Jean-Luc Hennig

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Jean-Luc Hennig
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Jean-Luc Hennig est un journaliste et écrivain français, né le à La Charité-sur-Loire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Agrégé de grammaire, Jean-Luc Hennig est professeur à l'université Gizeh du Caire de 1970 à 1972.

Il est ensuite journaliste à Libération de 1974 à 1981, et créé notamment le supplément hebdomadaire Sandwich. Dans les années 80, Jean-Luc Hennig est par ailleurs Rédacteur en chef à Rolling Stone France et collaborateur occasionnel de nombreux journaux et revues, parmi lesquels Le Fou parle (de Jacques Vallet), La Tribune de Genève, Gai Pied Hebdo, Recherches (de Felix Guattari), Art Press, L'Infini (de Philippe Sollers), etc.[1]

Selon Pierre Verdrager, Jean-Luc Hennig aurait cherché dans plusieurs articles à légitimer la pédophilie au cours des années 1970-1980. Pour appuyer son propos, Verdrager met notamment en avant le fait que, dans une chronique publiée dans Libération sur les relations entre majeurs et mineurs, Hennig a qualifié les pédophiles pervers d'« images d'Épinal »[2],[3]. Ses écrits sur la sexualité infantile lui seront reprochés (notamment après "l'affaire Gabriel Matzneff") [4], ainsi que sa signature de pétitions, en compagnie de nombreuses figures de l'époque, critiquant la répression des rapports entre majeurs et mineurs[5].

En 2006, lorsque ses articles de presse sont rééditées en volume, Hennig précise dans une préface qu'il défend simplement le « principe (...) qu'un garçon ou une fille pubère doit pouvoir aimer qui bon lui semble sans encourir (ou faire encourir) les foudres de la justice temporelle. »[1]

Hennig est aussi animateur radio, sur Fréquence Gaie, et Europe 1 où il anime notamment en 1982 avec Guy Hocquenghem, lui aussi journaliste à Libération, l'émission Il suffit de le dire et à la Radio Suisse Romande, à Genève, où il crée l'émission Ligne de coeur.[6]

Ecrivain, il publieune trentaine d'ouvrages, principalement des essais sur la nuit, le sexe et la mort, traduits dans une quinzaine de pays. Son premier livre, en 1977, Les juges Kaki, avec Mireille Debard, est préfacé par Michel Foucault et illustré par Cabu.[7] Jean-Luc Hennig est par ailleurs proche de Grisélidis Réal. Les lettres qu'elle lui adresse sont publiées aux éditions Verticales en 2006.[1] Il lui consacre également un ouvrage, Grisélidis courtisane (Albin Michel, 1981; Verticales, 2011).

En 1996, Hennig est accusé de plagiat, de brefs passages de son Horoscope cruel étant issus d'un livre de Jacques A. Bertrand" [8]. En réponse à ces accusations, Hennig publie en 1997, chez Gallimard Apologie du plagiat.

Jean-Luc Hennig est enfin éditeur. Il a dirigé la collection « Illustrations » chez Albin Michel et a édité entre autres Marguerite Duras, Hervé Guibert et Pierre Assouline.

Sa notice biographique paraît en 2004 dans le Dictionnaire des écrivains contemporains de langue française, sous la direction de Jérôme Garcin, aux éditions Mille et une nuits.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Aux Éditions Fayard
  • Beauté de la poussière, 2001. (2e éd, Pocket-Agora, 2018)
  • Martial, 2003.
  • Mes rendez-vous, 2005, coll. Pauvert.
  • Cap Fréhel, roman, 2005 (1re éd. 1989).
  • Mon beau légionnaire, roman, 2006 (1re éd. 1991).
  • Sperme noir, 2006, coll. Pauvert.
  • Dassoucy & les garçons, 2011.
Aux Éditions Gallimard
  • Bi, de la bisexualité masculine, coll. L'Infini, 1996.
  • Apologie du plagiat, coll. L'Infini, 1997.
  • Femme en fourreau, coll. L'Infini, 2000.
  • Morgue, éd. Verticales/Gallimard, 2007 (1re éd. 1979).
  • Grisélidis courtisane, éd. Verticales/Gallimard, 2011, 220 p. (1re éd. 1981, (ISBN 978-2-0701-3540-0)).
  • Voyou, suivi de Conversation au Palais-Royal, par Mona Thomas, coll. L'Infini. 2012.
  • De l'extrême amitié, Montaigne & La Boétie, coll. L'Infini. 2015.
Aux Éditions Zulma
  • Brève histoire des fesses, 2009 (1re éd. 1995, 2e éd. 2003).
  • L'Horoscope cruel, 1996.
  • Les péchés capitaux de Furetière, 1997.
  • Érotique du vin, 2003 (1re éd. 1999).
  • Le Topinambour & autres merveilles, 2000.
  • Petit inventaire excentrique du Z, 2004.
Aux Éditions Albin Michel
  • Les garçons de passe, 1978.
  • Le Voyeur, 1981.
  • Les Français de la honte, avec Guy Hocquenghem, 1983.
  • Obsessions, 1985.
  • Lettre ouverte aux Suisses, si bons, si gros, si tristes, 1991.
  • Dictionnaire littéraire & érotique des fruits & légumes, 1994. (2e éd, Pocket-Agora, 2016)
  • Bestiaire érotique, 1998.
Chez d'autres éditeurs
  • Les Juges kaki, avec Mireille Debard, préface de Michel Foucault, éd. Alain Moreau, 1977.
  • Une soirée avec Nan Goldin, Galerie Yvon Lambert, Paris, 1995.
  • La Ménagerie luxurieuse, Musée d'Art Moderne de la ville de Paris, 1997.
  • Ernest Pignon-Ernest, Galerie Guy Bärtschi, Genève, 1997.
  • Un amour ottoman, Le Cherche Midi éditeur, 2012, coll. Styles.
  • Espadons, mignons & autres monstres. Vocabulaire de l'homosexualité masculine sous l'Ancien régime, Le Cherche Midi éditeur, 2014, coll. Styles.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b et c Mathieu Lindon, « Hennig soit qui mal y pense », sur Libération (consulté le )
  2. Robin Andraca, « Matzneff : les signataires d'une pétition pro-pédophilie de 1977 ont-ils émis des regrets ? », sur Libération (consulté le )
  3. « Face "au cas Matzneff", Joffrin explique la position de "Libé" sur la pédophilie dans les années 70 », sur Le HuffPost, (consulté le )
  4. « Les années 1970-1980, âge d’or de l’apologie de la pédophilie en France », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. Jean-Luc Henning, « Les relations adultes-mineurs », Libération, 24 mars 1977, cité dans Pierre Verdrager, L'Enfant interdit : Comment la pédophilie est devenue scandaleuse, Armand Colin, 2013, p. 40.
  6. Antoine Idier, Les vies de Guy Hocquenghem, Fayard, , 324p p.
  7. « Là - Observatoire des armements », sur obsarm.org (consulté le )
  8. Olivier Le Naire, « Au plaisir du plagiaire », L'Express,‎ (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]