soulevant sur ses pieds[58].

La théorie de la cadence cardio-vasculaire est une explication moderne répandue qui suggère que le crucifié meurt d'un choc profond. Selon cette théorie, la flagellation, les coups, et la fixation de Jésus à la croix l'aurait laissé déshydraté, faible et gravement malade. Aussi, le Christ était exposé à un jeu complexe de blessures physiologiques simultanées : la déshydratation, les traumatismes massifs et le déchirement des tissus souples (en particulier à la suite de la flagellation), la respiration insuffisante, et l'effort physique intense, auraient provoqué en lui une carence cardio-vasculaire[59],[60].

Représentation artistique[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Représentation du Christ en croix.

La sobriété et la symbolique du récit des évangiles sur la crucifixion laissent place à beaucoup d'interprétation pour les artistes : le Christ crucifié dès le début de l'iconographie chrétienne est une illustration du docétisme avec la représentation du Christus triumphans[61], puis cette iconographie évolue[62].

Quelques exemples :

Le Christ en croix est souvent représenté portant le périzonium.

Les différentes postures de la représentation du Christ en croix sont :

et la représentation de la Croix avec le Christ seul en crucifix.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Une crux immissa ou crux capitata est une croix latine (à branches inégales : oblongata) ou croix grecque (à branches égales : quadrata), par opposition à la crux commissa, crux summissa ou croix en tau dans laquelle la poutre verticale ne dépasse pas la poutre horizontale, et par opposition à la crux decussata ou croix de saint André formée de deux montants obliques en X.
  2. Le stipes est le montant vertical peu élevé (crux humilis) ou haut (crux sublimis) pour que l'exécuté soit visible de loin.
  3. Rm 16. 13
  4. Os 10. 8
  5. Jean-Maurice Clercq, La Passion de Jésus, de Gethsémani au Sépulcre, François-Xavier de Guibert,‎ 2004, p. 200
  6. Mc 15. 25.
  7. Mc 15. 33.
  8. Mc 15. 34.
  9. Dn 6. 11.
  10. (en) Robert Gundry, Mark. A Commentary on His Apology for the Cross, Chapters 9 - 16, Wm. B. Eerdmans Publishing,‎ 2000, p. 965
  11. (en) Geoffrey W. Bromiley, The International Standard Bible Encyclopedia, Eerdmans Pub Co,‎ (ISBN 0802837859), p. 826
  12. Ps 22. 18
  13. [1]
  14. [2]
  15. Philippe Rouillard, Les fêtes chrétiennes en Occident, Éditions du Cerf,‎ 2003, p. 48
  16. Michel Costantini, La sémiotique visuelle : nouveaux paradigme, Editions L'Harmattan,‎ 2010, p. 35
  17. Jacques Giri, Les nouvelles hypothèses sur les origines du christianisme, éditions Karthala,‎ 2011, p. 182
  18. (en) John Paul Meier, « How do we decide what comes from Jesus », in The Historical Jesus in Recent Research, James D. G. Dunn et Scot McKnight, 2006, p. 126–136
  19. Gérard Rochais, Chrystian Boyer, Le Jésus de l'histoire à travers le monde, Fides,‎ 2009
  20. Jn 20. 25—27
  21. Lc 24. 39
  22. Ps 22,17 dans la Bible Segond, Ps 22:17 dans la Bible du Rabbinat. À noter que le verset « Ils ont percé mes mains, mes pieds » de la version grecque des Septante ne correspond pas à la traduction dans la plupart des manuscrits hébreux des Psaumes : « ils meurtrissent mes mains et mes pieds ».
  23. Justin Martyr, Dialogue avec Tryphon, 97
  24. a et b (en) Raymond Edward Brown, The death of the Messiah: from Gethsemane to the grave. A commentary on the Passion narratives in the four Gospels, Doubleday,‎ 1994, p. 949
  25. « un des soldats avec sa lance lui perça le côté ; et aussitôt, il en sortit du sang et de l’eau », Jn 19. 34 répondant à Ez 47. 1
  26. Dans certains codex, l'évangile de Luc mentionne le couronnement directement sur la croix, ce qui traduit probablement l'interpolation de copistes pour harmoniser les passages parallèles des évangiles synoptiques.
  27. (en) Raymond Edward Brown, The death of the Messiah: from Gethsemane to the grave : a commentary on the Passion narratives in the four Gospels, Doubleday,‎ 1994, p. 865-867
  28. Patrick Boistier, Jésus: anatomie d'un mythe, A l'Orient,‎ 2000, p. 27
  29. Flavius Josèphe, Autobiographie, LXXV
  30. Mc 15. 27.
  31. Lc 23. 32.
  32. En réponse à la prophétie Is 53. 12.
  33. (en) Raymond Edward Brown, The death of the Messiah: from Gethsemane to the grave : a commentary on the Passion narratives in the four Gospels, Doubleday,‎ 1994, p. 1013
  34. C'est-à-dire réservé à l'origine aux esclaves, puis étendu à tous les étrangers non libres de l'Empire romain, coupables de crimes : fuite (pour les esclaves), brigandage, sédition, etc. Les citoyens romains, avaient droit, quant à eux, à la peine honorable de la décapitation ; il leur était même accordé le droit de se suicider, et ainsi avoir leurs dispositions testamentaires respectées. Les affranchis, en revanche, perdaient leur statut du fait de leur crime, redevenaient esclaves, et partant, subissaient le même sort que ceux-ci.
  35. Gérard Mordillat, Jérôme Prieur, Corpus Christi. Crucifixion, Mille et une nuits,‎ 1998, p. 41
  36. (en) F.P. Retief & L. Cilliers, « The history and pathology of crucifixion », South African Medical Journal, vol. 93, no 12,‎ 2003, p. 938-941
  37. Qui a donné le mot français « patibulaire », c'est-à-dire « qui mérite de porter une croix ».
  38. (en) John Granger Cook, Crucifixion in the Mediterranean World, Mohr Siebeck,‎ 2014, p. 34-46
  39. Jacques de Landsberg, L'art en croix. Le thème de la crucifixion dans l'histoire de l'art, Renaissance Du Livre,‎ 2001, p. 12
  40. Yosef Klausner, Jésus de Nazareth: son temps, sa vie, sa doctrine, Payot,‎ 1933, p. 77-79
  41. Le docteur Pierre Mérat a déterminé, dans le tarse du pied, l'espace osseux le mieux adapté pour l'encloutage, appelé depuis l'« espace de Mérat » (entre le 3e cunéiforme, le 2e cunéiforme et l'os naviculaire). Cf (en) Pierre Mérat, « Critical Study: Anatomy and Physiology of the Shroud », The Catholic Counter-Reformation in the XXth Century, no 218,‎ , p. 3-4.
  42. La découverte archéologique d'une tombe à kokhim en 1968, à Givat HaMivtar (en) (banlieue de Jérusalem) met à jour des ossuaires. Quinze ossuaires de l'époque hérodienne, comme ceux bien décrits du tombeau de Talpiot, ont été étudiés. L'examen ostéologique des ossements a révélé les reste de onze hommes, douze femmes et douze enfants dont trois adultes victimes de mort violente et trois enfants morts de faim. Celui au nom de Jehohanan (en) révèle la présence d'un calcanéum transpercé d’un clou d'11 cm de longueur mais l'absence de mains cloutées, suggérant qu'elles devaient être liées. Ses membres inférieurs sont comme fracturés mais cette fragmentation est post mortem et non ante mortem, aussi ne peut-elle être interprétée comme résultant de la pratique du crurifragium, brisement des jambes pour accélérer la mort. La présence d'olivier et d'acacia (ou de pistachier, les analyses micropaléobotaniques ne pouvant trancher car l'échantillon est trop petit) sur le clou est interprétée de la manière suivante : le supplicié était cloué non pas sur une croix mais sur un arbre (acacia ou pistachier), une petite plaquette d’olivier servait à faciliter l’enclouage du pied et empêcher que le crucifié ne s'agite de trop. La pointe recourbée du clou suggère que lors de son enfoncement, il a rencontré un nœud du bois ou un clou planté et resté en place lors d'un précédent crucifiement. Source : (en) J. Zias et E. Sekeles, « The Crucified Man from Giv’at ha-Mivtar: A Reappraisal », Israel Exploration Journal, no 35,‎ 1985, p. 22–27
  43. (en) Frederick Thomas Zugibe, The Cross and the Shroud: A Medical Inquiry Into the Crucifixion, Paragon House Publishers,‎ 1988, p. 60
  44. Philippe Charlier, Male mort. Morts violentes dans l'Antiquite, Fayard,‎ 2009, p. 146
  45. Découverte en 1971 d'un ossuaire dans l'« Abba Cave » à Givat HaMivtar (en) avec plusieurs ossements dont deux clous associés à des phalanges.
  46. Trois positions possibles du crucifié
  47. (en) Patricia Smith, « The Human Skeletal Remains from the Abba Cave », Israel Exploration Journal, vol. 27, no 2/3,‎ 1977, p. 121-124
  48. Gérard Mordillat, Jérôme Prieur, Corpus Christi. Crucifixion, Mille et une nuits,‎ 1998, p. 46
  49. Mt 27. 48
  50. Jn 19. 29
  51. Jacques de Landsberg, L'art en croix, Renaissance Du Livre,‎ 2001, p. 21
  52. (en) Matthew W Maslen et Piers D Mitchell, « Medical theories on the cause of death in crucifixion », Journal of the Royal Society of Medicine, vol. 99, no 4,‎ , p. 185 (DOI 10.1258/jrsm.99.4.185)
  53. John Scotson Medical theories on the cause of death in crucifixion Journal of the Royal Society of Medicine, Aug 2006.[3]
  54. William Stroud, 1847, Treatise on the Physical Death of Jesus Christ London: Hamilton and Adams
  55. William Seymour, 2003, The Cross in Tradition, History and Art ISBN 0-7661-4527-1
  56. Columbia University. Page de Pierre Barbet sur la Crucifixion
  57. (en)Schéma de crucifié avec inhalation passive et exhalation active
  58. (en) Frederick T. Zugibe, The Crucifixion of Jesus: A Forensic Inquiry, Rowman & Littlefield,‎ 2005, p. 107
  59. The Search for the Physical Cause of Christ's Death BYU Studies
  60. The Physical Death Of Jesus Christ, Study by The Mayo Clinic qui citent des études de Bucklin R (The legal and medical aspects of the trial and death of Christ. Sci Law 1970; 10:14-26), Mikulicz-Radeeki FV (The chest wound in the crucified Christ. Med News 1966;14:30-40), Davis CT (The crucifixion of Jesus: The passion of Christ from a medical point of view. Ariz Med 1965;22:183-187), and Barbet P (A Doctor at Calvary: The Passion of Out Lord Jesus Christ as Described by a Surgeon, Earl of Wicklow (trans) Garden City, NY, Doubleday Image Books 1953, pp 12-18 37-147, 159-175, 187-208).
  61. Jacques de Landsberg, L'art en croix : le thème de la crucifixion dans l'histoire de l'art, Renaissance Du Livre,‎ 2001, p. 52
  62. Jacques de Landsberg, L'art en croix : le thème de la crucifixion dans l'histoire de l'art, Renaissance Du Livre,‎ 2001, p. 26-28

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Martin Hengel, La crucifixion dans l'Antiquité et la folie du message de la croix, éd. Cerf, coll. Lectio Divina no 105, 1981
  • (en) David W. Chapman, Ancient Jewish and Christian perceptions of crucifixion, éd. Mohr Siebeck, 2008, extraits en ligne
  • Gérard Chauvin, La crucifixion. Histoire, iconologie et théologie, éd. L'Harmattan, extraits en ligne
  • P. Barbet, La Passion de N.-S. Jésus-Christ selon le chirurgien, Dillen éditeur, 1950

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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