Édouard Detaille

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Édouard Detaille
Edouard Detaille.jpg

Édouard Detaille, photographié par Ferdinand Mulnier.[réf. nécessaire]

Naissance
Décès
(à 64 ans)
Paris
Nationalité
Français Drapeau de la France
Activité
Peintre
Maître
Mouvement
Frère
Jean-Baptiste-Henri Detaille (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Distinctions
Œuvres réputées

Jean Baptiste Édouard Detaille, né à Paris le 5 octobre 1848 et mort à Paris le 23 décembre 1912, est un peintre académique français. Il vécut à Ville-d'Avray. Le fond d'atelier de l'artiste est conservé au musée de l'Armée à Paris depuis 1915.

Biographie[modifier | modifier le code]

Peintre de scènes militaires[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille proche des milieux militaires – son grand-père était intendant de la Grande Armée, sa grand-tante avait épousé l'amiral Villeneuve – Édouard Detaille voulait être peintre et étudier avec Alexandre Cabanel. En définitive, il fut formé dans l'atelier de Meissonier, qui lui fournit le sujet de la première toile qu'il exposa en 1867. Mais dès l'année suivante, il exposait un tableau militaire de son temps, La halte des tambours. Cette œuvre marqua le début d'une longue et brillante carrière de peintre d'histoire, avec une prédilection pour les scènes militaires.

La peinture de Detaille se rattache au réalisme et au naturalisme. Detaille peignait lentement et de manière méthodique, de façon à produire des œuvres aussi réalistes et précises que possible.

Artiste-soldat durant la guerre de 1870-71[modifier | modifier le code]

Lorsqu'éclata la guerre de 1870, Detaille s'engagea au 8e bataillon d'infanterie mobile et, en novembre 1870, se trouva attaché à l'état-major du général Ducrot et participa aux combats aux environs de Paris. Il put observer les régiments dans le feu de l'action sur la Marne. Cette expérience devait le marquer profondément et inspirer certaines de ses meilleures toiles comme Salut aux Blessés (1877), La défense de Champigny (1879), Le soir de Rezonville. Avec Alphonse de Neuville, il produisit deux grands panoramas des batailles de Champigny et de Rezonville. En 1872, il dut retirer du Salon deux scènes de batailles qui auraient pu offenser l'Allemagne.

Artiste engagé et œuvres censurées[modifier | modifier le code]

Le Salut aux Blessés (1877), Musée d'Art de São Paulo.

Les Vainqueurs et Un Coup de Mitrailleuse dont le thème est la guerre franco-prussienne de 1870-1871 ont été exclus du Salon de 1872 par mesure diplomatique envers l'Allemagne[1]. Le second tableau représente « des tas de cadavres allemands hachés par la mitraille », et est fondé sur le souvenir d'un champ de bataille situé entre Villiers et Petit-Bry[1].

De même en 1877 et sur la demande du directeur des Beaux-Arts, Charles Blanc, l'œuvre Salut aux Blessés! qui dépeint le salut d'officiers allemands envers une colonne de prisonniers français blessés « avait dû subir quelques modifications toujours à cause des susceptibilités diplomatiques »[1].

Voyages en Europe[modifier | modifier le code]

Désormais célèbre, il voyagea en Europe entre 1879 et 1884, visitant également la Tunisie avec les troupes expéditionnaires françaises. En Angleterre, il peignit une revue des troupes britanniques par le Prince de Galles et une scène montrant les Scotts Guards à Hyde Park, mais il approfondit surtout sa connaissance de l'armée française et exécuta les 390 dessins et aquarelles de Types et uniformes de l'Armée française de Jules Richard.

Scènes de bataille du Premier Empire[modifier | modifier le code]

Télégraphiste en manœuvre dans un village, en présence d'officiers étrangers (1880), œuvre non localisée.[réf. nécessaire]
Détail du triptyque Vers la gloire, au Panthéon de Paris.

Dans les années 1890, Detaille peignit de plus en plus de toiles inspirées de l'épopée napoléonienne, en particulier des scènes de bataille et des charges de cavalerie. Il utilisait des uniformes et des accessoires d'époque pour parfaire l'exactitude de ses tableaux.

Édouard VII demanda à la comtesse Greffulhe de l'inviter à dîner en 1910 chez elle dans son hôtel de la rue d'Astorg pour faire la connaissance du peintre que ses experts qualifiaient de « plus grand peintre français vivant. »[2].

Membre de l'Institut et président de salon[modifier | modifier le code]

Il fut élu membre de l'Académie des beaux-Arts en 1892, président de la Société des artistes français en 1895 et contribua à la création du Musée de l'armée à Paris. il meurt en 1912. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (66e division)[3].

Sa famille[modifier | modifier le code]

Sa nièce épousa Charles Otzenberger qui se fit appeler alors Otzenberger-Detaille.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Dessins[modifier | modifier le code]

Il exécuta les 390 dessins et aquarelles de Types et uniformes de l'Armée française de Jules Richard.

Peintures[modifier | modifier le code]

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Charge de cavalerie : Vive l'Empereur ! (1891), Sydney, Galerie d'art de Nouvelle-Galles du Sud.
  • 1872, Les Vainqueurs, huile sur toile, guerre franco-prussienne de 1870-1871, exclu du Salon;
  • 1872, Un Coup de Mitrailleuse, huile sur toile, exclu du Salon ;
  • 1877, Salut aux blessés;
  • 1879, La Défense de Champigny;
  • Le Soir de Rezonville;

Fresques[modifier | modifier le code]

Illustrations[modifier | modifier le code]

  • Jules Richard, L'Armée française : types et uniformes (1885-1889), dessins d'Édouard Detaille;
  • Charles Yriarte, Autour du Concile : souvenirs et croquis d'un artiste à Rome (1887), illustrations d'Édouard Detaille, gravures de Ferdinand Heilbuth;
  • Frédéric Masson, Cavaliers de Napoléon, illustrations d'Édouard Detaille (1895, réédition Teissèdre, Paris, 2002).

Salons[modifier | modifier le code]

  • 1872, deux toiles exclues : Les vainqueurs et Un coup de mitrailleuse

Décorations[modifier | modifier le code]

Édouard Detaille fut nommé Chevalier de la Légion d'honneur en 1872, Officier en 1881 et Commandeur en 1897.

Élèves[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Jean Valmy-Baysse, Édouard Detaille, sa vie, son œuvre, nombreuses reproductions, collection Peintres d'Aujourd'hui, Société d'Édition & de Publications, Librairie Félix Juven, Paris 1910, p. 12 & 13
  2. George Painter, Marcel Proust, Paris, Mercure de France, 1966, p. 204
  3. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ (ISBN 978-2914611480), p. 283

Liens externes[modifier | modifier le code]

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