Jardin des plantes de Paris

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Jardin des plantes
Image illustrative de l'article Jardin des plantes de Paris
Plan du Jardin des plantes.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Commune Paris
Quartier Ve arrondissement
Superficie 23,5 ha
Histoire
Création 1635
Gestion
Lien Internet http://www.jardindesplantes.net
Accès et transport
Stationnement Voguéo-Batobus[1] : escales Gare d'Austerlitz et Jardin des plantes.
Gare Gare d'Austerlitz
Métro (M)(5)(7)(10) Gare d'Austerlitz, Censier-Daubenton, Monge, Jussieu
Tramway (RER)(C) (station Austerlitz).
Bus (BUS) RATP 24 47 57 61 63 67 89 91
Localisation
Coordonnées 48° 50′ 38″ nord, 2° 21′ 34″ est

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Jardin des plantes

Géolocalisation sur la carte : 5e arrondissement de Paris

(Voir situation sur carte : 5e arrondissement de Paris)
Jardin des plantes

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(Voir situation sur carte : Paris)
Jardin des plantes

Le Jardin des plantes, aussi appelé le jardin des plantes de Paris lorsqu'on le distingue d'autres jardins des plantes situés dans d'autres villes, est un parc et un jardin botanique ouvert au public, situé dans le 5e arrondissement de Paris. Il est le siège et le principal site du Muséum national d'histoire naturelle, qui possède aussi d'autres sites à Paris et en province. En tant qu'espace de l'institution de recherche qu'est le Muséum, le Jardin des plantes est, à ce titre, un campus. En plus des espaces verts propres à un jardin (parterres, espaces botaniques, arbres, jardin à l'anglaise, etc.), on trouve aussi au Jardin des plantes une ménagerie, des serres, et des bâtiments d'exposition scientifique faisant office de musées que le Muséum nomme « galeries » (la galerie de Minéralogie fait ainsi office de musée de minéralogie et la galerie de Paléontologie, par exemple, est un musée de paléontologie).

Le Jardin des plantes est encadré, dans le sens des aiguilles d'une montre et en commençant par le nord, par le quai Saint-Bernard le long de la Seine, la place Valhubert, une très courte section du boulevard de l'Hôpital, et les rues Buffon (vers l'ouest de laquelle il s'étend des deux côtés, cette rue étant une ancienne allée du Jardin sous l'intendance de Buffon jusqu'en 1788), Geoffroy-Saint-Hilaire et Cuvier, qui délimitent une étendue de 23,5 hectares. Le Jardin est immédiatement voisin de la mosquée de Paris, du campus de Jussieu et de la gare d'Austerlitz ; le quartier environnant a pris son nom.

Attractions du Jardin[modifier | modifier le code]

Les perspectives[modifier | modifier le code]

Le Jardin des plantes comporte au nord un ensemble de perspectives à l'anglaise mises en place au XVIIIe siècle notamment sous l'intendance de Buffon, et au sud une grande perspective à la française (500 m de long pour 3 ha) plus ancienne, dont la moitié haute (ouest), entre la rue du Jardin-du-Roy, actuellement rue Geoffroy-Saint-Hilaire, et le canal des Victorins, est présente dès l'origine du Jardin au XVIIe siècle, tandis que la moitié basse (est) a été achevée au XVIIIe siècle, sur des terrains inondables[2] où l'on entreposait auparavant du bois de chauffage, comme on le voit sur les plans anciens de Paris[3].

La grande perspective à la française s'étend d'ouest en est de la grande galerie de l'Évolution à la place Valhubert, place qui avant 1806 faisait partie du Jardin. Ses parterres sont bordés de rideaux de platanes et sont fleuris à partir du mois d'avril. Les collections de fleurs changent régulièrement, totalisant près de mille plantes cultivées. Elle relie deux esplanades : à l'ouest l'esplanade Milne-Edwards (nommée d'après Alphonse Milne-Edwards, directeur du Muséum de 1890 à 1900), qui se trouve aux pieds de la grande galerie de l'Évolution, et à l'est l'esplanade Lamarck (nommée d'après Jean-Baptiste de Lamarck, qui au sein du Muséum occupa la chaire de zoologie de 1793 à 1829), du côté de la Seine. L'esplanade Milne-Edwards recouvre la zoothèque, qui est souterraine et dans laquelle son conservés des centaines de milliers d'animaux naturalisés, insectes, poissons, reptiles ou mammifères. Face à la grande galerie de l'Évolution, en tête de cette esplanade, se trouve un Monument à Buffon, œuvre en bronze de Jean Carlus (1883)[4].

Les perspectives à l'anglaise se trouvent, d'ouest en est, dans le « grand labyrinthe »[note 1], surmonté par la gloriette de Buffon et abritant le tombeau laïc de Daubenton (c'est l'ancienne « butte Coypeau » ou « des Copeaux », en fait un dépotoir médiéval recouvert de terre)[5], dans le « petit labyrinthe » devenu réserve de biodiversité, aux abords de l'hôtel de Magny et du grand amphithéâtre, dans les jardins alpin et écologique, et dans la Ménagerie.

Le Jardin s'étend des deux côtés de la rue Buffon créée à partir de l'une de ses allées[6] : côté sud, l'on trouve le « clos Patouillet », ancienne propriété de Buffon dit aujourd'hui « îlot Buffon-Poliveau »[7], dévolu à la recherche, aux études et à la conservation des collections du Muséum.

Perspective à la française : panorama Ouest-Est depuis l'esplanade Milne-Edwards.

Les grandes serres[modifier | modifier le code]

Quatre serres à armature métallique sont alignées le long de la perspective. Après cinq ans de travaux, 1 300 m2 de verreries démontées et huit millions d'euros investis, les serres du Jardin des plantes accueillent de nouveau le public depuis juin 2010. Elles offrent aux visiteurs :

  • un jardin d'hiver (750 m2), à climat chaud et humide (22 °C). De style Art déco, la serre est l'œuvre de l'architecte René Berger (1937). Elle comprend un ruisseau, des ficus, des palmiers, des bananiers, des plantes grimpantes et épiphytes, etc.
  • une serre dite mexicaine, œuvre de Rohault de Fleury (18341836), précurseur de l'architecture métallique en France. Elle regroupe des espèces caractéristiques des milieux arides d'Amérique, Afrique méridionale et Madagascar : cactus, euphorbes, agaves, avocatiers, caféiers, poivriers, etc.
  • une serre australienne et néo-calédonienne, également dessinée par Rohault de Fleury...
  • et une serre dite paléobotanique qui présente les étapes du développement de la flore depuis l'apparition des plantes terrestres, il y a 430 millions d'années.

Les jardins spécialisés[modifier | modifier le code]

Dans la serre de paléobotanique bâtie par Rohault de Fleury, cette présentation mêle fossiles et plantes à spores actuelles.

La roseraie a pour but d'étudier et de présenter au public les différentes sous-espèces de roses, classées de manière raisonnée. Elle comprend 170 variétés de roses européennes, plantées le long de l'allée Haüy (du nom de l'abbé Haüy, pionnier de la minéralogie), située, elle, le long de la galerie de Minéralogie et de Géologie. Cette roseraie est ornée de deux statues, L'Amour captif marbre de Félix Sanzel et Venus genitrix de Charles Dupaty.

Une « école de botanique » et un « jardin écologique » se trouvent entre les serres et la Seine : la première présente les végétaux par familles et permet d'appréhender leurs caractéristiques et leur phylogénie, le second est un milieu composite de la région parisienne, où l'on observe les populations végétales et animales dans leur biodiversité et leur évolution naturelle.

Entre l'école de botanique et la Ménagerie, le jardin alpin acquit sa physionomie actuelle en 1931 (à la place de la « vallée suisse » et d'une pépinière) : il vise à étudier les plantes arbustives et herbacées des milieux montagnards du monde entier (Himalaya, Alpes, Corse). Il compte plus de 2 000 plantes sur deux zones reliées par un passage souterrain. Ce jardin comporte un pistachier mâle à partir duquel le botaniste Sébastien Vaillant mit en évidence la sexualité des végétaux au XVIIIe siècle.

Regroupant 4 500 variétés d'arbustes et de plantes, l'école de botanique a été créée par le botaniste André Thouin au XVIIIe siècle. Elle vise à présenter de manière raisonnée au public et aux botanistes les espèces susceptibles de vivre en plein air en Europe. Elle comprend également des arbres historiques, dont un Pin laricio (Pinus nigra subsp. laricio) qui a été frappé par la foudre et présente depuis une silhouette caractéristique. Plusieurs cours hebdomadaires y sont dispensés par les jardiniers du Muséum.

Enfin, le jardin écologique est une zone expérimentale enclose, où l'intervention humaine se fait la plus discrète possible. La nature y est livrée à elle-même et n'est librement accessible qu'à quelques jardiniers ou chercheurs autorisés à en étudier la biodiversité. Cette parcelle contient différents secteurs naturels d'Île-de-France reconstitués : sept milieux ouverts (vigne, prairie, mare, tourbière, rocaille...), ainsi que quatre milieux forestiers dont la composition du sol est différente, et où poussent presque librement des espèces végétales spontanées. Elle conserve en outre des essences d'arbres et arbustes plus ou moins exotiques, datant des campagnes de plantations des siècles précédents, qui n'ont pas pu être transférés à l'arboretum de Chèvreloup. Cet espace est aussi un refuge ou une étape pour la faune sauvage parisienne. Créé en 1932, il a été fermé au public en 1960. Totalement interdit d'accès aux humains jusqu'en 1982, il fait alors l'objet de plusieurs d'inventaires et de quelques aménagements. Cette partie du Jardin des plantes n'est rouverte au public qu'en 2004, pour des conférences ponctuelles[8].

La Ménagerie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Ménagerie du Jardin des plantes.
Peintres animaliers au Jardin des plantes au début du XXe siècle (dans le magazine L'Illustration d'août 1902).

La Ménagerie est le second plus ancien parc zoologique du monde. Elle fut créée en 1793 à l'initiative de Bernardin de Saint-Pierre, par le transfert des animaux de la ménagerie royale de Versailles et des ménageries privées et foraines en déshérence. Lors de la commune de Paris, la plupart des animaux furent mangés par les Parisiens assiégés.

Au cours de son histoire, elle a présenté d'innombrables espèces animales, dont la première girafe présentée en France (1827), des éléphants, des ours bruns et blancs, des phoques. Au XIXe siècle et au début du XXe siècle, des visites à dos d'éléphant ou de dromadaire s'y effectuaient moyennent un supplément. Beaucoup de constructions, parfois sophistiquées pour l'époque, ont été édifiées à cet effet au XIXe et au début du XXe siècle, succédant aux enclos et cages sommaires du début : rotonde, fosses aux ours, singeries, fauveries, maisons des rapaces et des reptiles, faisanderies. La plus vaste d'entre elles est sans doute la grande volière édifiée en 1888 par Alphonse Milne-Edwards pour l'Exposition universelle de 1889[9] et toujours utilisée.

Au milieu du XXe siècle, la Ménagerie est entrée dans une période de déclin, éclipsée par des parcs zoologiques plus modernes (zoo de Vincennes, parc de Thoiry), puis contestée par les mouvements anti-zoos, alors que pratiquement aucune rénovation ne pouvait être entreprise, faute de moyens (c'était aussi l'époque où la galerie de Zoologie, rebaptisée « grande galerie de l'Évolution » depuis 1994, a dû fermer parce qu'il pleuvait à travers sa verrière). Les installations où vivaient les animaux étaient souvent dégradées et exiguës.

C'est à partir des années 1980 qu'une politique de réhabilitation de la Ménagerie a été mise en place, avec plusieurs rénovations successives (volières à Rapaces, rotonde, reptilarium...), et une nette préférence fut accordée à la présentation d'espèces de petite et moyenne taille, généralement peu connues et/ou menacées d'extinction.

Les plus grandes espèces (éléphant, girafe, lion, tigre, gorille, chimpanzé, ours, loup, zèbre, hippopotame, rhinocéros), qui ne vivaient pas correctement dans les installations de petite taille qu'on ne pouvait pas agrandir au centre de Paris, ont progressivement quitté la Ménagerie pour le zoo de Vincennes entre les années 1970 et 2000.

Actuellement, la Ménagerie héberge 1 100 animaux, mammifères, reptiles et oiseaux, sur 5,5 hectares. Elle s'est spécialisée dans plusieurs groupes d'animaux : chez les mammifères, le cheval de Przewalski, l'orang-outan, plusieurs espèces de caprins (chèvre des montagnes Rocheuses, takin, bharal, bouquetin d'Éthiopie), des petits carnivores, des rongeurs et des cercopithèques ; chez les oiseaux, les vautours et les rapaces nocturnes sont bien représentés, de même que les faisans et certains échassiers (spatules, ibis, grues, agamis et le très rare kagou huppé) ; de nombreux « reptiles » (dont des tortues géantes de plus de 100 ans), des batraciens et des insectes sont élevés dans le reptilarium et le vivarium (construit par souscription grâce à René Jeannel).

Autres bâtiments et mobilier[modifier | modifier le code]

Bâtiments[modifier | modifier le code]

Les bâtiments du Jardin des plantes (le tout classé monument historique le 24 mars 1993[10]) appartiennent et sont liés à l'histoire du Muséum national d'histoire naturelle ; les plus anciens, à l'ouest de la rue Cuvier et à l'extrémité ouest de la rue Buffon, datent du début du XVIIIe siècle.

Belvédère[modifier | modifier le code]

La gloriette de Buffon est située au sommet du « labyrinthe », un monticule parcouru par un chemin en spirale dans l'ouest du Jardin, à proximité des rues Geoffroy-Saint-Hilaire et Cuvier. Il s'agit d'un édicule de fer et de bronze, au plan circulaire, mesurant environ 4 m de diamètre. Il date de la fin du XVIIIe siècle.

Fontaines et puits[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1984, lorsque commença la construction de la zoothèque souterraine, un « bassin aux nymphéas » se trouvait sur l'esplanade Milne-Edwards, devant la grande galerie de l'Évolution (qui à cette époque s'appelait encore « galerie de Zoologie »). D'autres bassins abritant des mini-écosystèmes aquatiques se trouvent dans les [[Grandes serres du Jardin des plantes|serres]], l'école de botanique, le jardin alpin, le jardin écologique et le « clos Patouillet » (au sud de la rue Buffon). Mais le plus grand bassin du Jardin, aux pieds de la gloriette de Buffon et du « grand labyrinthe », est la « fontaine aux lions », ceux-ci sculptés par Alfred Jacquemart, dont le bassin servait autrefois de réservoir d'eau pour l'arrosage horticole estival ; on y entendait coasser des grenouilles jusque dans les années 1950. Enfin, plusieurs fontaines « Wallace » dispersées dans le jardin permettent aux promeneurs de s'y désaltérer. Le Jardin comprend également deux puits, l'un à l'entrée sud et l'autre dans le jardin alpin.

Mobilier[modifier | modifier le code]

Liste des œuvres publiques du Jardin des plantes

Histoire et particularités du Jardin[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Sur la « Butte Coypeau » (actuel Labyrinthe) se trouvait vers 1550 le moulin de la Tournelle ; sur l'emplacement du futur jardin du Roi, Nicolas Houël donnait ses cours d'herboristerie (plan de Truschet et Hoyau dit « Plan de Bâle »). La Bièvre traversait alors le site, à l'emplacement de l'actuelle allée des Jussieu.
Plan d'agrandissement du jardin du Roi, par Gabriel Thouin: le labyrinthe est en bas de l'image au centre.
Le jardin du Roi en 1730, plan de Paris de Roussel.
Plan détaillé du Muséum et du jardin des plantes de Paris, classés, avec l'ensemble des bâtiments, monument historique le 24 mars 1993[10].

Le jardin royal des Plantes médicinales a été créé par Guy de La Brosse en janvier 1626 par un Édit du roi[15], ratifié par le parlement le 8 juillet[16], sur des arpents de la « terre d'Alez » où, cinquante ans auparavant, donnait ses cours d'herboristerie le pharmacien du roi Nicolas Houël[17]. Les premiers terrains seront achetés le 21 février 1633 et les suivants en 1636[18], le tout couvrant alors 18 arpents. Il est ouvert au public en 1634 : Guy de la Brosse en fera l'inauguration solennelle en 1640[19]. L’un de ses plus célèbres directeurs fut le naturaliste Georges Louis Leclerc, comte de Buffon (1707 – 1788). Nommé surintendant de ce qu’on appelle alors jardin du Roy en 1739, succédant à Charles François de Cisternay du Fay, il occupera le poste jusqu’à sa mort. Agrandissant le lieu sans hésiter à avancer les frais de ses deniers personnels, il en fera l’un des plus importants centres de recherche scientifique en Europe à cette époque[20].

Le jardin du Roi présente dès le début le dessin général de l'actuel jardin. À la Révolution le jardin est nommé « jardin des plantes de Paris »[21]. L’établissement scientifique devient le Muséum national d’Histoire naturelle par décret de la Convention en juin 1793.

Traditionnellement, le Jardin des plantes est ouvert au public du lever au coucher du soleil, ce qui fait que ses horaires ne sont pas les mêmes au long de l'année. Des catacombes s'ouvrent à gauche de l'entrée de l'hôtel de Magny, bâtiment du XVIIIe siècle abritant des bureaux et (de février 2008 à janvier 2017) le cabinet d'histoire du Jardin des plantes. En 1789, le capitaine marseillais Pierre Blancard rapporte d'un voyage en Chine, pour la première fois, en France des boutures de chrysanthèmes.

La Révolution éclate un an après la mort de Buffon, intendant du jardin du Roi, et entraîne de nombreux changements dans l'organisation du Jardin. Voici le début du texte fondateur rédigé par les savants eux-mêmes, à la demande de l'Assemblée constituante de 1789 :

  • Article 1er : L'établissement sera nommé Muséum national d'histoire naturelle.
  • Article II : Le but principal de l'établissement sera l'enseignement public de l'histoire naturelle, pris dans toute son étendue et appliquée à l'avancement de l'agriculture, du commerce et des arts.
  • Article III : Le Muséum d'histoire naturelle sera sous la protection immédiate des représentants de la Nation.
  • Article IV : Tous les officiers du Muséum d'histoire naturelle porteront le titre de professeurs.
  • Article V : Tous les professeurs du Muséum seront égaux en droits et en appointements.

Afin de conserver le salaire élevé de Daubenton, les savants le nomment avec Buffon fondateur du Muséum, et Daubenton, alors âgé de 74 ans, est nommé directeur à vie. Il s'ensuit des temps plutôt confus, le gouvernement révolutionnaire ayant des affaires plus urgentes à traiter. En 1791, Bernardin de Saint-Pierre est nommé intendant du Jardin.

La Bièvre coulait jadis au sud du Jardin des plantes ; des tanneries malodorantes s'y étaient installées. Pour s'en débarrasser, Buffon acheta une grande parcelle sise entre le Jardin et la rue Poliveau, de chaque côté de la rivière : le « clos Patouillet », rattaché depuis lors à l'établissement[22]. Recouverte au milieu du XIXe siècle, la Bièvre devint ultérieurement une rue, nommée Nicolas-Houël ; lors de la guerre de 1870 un hôpital de campagne fut bâti à la hâte dans ce « clos Patouillet » ; enfin la Troisième République rendit au Muséum l'usage de cet ensemble de terrains (aujourd'hui nommés « îlot Poliveau ») dont les bâtiments abritent des laboratoires, des collections parmi les plus importantes au monde (lithothèques, entomothèques, malacothèques et carcinothèques) et des bibliothèques. Peu avant la Première Guerre mondiale, la partie ouest de la rue Nicolas-Houël devint l'allée centrale de cet ensemble qui fut alors clos. Cette partie du Muséum, située au sud de la rue Buffon, a été menacée de voir la plupart de ses laboratoires démolis en 2013 pour faire place à la faculté de Censier durant le désamiantage de celle-ci[23].

Particularités[modifier | modifier le code]

Un « hôtel à abeilles » du Jardin.

Dans le cadre de l'opération de mécénat « Parrainez un banc du jardin des plantes de Paris », et à l'occasion du renouvellement du mobilier urbain du Jardin entrepris en 2009, il est possible de faire un don au Muséum. En échange de ce don, une plaque de reconnaissance sera apposée sur le banc choisi, plaque sur laquelle seront gravés le nom du donateur et le message de son choix – soumis cependant à l'approbation du Muséum[24].

Le Muséum a installé en 2011 deux « hôtels à abeilles » en vue de préserver la biodiversité des insectes pollinisateurs, et notamment des abeilles sauvages[25].

Le Jardin des plantes abrite également des spécimens historiques, notamment des arbres âgés pour certains de plusieurs centaines d'années. On trouve ainsi, parmi bien d'autres, les rejets du Robinier de Robin planté initialement vers 1610, le platane planté vers 1785 au port naturel (jamais entravé par des coupes dans le vif ou élagages) et un Quercus macrocarpa, chêne d'origine nord-américaine, planté en 1811.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Le Jardin des plantes dans la culture[modifier | modifier le code]

Source[26]

Éléments représentatifs du Jardin des plantes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Les deux « labyrinthes » du Jardin des plantes n'ont de labyrinthe que le nom puisque le « grand labyrinthe » est en réalité un chemin en spirale menant à son sommet à la gloriette de Buffon et le « petit labyrinthe » est un espace consacré à l'observation d'oiseaux mais aussi contenant des ruches. Alors que le « grand labyrinthe » est entièrement ouvert au public, le « petit labyrinthe » est strictement réservé aux chercheurs, même si une partie le constituant est accessible aux regards des passants qui parcourent les chemins du jardin à l'anglaise.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Description de l'escale « Jardin des plantes » du réseau Batobus, sur le site « batobus.com » consulté le 28 juin 2011.
  2. [1]
  3. Plans de Paris de Félibien, Homann, Roussel, Turgot, Vaugondy...
  4. « Monument à Buffon – Paris, 5e arr. », notice sur e-monumen.net
  5. Paris : Ve arrondissement
  6. Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, éditions de Minuit, p. 253.
  7. Michel Fleury et Jeanne Pronteau, Histoire de Paris, Librairie Droz, p. 662.
  8. Le jardin écologique sur le site du Jardin des plantes, consulté le 8 octobre 2014
  9. Selon La Revue de Paris
  10. a et b « Jardin des Plantes et Museum national d'histoire naturelle », notice no PA00088482, base Mérimée, ministère français de la Culture
  11. « Monument à Jean-Baptiste Lamarck – Paris, 5e arr. », notice sur e-monumen.net
  12. « Monument à Bernardin de Saint-Pierre – Paris, 5e arr. », notice sur e-monumen.net
  13. « Lion reniflant un cadavre – Paris, 5e arr. », notice sur e-monumen.net
  14. Dans divers catalogues du patrimoine monumental, cette œuvre est enregistrée comme Nymphe tourmentant un dauphin, ce qui est biologiquement et mythologiquement erroné car l'animal chevauché n'est pas un dauphin, mais un poisson (c'est uniquement en héraldique que le dauphin est représenté comme un poisson, mais en héraldique il n'existe ni nymphes, ni néréides, seulement des sirènes) et même dans la logique mythologique ne peut être qu'un poisson (les nymphes gardent les eaux douces, or les dauphins sont marins).
  15. LELONG (abbé Jacques) Bibliothèque historique de la France. (1778), t. 1, p. 195.
  16. DE HORNE, de la SERVOLLE, GOULIN. État de la médecine, chirurgie et pharmacie en Europe. (1778), p. 94.
  17. Valette, M. G. (1963). La présentation des richesses artistiques de la Faculté : Conférence de Mme G. Valette et visite. Revue d'histoire de la pharmacie, 51(177), 103-116.
  18. CAILLET (Jules) De l'administration en France sous le ministère du cardinal de Richelieu. (1857), p. 498.
  19. CHALLAMEL (Aug.) Mémoires du peuple français depuis son origine. (1870), t. 6, p. 418.
  20. Yves Zarka (avec la collaboration de Marie-France Germain), Buffon, le naturaliste philosophe, éditions Chemins de tr@verse, 2014
  21. Michel Van Praët, Geneviève Meurgues: Le cabinet d'histoire du Jardin des plantes, MNHN, Paris; Yves Laissus : Le Muséum national d'histoire naturelle, Gallimard, Paris, 1995 ; Stéphane Deligeorges, Alexandre Gady et Françoise Labalette : Le Jardin des plantes et le Muséum national d'histoire naturelle, Monum, Paris, 2004 (ISBN 2-85822-601-6) ; Philippe Jaussaud et Édouard Raoul Brygoo, Du Jardin au Muséum en 516 biographies, MNHN Paris, 2004 (ISBN 2-85653-565-8).
  22. Source : Annuaire 1976 - 1977, Association de prévoyance et de secours mutuels des médecins du département du Nord, éd. Librairie Droz, (ISBN 9782600053365), p. 662.
  23. Rapport final de Bernard Larrouturou : L'îlot Poliveau pour Paris-III et la convention de dévolution.
  24. Site officiel du Muséum.
  25. Lettre d'information no 15 du Muséum national d'histoire naturelle.
  26. Collectif : Les bonnes feuilles du Jardin des plantes, éd. MNHN et Artlys, 2013, (ISBN 9782854955514)
  27. Emma C. Speary : Le jardin d'utopie, éd. du MNHN, 2012, (ISBN 2-85653-566-6).
  28. http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k65836152/f38.image.r=jardin%20des%20plantes.langFR
  29. Le terme libertin (du latin libertinus, « esclave qui vient d’être libéré », « affranchi ») : le libertin est celui qui remet en cause les dogmes établis, c’est un libre penseur ou ou libertin d’esprit (André Lagarde, Laurent Michard, XVIIIe siècle, Bordas, 1961, p. 13) : des parisiens de l'aristocratie et de la bourgeoisie s'y rencontraient anonymement, masqués, parfois costumés, pour y prendre cafés, thés et vins, y souper, y discuter, y écouter de la musique, y danser et plus si affinités, dans une liberté d'expression et de mise en doute des dogmes et des idées, que la société de l'époque ne permettait pas habituellement ; ces soirées confidentielles se tenaient aussi à l'époque dans d'autres jardins des capitales européennes, contribuant au tissage de liens par-delà les classes sociales, et à la diffusion d'idées nouvelles (Gianluca Mori et Alain Mothu (dir.), Philosophes sans Dieu : textes athées clandestins du XVIIIe siècle, Paris, Honoré Champion, 2005 et Françoise Charles-Daubert, "Spinoza et les libertins", Hyper-Spinoza, Publié le 3 mai 2004, mise à jour le 27 novembre 2007).
  30. René Pintard, Le Libertinage érudit dans la première moitié du XVIIe siècle, Slatkine, 2000, (ISBN 978-2-05-101818-0).
  31. Victor Hugo, L'art d'être grand-père, Gallimard, La Pléiade, 1974.
  32. Balzac, La Peau de chagrin, Gallimard, La Pléiade, 1979.
  33. Jules Michelet, La Mer, éd. L'âge d'homme 1980.
  34. Jean-Charles Hachet, Dictionnaire illustré des sculpteurs animaliers et fondeurs de l’Antiquité à nos jours.
  35. Interview par Jacques Chancel le jeudi 30 mars 1978 au Grand Échiquier.
  36. Faire-part de décès dans « Le Figaro », 8 octobre 1979
  37. Bernard Lenteric, La guerre des cerveaux, éd. Olivier Orban, 1985
  38. Ressemblance sur Louis Mangin (3).jpg et sur [2].

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Boitard et Jules Gabriel Janin, Le Jardin des plantes : description, G. Barba, (lire en ligne)
  • Pierre Bernard, Louis Couailhac, Paul Gervais et Emmanuel Le Maout, Le Jardin des plantes : Description complète, historique et pittoresque du Muséum d'histoire naturelle, de la Ménagerie, des serres, des galeries de Minéralogie et d'Anatomie, et de la vallée suisse, L. Curmer, (lire en ligne)
  • Clara Filleul de Pétigny, Le Jardin des plantes, A.Maugars, (lire en ligne)
  • Stéphane Déligeorges, Alexandre Gady et Françoise Labalette, Le Jardin des plantes et le Muséum national d'histoire naturelle, Monum, Paris, 2004, 64 p., (ISBN 2-85822-601-6)
  • Philippe Jaussaud et Édouard-Raoul Brygoo, Du Jardin au Muséum en 516 biographies, 630 p., Muséum national d'histoire naturelle, Paris, 2004, (ISBN 2-85653-565-8).
  • Fanny Deschamps, La Bougainvillée tome 1 : le jardin du roi, 523 p., 1982

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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