Duccio di Buoninsegna

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Duccio di Buoninsegna
Duccio The-Madonna-and-Child-128.jpg

Madonna di Crevole

Naissance
Décès
Activité
Maître
Mouvement
Œuvres réputées


Duccio di Buoninsegna (Sienne vers 1255-1260 - vers 1318-1319) fut en son temps le plus grand peintre siennois ; son importance se mesure même à l'échelle européenne. On considère généralement que son influence fut déterminante dans l'évolution du style gothique international ; elle s'exerça en particulier sur Simone Martini et les deux frères Ambrogio et Pietro Lorenzetti.

Biographie[modifier | modifier le code]

Maestà , détail
Partie centrale sans sa prédelle du recto de la Maestà (1308-1311), peinture sur bois, 214 × 412 cm au Museo dell'Opera del Duomo (Sienne)

La première mention de Duccio apparaît en 1278 dans les archives de la ville de Sienne, pour le paiement de la décoration de douze caisses. On en déduit généralement une date de naissance située entre 1250 et 1260. Aucun écrit antérieur ne donne de précisions sur sa formation. Il aurait pu recevoir l'enseignement du peintre Cimabue, ou être formé dans un atelier siennois. Il n'a sans doute pas travaillé au grand chantier de l'époque, la basilique Saint-François d'Assise, mais il en connait les peintures. Les innovations florentines de la représentation dans l'espace ne lui sont pas non plus inconnues. La présence de clins d’œil à l'Antiquité dans son œuvre attestent qu'il avait regardé de près le travail de Nicola Pisano, sculpteur à la cathédrale de Sienne de 1256 à 1284. Des éléments gothiques dans son œuvre ont pu faire croire à un voyage en France dans les années 1280-1285 ; cependant il est probable qu'il ne connaît l'art français que par des objets d'importation, comme des manuscrits enluminés[1] ; Nicola Pisano lui-même connaissait l'art gothique, probablement par l'intermédiaire des petits objets d'ivoire que les ateliers parisiens exportaient dans toute l'Europe.

La Madone Rucellai[modifier | modifier le code]

Sa première commande importante, en 1285, est reçue d'une confrérie laïque florentine, la Compagnia dei Laudesi : on lui demande un panneau en l'honneur de la Vierge pour l'église Santa Maria Novella de Florence. Compte tenu de la taille du panneau, il a sans doute été peint sur place et non transporté achevé[1].

Le tableau représente la Vierge avec l'Enfant sur les genoux, assise sur un trône et entourée de six anges, devant un fond doré. Le pourtour du panneau est orné de médaillons où l'on voit des prophètes, des apôtres et des saints en buste. Le peintre cherche à modeler les tissus et les corps, avec des jeux de dégradés de couleur. Il essaie aussi de respecter les règles de la perspective, sans toujours bien y arriver[1].

On ne sait pas à quel endroit de l'église ce panneau devait être placé : il a été déplacé en 1681 dans la chapelle de la famille Rucellai qui lui a donné son nom. Il est aujourd'hui conservé au Musée des Offices à Florence.

La Maestà[modifier | modifier le code]

L'œuvre la plus célèbre de Duccio est la grande Maestà, commandée par la ville de Sienne pour le maître-autel de la cathédrale en 1308. Aujourd'hui séparé en plusieurs panneaux, l'ensemble devait mesurer à l'origine cinq mètres de haut et presque autant de large, et est peint sur les deux faces. Il est resté en place au maître-autel jusqu'en 1506, puis remonté sur un autre autel d'où il est démonté en 1771, avant d'être réparti sur deux autels différents. Par la suite, certains panneaux ont été dispersés en Europe et aux États-Unis, et cinq d'entre eux n'ont pas été retrouvés[1].

La face antérieure présente la Vierge à l'Enfant en majesté entourée d'anges et de saints, un thème qui sera repris pendant plusieurs générations[2]. La face arrière représentait des scènes de l'Enfance et de la Passion du Christ.

L'œuvre témoigne de la connaissance par Duccio de la chapelle Scrovegni peinte par Giotto à Padoue[1].

Œuvres majeures[modifier | modifier le code]

Œuvres conservées à Florence

Parmi celles-ci son œuvre comprend notamment, outre une Madone peinte sur bois vers 1300[3] :

Œuvres conservées à Sienne
Initialement, elle était portée en procession dans les rues de Sienne lors de cérémonies religieuses. La Maestà est une composition grandiose peinte des deux côtés, que les vicissitudes historiques ont privée de son cadre et de quelques parties secondaires. Ce remarquable polyptyque, salué comme un chef-d'œuvre et comme le symbole même de la cité de Sienne, constitue un jalon essentiel dans l'évolution de la peinture, issue de la tradition byzantine, vers un art visuel plus descriptif.
Autres œuvres dans les musées internationaux.
Œuvres attribuées ou de son atelier

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Giorgio Vasari le cite et décrit sa biographie dans Le Vite :
Page 259 - II vol. - édition Giuntina 1568
022 le vite, duccio di buoninsegna.jpg

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Eberhard König, Les grands peintres italiens de la Renaissance, h.f.ullmann, (ISBN 978-3-8331-4442-4), p. 128
  2. Interview de Michel Laclotte, « Sienne à l’origine de la peinture », Connaissance des Arts, no 607,‎ , p.65
  3. Cette Madone (Vierge à l'enfant) peinte sur bois vers l'an 1300, fut acquise en novembre 2004 par le Metropolitan Museum of Art de New York pour plus de 45 millions de dollars, somme la plus importante jamais payée par ce musée pour l'acquisition d'un tableau.
  4. Interview de Michel Laclotte, « Sienne à l’origine de la peinture », Connaissance des Arts, no 607,‎ , p.64
  5. (en) Bernice Davidson, Paintings from the Frick Collection, Harry N. Abrams, Incorporated, New York, , p. 13
  6. Erika Langmuir, National Gallery : Le Guide, Flammarion, (ISBN 2-08-012451-X), p. 41
  7. (en) « Notice NGA n° 1939.1.141 », sur le site de la National Gallery of Art
  8. (en) « Notice NGA n° 1937.1.8 », sur le site de la National Gallery of Art