Marc Ladreit de Lacharrière

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Marc Ladreit de Lacharrière, né le à Nice, est un dirigeant d'entreprise français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Arrière-arrière-petit-fils du général Jules-Marie Ladreit de Lacharrière[1],[2], Marc Ladreit de Lacharrière passe son enfance dans le château familial de la Charrière, en Ardèche. Il est boursier de la fondation Zellidja en 1958, fait des études de sciences économiques à Paris, puis est reçu à l'École nationale d'administration, promotion « Robespierre » ( - ) dont il sort dix-septième (sur 250 élèves).

Il démissionne aussitôt de la fonction publique, fonde le journal Mademoiselle[3] et entre à la banque Indosuez où il occupe divers postes de direction jusqu'en 1976.

En 1973, son cousin par alliance, Jérôme Talamon, lui propose d'investir dans les éditions Masson qu'il revendra en 1994, avec 200 millions de francs de plus-values[4].

Il intègre le groupe L'Oréal dont il devient vice-président-directeur général (1984-1991). Il est parallèlement administrateur de Synthélabo (1986-1991), du Crédit lyonnais, d'Air France, de France Télécom, du musée du Louvre. Il est impliqué dans l'affaire Executive Life[4],[5]. Pour sa participation dans cette affaire, il est assigné en 2002 par la justice en Californie pour « fraude, fausse déclaration, tromperie, conspiration et concurrence déloyale »[6].

De 1989 à 1993, il est membre du comité de direction du groupe Bilderberg[7]. Il est président de la section française du groupe Bilderberg, et par ailleurs membre du club d'influence Le Siècle.

En 1991, Marc Ladreit de Lacharrière crée son propre groupe, la Financière Marc de Lacharrière (Fimalac). Deux de ses condisciples de l'ENA, Étienne Pflimlin et Philippe Lagayette, font partie du conseil d'administration[8]. Fimalac prend des participations dans diverses sociétés. Elle détenait jusqu'en 2014 l'agence de notation financière Fitch Ratings et détenait Algorithmics (en), société spécialisée dans l'analyse et la gestion du risque jusqu'à sa cession à IBM en 2011[9]. Il préside aussi Centenaire Blanzy (1994-1998), une holding qui fusionne avec la Fimalac.

Mandats sociaux[modifier | modifier le code]

Marc Ladreit de Lacharrière est administrateur du groupe Casino, de L'Oréal, de Renault depuis 2000, membre du conseil consultatif de la Banque de France depuis 1997[10].

Autres[modifier | modifier le code]

  • Président de Fitch Group, Fitch Group Holdings, Fitch Ratings
  • Président du conseil de surveillance de la Foncière Euris
  • Président du directoire du groupe Marc de Lacharrière

Mécénat culturel[modifier | modifier le code]

Collectionneur d'art éclectique depuis le début des années 1970 et mécène, notamment du musée du Louvre, Marc Ladreit de Lacharrière est élu à l'Académie des beaux-arts (Institut de France) en 2006 au fauteuil de Gérald Van der Kemp (section des membres libres).

La même année, il crée et finance la fondation Culture et diversité, destinée à aider les jeunes « issus de l'immigration »[11], avec, pour premiers partenaires, le Théâtre du Rond-Point, l'association La Source, l'École du Louvre, puis les Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis, les Amis de Magnum Photos, les écoles supérieures d'art et les classes préparatoires publiques d'Île-de-France, et la Fémis. La mission de la Fondation est de mettre la culture, les arts et les pratiques artistiques au service de la cohésion sociale et de l'égalité des chances pour les jeunes de l'éducation prioritaire. En 2007, il devient président du conseil d'administration de l'Agence internationale des musées de France (France Muséums), organisme chargé notamment de réaliser le musée du Louvre à Abou Dabi.

De 2006 à 2009, il préside l'Association des Amis de Vaux-le-Vicomte. Il est membre du conseil artistique des musées nationaux et fondateur du fonds de dotation de l'abbaye de Lubilhac.

Il est à l'origine, en 2007, de la fondation Agir contre l'exclusion avec Martine Aubry, fondation qu'il soutient financièrement[12],[3].

En 2010, il crée, avec la journaliste franco-tunisienne Sonia Mabrouk, l'Association des musées méconnus de la Méditerranée (AMMed). Celle-ci a pour objectif de mettre en valeur des musées et lieux de culture peu connus du grand public afin de promouvoir le dialogue et le rapprochement des peuples entre les deux rives de la Méditerranée.

En 2016, il prête ses œuvres (antiques, africaines, européennes, océaniennes, etc.) au musée du quai Branly - Jacques Chirac pour une exposition qui se tient en novembre 2016 et avril 2017[3]. Il fait ensuite don d'une grande partie des œuvres à l'institution[13].

Polémique avec le Front national[modifier | modifier le code]

Retrouvant en 1992 son nom parmi les membres du cercle Renaissance, lieu de rencontre sur les questions culturelles entre partisans du Front national et personnalités non engagées dans le parti, Marc Ladreit de Lacharrière « exig[e] aussitôt de le voir retiré de son annuaire[14] ». Dans Le Monde du , il déclare : « Cela m'a ému, vous pensez bien : je suis l'un des fondateurs de SOS Racisme[14]. »

Industries culturelles[modifier | modifier le code]

Marc Ladreit de Lacharrière est président de la Revue des deux Mondes, revue intellectuelle française. Il acquiert le groupe Valmonde (Valeurs actuelles…) en 1993 avant de le revendre quelque temps plus tard à la holding Dassault Communication[15].

Il investit depuis 2010 de gros moyens financiers, par le biais de sa société Fimalac, dans l'industrie culturelle et les médias numériques. Il a acheté le théâtre parisien Comédia en 2013 puis des éditeurs ou sites internet (Webedia, Terrafemina[16], AlloCiné[17], Exponaute, Newsring, Youmag, 750g, Jeuxvideo.com, Millenium[18]). Il co-produit quelques longs métrages via Fimalac Information[19],[20].

Son ambition est de constituer avec Webedia le premier groupe média numérique français et de devenir meneur dans la production de spectacles et l'exploitation de salles de spectacles en France [21].

Fortune[modifier | modifier le code]

En 2007, il fait son entrée dans le classement des milliardaires français avec une fortune nette estimée de 1,6 milliard d’euros[22]. Sa fortune étant largement liée à son patrimoine professionnel — à savoir Fimalac, cotée en Bourse —, celle-ci est réévaluée en 2009 à la baisse à hauteur de 922 millions d'euros (35e en France)[23]. En 2008, en plus des dividendes empochés au titre d'actionnaire majoritaire de Fimalac, il touche une rémunération de 2,4 millions d'euros comme dirigeant de la société[24].

En , le magazine Forbes le qualifie de milliardaire en dollars, le classant au 1 153e rang mondial (avec 73 autres personnes ex æquo). Sur la liste Forbes 2016 des milliardaires, il est à la 722e place avec une fortune nette estimée à 2,4 milliards de dollars[25].

Le , il perd plus de 3,6 milliards de dollars ce qui ramène sa fortune estimée à 312 millions de dollars[26].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est marié à Véronique Morali, présidente de Fimalac Développement[27].

Distinctions[modifier | modifier le code]

Politique et polémiques dans le cadre de l'élection présidentielle de 2017[modifier | modifier le code]

Lors des élections municipales de 2008 à Paris, il préside le comité de soutien de la candidate UMP Rachida Dati dans le 7e arrondissement de Paris[29].

Le 25 janvier 2017, Marc Ladreit de Lacharrière est impliqué, en tant que président de la Revue des deux Mondes, par les révélations du Canard enchaîné dans l'affaire Fillon[30],[31]. Les magistrats du parquet national financier (PNF) s’interrogent sur le lien entre ces emplois et la remise de la grand-croix de la Légion d’honneur à Marc Ladreit de Lacharrière en 2010, alors que François Fillon était Premier ministre[32]. Il est inculpé pour abus de biens sociaux le 14 mai 2017[33].

Le 7 mars 2017, Le Canard enchaîné révèle qu'en 2013, l'homme d'affaires a prêté 50 000 euros à François Fillon. Ce prêt attire l'attention du PNF car il n’apparaît pas dans sa déclaration de patrimoine[34].

Publication[modifier | modifier le code]

  • Le Droit de noter : les agences de notation face à la crise, Paris, éditions Bernard Grasset, 2012 Dans ce livre, Marc Ladreit de Lacharrière prend la défense des agences de notations[35].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En lignée féminine, par son arrière-grand-mère Renée.
  2. Voir sur ville-creteil.fr.
  3. a, b et c Gilles Martin-Chauffier, « Marc Ladreit de Lacharrière - Un homme de dialogue », Paris Match, semaine du 17 au 23 novembre 2016, pages 94-97.
  4. a et b Pierre-Angel Gay, « Enquête : les vies multiples de Lacharrière », Les Echos, no 18415, 1er juin 2001, p. 54.
  5. Frédéric Parrat, L'affaire Executive Life, Carnot, p. 44
  6. Executive Life : Marc Ladreit de Lacharrière et Alain Mallart assignés en Californie, lesechos.fr, 26/08/2002
  7. « Former Steering Committee Member », Bilderbergmeetings.org.
  8. « Marc Ladreit de Lacharrière, l'ami public no 1 », Le Monde, jeudi 16 mars 2017, pages 12-13.
  9. Anne de Guigné, « Fimalac cède au prix fort une filiale de Fitch », Le Figaro, 2 septembre 2011.
  10. « Fimalac offre 245 millions d'euros pour acheter Les Échos » sur La Tribune.fr du 11 juillet 2007.
  11. Fondation Culture & Diversité, 27 septembre 2011.
  12. « Entretien avec… Marc Ladreit de Lacharrière », L'Œil, no 597, décembre 2007.
  13. « Stéphane Martin : "Une donation d'une ampleur exceptionnelle" », Le Figaro Magazine, semaine du 10 février 2017, page 66.
  14. a et b Voir sur lemonde.fr.
  15. « Fimalac Communication prend le contrôle de Valmonde », Les Echos, no 16432, 15 juillet 1993.
  16. « Marc de Lacharrière rachète Webedia et Terrafemina », Les Echos, 16 mai 2013.
  17. « Fimalac s’offre Allociné pour 66,9 millions d’euros », Les Echos, 16 juillet 2013.
  18. « Webedia rachète Jeuxvideo.com pour 90 millions d'euros » sur lemonde.fr.
  19. « Filmalac Information [fr] », sur IMDb (consulté le 26 avril 2017)
  20. « F. Marc de Lacharrière [fr] », sur IMDb (consulté le 20 mai 2017)
  21. « Lacharrière veut créer le premier groupe media numérique français » sur lemonde.fr du 11 février 2014.
  22. Lefigaro.fr du 1er août 2007.
  23. Voir sur challenges.fr.
  24. Voir sur journaldunet.com.
  25. Voir sur forbes.com.
  26. Voir sur forbes.com.
  27. Vincent Nouzille, La République du copinage : enquête sur la France des réseaux de pouvoir, Éditions Fayard, octobre 2011, extrait consulté le 12 octobre 2012.
  28. Décret du 31 décembre 2010 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier.
  29. Marie-Béatrice Baudet et Isabelle Chaperon, « Marc Ladreit de Lacharrière, l'ami public no 1 », Le Monde, jeudi 16 mars 2017, pages 12-13.
  30. « Marc Ladreit de Lacharrière s’explique sur l’embauche de Penelope Fillon à la « Revue des deux mondes » », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
  31. « La Revue des deux mondes, qui emploie Penelope Fillon et invite Eric Zemmour », sur lexpress.fr, .
  32. « Les erreurs et approximations de la défense de François Fillon », Le Monde, 6 février 2016.
  33. « France : nouvelle inculpation dans l'entourage des Fillon », AFP,‎ (lire en ligne).
  34. « François Fillon a reçu un prêt de 50 000 euros, non déclaré », sur Le Monde, .
  35. Journal Libération, 29 octobre 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]