Arman

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Arman
Arman (1969).jpg
Arman en 1969.
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New YorkVoir et modifier les données sur Wikidata
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Artists Rights Society, Galerie Templon (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Influencé par
Œuvres principales
Tombe d'Arman (15382988625).jpg
Vue de la sépulture.
Au travail, dans son atelier de Vence, 1989.

Arman ou Armand Fernandez né le à Nice et mort à New York le , est un artiste franco-américain, peintre, sculpteur et plasticien, connu pour ses « accumulations ».

Il fut l’un des premiers à employer directement, comme matière picturale, les objets manufacturés, qui représentaient pour lui les prolongements multiples et infinis de la main de l'homme qui subissent un cycle continu de production, consommation, destruction.

Biographie[modifier | modifier le code]

Avalanch (1990), campus de l'université de Tel Aviv.
Arman en 1967 à Nice.

Fils unique d'Antonio Fernandez, marchand de meubles et d'antiquités, d'origine espagnole ayant vécu en Algérie, et de Marguerite Jacquet, issue d'une famille de fermiers de la Loire, le jeune Armand montre très tôt des dispositions pour le dessin et la peinture.

Après son baccalauréat, il étudie à l'École des arts décoratifs de Nice (aujourd'hui la villa Arson), puis à l'école du Louvre. Il rencontre Yves Klein et Claude Pascal à l'école de judo qu'ils fréquentent à Nice en 1947. Avec ces deux amis, il s'intéresse un temps aux philosophies orientales et à la théorie rosicrucienne.

Fin 1957, Arman, qui signe ses œuvres de son prénom en hommage à Van Gogh, décide d'abandonner le « d » d'Armand et officialise sa signature d'artiste, en 1958, à l'occasion d'une exposition chez Iris Clert.

En octobre 1960, il fait l'exposition « Le Plein » où il remplit la galerie d'Iris Clert d'objets de rebut et du contenu de poubelles sélectionnées. Cette exposition est le contrepoint de l'exposition « Le Vide » organisée deux ans plus tôt à la même galerie par son ami Yves Klein.

Toujours le même mois, sous la houlette du critique d'art Pierre Restany, Arman devient, avec Yves Klein, l'un des membres fondateurs du groupe des Nouveaux Réalistes (proclamés par Restany : « nouvelles approches perceptives du réel »), aux côtés notamment de François Dufrêne, Raymond Hains, Martial Raysse, Daniel Spoerri, Jean Tinguely et Jacques Villeglé, rejoints plus tard par César, Mimmo Rotella, Niki de Saint Phalle, Gerard Deschamps et en 1963 Christo.

À partir de 1961, Arman développe sa carrière à New York, où il réside et travaille la moitié de son temps, en alternance avec sa vie à Nice jusqu'en 1967, puis à Vence jusqu'à sa mort. À New York, il séjourne d'abord à l'hôtel Chelsea jusqu'en 1970, puis dans un loft du quartier de SoHo et, à partir de 1985, dans son immeuble à TriBeCa.

Fin 1989, Arman reçoit la légion d'honneur des mains du président François Mitterrand.

Trois ans après sa mort à New York, une partie de ses cendres fut ramenée à Paris en 2008 pour être enterrée au cimetière du Père-Lachaise[1].

Toute sa vie, Arman fut aussi un collectionneur passionné d'objets usuels (montres, armes, stylos…) et d'objets d'art, en particulier d'art africain traditionnel dont il était un connaisseur, spécialiste apprécié et reconnu.

Il est représenté par la Galerie Templon à Paris et à Bruxelles.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Photographie noir et blanc de Arman regardant sa femme Corice appuyée sur son épaule.
Arman et sa seconde femme en 1973, photographiés par Erling Mandelmann.

Arman fut d'abord marié, en 1953, à la musicienne Éliane Radigue dont il eut trois enfants, Marion (1951), Anne (1953) et Yves (1954-1989), puis, en 1971, à Corice Canton avec qui il eut deux enfants, Yasmine (1982) et Philippe (1987). En 1989, il a eu un sixième et dernier enfant, prénommé Yves, avec Carole César.

Arman possédait la double nationalité, française et américaine, acquise en 1972.

L'œuvre[modifier | modifier le code]

Arman s'est intéressé au statut de l'objet et au rapport que les sociétés modernes entretiennent avec celui-ci, entre sacralisation et surconsommation-destruction.

En 1955, la Galerie du Haut-Pavé organise sa première exposition personnelle à Paris.

Ses premiers « Cachets » (traces d'objets encrés ou peints) à Paris datent de 1956.

En 1959, il commence la réalisation de la série des « Poubelles » : il expose des ordures ménagères, des détritus trouvés dans la rue et des déchets. Ses « accumulations » d'objets suivant une logique quantitative qui efface leur singularité renvoient une image de profusion, en même temps qu'elles soulignent le caractère périssable des produits de la société d'abondance[2].

En 1960, il utilise pour la première fois du plexiglas.

En 1961, il entame la série des « Colères » : destructions d'objets (les « Coupes » de violon, de piano - comme Chopin's Waterloo -, de contrebasse…) recollés sur piédestal ou sur supports muraux. Dans les « Combustions » (1963), ces mêmes objets sont brûlés.

En 1976, il collabore au film de Yannick Bellon, Jamais plus toujours, et y fait apparaître plusieurs de ses objets[3].

Entre 1980 et 1999, l'éventail des œuvres et des techniques s'élargit. Arman décline et multiplie les diverses procédures d'exécution. À la fin des années 1990, l'œuvre se radicalise en une succession de gestes reliés à l'objet (Accumulations en Relation, Cascades, Sandwiches Combo). Il montre un intérêt renouvelé pour la peinture (par exemple dans les séries des Nuits étoilées et des émersions).

Une grande rétrospective a lieu à la Galerie nationale du Jeu de Paume de janvier à avril 1998, exposition qui réunit plus de cent œuvres (de 1959 à 1997). La rétrospective voyage ensuite jusqu'en 2001 en Allemagne, Portugal, Israël, Brésil, Mexique, Taiwan, Espagne…

En 2000, il travaille sur des fragmentations sur panneau, des fragments (dessins et sculptures). Il présente une rétrospective thématique (« La Traversée des Objets »), au château de Villeneuve, à Vence.

Ses sculptures en bronze participent d'un geste semblable : l'artiste se saisit des icônes de l'art occidental (Vénus de Milo, Hercule Farnèse, etc.), qu'il tronçonne pour ensuite les ressouder dans un désordre fouillé.

En 2002-2003, Arman renoue avec la peinture de chevalet en une série d'œuvres, « Serious Paintings », qui allient la recomposition d'instruments de musique à leur « mise en scène » en peinture.

Œuvres dans les espaces publics[modifier | modifier le code]

Accumulation musicale (1971), structure en béton et fer, Parco Sempione, Milan.[4] Photo par Paolo Monti.

Arman a investi les espaces publics de près d'une centaine de villes du monde en réalisant des commandes publiques sous forme d'œuvres monumentales.

  • 1971: Accumulation musicale , structure en béton et fer, Parco Sempione, Milan[4].
  • 1976 : est créé Divisionis Mechanica Fossilia[5], une accumulation de rouages et pièces métalliques prises dans le béton, installée à l'université de Bourgogne, à Dijon.
  • 1982 : est créé Long Term Parking sur le site de l'ex-Fondation Cartier à Jouy-en-Josas, une tour de 19,50 m constituée de véritables automobiles superposées les unes sur les autres, coulées dans le béton.
  • 1984 : à la suite d'une commande de l'État, À la République[6], une accumulation de 200 drapeaux en marbre, est installée au palais de l'Élysée à Paris.
  • 1984 : Contrepoint pour violoncelles, parc de sculptures, Fondation Pierre-Gianadda, Martigny, Suisse (achat, 2003).
  • 1985 : à New York, une tour monumentale constituée de coupes de violoncelles en bronze, Rostropovitch's Tower, la même année sont mises en place à la gare Saint-Lazare de Paris une accumulation d'horloges L'Heure de tous et de bagages Consigne à vie.
  • 1992 : Les Gourmandes accumulation de fourchettes géantes en bronze à Roanne.
  • 1992 : Vénus des Arts coupe de statue avec instruments de musique, palette et livres en bronze installée rue Jacques-Callot à Paris.
  • 1995 : Espoir de paix une accumulation de véritables chars et tanks militaires réformés, inclus dans une pyramide de béton de 30 mètres, est réalisée à Beyrouth.
  • 1999 : La Rampante une accumulation de Ferrari en bronze rouge, coupées et superposées, est érigée à l'entrée du circuit d'Imola autodromo Enzo e Dino Ferrari en Italie.

Marché de l'art[modifier | modifier le code]

Les œuvres d'Arman sont collectionnées dans le monde entier.[réf. nécessaire]

  • Le Quintet Mozart, une sculpture de 153 cm × 300 cm × 13,5 cm est vendue, le 7 décembre 2005, chez Tajan à Paris pour 425 120 euros (avec les frais)[7].
  • Long Term Parking, une sculpture de 43,5 cm × 16 cm × 16 cm est vendue, le 30 octobre 2006, chez Tajan à Paris pour 59 200 euros[7].


Expositions[modifier | modifier le code]

Expositions (sélection)[modifier | modifier le code]

2017

Arman 1954-2005, Fondazione Terzo Pilastro, Rome, Italie[8]

2016

Arman accumulations 1960-1964, Galerie Templon, Paris, France[9]

2013

Cycles, Paul Kasmin Gallery, New York, États-Unis

2011

Arman rétrospective, Musée Tinguely, Basel, Suisse[10]

2010

Accumulations, Galerie Daniel Templon, Paris, France[11]

Arman, Centre Georges Pompidou, Paris, France[12]

2008

The Flowers of Evil Still Bloom, Cueto Project Gallery, New York , États-Unis

Palazzo Bricherasio, Turin, Italie

2006

Arman, Subida al cielo, MAMAC, Musée d'Art moderne et d'Art contemporain, Nice, France

2004

Arman Armé, Historial de la Grande Guerre, Péronne, France

2003

Arman, Tehran Museum of Contemporary Art, Téhéran, Iran

2002

Arman, Kunsthaus Grenchen, Grenchen, Suède

2001

La Traversée des Objets, Château de Villeneuve, Souzay-Champigny, France

ARMAN, passage à l'acte, MAMAC, Musée d'Art moderne et d'Art contemporain Nice, Nice, France

2000

La Traversée des Objets, Château Musée de Villeneuve, Vence, France

Arman, Werke auf Papier, Ludwig Museum im Deutschherrenhaus, Koblenz, Allemagne

Arman, Racine carrée de fragments, Galerie Daniel Templon, Paris, France[13]

1999

Arman, Museum of Art, Tel Aviv, Israël

1997

Arman, Cascades, Ileana Sonnabend, New York, États-Unis

1998

Arman, Galerie nationale du Jeu de Paume, Paris, France

1992

Arman, New Accumulations, Ileana Sonnabend Gallery, New York, États-Unis

1989

Arman: Accumulations brisées, Galleri Tornvall, Stockholm, Suède

Arman ‘Shooting Colors, Galerie Beaubourg, Paris, France

1985

Arman, The Seibu Museum of Art, Japon

1984

Arman o l'oggetto come alfabeto: Retrospettiva 1955-1984, Museo Civico di Belle Arte Villa Cani, Lugano, Suisse

Arman: Tools and Instruments, Center for the Fine Arts, Miami, Florida, États-Unis

1982

Arman: Parade der Objekte, Retropective 1955 bis 1982, Hannover mit Sammlung Sprengel, Hanover, Allemagne

1981

Arman: Sculptures, Akira Ikeda Gallery, Nagoya, Japon

1974

Arman, Poubelles organiques, Galerie Daniel Templon, Paris, France[14]

Arman: Le juste poids d'un homme et d'une œuvre, Salles romanes du Cloître Saint-Trophime, Arles, France

Arman Selected Works: 1958-1974, La Jolla Museum of Contemporary Art, La Jolla, États-Unis

1969

Arman: Accumulations Renault, Musée des Arts Décoratifs, Paris, France

Arman: 33 accumulations, Stedelijk Museum, Amsterdam, Pays-Bas

1968

Arman (and Dewasne, Kowalski, Schoffer) XXXIV Biennale d'Arte di Venezia, Venise, Italie

1967

Arman, Galerie Ileana Sonnabend, Paris, France

1966

Arman, Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, Bruxelles, Belgique

1959

Mostra Personale di Arman, Galleria Apollinaire, Milan, Italie

1958

Arman: Les Olympiens, Galerie Iris Clert, Paris, France

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Collectif Sarka-SPIP, « ARMAN (Armand Pierre Fernandez : 1928-2005) - Cimetières de France et d'ailleurs », (consulté le 10 août 2015)
  2. (en) « Arman Biography, Art, and Analysis of Works », sur The Art Story (consulté le 10 août 2015)
  3. Générique du film, Archives de production de Yannick Bellon.
  4. a et b (it) Gian Luca Margheriti, 101 tesori nascosti di Milano da vedere almeno una volta nella vita, Newton Compton Editori, , 384 p. (ISBN 978-88-541-8612-5, présentation en ligne)
  5. présentation de Divisionis Mechanica Fossilia sur le site atlasmuseum de wiki
  6. présentation de A la République sur le site atlasmuseum de wiki
  7. a et b Résultats de ventes aux enchères
  8. (en-US) algores, « Arman 1954-2005 », sur Fondazione terzo pilastro, (consulté le 10 avril 2020)
  9. Bourriaud, Nicolas, 1965- ... et Galerie Daniel Templon (Paris), Arman, Accumulations, 1960-1964 : [exposition, Paris], Galerie Daniel Templon, 27 février-6 avril 2016, Galerie Daniel Templon, [2016] (ISBN 978-2-917515-21-1 et 2-917515-21-X, OCLC 951172972, lire en ligne)
  10. « Arman - Museum Tinguely », sur www.tinguely.ch (consulté le 10 avril 2020)
  11. « Arman — Accumulations 1960-64 — Galerie Templon — Exposition », sur Slash Paris (consulté le 10 avril 2020)
  12. « Montrer Arman au Centre Pompidou, un défi », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 10 avril 2020)
  13. Catherine Millet, Arman - Racine carrée de fragments, Paris, Galerie Daniel Templon, , 32 p.
  14. « Arman | Cnap », sur www.cnap.fr (consulté le 10 avril 2020)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]