Carolyn Carlson

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Carolyn Carlson

Naissance (72 ans)
Oakland, Californie
Activité principale Chorégraphe et danseuse
Style Danse contemporaine
Nouvelle danse française
Activités annexes Calligraphie et poésie
Lieux d'activité

Théâtre national de Chaillot,

Atelier de Paris - Carolyn Carlson
Années d'activité Depuis 1964
Collaborations René Aubry, Olivier Debré
Formation Université de l'Utah
San Francisco Ballet

Œuvres principales

Blue Lady
Signes

Carolyn Carlson, née le à Oakland en Californie, danseuse, chorégraphe, ainsi que poétesse et calligraphe américaine. Grande figure de la Nouvelle danse française[1], elle fut, pendant 9 ans, directrice du Centre Chorégraphique National Roubaix Nord Pas-de-Calais et dirige depuis 1999 l'Atelier de Paris à La Cartoucherie. Elle crée sa compagnie en janvier 2014, la Carolyn Carlson Company et s'installe en résidence au Théâtre national de Chaillot pour deux saisons.

Biographie[modifier | modifier le code]

Née de parents d’origine finlandaise en Californie, Carolyn Carlson débute la danse en suivant les enseignements de danse classique à l'Université de l'Utah et au San Francisco Ballet. Dès 1964, elle danse au Alwin Nikolais Dance Theatre de New-York, qu’elle quittera en 1971 pour rejoindre Paris. Carolyn Carlson hérite alors des conceptions du mouvement d’Alwin Nikolais dont l’influence marquera la définition de sa voie chorégraphique. En 1972 elle signe Rituel pour un Rêve mort, manifeste poétique qui caractérise profondément le style de son travail : une danse tournée vers la spiritualité et la philosophie. Pour décrire et qualifier son travail, la chorégraphe préfère parler de « poésie visuelle » plus que de « chorégraphie ». Invitée par Rolf Liebermann, elle collabore dès 1974 avec le Ballet de l'Opéra de Paris en tant que chorégraphe-étoile. Cette association la conduit au poste de responsable du Groupe de recherches théâtrales de l'Opéra de Paris (GRTOP) dans l'espace de la Rotonde sous le bâtiment. Carolyn Carlson est à ce titre une des figures les plus importantes pour l'émergence de la Nouvelle danse française des années 1970-1980.

En 1974, elle fait la rencontre de Philippe Besombes. Il compose pour elle plusieurs musiques de ballet dont L'Or des fous créé au Théâtre de la Ville. Pour ces concerts-ballets, les traitements électro-acoustiques sont réalisés en direct et la musique diffusée en quadriphonie. Ils créent ensemble Synthetik pour le Johann Strauss Festival à Vienne, ainsi que d'autres ballets comme Trio ou Pawa.

Carolyn Carlson dirige le Teatrodanza La Fenice de 1980 à 1984, où elle crée son solo mythique en 1983, Blue Lady. De 1985 à 1991 elle s'installe en résidence au Théâtre de la Ville. Elle y crée en 1986 Still waters et Dark en 1988.

De 1991 à 1992, elle devient chorégraphe résidente au Finnish National Ballet, pour lequel elle crée le ballet Maa (signifiant Terre en finnois) sur une musique de Kaija Saariaho. Elle dirige également la Helsinki Dance Company et crée Syyskuu ainsi que Elokuu en 1992. Carolyn Carlson prend la tête du Ballet Cullberg de Stockholm de 1992 à 1994.

De retour en France, Carolyn Carlson présente sa chorégraphie Vu d'ici, lors de la saison 1995-1996 du Nouveau théâtre d'Angers. La saison suivante, elle présente Avant-premières coproduite avec Antonio Carallo, Héla Fattoumi et Éric Lamoureux. Le réalisateur Laury Granier lui consacre un film musical : La Momie à mi-mots. Réalisé en 1995, le film n’est présenté au public qu’en 1998.

En 1999, la compagnie Carolyn Carlson s'installe à l'Atelier de Paris, un studio situé à La Cartoucherie. Outre le travail de la chorégraphe, le lieu accueille d'autres artistes en résidence et les chorégraphes les plus renommés de la scène internationale pour diriger des master-classes professionnelles. Elle est également nommée directrice artistique de la section danse de la Biennale de Venise. En 2000, Carolyn Carlson reprend Signes, une œuvre créée en 1997 pour Marie-Claude Pietragalla et Kader Belarbi, à l'Opéra-Bastille.

En 2005 et jusqu’en 2013, elle prend la direction du Centre chorégraphique National Roubaix Nord Pas-de-Calais. Elle y crée des œuvres marquantes comme Inanna en 2005, Eau en 2008 ou encore Synchronicity en 2012. Une nouvelle opportunité de collaboration s'offre à la chorégraphe en 2011 : Les écuyers de Bartabas s'associent aux danseurs de Carolyn Carslon pour We are horses. En 2013 elle produit Dialogue with Rothoko toujours en diffusion aujourd'hui. Sous la direction de Carolyn Carlson, le CCN de Roubaix propose et développe un accompagnement aux jeunes compagnies (la Compagnie Juha Marsalo, les compagnies des danseurs avec notamment celle d’Isida Micani, Compagnie aKoma névé) dans leur diffusion, et même dans leur administration pour la Compagnie Zahrbat, dirigée par Brahim Bouchelaghem.

En 2006, Carolyn Carlson chorégraphie le Concerto 5.31 pour le danseur et chorégraphe James Carlès. La même année, lors de la Biennale de Venise, elle est récompensée du premier Lion d’Or jamais attribué à un chorégraphe. Elle est amenée en 2007 à collaborer avec le danseur indien Raghunath Manet. Un an plus tard, elle transmet son solo Blue Lady (création de 1983) au danseur finlandais Tero Saarinen. Leur collaboration se poursuit avec le solo Man in a Room en 2006 qu’elle réécrit pour lui.

En juin 2011, en plus de la direction de l'Atelier de Paris à la Cartoucherie, elle est nommée à la tête du Théâtre du Chaudron dont la programmation s’oriente d’avantage vers la danse. Le festival JUNE EVENTS (créé en 2004) devient alors annuel, il présente des artistes confirmés tels que Meredith Monk, Toméo Vergès, Tero Saarinen, Damien Jalet, ainsi que de plus jeunes compagnies, dirigées par des artistes tels que le Groupe Entorse avec Samuel Lefeuvre et Raphaëlle Latini ou encore Danya Hammoud et Maud le Pladec.

En janvier 2014, Carolyn Carlson crée la Carolyn Carlson Company, qui entame une résidence au Théâtre national de Chaillot pour deux saisons à partir de septembre. En mars, elle chorégraphie Pneuma pour le Ballet de l’Opéra de Bordeaux, avec orchestre, assistée de Sara Orselli, danseuse de la compagnie.

L’intérêt de Carolyn Carlson pour l'improvisation en solo l'amène naturellement à travailler avec des musiciens de jazz, et en particulier une longue collaboration avec John Surman, mais aussi Joachim Kühn, Michel Portal ou le compositeur français René Aubry qu'elle a rencontré au milieu des années 1970 à Paris. La musique contemporaine est aussi très présente dans son œuvre. Elle collabore avec des compositeurs majeurs comme Pierre Henry, Kaija Saariaho, Gavin Bryars, Philip Glass ou Jean-Paul Dessy, directeur artistique du Manège de Mons, avec lequel elle crée Dialogue with Rothko en 2013, un hommage vibrant au peintre Mark Rothko. Elle a également collaboré avec des plasticiens comme le peintre Olivier Debré qui réalisa des décors monumentaux pour la pièce Signes.

Outre un répertoire riche de plus de 100 chorégraphies, Carolyn Carlson est également l'auteur de poèmes, de dessins, de calligraphies et de haïkus. Elle publie aux Éditions Actes Sud Le Soi et le Rien en 2001, puis Brins d’herbe en 2011 et Traces d’Encre en 2013. La chorégraphe donne le nom de son œuvre Inanna à sa publication de 2006. Dialogue avec Rothko qui inspira son solo Dialogue with Rothko, est publié en 2011 aux éditions Invenit.

Principales chorégraphies[modifier | modifier le code]


Ouvrages de Carolyn Carlson[modifier | modifier le code]

Prix et distinctions[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guy Delahaye, Carolyn Carlson, éditions Albin Michel, 1978 (ISBN 978-2226007094)
  • Carolyn Carlson par Guy Delahaye, 1988 Préface et poèmes KENETH WHITE-Directeur de Collection - Pierre Osella - Direction Artistique Martinez Eric
  • Claude Lê-Anh, Carolyn Carlson, Atelier de Paris – Carolyn Carlson, 1995
  • Claude Lê-Anh, Carolyn Carlson : Paris - Venise - Paris, coll. « Danse » Actes Sud, 2010 (ISBN 978-2742778911)
  • Raphaël-Didier de l'Hommel, Carolyn Carlson : Regards, gestes et costumes, coll. « Images et Danse », Christian Rolland Éditions, 2013 (ISBN 978-2-9538184-5-1)

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Karma One, An essay on Carolyn Carlson. Alain Mayor, 1977. L'interprète-chorégraphe, période seventies-GRTOP, au travail, aussi bien en répétition qu'en public, et délivrant par petites touches ses réflexions sur la danse.
  • Carolyn Carlson Solo. André S. Labarthe, 1984. Journal de création de l'ultime semaine de répétitions de Blue Lady, solo magnétique et légendaire, créé en 1983.
  • Carolyn Carlson, A Woman of many faces. Charles Picq, 1996. L'histoire de Carolyn, son maître Alwin Nikolais, sa nomination à l'Opéra de Paris comme chorégraphe résidente dans les années 1970 et la mise en place, à l'Opéra, du GRTOP.
  • Empreintes, Le Regard du geste. Bel Air Media, Elisabeth Kapnist, 2008. Retour sur les moments-clés de la vie et de la carrière de Carolyn Carlson.
  • Carolyn Carlson Chrorégraphie le Nord. Bernard Nauer, 2011. Documentaire autour de la création du spectacle Mundus Imaginalis 2010.
  • Carolyn Inside-Outside (documentaire de 90 min, sortie en salle prévue pour 2016[3]). Commencé en 2012 par le cinéaste Damian Pettigrew et Carolyn Carlson, le long-métrage documentaire se concentre sur la création de plusieurs œuvres majeures de la chorégraphe y compris Synchronicity (2012), Dialogue avec Rothko (2013) et Woman in a Room (2013) avec l'étoile russe Diana Vichneva ainsi que les nouvelles créations au Théâtre national de Chaillot.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]