Henri Martin (peintre)

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Henri Martin

Description de cette image, également commentée ci-après

Henri Martin, photographie anonyme,
Paris, Bibliothèque nationale de France.

Nom de naissance Henri Jean Guillaume Martin
Naissance 1860
Toulouse
Décès 1943
Labastide-du-Vert
Nationalité Drapeau de la France France
Activités Peintre
Formation École supérieure des beaux-arts de Toulouse
Maîtres Jean-Paul Laurens
Élèves Henri Doucet
Mouvement artistique Symbolisme, pointillisme
Récompenses Commandeur de la Légion d'honneur

Henri Jean Guillaume Martin[1], dit Henri Martin, né à Toulouse le et mort à Labastide-du-Vert le 12 novembre 1943, est un peintre post-impressionniste français[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Henri Jean Guillaume Martin est le 5 août 1860 à 9 heures du matin, 127 Grande-Rue Saint-Michel[3] de Auguste Jean François Martin, ébéniste, et de Marie Victoire Massé, ménagère[4].

Martin effectue son apprentissage à l’École des beaux-arts de sa ville natale de 1877 à 1879, dans l'atelier de Jules Garipuy. Muni d’une bourse municipale, il part pour Paris où il devient l’élève de Jean-Paul Laurens. Il aura lui-même comme élève et comme collaborateur le peintre Henri Doucet. En 1885, il parcourt l’Italie et y étudie les primitifs en compagnie d’Edmond Aman-Jean et d’Ernest Laurent.

Ce voyage marque un tournant dans son art et oriente l’artiste vers une inspiration poétique. Sa technique s’éloigne des modèles académiques, au profit d’un divisionnisme original qui révèle l’influence des néo-impressionnistes mais d’une manière plus spontanée que théorisée : des touches courtes, séparées et parallèles y construisent les formes et la lumière, dans un chromatisme idéalisé et propice au rêve.

Lecteur de Poe, de Dante, de Byron, de Baudelaire et de Verlaine (il souscrit aux Liturgies intimes éditées par la revue le Saint-Graal en 1892), Henri Martin expose des œuvres à thèmes symbolistes, telles que Chacun sa chimère de 1891 ou Vers l’abîme de 1897 ; et des paysages brumeux peuplés de figures mélancoliques et intemporelles.

Il participe, en 1892, aux salons de la Rose-Croix de Joséphin Peladan. Il honore des commandes publiques, ornant tour à tour le Capitole de Toulouse[5], la préfecture du Lot à Cahors, la Sorbonne en 1908, l’Hôtel de ville de Paris, un cabinet de l’Élysée en 1908, le Conseil d’État en 1914-1922, la mairie du Ve arrondissement en 1935.

Henri Martin, tout en s’éloignant des thèmes symbolistes, en gardera toujours la poésie mystérieuse des attitudes, l’atmosphère secrète et diffuse des paysages et une certaine spiritualisation des formes baignées par la sérénité des figures traditionnelles, de l’allégorie. Sa nature profonde le porte vers une expression apaisée d’un monde idéalisé dans un pointillisme aux touches élargies[6],[7].

Il installe son atelier à Labastide-du-Vert dans le Lot, où il termine ses jours.

En 1896, il obtient la croix de chevalier de la Légion d'honneur et, en 1914, il est nommé commandeur. Le 24 novembre 1917 il est élu membre titulaire de l'Académie des beaux-arts, section de peinture, au fauteuil de Gabriel Ferrier.

Le musée de Cahors Henri-Martin conserve de nombreuses œuvres de ce peintre.

Œuvres[modifier | modifier le code]

La Collection Paul Riff[modifier | modifier le code]

Quarante-trois toiles inédites du peintre Henri Martin ont été redécouvertes à Rennes, en 2012[8] dans une maison à l'abandon appartenant aux héritiers du collectionneur et magistrat Paul Riff, mort en 1929 [n 1]. Vingt-six de ces quarante-trois œuvres sont datées entre 1892 et 1903. Cinq genres principaux se dégagent au plan thématique : symbolisme (12), vie rurale (10), figures (9), paysages (6) et religion (6)[10].

Après avoir été exposées à Paris puis à Rennes, elles ont été vendues aux enchères à Rennes le 1er avril 2012[11]. Elles ont été ensuite exposées au musée de Cahors Henri-Martin avant d'être remises à leurs nouveaux propriétaires. Lors de ces enchères, seize toiles d'Henri Martin ont été acquises pour le musée de Cahors Henri-Martin, où près de cinquante tableaux d'Henri Martin constituent le cœur du musée.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Musée de Cahors Henri-Martin[modifier | modifier le code]

  • Ouvrier piqueur, Étude pour Le Travail, Conseil d'État, vers 1926, dépôt du musée des beaux-arts de Valenciennes
  • Étude pour le Monument aux morts de Cahors, 1932, dépôt du musée des beaux-arts de Bordeaux
  • Communiantes, étude pour le Monument aux morts de Cahors, 1932, dépôt du musée des beaux-arts de Bordeaux
  • Deux communiantes, étude pour le Monument aux morts de Cahors, 1932, dépôt du musée des beaux-arts de Bordeaux
  • Officier déposant une couronne, étude pour le Monument aux morts de Cahors, 1932, dépôt du musée des beaux-arts de Bordeaux
  • Les Regains, 1910, dépôt du Fonds national d'art contemporain
  • Orphée, 1880
  • Portait de Jean Rivière, 1880
  • Portrait d'enfant, vers 1883
  • Étude pour Caïn, vers 1883
  • Berger et ses moutons, vers 1890-1900
  • Chevrière devant une maison de Labastide-du-Vert, vers 1890-1900
  • Couple en conversation devant une ferme, vers 1890-1900
  • Effet du matin à Labastide-du-Vert, vers 1890-1900
  • Le Pont de Labastide-du-Vert, vers 1890-1900
  • Les Trois muses, vers 1890-1900
  • Méditation, vers 1890-1900
  • Berger rentrant ses moutons, 1894
  • Le Christ et la Samaritaine, 1894
  • Muse pensive au jardin, 1894
  • Saint François d'Assise, 1894
  • Charité, 1895
  • Jeune femme à la robe fleurie, 1895
  • La Justice, 1897
  • Berger et ses trois muses, 1900
  • Rêverie automnale, 1900
  • Profil au voile, 1902
  • Étude pour Dans la lumière, 1913
  • Barques à Collioure, vers 1920
  • Labastide-du-Vert, La Maison du sabotier, vers 1920
  • Labastide-du-Vert, Le Matin, vers 1920
  • Labastide-du-Vert, Le Village, vers 1920
  • Labastide-du-Vert, Les Collines, vers 1920
  • Le Pont de Labastide-du-Vert, La Chèvre blanche, vers 1920
  • Le Village de Labastide-du-Vert et son église, vers 1920
  • Saint-Cirq-Lapopie, vers 1920
  • Saint-Cirq-Lapopie, La Place, vers 1920
  • Étude pour Les Vignes en automne, vers 1927
  • Bouquet de fleurs des champs, vers 1930
  • Le Monument aux morts de Cahors, 1932
  • Portait de l'abbé Pujol, Étude pour le Monument aux morts de Cahors, vers 1932
  • Étude pour Poètesses au bord d'un lac, vers 1932
  • Autoportait, vers 1938
  • Étude pour les Champs-Élysées, 1939
  • Portrait de femme âgée, Étude pour l'Automne, 1903, dépôt du musée des beaux-arts de Valenciennes

Musée d'Orsay[modifier | modifier le code]

  • Sérénité, 1890, (Virgile, Énéide, Livre VI)
  • Les Toits, Saint-Cirq-Lapopie, vers 1920

Musée des Augustins de Toulouse[modifier | modifier le code]

  • Beauté
  • Portrait de Madame Sans
  • Étude pour les bords de la Garonne
  • L'Homme entre le vice et la vertu
  • La Fête de la Fédération au Champ de Mars le 14 juillet 1790
  • Le Poète
  • L'Église de Labastide du Vert
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Capitole de Toulouse[modifier | modifier le code]

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Musée Fabre à Montpellier[modifier | modifier le code]

  • La Vieille maison, 1904
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Musée des beaux-arts de Reims[modifier | modifier le code]

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Autres collections publiques[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Gustave Louis Jaulmes, Notice sur la vie et les travaux de Henri Martin (1860-1943), édition de l'Institut de France, 1946.
  • Collectif, Henri Martin : du rêve au quotidien, catalogue de l'exposition présentée au musée de Cahors en 2008, au musée des beaux-arts de Bordeaux en 2008, et au musée de la Chartreuse de Douai en 2009, édition Silvana, 2008.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Paul-Louis Riff est né le 16 octobre 1858 à Maubeuge dans une famille d’origine alsacienne. Il épouse Jeanne Horville le 20 septembre 1888 à Amiens. D’abord avocat près la Cour d’Appel d’Amiens, il se tourne vers la magistrature. Conseiller à Douai en 1903, il est nommé président de chambre près cette même Cour d’Appel. Paul Riff est fait chevalier de la légion d’honneur le 27 juillet 1918 pour « services rendus à la France en présence de l’ennemi », il sera fait officier le 31 décembre 1923. Son dossier à la Légion d’Honneur mentionne : « Ce magistrat de haute valeur morale et professionnelle, pratiquant largement de ses deniers la bienfaisance avec une jalouse discrétion, a contribué par son inclassable énergie à maintenir les établissements hospitaliers et d’assistance de Douai pendant l’occupation Allemande et à sauvegarder leur patrimoine immobilier et mobilier. A du à son dévouement d’être interné comme otage ». Après la guerre, il prend une retraite prématurée car la captivité a rendu sa santé fragile et il doit se consacrer à sa fille unique Pauline, malade elle aussi des suites de la guerre. Ils s’installent à Nice. Paul Riff décède à Douai en 1929, il est enterré à Nice au cimetière de Cimieʐ.
    Collectionneur secret : les relations de Paul Riff avec l’artiste nous sont peu connues à ce jour, pourtant quatre tableaux sont dédicacés, soit à lui, soit à son épouse ou à leur fille Pauline. Parmi les 64 lettres adressées par Henri Martin à Henri Duhem conservées au musée de la Chartreuse de Douai, quatre mentionnent le nom de Paul Riff et témoignent qu’il est un fin collectionneur, assez éclairé pour être l’auteur de la préface au catalogue de l’exposition Henri Le Sidaner à la galerie Mancini en 1897[9].

Références[modifier | modifier le code]

  1. (fr) Notice d'autorité personne : Henri Martin, BnF, consulté le 12 avril 2012.
  2. Claude Juskiewenski, Henri Martin. Paysagiste et décorateur languedocien : Thèse de iiie cycle sous la direction de M. le professeur Guinard, Université Toulouse-Le Mirail,‎ , 320 p.
  3. La rue ayant été renumérotée, cette adresse ne correspond pas au numéro 127 actuel.
  4. Acte de naissance 1511, enregistré le 7 août 1860, registre de naissance 1 E 400, page 189 (vue 191/360).
  5. Dont la salle centrale porte son nom
  6. De l’impressionnisme à l’art moderne : la Belle-Époque, par Jean-Jacques Lévêque, ACR éditions
  7. Les Peintres de l’âme, le Symbolisme idéaliste en France par Jean-David Jumeau-Lafond, catalogue de l’exposition au musée d’Ixelles en 1999.
  8. Pauledel.blog.lemonde : 43 toiles d'Henri Martin dans un minuscule appartement
  9. Paul Riff
  10. Collection Paul Riff, dimanche 1er avril 2012 : Henri Martin
  11. Blog Bon sens et Déraison, jeudi 16 mai 2012, Henri Martin-1, un conte de fée

Liens externes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. Un conte de fée
  2. Une exposition rare à Cahors
  3. Labastide-du-Vert
  4. L'atelier de Marquayrol
  5. La fresque de Marquayrol