Carle Vernet

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Carle Vernet
Image dans Infobox.
Portrait de Carle Vernet (1804) par Robert Lefèvre, musée du Louvre.
Naissance
Décès
(à 78 ans)
Paris (France)
Sépulture
Nom de naissance
Antoine Charles Horace Vernet
Nationalité
Française
Activité
Maîtres
Élève
Influencé par
Père
Fratrie
Enfants
Horace Vernet
Camille Françoise Joséphine Vernet (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
signature de Carle Vernet
signature

Antoine Charles Horace Vernet, dit Carle Vernet, né à Bordeaux le et mort à Paris le , est un artiste peintre de genre et de cheval, dessinateur et caricaturiste, goguettier et lithographe français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Carle est l’élève de son père, le peintre Joseph Vernet, et de Nicolas-Bernard Lépicié[1]. Ce dernier le représente dessinant âgé de 14 ans (Le Petit Dessinateur, 1772, musée du Louvre)[2]. En 1779, tout en devenant un brillant écuyer, il décroche le deuxième prix de peinture, puis en 1782, le premier prix sur le thème de la Parabole de l'Enfant prodigue ; il part à Rome dans la foulée. Il se décide à peindre des cavaliers sur leurs montures en dessinant directement sur le motif, visitant les chevaux des haras romains. Son père lui rend visite en compagnie du graveur Jean-Michel Moreau ; en 1787, Carle épouse la fille de ce dernier. Leur fils, Horace Vernet, deviendra son élève et collaborateur. Carle Vernet est reçu membre de l'Académie en 1788 et s'installe avec sa famille dans un atelier au Louvre ; son père décède l'année suivante[3].

Durant la Révolution, il adopte un profil plutôt conservateur. Capitaine dans la Garde nationale, il est blessé lors de la journée du 10 août 1792, mais il semble que ce soit en quittant son atelier du Louvre avec son épouse et ses deux enfants plutôt qu'en attaquant le Palais des Tuileries[3]. Il a une sœur, Marguerite Émilie Vernet, épouse de Jean-François-Thérèse Chalgrin, un émigré ; elle est compromise en 1794, et condamnée à mort. Carle Vernet demanda en vain au peintre Jacques-Louis David d'intercéder pour sa libération, ce qu'il ne fera pas (ou ne pourra pas faire). Marguerite Émilie Vernet est guillotinée cette année-là. Carle Vernet en tiendra David responsable.

Vernet inaugura, avec Gros, une nouvelle forme de peinture militaire, et il excella dans les scènes de chasses, les petits métiers de Paris et les scènes populaires. Il reste pour une grande part le peintre passionné du cheval dont il avait une profonde connaissance.

Lorsque, visitant le Salon de 1808, Napoléon Ier eut admiré Le Matin d’Austerlitz, réputée être sa meilleure toile, il lui remit la Légion d'honneur. Les deux hommes se connaissaient déjà bien, puisque Carle Vernet avait accompagné l’Empereur, alors Premier Consul, pendant la campagne de Marengo. L’impératrice Joséphine lui dit : « Il est des hommes qui trainent un nom ; vous, Monsieur Vernet, vous portez le vôtre ».

Sur le tard, son succès semble moindre. Lors du Salon de 1831, le critique Auguste Jal déplore « les travaux d'Horace, les succès de sa petite fille dans les salons de Rome sont tout ce qui occupe [Carle Vernet]. La peinture ne lui plus guère permise… au salon… deux réminiscences… on retrouve là… une pauvreté d’effet qu’il ne faut pas trop reprocher à… un octogénaire[4] ».

Carle Vernet fut un assidu goguettier et participa, aux côtés d'autres personnalités comme Talma, Firmin Didot, Désaugiers, Ciceri, Ravrio aux activités de la Société de la Goguette[5].

Représentation et postérité[modifier | modifier le code]

Le Vésuve en éruption, l'artiste et son père, Carle Vernet, au premier plan
Horace Vernet, vers 1822
Musée des Beaux-Arts de Houston
Portrait de Carle Vernet, gravure par Henriquel-Dupont d'après une peinture de Paul Delaroche.
Tombe de Carle Vernet au cimetière Montmartre.

Carle Vernet figure entre autres dans le tableau de groupe Réunion d'artistes dans l'atelier d'Isabey (Salon de 1798) peint par Louis-Léopold Boilly (musée du Louvre)[6].

Les collectionneurs militaires Raoul et Jean Brunon, créateurs du musée de l’Armée au château de l'Empéri à Salon-de-Provence, lui rendirent hommage en 1959 en mettant en lumière certaines de ses planches représentant des soldats des régiments de l'Empire dans un livre : La Grande Armée de 1812.

Son fils se représente à ses côtés au premier plan d'une éruption du Vésuve vers 1822. Cette œuvre est conservée au Musée des Beaux-Arts de Houston[7].

Des rues portent son nom à Bordeaux, Sèvres, Rueil-Malmaison, Pessac, Saint-Médard-en-Jalles et Villenave-d'Ornon[8].

Carle Vernet est aussi une station des lignes C et D du tramway de Bordeaux.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Un mamelouk musulman (1810), dessin de Carle Vernet.
Passez payez (1818), aquatinte de Philibert-Louis Debucourt d’après Carle Vernet.

Dessinateur[modifier | modifier le code]

Les Incroyables (1797, BNF).

Vernet produit de nombreux dessins, des caricatures, des esquisses destinées à des ouvrages illustrés de gravures au pointillé, et des dessins lithographiques. Cette production est très abondante et donna lieu à de nombreuses reproductions ou reprises, entre autres par Théodore Géricault.

  • Les Incroyables et Les Merveilleuses, gouaches gravées par Louis Darcis, éditée fin 1796 (BNF)[9].
  • L’Anglomane (un muscadin à cheval dirigé vers la gauche), gouache, gravée par Louis Darcis, éditée en 1797.
  • Série des « Petits métiers de Paris » : Le Marchand de paniers, La Bouquetière, etc., édités en 1825 sous le titre Cris de Paris, en un album lithographiée chez Delpech.

Collections publiques[modifier | modifier le code]

Musée du Louvre

  • Le Château de cartes, miniature sur ivoire, 1804[10].
  • Chasse au daim pour la saint Hubert en 1818 dans les bois de Meudon, huile sur toile peintre avec Horace Vernet, 1825-1827[11].
  • Cavalier en armure tenant un drapeau, huile sur toile[12].

Musée national des châteaux de Versailles et de Trianon

  • Napoléon donnant l'ordre avant la bataille d'Austerlitz. 2 décembre 1805, huile sur toile, 1808[13].
  • Napoléon devant Madrid. 3 décembre 1808, huile sur toile, 1810[14].
  • Prise de Pampelune. 17 septembre 1823, huile sur toile, 1824[15].

Musée des Beaux-Arts de Bordeaux

  • La Chasse à courre, huile sur toile[16].

Chantilly, musée Condé

  • Le duc d'Orléans et son fils, le duc de Chartres, à un rendez-vous de chasse en 1787, huile sur toile, 1788[17].

Clermont-Ferrand, musée d'art Roger-Quilliot

  • Le Passage difficile, huile sur toile, 60 × 73 cm, 1823[18].

Montauban, musée Ingres

  • Sept études d'animaux, huile sur toile, avant 1836[19].

Élèves[modifier | modifier le code]

(liste non exhaustive)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charles Saunier, La Peinture au XIXe siècle, Larousse, Coll. Anthologie d'art français, 2 vol., ill., index, t. I, p. 127, t. II, 264 p.
  2. Notice no 000PE001844, base Joconde, ministère français de la Culture.
  3. a et b Charles Blanc, Les trois Vernet : Joseph, Carle, Horace, éd. H. Laurens, Paris, 1898, pp. 52-63.
  4. Salon de 1831. Ébauches critiques, Paris, Dénain, 1831 ; les deux toiles citées sont : Un retour de chasse et Une vue d'un four à plâtre de Montmartre.
  5. Voir l'article Société de la Goguette dans Les Sociétés badines, bachiques, chantantes et littéraires : leur histoire et leurs travaux, ouvrage posthume d’Arthur Dinaux revu et classé par Pierre Gustave Brunet, Paris, Bachelin-Deflorenne, 1867, p. 383-385.
  6. Notice no 000PE000142, base Joconde, ministère français de la Culture.
  7. Tableau d'Horace
  8. Recherche « rue Carle Vernet » sur google maps.
  9. « Les Incroyables de Carle Vernet : l’image comique et son contexte », par Sibylle Menal, in: Théorie, notions, catégories : Le rire : formes et fonctions du comique, colloque en ligne, 27 avril 2017, sur Fabula.
  10. Notice no 50350017921, base Joconde, ministère français de la Culture.
  11. Notice no 000PE002847, base Joconde, ministère français de la Culture.
  12. Notice no 000PE002846, base Joconde, ministère français de la Culture.
  13. Notice no 000PE004992, base Joconde, ministère français de la Culture.
  14. Notice no 000PE005001, base Joconde, ministère français de la Culture.
  15. Notice no 000PE005112, base Joconde, ministère français de la Culture.
  16. Notice no 000PE023514, base Joconde, ministère français de la Culture.
  17. Notice no 00000104751, base Joconde, ministère français de la Culture.
  18. Notice no M0121002748, base Joconde, ministère français de la Culture.
  19. Notice no 06070001511, base Joconde, ministère français de la Culture.
  20. (en) « Carle Vernet », extrait de la notice dans le dictionnaire Bénézit, sur Oxford Art Online, (ISBN 9780199773787).
  21. Un siècle de paysages, le choix d'un amateur catalogue de l'exposition au Musée des beaux-arts de Lyon, éd. Hazan, Paris, 2010, Musée des beaux-arts de Lyon, 168 p., 145 ill. (ISBN 978-2-75410-496-8)

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Auguste Jal, « Carle Vernet », L'Artiste, 1831, p. 186.
  • Paul Colin, Catalogue analytique de l'œuvre de Carle Vernet, Paris, 1923.
  • Marie-Laure de Contenson-Hallopeau, « Un chef d’œuvre de Carle Vernet au Musée Bargoin », Bulletin historique et scientifique de l'Auvergne, no 666, juillet 1980, p. 161-164, ill.
  • Charles Blanc, Henry Jouin, Les trois Vernet : Joseph, Carle, Horace, éd. H. Laurens, Paris, 1898 — en ligne.
  • Xavier Paris, Carle Vernet, peintre de père en fils, Artena, 2010 (ISBN 978-2-35154-017-6) [présentation en ligne]
  • Carle Vernet, Uniformes napoléoniens, Paris, Musée de l'Armée, Bibliothèque de l'image, 2001.
  • Les illustres de Bordeaux : catalogue, vol. 1, Bordeaux, Dossiers d'Aquitaine, , 80 p. (ISBN 978-2-84622-232-7, présentation en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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