Carolyn Carlson

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Carolyn Carlson
Description de cette image, également commentée ci-après
Photographie de Fernand Michaud. Étoiles familières d'Avignon. Festival d'Avignon 1976.

Naissance (75 ans)
Oakland, Californie
Lieux de résidence Paris
Activité principale Chorégraphe et danseuse
Style Danse contemporaine
Activités annexes Calligraphie et poésie
Lieux d'activité

Carolyn Carlson Company,

Atelier de Paris - Carolyn Carlson
Années d'activité Depuis 1965
Collaborations René Aubry, Olivier Debré, John Surman, Igor Wakhévitch, Barre Phillips, Michel Portal, Tero Saarinen
Formation Université de l'Utah
San Francisco Ballet
Maîtres Alwin Nikolais
Distinctions honorifiques Lion d’Or, Commandeur des Arts et Lettres, Officier de la Légion d’honneur
Site internet www.carolyn-carlson.com

Œuvres principales


Density 21.5
This-That- the Other- the Beginning - The End
Blue Lady
Vue d'ici
Signes
Inanna
Now
Crossroads to Synchronicity

Carolyn Carlson, née le à Oakland en Californie, est danseuse, chorégraphe, ainsi que poétesse et calligraphe américaine.

Grande figure de la Nouvelle danse française[1], elle a joué un rôle clef dans l’éclosion des danses contemporaines françaises et italiennes avec le GRTOP à l’Opéra de Paris et le Teatrodanza à La Fenice. Elle a créé plus d’une centaine de pièces, dont un grand nombre constituent des pages majeures de l’histoire de la danse. Fondatrice de l'Atelier de Paris-Carolyn Carlson à la Cartoucherie en 1999, elle a été, pendant 9 ans, directrice du Centre Chorégraphique National Roubaix Nord Pas-de-Calais, puis a fondé sa propre compagnie, la Carolyn Carlson Company, associée au théâtre national de Chaillot de 2014 à 2016.

Au terme « chorégraphie », Carolyn Carlson préfère celui de « poésie visuelle » pour désigner son travail. Donner naissance à des œuvres témoins de sa pensée poétique, et d’une forme d’art complet au sein de laquelle le mouvement occupe une place privilégiée. Cette nuance entre chorégraphie et poésie visuelle, Carolyn Carlson l’a dessinée tout au long de sa carrière, au fil des villes et des rencontres.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née de parents d’origine finlandaise en Californie, Carolyn Carlson commence la danse en suivant les enseignements de danse classique à la San Francisco school of Ballet et à l'Université d'Utah.

A Salt Lake City, elle suit les cours de Joan Woodbury, élève de Mary Wigman et pilier de l’enseignement chorégraphique à l’Université d’Utah. Elle découvre le travail de la chorégraphe et pédagogue Anna Sokolov, venue pour créer une pièce avec les étudiants. Cette rencontre lui offre l’occasion d’interpréter son premier solo. De cette figure engagée, qui a su dépasser l’héritage de Martha Graham dont elle fut l’assistante, Carolyn Carlson a certainement conservé une intuition de l’enjeu principal de la danse au-delà du mouvement : l’expression poétique.

New York | Alwin Nikolais Dance Theater[modifier | modifier le code]

Alwin Nikolais, qu’elle définit toujours comme son maître et qu’elle a rencontré à l’Université d’Utah, ensuite suivi à New York, a profondément influencé sa conception du mouvement, de la lumière et de la musique. De l’artiste au talent protéiforme, elle a retenu l’idée du spectacle total résultant d’une harmonie entre ses différentes composantes. Du chorégraphe, elle a hérité une conception du corps dansant en quatre principes : le temps, l’espace, la forme et le mouvement perpétuel. Du pédagogue, elle a intégré le goût de la transmission, et la conviction que création et apprentissage sont indissociables : l’on ne crée que parce que l’on découvre.

La rencontre de Nikolais coïncide avec celle du New York des années soixante. En 1965, Carolyn Carlson rejoint le Nikolais Dance Theater dont elle devient rapidement l’une des principales solistes. C’est là, au sein de la compagnie que Nikolais donne à la jeune chorégraphe la possibilité de développer son propre travail. C’est aussi au sein de la compagnie qu’elle rencontre John Davis, éclairagiste brillant qui deviendra l’un de ses complices artistiques pour de nombreuses années. Elle participe à cette époque, avec le danseur Emery Hermans, au film Image, Flesh and Voice, d'Ed Emshwiller (1969)[2],[3].

Paris > Avignon | La Compagnie Anne Béranger[modifier | modifier le code]

En 1970, Carolyn Carlson s’éloigne du Nikolais Dance Theater et développe ses propres projets. Quelques mois plus tard, elle part pour la France, accompagnée par John Davis. Là, elle rencontre Anne Béranger qui l’engage dans sa compagnie en tant que soliste et chorégraphe. A l’été 1972, au Festival d’Avignon dans la cour d’honneur du Palais des Papes, elle présente Rituel pour un rêve mort, sa deuxième création pour la compagnie. La pièce, manifeste onirique, la révèle au public français. Pour la chorégraphe, Rituel pour un rêve mort, inspiré ses lectures avec John Davis de Nietzche, représente une sorte de révélation de son désir de créatrice : une danse définitivement tournée vers la philosophie et la spiritualité.

C’est au sein de la compagnie Anne Béranger que Carolyn Carlson rencontre le danseur qui sera son double masculin tout au long de sa carrière : Larrio Ekson. Ensemble, ils interpréteront plus d’une trentaine de pièces dans le cadre d’une collaboration qui s’étend sur quatre décennies.

Opéra de Paris | Le GRTOP[modifier | modifier le code]

En 1973, le directeur de l’Opéra de Hambourg, Rolf Liebermann, invite Nicolas Schöffer, Pierre Henry et Alwin Nikolais à créer Kyldex 1. Carolyn Carlson, conviée à participer au projet, fait la rencontre de celui qui quelques mois plus tard devient l’administrateur général de l’Opéra de Paris. Dans les mois suivant, Carolyn Carlson, accompagnée par Larrio Ekson, crée Red Shift pour la London Contemporary Dance Company. Durant les répétitions, elle reçoit la visite d’Hugues Le Gall qui lui propose de participer à une soirée d’Hommage à Edgar Varese à l’Opéra de Paris. Poursuivant sa recherche inspirée par Nietzche, elle prépare durant trois mois avec John Davis un solo marqué d’une figure à mi-chemin entre l’être humain et l’oiseau. C’est Density 21,5, magistral et aérien, qui poursuit l’inscription de la silhouette de la danseuse américaine dans l’imaginaire chorégraphique français.

Liebermann, compositeur et administrateur visionnaire, poursuit son dessin et impose Carolyn Carlson à l’Opéra de Paris avec le titre d’étoile-chorégraphe. Elle rassemble un groupe de danseurs qu’elle conduit avec John Davis et qui devient le GRTOP (Groupe de Recherche Théâtrale de l’Opéra de Paris), installé dans la Rotonde des Abonnés. Le GRTOP se compose de personnalités telles que Larrio Ekson, Odile Azagury, Dominique Petit, Caroline Marcadé, Anne-Marie Reynaud, Peter Morin et Quentin Rouillier. Par la suite, ils sont rejoints par Malou Airraudo et Dominique Mercy. De 1974 à 1980, de Sablier Prison aux Architectes, le GRTOP représente une période d’incroyable créativité pour Carolyn Carlson, marqué par des pièces comme L’Or des fous/Les Fous de l’Or ; X-land ; Wind, Water, Sand ; This, That and the Other, the Beginning and the End ; The Year of the horse. Ce cadre permet à Carolyn Carlson de se consacrer à un travail expérimental au sein de l’Opéra ; travail dont bénéficiera la jeune danse contemporaine française.

En 1976, Carolyn Carlson retrouve brièvement le pays de ses ancêtres pour la création de Kaiku avec le Ballet National de Finlande. La pièce marque la naissance de la danse contemporaine dans le pays, et permet à la chorégraphe de rencontrer Jorma Uotinen qui intégrera le GRTOP et l’accompagnera durant plusieurs années. Les jazzmen John Surman et Barre Philips sont les complices de cette aventure.

En 1979, elle crée le solo Writings on the wall à l’Opéra Comique en collaboration avec le metteur en scène Petrika Ionesco. La pièce constitue l’occasion pour elle d’explorer les liens entre danse et théâtre. Ces années sont aussi marquées par une nouvelle rencontre majeure, le compositeur René Aubry avec lequel elle entame une collaboration qui débute au Théâtre des Bouffes du Nord avec Running on the sounds of a thousand stones et se poursuit avec Slow, Heavy and Blue pour le Ballet de l’Opéra. Depuis lors, leurs parcours de créateurs seront liés de Blue Lady à Signes, d’Underwood à Steppe, jusqu’à leurs retrouvailles pour Le Roi penché en 2009, puis Now en 2014.

Venise | Teatro La Fenice[modifier | modifier le code]

En 1980, Carolyn Carlson prend le chemin de l’Italie, pays où elle a créé avec succès, l’année précédente, Trio avec Larrio Ekson et Jorma Uotinen à la Scala de Milan.

C’est le maestro Italo Gomez, directeur artistique du Teatro La Fenice, qui l’invite à Venise, met à sa disposition le Teatro Malibran et les moyens de constituer une nouvelle compagnie : le Teatrodanza La Fenice. Avec l’aide de Larrio Ekson et de Jorma Uotinen, Carolyn Carlson fonde un groupe qui compte dans ses rangs une part de ceux qui constitueront la première génération de chorégraphes contemporains italiens : Caterina Sagna, Rafaella Giordano, Luisa Casiraghi, Roberto Castello, Michele Abbondanza, Francesca Bertolli et Giorgio Rossi. Le Teatrodanza La Fenice produit Undici Onde (1981), Underwood (1982) et Chalk work (1983). Cette période est aussi marquée par la poursuite de la complicité avec René Aubry. Ils réalisent leur collaboration majeure, Blue Lady. Le solo, pièce solaire créée après la naissance du fils de Carolyn Carlson et René Aubry, deviendra un mythe et sera représenté durant plusieurs années dans le monde entier.

Paris | Le Théâtre de la Ville[modifier | modifier le code]

A l’invitation de Gérard Violette et du Théâtre de la Ville, Carolyn Carlson revient à Paris en 1985. Avec une compagnie qui se compose de fidèles du Teatrodanza et de nouveaux venus parmi lesquels Tomeo Vergès ou Lari Leong, elle crée trois pièces : Still Waters, Dark et Steppe. Cette période voit la Blue Lady répondre aux commandes de ballets : A Time exposure pour le Elliot Feld Ballet sur la musique de Joachim Kühn à New York et Shamrock avec le compositeur Gabriel Yared, pour le Het Nationale Ballet à Amsterdam. Elle participe à la pièce Cosmopolitan greetings dirigée par Robert Wilson à Hambourg.

En 1989, elle entame une longue série d’improvisations avec des musiciens : John Surman qu’elle retrouve et Michel Portal avec lequel elle collaborera plusieurs années durant.

Helsinki, Finlande[modifier | modifier le code]

En 1991, son parcours la ramène vers la Finlande. A l’automne elle crée Maa pour le Ballet de l’Opéra National. La pièce marque sa première collaboration avec la compositrice Kaija Saariaho et sa rencontre avec les danseurs Tero Saarinen et Nina Hyvärinen.  Cette période finlandaise se prolonge par deux créations Elokuu et Syyskuu, pour la Helsinki City Theatre Dance Company et Sininen porti pour le Aurinkobaletti au Kaupunginteatteri.

Paris > Stockholm[modifier | modifier le code]

L’année 1993 marque les retrouvailles avec la France et deux créations : le solo Don’t look back pour Marie-Claude Pietragalla et Commedia, spectacle mêlant danse, théâtre et musique, conçu avec Michel Portal pour le Schauspielhaus à Hambourg.

Elle accepte la direction du Ballet Cullberg pour une année. Avec la compagnie suédoise, elle crée Sub rosa en janvier 1995.

En juin, Carolyn Carlson retrouve le public du Théâtre de la Ville pour un nouveau solo majeur : Vue d’ici. Les soli occupent une place à part dans l’œuvre et la démarche artistique de Carolyn Carlson. Ils constituent l’essence de cette démarche, des pièces conçues sans verbalisation préalable. Le mouvement poétique à l’état pur. Souvent cette approche se double d’un regard introspectif posé par la chorégraphe sur son existence. Ainsi, Vu d’ici constitue une sorte de second chapitre de la narration débutée avec Blue Lady, douze années plus tôt.

En 1997, elle crée Signes avec le peintre Olivier Debré et René Aubry pour le Ballet de l’Opéra de Paris. De la rencontre entre la chorégraphe et le peintre nait un ballet évidemment et brillamment pictural, porté par les étoiles Marie-Claude Pietragalla et Kader Belarbi. A l’image des productions des Ballets Russes de Diaghilev, Signes rassemble une chorégraphe, un peintre et un compositeur de renom à la recherche d’un théâtre total.

En 1998, Carolyn Carlson revient au Théâtre de la Ville pour Dall’Interno, pièce inspirée par la musique de Bob Dylan.

Venise | La Biennale de la Danse[modifier | modifier le code]

En 1999, Paolo Baratta lui propose la direction artistique de la première Biennale de la Danse de Venise. Cette expérience donne pour la première fois à cette nomade l’occasion de mener un festival, d’offrir au public une programmation selon son cœur. L’aventure se double de la création d’une école de danse, l’Academia Isola Danza, conduite en collaboration avec Simona Bucci.

A Venise, elle chorégraphie des pièces liées à des lieux particuliers de la ville : Light bringers, créé en extérieur au Teatro Verde sur l’Ile San Giorgio Il Maggiore et J.Beuys song, conçu dans l’immense espace de l’Arsenal.

Cette période est aussi marquée par plusieurs soli regroupés en deux programmes Solo Donna et Solo Men. Parmi eux, Man in a room, interprété par Tero Saarinen et inspiré par la peinture de Mark Rothko, constitue une expérience saisissante, une plongée dans la folie créatrice. En 2002, le second séjour vénitien se clôt comme le premier par la création d’un solo Writings on water.

Paris | L'Atelier de Paris-Carolyn Carlson[modifier | modifier le code]

Parallèlement à l’expérience de Venise, elle fonde en 1999 avec Pierre Barnier, l’Atelier de Paris-Carolyn Carlson à la Cartoucherie, avec le soutien de la Ville de Paris. Outre ses propres masterclasses, Carolyn Carlson convie les plus prestigieux artistes de la scène internationale à enseigner comme Susan Buirge, Meredith Monk, Lucinda Childs, Trisha Brown, Benoît Lachambre ou Josef Nadj

Soucieuse de rassembler maîtres de la danse, jeunes talents et publics, elle lance en 2004 le festival JUNE EVENTS sur un rythme biennal.

Pendant cette même période, elle crée le solo Kan (2001) interprété par Yutaka Takei, qui sera l’un des interprètes clefs de cette période et le remarquable trio Tigers in the tea house (2004), fruit de l’inclinaison de la chorégraphe pour l’Orient et le bouddhisme zen en particulier. Quelques mois plus tard, elle revient à Salt Lake City et chorégraphie Down by the river pour la compagnie de Joan Woodbury et Shirley Ririe, puis Wash the flowers en 2005 pour le Ballet de Luzern.

Plaçant la transmission au cœur de son projet artistique et pédagogique, l’Atelier de Paris rassemble professionnels et publics dans un même esprit de partage et d’échange. En 15 ans, la dynamique danse qu’il a su insuffler sur le site de la Cartoucherie, mais aussi au-delà, à Paris, à travers les résidences de création, les masterclasses, les spectacles et rendez-vous pour le public mais aussi le festival JUNE EVENTS devenu annuel, lui confère un rôle moteur dans le paysage chorégraphique parisien et francilien. Aujourd’hui Carolyn Carlson reste présidente d’honneur de L’Atelier de Paris, désormais CDCN dirigé par Anne Sauvage.

Roubaix | Le Centre Chorégraphique[modifier | modifier le code]

En 2005, elle est nommée à la direction du Centre Chorégraphique National Roubaix Nord-Pas de Calais. En novembre, elle signe Inanna, bouleversante pièce de femmes inspirée par les images troublées de Francesca Woodman et les murs de la ville qu’elle découvre. Quelques mois plus tard elle crée, avec le duo d’artistes visuels Electronic Shadow, le solo Double Vision. La même année, elle chorégraphie If to leave is to remember pour le Ballet de Munich.

L’arrivée à Roubaix correspond, à la constitution d’une nouvelle compagnie Carolyn Carlson, tissée d’anciennes danseuses d’Isola Danza, d’interprètes de l’ex Ballet du Nord et de danseurs rencontrés par la chorégraphe au cours de ses pérégrinations. Hidden, pièce d’inspiration chamanique sur la musique de Kaija Saariaho, et eau, ballet écologique et contemporain sur les images d’Alain Fleischer, constituent les aboutissements de cette période particulièrement féconde. Comme au GRTOP ou à Venise, la compagnie constitue une pépinière de jeunes créateurs que la chorégraphe soutient et encourage. En 2005, elle invite Juha Marsalo à chorégraphier Scène d’amour pour la compagnie. En 2008, elle transmet son solo Blue Lady à deux hommes, Tero Saarinen et Jacky Berger.

En 2009, le compagnonnage s’intensifie avec l’accueil d’une compagnie dont l’équipe du CCN a la charge administrative, la compagnie Zahrbat du danseur hip hop Brahim Bouchelaghem. Carolyn compose plusieurs poèmes pour sa création What did you say?, véritable source d’inspiration pour Brahim.

Carolyn crée Le Roi Penché en 2009 également, une pièce pour le jeune public, imaginée à partir d’un conte écrit par Marie Desplechin sur une musique de René Aubry.

En 2010 et 2011, elle dédie 2 soli à 2 interprètes hors norme, Mandala pour Sara Orselli, danseuse et assistante de Carolyn sur de nombreuses pièces, et Wind Woman pour Céline Maufroid. La même année, Carolyn s’associe à Bartabas avec We were horses, pièce dans laquelle danseurs et écuyers dialoguent majestueusement. En 2012, elle crée Synchronicity, puis en 2013, année prolifique et la dernière en tant que directrice du CCN de Roubaix, trois pièces dont Dialogue with Rothko, un solo hommage au peintre Mark Rothko d’une rare intensité. Elle chorégraphie également Woman in a room pour la danseuse étoile Diana Vishneva, puis All that falls, pour Céline Maufroid et Juha Marsalo.

Mouvement perpétuel | Carolyn Carlson Company[4][modifier | modifier le code]

En 2014, elle fonde sa propre compagnie, la Carolyn Carlson Company, présidée par Bernard Faivre d’Arcier,  et dirigée par Claire de Zorzi qui accompagne la chorégraphe depuis 2001. Accueillie en résidence au théâtre national de Chaillot de 2014 à 2016, elle poursuit aujourd'hui ses projets dans le monde entier.

Très inspirée par l’œuvre de Gaston Bachelard, elle crée Pneuma en mars 2014 pour le Ballet de l’Opéra de Bordeaux, ainsi que Now, pièce pour sept danseurs de sa compagnie sur une musique de René Aubry, dont les premières représentations sont programmées à Chaillot en .

En 2015 elle transmet son solo mythique, Density 21.5, à l’une de ses fidèles danseuses, Isida Micani, puis crée Burning, pour le danseur coréen Won Myeong Won.  En 2016 elle crée à Chaillot une pièce pour le jeune public, Seeds (retour à la terre) autour de l’écologie. Cette pièce pour 3 danseurs a un quatrième interprète virtuel, Elyx, petit bonhomme dessiné ambassadeur des Nations Unies et de la COP21, créé par Yacine Aït Kaci.

En 2017 elle revisite son spectacle Synchronicity, inspiré par Carl Jung en 2012, de manière lumineuse et puissante en créant Crossroads to Synchronicity, pour 6 de ses plus beaux interprètes.

Son œuvre a été récompensée à de nombreuses reprises, en particulier par le premier Lion d’Or attribué par la Biennale de Venise à un chorégraphe. Carolyn Carlson est aussi Commandeur des Arts et Lettres et officier de la Légion d’Honneur.

Activités connexes[modifier | modifier le code]

Outre ses créations chorégraphiques, elle développe un travail d’écriture et de calligraphie. Elle a publié Le Soi et le Rien (Éditions Actes Sud, 2002), Solo, Poèmes et encres (Éditions Alternatives, 2003), Inanna (Éditions CCN, 2007) avec le scénographe et plasticien Euan Burnett-Smith, Brins d’herbe (Actes Sud, 2011), Dialogue avec Rothko, texte poétique à l’origine de son solo Dialogue with Rothko (Invenit, 2011), Traces d’encre (Actes Sud, 2013) et tout dernièrement Writings on Water (Actes Sud, 2017), catalogue de sa première exposition d’encres et dessins présentée au Musée La Piscine de Roubaix à l’été 2017.

En 2013, la BnF organisait Carlson, écriture et mouvement, afin de présenter au public une sélection de pièces et documents emblématiques de la danseuse-chorégraphe, qui faisait alors le don de ses archives à l'institution. L'exposition voyagea ensuite pour la maison Jean Vilar en Avignon[5]. Cette exposition fut l’occasion de présenter des carnets et une poignée de dessins ou calligraphies de l’artiste parmi un fonds public et privé très riche, jamais exposés.

En 2015, le recueil de poèmes de l'écrivain français Erik Poulet-Reney intitulé La Femme de craie est préfacé de calligraphies de Carolyn Carlson. Il s'agit d'un hommage poétique de l'écrivain à la sensibilité et à la sensualité de Carolyn Carlson.

En 2017, sous l'impulsion de la commissaire d'exposition Hélène de Talhouët et de la Carolyn Carlson Company, La Piscine - musée d’art et d’industrie de Roubaix, présente l’exposition Writings on water (écrits sur l’eau), de la pièce éponyme de Carolyn Carlson, qui regroupe plus d’une centaine de dessins et encres, posés sur le papier tout au long de la vie de la danseuse et chorégraphe. En 2018, l'exposition voyagera au Musée Toulouse-Lautrec d'Albi sous le titre La femme peinte.

Le prochain projet d'envergure de Carolyn Carlson est une création chorégraphique pour le cinéma, The Wildflower, long-métrage qui réunira la quasi-totalité des danseurs les plus importants qui ont traversé sa carrière, coécrit avec Damian Pettigrew.

Principales chorégraphies[modifier | modifier le code]

Ouvrages de Carolyn Carlson[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guy Delahaye, Carolyn Carlson, éditions Albin Michel, 1978 (ISBN 978-2226007094)
  • Carolyn Carlson par Guy Delahaye, 1988 Préface et poèmes KENETH WHITE-Directeur de Collection - Pierre Osella - Direction Artistique Martinez Eric
  • Claude Lê-Anh, Carolyn Carlson, Atelier de Paris – Carolyn Carlson, 1995
  • Claude Lê-Anh, Carolyn Carlson : Paris - Venise - Paris, coll. « Danse » Actes Sud, 2010 (ISBN 978-2742778911)
  • Raphaël-Didier de l'Hommel, Carolyn Carlson : Regards, gestes et costumes, coll. « Images et Danse », Christian Rolland Éditions, 2013 (ISBN 978-2-9538184-5-1)
  • Thierry Delcourt, Carolyn Carlson, de l'intime à l'universel, Actes Sud, 2015 (ISBN 978-2-330-05331-4)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Karma One, An essay on Carolyn Carlson. Alain Mayor, 1977. L'interprète-chorégraphe, période seventies-GRTOP, au travail, aussi bien en répétition qu'en public, et délivrant par petites touches ses réflexions sur la danse.
  • Carolyn Carlson Solo. André S. Labarthe, 1984. Journal de création de l'ultime semaine de répétitions de Blue Lady, solo magnétique et légendaire, créé en 1983.
  • Carolyn Carlson, A Woman of many faces. Charles Picq, 1996. L'histoire de Carolyn, son maître Alwin Nikolais, sa nomination à l'Opéra de Paris comme chorégraphe résidente dans les années 1970 et la mise en place, à l'Opéra, du GRTOP.
  • Empreintes, Le Regard du geste. Bel Air Media, Elisabeth Kapnist, 2008. Retour sur les moments-clés de la vie et de la carrière de Carolyn Carlson.
  • Carolyn Carlson chorégraphie le Nord. Bernard Nauer, 2011. Documentaire autour de la création du spectacle Mundus Imaginalis 2010.
  • Carolyn Inside-Outside (documentaire de 90 min, sortie prévue 2019)[7]. Commencé en 2012 par le cinéaste Damian Pettigrew et Carolyn Carlson, le long-métrage documentaire se concentre sur la création de plusieurs œuvres majeures de la chorégraphe y compris Synchronicity (2012), Dialogue avec Rothko (2013), Woman in a Room (2013) avec l'étoile russe Diana Vichneva, Now (2016), Seeds (2016), Crossroads to Synchronicity (2017) et Black Over Red (2017) avec Marie-Agnès Gillot[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Fifty contemporary choreographers, Martha Bremser, éditions Routledge, Abingdon, 1999, (ISBN 0-415-10363-0), p. 55-59.
  2. Fiche technique de Image, Flesh and Voice sur le site de Turner Classic Movies. (consulté le ).
  3. Critique de Image, Flesh and Voice dans la revue Film Quarterly, vol. 22, no 3, printemps 1969. (consulté le ).
  4. « Carolyn Carlson Company ».
  5. « Carolyn Carlson, écriture et mouvement », Exposition à la Bibliothèque nationale de France, François Mitterrand, Paris, du au et Maison Jean Vilar, Avignon, Exposition du au .
  6. Le HuffPost/AFP, « Légions d'honneur : Roselyne Bachelot, Line Renaud et Marie-José Pérec décorées » sur Le Huffington Post, .
  7. Portrait & Cie News.
  8. Portrait & Cie News Consulté le 25 octobre 2018.

Liens externes[modifier | modifier le code]