Alain Borer

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Alain Borer
Alain Borer, Los Angeles, 2017.jpg
Alain Borer (Los Angeles 2017)
Biographie
Naissance
Nationalité
Domicile
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Distinctions
Œuvres principales
  • Rimbaud en Abyssinie (1984)
  • Le ciel et la carte (2010)
  • De quel amour blessée (2014)
  • Villeglé l'anarchiviste (2019)

Alain Borer est né le à Luxeuil-les-Bains, Haute-Saône[1]. Il est poète, écrivain-voyageur, romancier, dramaturge, critique d'art, spécialiste d'Arthur Rimbaud, essayiste, professeur d’enseignement artistique à l’École supérieure des Beaux-Arts de Tours-Angers-LeMans jusqu'en 2014, professeur invité en littérature française à Los Angeles (USC, University of Southern California) depuis 2005 et président national du Printemps des poètes. Alain Borer réside à Paris, à Los Angeles et à Chaumussay (Touraine du sud)[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Alain Borer, né le à Luxeuil-les-Bains (Haute-Saône), fait ses études à Genève à l'Institut Florimont où il dirige le journal d’étudiants Le Bateau ivre. En 1970, alors qu'il est en hypokhâgne à Nancy où il publie à nouveau une revue d’étudiants, paraît son premier recueil de poèmes, Fi, chez Parisod, à Lausanne. À Paris où il poursuit ses études en khâgne au Lycée Henri-IV, il invite Denis Roche et les poètes de Tel Quel, dont il fait le sujet d'un mémoire qu'il soutient à Paris VII, sous la direction de Julia Kristeva[3],[4]. En 1976, il part sur les traces de Rimbaud en Éthiopie pour le film Le Voleur de feu de Charles Brabant, avec Léo Ferré, diffusé sur TF1 en 1978, et réalise un Rimbaud en cassettes Radio France, avec des lectures de Laurent Terzieff[5],[6].

Chauffeur de maître pour achever ses études (Souvenirs d'un chauffeur de maître dans Les Temps modernes, mai 1978), il entre à l'école des Beaux-Arts de Tours en 1979 comme professeur d'enseignement artistique (parmi ses collègues les peintres Pierre Antoniucci, Christian Henry, le sculpteur Peter Briggs...; parmi leurs élèves : Bernard Calet, Ben l'Oncle Soul, Richard Fauguet, Françoise Manceau, Laurent Mauvignier, François Pagé...)[7]

Ayant réuni ce qu’il appelle une « rimbaldothèque » exhaustive (toutes publications de 1870 à 2000), Alain Borer a exploré toutes les traces d’Arthur Rimbaud, de Charleville à Java, de Marseille à Londres ou Stockholm, de Harderwijk à Harar et de Chypre au Yémen (il recherche la maison de Rimbaud à Aden de 1990 à 1996)[8], tous les lieux de ce qu’il appelle, après d'autres, la « Rimbaldie" ; rencontré les derniers témoins (Émilie Tessier Rimbaud à Vouziers, la mémoire orale en Éthiopie)[9], la plupart des Rimbaldiens (d’Étiemble à Bob Dylan)[10] ; travaillé notamment avec Allen Ginsberg[11], Philippe Soupault, Ernest Pignon Ernest, Hugo Pratt, Bruno Sermonne...

Sa traduction du Rimbaud d’Enid Starkie (Flammarion, 1981) rencontre le succès [12] ; puis en automne 1984 paraissent simultanément deux livres, Rimbaud en Abyssinie (éditions du Seuil, collection Fiction & Cie) et Un sieur Rimbaud, se disant négociant avec Philippe Soupault (Lachenal & Ritter éditeur, Prix Bordin de l'Académie française 1985)[13],[14]. En 1986, Alain Borer publie un Adieu à Rimbaud, puis en 1991, Rimbaud l'heure de la fuite, illustré par Hugo Pratt[15], et il développe sa démonstration de l'unité de l'œuvre et de la vie d'Arthur Rimbaud dans l’Œuvre-vie, l’édition du centenaire, qui édite chronologiquement « rien que Rimbaud mais tout Rimbaud »[16],[17]. Ce livre a fait l'objet de critiques très sévères, comme de la part du spécialiste rimbaldien Steve Murphy, en raison d'une édition "effectuée de manière hâtive et sans discernement"[18]. On reproche également à Borer de publier Une saison en enfer après Les Illuminations, ce qui est contesté par la plupart des spécialistes et apparaît comme une erreur de chronologie évidente. Dans la dernière édition des Oeuvres complètes d' Arthur Rimbaud dans la Pléiade, André Guyaux ne retient pas ses propositions et cite rarement le travail de Borer.

À partir de 1991, après avoir consacré trente années de sa vie principalement à la poésie et à l'étude de Rimbaud[réf. souhaitée], Alain Borer publie un roman (Koba, prix Joseph-Kessel 2003), une pièce de théâtre (Icare, prix Apollinaire 2008)[19], un essai sur Beuys (catalogue du Centre Pompidou)[20], et toujours des poèmes, dans trois registres différents (en allées cosmiques lyriques, livres pataphysiques, et ce qu’il appelle « noèmes »)[21]

Écrivain-voyageur, signataire du manifeste littérature monde de Saint-Malo[22], Alain Borer accomplit en 2005 à l’invitation d’Édouard Glissant un voyage dans les mers du Sud (des Gambiers jusqu’à l’archipel des Tuamotus)[23] dont il rapporte Le Ciel & la carte, carnet de voyage dans les mers du Sud à bord de La Boudeuse, qui reçoit cinq prix littéraires[24].

Alain Borer a donné de nombreuses lectures et conférences. Une partie de son œuvre apparaît disséminée en de nombreuses préfaces, essais littéraires en revues[25], écrits sur l’art en catalogues (Pierre Antoniucci, Barry Flanagan, Vivien Isnard, Henri Maccheroni, Volti...), et poèmes en livres et revues multiples, ainsi qu’en émissions de radio sur France Culture (Germain Nouveau, Agenda Dada, Corrida Dada...)[26]. Il prend part au Groupe Actéon, « hors de tout commerce », avec André Velter et Zéno Bianu. Depuis 2014, il s’est engagé dans un combat pour la langue française[27] avec son essai De quel amour blessée, réflexions sur la langue française (grand prix Deluen de l’Académie française, 2014, prix Mauriac 2016), qui a donné lieu à de nombreuses conférences et interventions dans la presse[28],[29].

Dans Luna Park, en 2005, Marc Dachy écrivait: "Le succès international de Rimbaud en Abyssinie [aux États-Unis dans la traduction de Rosmary Waldrop, William Morrow, New York, 1991] a fait oublier que nous avons un écrivain complet de grande envergure, l’un des plus doués de sa génération, dont l’œuvre, parfois confidentielle et dispersée dans d’innombrables revues, ne peut être encore perçue dans sa totalité, mais dont l’écriture, toujours incandescente et inspirée, révèle avec érudition et passion, fantaisie et humour, des avancées profondes et novatrices".

Œuvres littéraires[modifier | modifier le code]

Aux États-Unis
  • Rimbaud in Abissinia. New York, William Morrow, 1991
  • The Essential Joseph Beuys, The MIT Press, Cambridge, Massachusetts, 1997
Romans
  • Koba, Éditions du Seuil, « Fiction & Cie », 2002
Théâtre
  • Paul des oiseaux, CCC Tours, Richard Meier, 1986
  • Le Chant du Rien visible, Fourbis, 1991
  • Richard Mille, Le Cercle d’Art, 2005
  • Icare & I don't, Éditions du Seuil, 2007
Essais sur Rimbaud
  • Bouts rimés d’Arthur Rimbaud, dessins de Michel Gérard, collection « Muro Torto », Rome, Villa Médicis, 1980
  • Rimbaud, d'Enid Starkie, traduction, préface et notes, Flammarion, 1982, réédition 1989
  • Rimbaud en Abyssinie, Éditions du Seuil, « Fiction & Cie », 1984, réédition 1991, édition revue et augmentée, Points-Seuil, 2004
  • Un sieur Rimbaud, se disant négociant… Avec Philippe Soupault, Arthur Aeschbacher et François Margolin, Lachenal & Ritter, 1984 (prix de l’essai de l’Académie française 1985) ; Réédition Le Livre de poche, Hachette, 1989, sous le titre La Terre et les pierres
  • « Nothing de Rimbe », Intervention/image d'Ernest Pignon-Ernest, AREA, 1986, nouvelle édition La Nuée bleue, 1991
  • Rimbaud d’Arabie, Éditions du Seuil, « Fiction & Cie », 1991
  • Rimbaud, l’heure de la fuite, générique de Hugo Pratt, coll. « Découvertes Gallimard / Littératures » (no 102), Paris : Gallimard, 1991, réédition 2001
  • Œuvre-vie, Édition du centenaire, en collaboration, Arléa, 1991
  • Je me ressouviens, FNAC & Institut du Monde Arabe, 1991
  • Le Lieu et la Formule, Mercure de France, 1999
Essais sur l’art
  • Albrecht Dürer, Œuvre gravé complet, Hubschmidt & Bouret, 1974, réédition Booking international 1991
  • Aleph ou le bœuf sous la langue, essai sur Georges Badin, Shakespeare & Cie, Paris, 1976
  • Le rêve du Chacmol, essai sur Olivier Seguin, Société d'édition du Val de Loire, 1995
  • La coupabilité de Saint Martin, Quinze siècles de peinture martinienne, catalogue du musée des Beaux-Arts de Tours, Somogy, 1998
  • Déploration de Joseph Beuys, catalogue de l'exposition Joseph Beuys, éditions du Centre Pompidou, 1994, Bibliothèque des Arts, Lausanne, 2001
  • L'Œuvre-vie d'Hugo Pratt et son empire perdu : Éthiopie, La trace du scorpion, Casterman, 2005
  • Chambord Les trois corps de Chambord, photographies de Dominic Hofbauer, Monum, éditions du patrimoine, 2006
  • Villeglé l'anarchiviste, Gallimard, 2019
Essais
  • De quel amour blessée, Réflexions sur la langue française, Gallimard, 2014[30]
Récits de voyage
  • Souvenirs d'un chauffeur de maître, Les Temps modernes, mai 1978
  • Trois jours aux anges, Caravanes, n°1, Phébus, 1989
  • Drames tranquilles à Tabou, Populations en danger, Écrivains, Photographes, Regards, Editions Michalon – Arte – La Sept Editions – Médecins Sans Frontières, 1995
  • La tentation de Sarajevo, Carnets de Sarajevo 1, Gallimard, 2002
  • Le Ciel & la Carte : Carnet de voyage dans les mers du Sud à bord de La Boudeuse, Le Seuil, 2010
Poésie
  • Fables à pointes de cuivre, Encres Vives, coll. manuscrits, 1970
  • Fi, Parisod, Lausanne, préface de Michel Vachey, 1971
  • François Coupé, SAFC-Encres Vives, 1973
  • Alexandrins oraux, fortuits et privés, Encres vives, 1975; nouvelle éd. augmentée, lithographie d'Erro, Graphium, Montpellier, 1980
  • Venusberg, précédé d'un rêve de Michel Butor, couverture de Jean-Luc Parant, linogravure de Gauvin, Béthune, Ecbolade 1976; réédition 1983, dessins de Vivien Isnard
  • Bestiaire, coll. « Les Poquettes volantes », La Louvière (Belgique), Daily-Bul, 1979
  • Le Nuage de Magellan, I, gouaches de Georges Badin, Musée d'art moderne de Céret, 1980
  • Le Nuage de Magellan, II, collage de Peter Briggs, Bruxelles, Bibliothèque Phantomas, 1983
  • Zone bleue, La Chevelure de Bérénice ; Le Nuage de Magellan, extrait III, dessin de Barbara Thaden, Lachenal & Ritter, 1984
  • Les Très Riches Heures de Chuck Berry, photomontages de Joël Hubaut, Éditions de la C.R.E.M., 1991
  • Départs arrêtés, aquarelles de Jean-Claude Vignes, Aréa, 1995
  • Le livre de repousser Apopis, noèmes, frontispice de Pierre Antoniucci, La Main Courante, 1995
  • Epactes, noèmes, gouaches de Jacques Vimard, Biren, 1995
  • Jeil, noèmes, interventions de Pierre Zanzucchi, L’Échelle, Hôtel Beury, 2000
  • Carte mère, noèmes, Vice-versa, 2002
  • Loups plats, illustrés par Pierre Antoniucci, Georges Badin, Peter Briggs, Alain Gauvin, Christian Jaccard, Jacques Vimard, Pierre Zanzucchi, Rencontre, 2006
  • Jeil, Pierre Zanzucchi, Rencontre, 2006
  • Terres assourdies, Jacques Vimard, 2007
  • Analectes, bijoux touaregs de Kaïdin, 2005-2007
  • Le métier à citer, outil de Christian Jaccard, Modernism, San Francisco, 2015
  • Séléniques, noèmes, dessin de Marie-Dominique Kessler, Crac, Genève, 2017
  • Epactes, noèmes, dessin de Marie-Dominique Kessler, Crac, 2018
  • Écritures du ciel, noèmes dits et vus, Crac, 2018
  • Les heures inconnues, noèmes dits et vus, Crac, 2019
Audiovisuel

Poésie :

  • Pour l'amour du ciel, CD Radio France, 1997

Sur Rimbaud :

  • Le Voleur de feu, film de Charles Brabant. avec Léo Ferré, TF1, 1978 et 1986
  • Arthur Rimbaud, raconté par Alain Borer. textes lus par Laurent Terzieff, cassettes Radio France, 1978 et 1989
  • Paul Verlaine, raconté par Alain Borer. cassettes Radio France, 1979
  • Sur les terrasses de Rimbaud. film de Saad Salman, Paris, Les Productions de La Lanterne, 1990

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Le Reste à voir, L’Échelle, Hôtel Beury, 2006
  • La Sanglinière (photographies), Château de Tours, 2007 [31],[32]; Genève, Andata.Ritorno, 2013
  • Les Mâts à mots, Seuilly, La Devinière, 2013
  • Écritures du ciel, noèmes dits et vus, Genève, Andata.Ritorno, 2018

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Présentation | Alain BORER » (consulté le 18 janvier 2020)
  2. « Présentation Fr », sur www.alainborer.fr (consulté le 25 février 2017)
  3. Gérard Meudal, « Le Rimbaldingue », Libération,‎
  4. Raphaël Sorin, « Alain Borer à la poursuite de Rimbaud », Le Monde,‎
  5. Charles Brabant, « Rimbaud le voleur de feu », sur alainborer.fr, TF1 INA, (consulté le 8 décembre 2019)
  6. Laurent Terzieff et Alain Borer, Arthur Rimbaud, cassettes Radio France,
  7. « Bulletin de Culture Générale n°12 », BCG Ecole des Beaux-Arts de Tours,‎
  8. Jacqueline Risset, « La découverte de la "maison Rimbaud" », La Nouvelle Revue Française,‎ avril 1996 n°519, pp 2-17
  9. Charles Brabant, Le Voleur de feu, Paris, TF1 INA DVD Doriane films,
  10. « Le suicide de Rimbaud », sur www.college-de-france.fr, (consulté le 15 mars 2020)
  11. « Fous d'Arthur », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  12. Gérard Meudal, « Alain Borer, le Rimbaldingue », Libération,‎
  13. Raphaël Sorin, « Alain Borer à la poursuite de Rimbaud », Le Monde des livres,‎ (lire en ligne)
  14. Alain Lessard, « Alain Borer, Dans l'exil de Rimbaud », Nuit Blanche,‎
  15. Jean-Claude Guillebaud, « L'heure de fuite », Le Nouvel Observateur,‎
  16. Muriel Steinmetz, « "Ce qui frappe chez Rimbaud, c'est la continuité des ruptures" », L'Humanité,‎ 26-27-28 juin 2015, p.19
  17. (es) Johny Martinez Cano, « Alain Borer tras Rimbaud », sur literariedad.co, (consulté le 8 décembre 2019)
  18. Voir Steve Murphy, Stratégies de RImbaud, Honoré Champion, 2009.
  19. « Prix », Le Monde,‎
  20. « Joseph Beuys, artiste politique le spectateur l'homme de feutre », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  21. « Etats provisoires du poème, X, théâtre et poésie », TNP, Cheyne éditeur,‎
  22. Amadou Lamine Sall et Lilyan Kesteloot, « Un peu de mémoire, s'il-vous-plaît ! », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  23. « Édouard Glissant, voyageur du tout-monde », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  24. Prix Prix Mac Orlan 2011 ; Prix Mémoire de la mer 2011 ; Prix Polynésie 2012 ; Prix Maurice Genevoix de l’Académie française 2012 ; Joseph Conrad Award
  25. Alain Borer, « Le sens perdu de la Marseillaise », Le Point,‎
  26. Patrick Kechichian, « Le club des poètes », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  27. Jacques Drillon, « Débats, langue : défendre le français, est-ce réac ? », L'Obs,‎
  28. Bernard Pivot, « L'autre défaite d'Azincourt », Le Journal du dimanche (JDD),‎
  29. Thomas Mahler et Saïd Mahrane, « Borer: "Notre fabrique de mots francophones est en panne" », Le Point,‎ , p. 1-5
  30. Xavier Houssin, « Alain Borer, vigie de la langue », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 13 décembre 2015)
  31. Patrick Roeiers, « Partie de campagne », Chateau Expos, Mairie de Tours,‎ , p. 3
  32. Jean-Marie Laclavetine, « Permanence de la Courette », Chateau Expos - Mairie de Tours,‎ , p. 4

Liens externes[modifier | modifier le code]