Joseph Goebbels

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Joseph Goebbels
Bundesarchiv Bild 146-1968-101-20A, Joseph Goebbels.jpg
Portrait de Joseph Goebbels par Heinrich Hoffmann.

Fonctions
15e chancelier du Reich
(25e chancelier d'Allemagne)
30 avril 19451er mai 1945
Président Karl Dönitz
Prédécesseur Adolf Hitler
(Führer)
Successeur Lutz Schwerin von Krosigk
(Chef du gouvernement)
Ministre du Reich à l'Éducation du peuple et à la Propagande
13 mars 193330 avril 1945
Prédécesseur poste créé
Successeur Werner Naumann
Député
représentant la 2e circonscription de Berlin
20 mars 192824 avril 1945[1]
Élection 20 mars 1928
Réélection 20 mars 1928
14 septembre 1930
31 juillet 1932
6 novembre 1932
5 mars 1933
12 novembre 1933
29 mars 1936
10 avril 1938
Biographie
Nom de naissance Paul Joseph Goebbels
Date de naissance 29 octobre 1897
Lieu de naissance Flag of the German Empire.svg Rheydt (Allemagne)
Date de décès 1er mai 1945 (à 47 ans)
Lieu de décès Flag of the NSDAP (1920–1945).svg Berlin (Allemagne)
Nationalité Allemande
Conjoint Magda Goebbels
Enfants Helga Goebbels
Hildegard Goebbels
Helmut Goebbels
Holdine Goebbels
Hedwig Goebbels
Heidrun Goebbels

Reichsadler der Deutsches Reich (1933–1945).svg
Chanceliers d'Allemagne

Paul Joseph Goebbels, né le 29 octobre 1897 à Rheydt[2] et mort à Berlin le 1er mai 1945, était un homme politique allemand, membre du Parti national-socialiste.

Ministre du Reich à l’Éducation du peuple et à la Propagande sous le Troisième Reich de 1933 à 1945, son nom reste indissolublement lié à l'emploi des techniques modernes de la manipulation des masses et de la démagogie qu'ont été capables de diffuser les propagandes des États totalitaires.

Joseph Goebbels était un proche d'Adolf Hitler et, avec Hermann Goering et Heinrich Himmler, un des ministres les plus puissants et influents du Troisième Reich. Il est brièvement chancelier après le suicide d'Hitler. Goebbels s'est donné la mort à Berlin le 1er mai 1945, avec son épouse Magda, après qu'elle eût empoisonné leurs six enfants.

Sommaire

[modifier] Biographie

[modifier] L'enfance et les études (1897-1922)

Paul Joseph Goebbels voit le jour à Rheydt, une petite ville industrielle au sud de Mönchengladbach. Il est le fruit du mariage, en 1892, de Fritz Goebbels, garçon de course dans une fabrique de réverbères, passant ensuite au grade de commis, d’employé de bureau puis de comptable, et de Katharina Odenhausen, domestique dans une ferme, tous deux catholiques ; outre Joseph, le couple engendre cinq autres enfants : Konrad (1893-1949), Hans (1895-1947), Maria (1896-1896), Elisabeth (1901-1915) et Maria (1910). En 1901, Goebbels, atteint d’ostéomyélite, perd l’usage de son pied droit ; il subit, en 1907, une opération qui échoue et le contraint à porter un appareil orthopédique pour le restant de ses jours. De plus; cette infirmité le fait réformer, à son grand dépit, alors que ses deux frères participent à la Première Guerre mondiale.

Goebbels entame ses études primaires à partir de Pâques 1904 dans une école proche, puis suit des études secondaires, décrochant sa Reifeprüfung (équivalent du baccalauréat) en 1917. Excellent étudiant, « cet élève studieux était trop renfermé pour être aimé de ses camarades, trop prétentieux pour être apprécié de ses professeurs< »ref>L. Richard, op. cit., p.24</ref>. Il poursuit ensuite des études universitaires en philologie classique à Bonn, puis, après deux semestres, à Fribourg à l’été 1918 et l’hiver suivant à Wurtzbourg ; l'été 1919, il est de retour à Fribourg-en-Brisgau, avant d’aller étudier à Munich ; après un nouveau retour à Fribourg, il s’inscrit à l’université de Heidelberg, où il termine ses études. Sous la direction d’un professeur d’origine juive, Max von Waldberg, Goebbels entreprend une thèse de doctorat consacré à l’écrivain romantique Wilhelm von Schütz, « l’un des modèles du conservatisme intellectuel et politique le plus strict »[3]. Après un an de travail, Goebbels décroche son doctorat le 18 novembre 1921 : « jusqu’à sa mort, il ne manquera jamais, en toutes circonstances, de veiller que soit indiqué son titre universitaire, Monsieur le Docteur Goebbels »[4].

[modifier] Le cadre nazi 1922-1933

Mariage de Magda et Joseph Goebbels. En arrière-plan, leur témoin, Adolf Hitler.

[modifier] 1922-1926 : dans l'aile gauche du parti, avec les Strasser

Dès 1924, Goebbels rejoint le NSDAP dirigé par Adolf Hitler depuis 1921. En cela c'est un Nazi historique. Son haut niveau d'étude le propulse à la tête des journaux nazis de la Ruhr. Son supérieur est Gregor Strasser. Sa grande intelligence et son éducation de haut niveau font qu'il a en charge successivement de plus en plus de journaux du parti dans de plus en plus de régions d'Allemagne.

Parallèlement à cette activité il produit de nombreux discours où ses talents d'orateurs sont appréciés. Dans le parti d'alors, les frères Strasser (Otto et Gregor) sont ses mentors. Ils ont une belle place au sein du parti, car ils ont su profiter du séjour de Hitler en prison[réf. nécessaire] (du 11 novembre 1923 au 20 décembre 1924). À son retour, Hitler ne peut le supporter. Joseph Goebbels commence donc dans une aile du parti qui est jugée plutôt rivale de Hitler (même s'il répète sans cesse son dévouement à ce dernier).

À cette époque, il note dans son journal intime que certains discours de Hitler l'horrifient et le repoussent fortement par leur brutalité mais aussi pour le rapprochement souhaité par Hitler du parti avec les puissances d'argent (le parti a besoin de financement) ; à l'inverse il apprécie la modération des Strasser, leur « honnêteté », leur sympathie : il est alors impensable alors pour lui de les lâcher politiquement. Il n'hésite pas à dénoncer les « réactionnaires », et à proclamer que « seul le socialisme peut libérer l'Europe » et pour lui il faut d'abord bannir le libéralisme et rénover le socialisme ; il fait des discours dénonçant « le système capitaliste »[5]. Il admire Hitler mais a des désaccords au sujet des nationalisations économiques (que Goebbels veut partout) et sur la notion de propriété (Goebbels veut supprimer la propriété privée).

[modifier] 1926 : le tournant

Membre de l’aile gauche du parti, Goebbels va pourtant rejoindre l'aile droite du parti. Au début de 1926, Hitler remet progressivement la main sur le parti. Il s'appuie pour cela sur l'aile droite animée par Julius Streicher (que Goebbels appelle « les porcs », « les crapules d'en-bas »), celle qui s'oppose aux Strasser, et qui est en lien avec l'establishment allemand (Erich Ludendorff par exemple). Hitler, dans son discours du 14 février 1926 à Bamberg, devant 60 dirigeants du parti, définit une politique dont le seul ennemi est le bolchevisme. Ce discours offense profondément les partisans des Strasser. Goebbels est retourné, malade (« C'est ma cohésion intérieure qu'on m'a retirée. Je ne suis plus que la moitié de moi-même »). Il commente : « Quel Hitler est-ce là ? Un réactionnaire ? L'Italie et l'Angleterre sont des partenaires naturels. Terrifiant ! […] Ne pas porter atteinte à la propriété privée ! (sic !) Atroce ! ».

Durant février Goebbels et le clan Strasser essayent de retourner Hitler contre l'aile droite. Vainement, mais Hitler tempère, laissant une porte ouverte : le 28 février dans un discours il s'en prend essentiellement au « marxisme ». Goebbels sait que c'est la chance à saisir, il prépare sa trahison : au début de mars, Strasser est grièvement blessé par des communistes lors d'un meeting ; c'est l'occasion pour Goebbels d'aller à la rencontre de l'aile droite. Le 12 mars il est invité sur les terres d'un des tenanciers de cette dernière (en Franconie chez Streicher), puis le 21 mars, à Nuremberg, il rencontre Streicher et se réconcilie avec lui[6]. Le 27 mars, Goebbels fait son auto-critique, il écrit un éditorial au titre évocateur : « Il y a quelque chose qui cloche en moi ! »[7]. C'en est fini du Goebbels « strasserien » ; désormais Goebbels est entièrement hitlérien. Cette trahison n'empêche pas que Goebbels a toujours admiré Hitler ([8]), et met ses erreurs sur le dos de ses mauvais conseillers, notamment Hermann Esser, un rival propagandiste de Goebbels est donc tout dévoué à Hitler.

D'autre part, si Goebbels est pour le socialisme, il est absolument contre le marxisme[9] et de ce fait, un national-socialiste convaincu. Concernant son antisémitisme virulent, l'historien Joachim Fest relève qu'au départ de sa carrière politique, Goebbels se moquait de l'« antisémitisme simpliste des politiciens racistes ». Néanmoins, par la force des choses, notamment la consolidation du Troisième Reich, la baisse de son influence et surtout la recherche de nouvelles cibles, il devint un antisémite des plus acharnés, bien qu'il s'agisse sans doute plus d'une tentative de « compenser sa disgrâce physique », qui ne correspondait pas aux canons du Troisième Reich, qu'une conviction profonde[10].

Mais ce retournement de situation, Goebbels l'a aussi souhaité ; car il a compris que le camp de Strasser est condamné à plus ou moins long-terme[11]. De plus, Goebbels sait qu'avec ses talents de propagandiste, il a une place dans le parti avec ou sans les Strasser. Hitler tient à s'attacher ses services, et pour cela il met les moyens : alors qu'il convoque l'aile gauche et l'aile droite à Münich, pour s'expliquer sur le 12 février, Hitler donne un traitement de faveur à Goebbels. Dès le premier jour : accolade chaleureuse avec les larmes aux yeux ; ça marche : Goebbels dit être alors « sur un nuage »[12] ; puis Hitler multiplie les privilèges pour son hôte : il l'attend seul à son hôtel ; ils dînent ensemble, c'est Hitler qui invite « et il ne mégote pas ! » commente un Goebbels flatté ; puis à l'opéra, Hitler se met à côté de Goebbels, ce qui le flatte davantage encore. Le lendemain matin commence l'explication : l'aile droite charge Strasser et Goebbels qui réplique, les insultes fusent. Hitler se frotte les mains : il n'a plus qu'à apparaitre à la fin de la réunion comme « le dieu pacificateur et unificateur »[13]. L'après-midi, Hitler le partage avec Goebbels, Kaufmann et von Pfeffer pour expliquer ses nouvelles positions : individualisme et collectivisme sont liés ; il prévoit du privé et du public dans son économie, dans une sorte d'économie mixte.

Hitler réinvite Goebbels le 15 avril chez lui personnellement, il y reste trois jours ; puis ils vont à Wulle pour un meeting, ils dînent ensemble, Hitler l'embrasse et le flatte tellement que Goebbels croit qu'il le « porte dans son cœur comme personne d'autre »[14]. Le 20 avril Goebbels a l'honneur de fêter l'anniversaire du Führer (37 ans) avec lui. Petit à petit on voit bien[non neutre] que Hitler remplace peu à peu ses amis d'antan : Strasser… mais aussi Kaufmann qui n'hésite pas à le lui reprocher dans une lettre début mai 1926. Goebbels semble avoir fait son choix depuis longtemps déjà. Le retournement de Goebbels s'est donc effectué là. Hitler a réussi, en soufflant d'abord le froid le 13 février, incitant Goebbels à se rapprocher de Streicher (19-20 mars), puis en soufflant le chaud en avril (meeting de Münich vendredi 9 avril, anniversaire d'Hitler le 20, meeting du 22 mai) l'incitant à se rapprocher de lui-même[réf. nécessaire].

[modifier] 1926-1933 : le serviteur d'Hitler

Ce retournement et cette fidélité nouvellement témoignée sont récompensés : Gauleiter de Berlin à partir de 1926, il est élu dès les élections législatives de mai 1928, devenant ainsi l'un des douze premiers députés du NSDAP à siéger au Reichstag : « Nous entrons au Reichstag […] comme des loups dans la bergerie », écrit-il dans Der Angriff, le journal qu'il avait fondé en 1927.

Il épouse Johanna Maria Magdalena Behrend (mieux connue sous le nom de Magda Goebbels et qui était la seconde femme de Günther Quandt) le 19 décembre 1931. Sous le Troisième Reich, la propagande fait de Magda Goebbels l'épouse et la mère de famille modèle de l'Allemagne nazie. Il a cependant, entre 1936 et 1938, une liaison avec une actrice tchèque, Lída Baarová. Il semble que ce soit sur l'insistance d'Hitler que le couple Goebbels ne se sépare pas.

[modifier] Ministre de la propagande : 1933-1945

Goebbels et la cinéaste Leni Riefenstahl, en 1937.

Le 11 mars 1933, Hitler le nomme ministre du Reich à l'Éducation du peuple et à la Propagande en raison de ses talents d'orateur et de rhétoricien. Son rôle est très important dans la mise en place de la dictature nazie et de la diffusion des mots d'ordre. Selon lui, « l'idéal, c'est que la presse soit organisée avec une telle finesse qu'elle soit en quelque sorte un piano sur lequel puisse jouer le gouvernement »[réf. nécessaire].

C'est son ministère qui régente et censure la presse écrite, la radio, le cinéma, l'art. Sous l'impulsion de Goebbels, les moyens modernes de communication sont considérablement développés : radio, informations cinématographiques et même télévision (dès 1935). Le 21 mars 1933, il organise la journée de Potsdam, peu avant le vote de la loi des pleins pouvoirs par le Reichstag, lors de laquelle Hitler obtient le ralliement du Zentrum contre d'éventuelles garanties constitutionnelles qui ne seront pas réalisées.

Le 10 mai 1933, 20 000 livres sont brûlés lors de l'autodafé organisé par les nazis sur la place de l'opéra à Berlin. Dès septembre 1933, une loi oblige à adhérer à une Chambre de la culture du Reich (Reichskulturkammer) pour pouvoir exercer une profession artistique ou celle de rédacteur en chef d'un journal. Comme cette adhésion est interdite aux « non-aryens », ces professions deviennent ainsi réservées aux seuls aryens. L'émigration de nombreux intellectuels commence. Goebbels est constamment aux avant-postes dans la radicalisation du régime contre les Juifs. Avant la guerre, par exemple, lors de la Nuit de cristal, dont il apparaît comme le principal instigateur[réf. nécessaire].

Il est décrit comme de type méditerranéen, de taille moyenne (mesurant 1,65 m), la jambe droite déformée des suites d'un pied-bot ou d'une ostéomyélite, squelettique, de complexion maladive et disposant d'un nez proéminent et pointu[15]. De tous les dirigeants du Troisième Reich et hormis la personne d'Hitler lui-même, Joseph Goebbels avait l’apparence la plus éloignée du canon esthétique nazi du grand blond athlétique aux yeux bleus[16]. Goebbels n'hésite pas à faire figurer ses propres enfants dans un film de 1939 destiné à justifier la politique d'euthanasie des infirmes alors que lui-même a été réformé du service militaire en raison de son pied bot. Selon Joachim Fest, il cherchait à compenser ses défauts physiques par une dévotion complète au nazisme[17].

Suite à la défaite de Stalingrad, Goebbels prononce le 18 février 1943 l'un de ses plus importants discours au palais du Sport de Berlin. Conscient que l'Allemagne court maintenant un risque mortel, il fait approuver par 15 000 délégués la guerre totale. Il conclut son discours par cette phrase : « Et maintenant peuple, lève-toi, et toi, tempête, déchaîne-toi ». Proche de Hitler, Goebbels joue un rôle déterminant à Berlin dans l'échec du complot du 20 juillet 1944 contre Adolf Hitler, rendant possible une conversation téléphonique entre le commandant Otto Ernst Remer et Hitler dans le Wolfsschanze, alors que la rumeur prétendait qu'il était mort. Il devient immédiatement après « plénipotentiaire pour la guerre totale » en juillet 1944. Il suit son Führer jusqu'aux derniers jours du Troisième Reich. Le ministère de la Propagande, au service de « la sainte croisade du XXe siècle contre le bolchévisme », mobilise les troupes allemandes et le reste de la population au fur et à mesure que la situation militaire se détériore. Il est directement responsable[réf. nécessaire] des Volkssturm, troupes de réserve composées d'adolescents et de personnes âgées, lors de la bataille de Berlin.

[modifier] Les derniers jours

[modifier] Chancelier

Article connexe : Cabinet Goebbels.
Joseph Goebbels remettant la croix de fer à un membre des Jeunesses hitlériennes, en 1945.

Après le suicide de Hitler dans l'après-midi du 30 avril, il est brièvement chancelier du Reich du 30 avril au 1er mai. Ses dernières tentatives consistent à essayer de prendre contact avec les Soviétiques qui sont à la Zimmerstrasse, non loin du Führerbunker de la Neue Reichskanzlei, en parvenant avec ses aides de camp à mettre en place un téléphone et à communiquer avec eux. Il tente alors de négocier un armistice, mais ne parvient pas réellement à joindre les autorités soviétiques.

[modifier] Suicide

Refusant catégoriquement une reddition sans conditions, Goebbels se donne alors la mort par balle au soir du 1er mai 1945 avec son épouse Magda, après qu'elle eut tué leurs six enfants âgés de 4 à 12 ans en les empoisonnant à l'aide de cyanure. Tout comme Hitler, son corps est partiellement brûlé par les aides de camp de la chancellerie à cause du manque d’essence.
Ainsi, le 4 ou 5 mai, les soldats russes découvrirent son corps qui n’avait pu se consumer complètement, son identification fut de ce fait facilitée par son profil caractéristique.
Les dépouilles de la famille Goebbels furent alors transportés jusqu' à Rathenow et inhumés dans un champ (ou une forêt ?) près du village de Neu Friedrichsdorf, à environ un kilomètre à l'est de la ville où le SMERSH (contre-espionnage soviétique) avait son enceinte. Huit mois plus tard, ils étaient exhumés pour être ensevelis dans la garnison de Magdebourg au 32 et 36 Westerndstraße (aujourd’hui Klausenerstraße). Aussi longtemps que le territoire était sous l’autorité soviétique le secret pouvait être bien gardé. Hors, en 1970, devant restituer au gouvernement de la République démocratique allemande les garnisons qu’ils occupaient à Magdebourg, les Russes craignirent que la découverte des dépouilles n'engendre un lieu de pèlerinage néo-nazi. Youri Andropov, chef du KGB, ordonna alors de faire disparaitre définitivement les restes. Le 4 avril au soir, les os furent déterrés et placés dans des boîtes. A l'aube du 5 avril, celles-ci furent empilées sur un bûcher à l’extérieur de la commune de Schönebeck à onze kilomètres de Magdebourg puis, d'un pont qui enjambe l'Elbe, à Biederitz (à une vingtaine de kilomètres de Schönebeck), les cendres furent dispersées dans la rivière[18]

[modifier] Le journal de Goebbels

Le copieux Journal tenu par Goebbels de 1923 à 1945 est un document capital pour les historiens et comporte 29 volumes édités intégralement par l’Institut für Zeitgeschichte (Institut d'Histoire contemporaine de Munich). On y découvre, de l'intérieur, le fonctionnement complexe du système nazi, l'idolâtrie servile de Goebbels vis-à-vis de son maitre infaillible, les intrigues et rivalités au sein du premier cercle, et surtout la machine à manipuler les esprits que dirige Goebbels. Trois thèmes lui serviront jusqu'au bout à entretenir ses propres illusions sur le succès final alors que troupes soviétiques et alliées ont manifestement mis à genoux la « Grande Allemagne » : les Juifs, responsables du mal par définition, les Soviétiques, autre incarnation du mal absolu, et les promesses de lendemains meilleurs. On découvre aussi la psychologie d'un personnage-clé du « Reich millénaire » niant les crimes nazis et s'indignant des « bombardements criminels » des villes allemandes, si bien qu'on finit par se demander[non neutre] s'il écrivait pour manipuler même la postérité ou s'il croyait en son discours.

Dans le premier volume paru de la traduction en français du « Journal » de Goebbels (Journal 1943-1945, texte établi et annoté par Pierre Ayçoberry), on assiste au déclin puis à la chute du Troisième Reich. Grâce à une édition scientifique rigoureuse, cet ouvrage est un document de premier ordre sur les rouages du pouvoir dans l'Allemagne nazie. Le style est fréquemment grandiloquent et il est évident que Goebbels écrivait en pensant être lu plus tard[réf. nécessaire]. C'est sans doute pourquoi les écrits de Goebbels dérivent progressivement vers l'auto-justification et la recherche de coupables pour expliquer la défaite de plus en plus probable de l'Allemagne nazie. Les deux cibles principales de Goebbels sont à ce titre la Luftwaffe - et à travers elle Hermann Göring - et le haut commandement de la Wehrmacht, plus particulièrement les milieux aristocratiques. Derrière cette dernière critique, on sent poindre la fascination d'Hitler et Goebbels pour Staline qui a, selon eux, réussi à mettre en place un régime totalitaire ultime en éliminant tous les cercles intermédiaires. L'extermination des Juifs et des Tziganes n'est abordée que de manière allusive, notamment à travers la formule plusieurs fois répétée selon laquelle il faudrait « couper les ponts ». Il est cependant indéniable que Goebbels était complètement informé et il a, en tant que Gauleiter, participé de manière active à la déportation des Juifs de Berlin.

Enfin, le texte décrit de manière saisissante le désordre qui règne dans les milieux décisionnels du Troisième Reich et fait ainsi définitivement voler en éclats le mythe de la machine de guerre allemande bien huilée. En l'absence d'une hiérarchie définitive et d'une répartition claire des compétences, on assiste en effet à d'incessantes querelles personnelles - dans lesquelles Goebbels n'est jamais le dernier à s'impliquer - où le but est in fine de gagner les faveurs d'un Führer de plus en plus enfermé dans sa folie. Ce climat rend difficile voire impossible la prise de décision, la réalisation de tout projet concret. C'est ainsi que Goebbels n'a de cesse d'appeler à la guerre totale et s'épanche continuellement sur le sujet alors qu'en fait, de réunion en réunion, le projet n'avance pas. Goebbels lui-même prélève en 1944 des milliers de soldats sur le front de l'Est pour tourner en tant que figurants dans une de ses productions cinématographiques[19].

On peut aussi signaler qu'il parlait couramment français mais absolument pas anglais. Ceci explique peut-être ses erreurs de ton face à l'Angleterre, mais aussi les idées empruntées[20] à Joseph Arthur de Gobineau[réf. nécessaire].

[modifier] Au cinéma

Joseph Goebbels est un rôle récurent dans les productions cinématographiques ayant pour thème le Troisième Reich. On peut citer La Chute (2004), où le personnage est joué par Ulrich Matthes, Mon Führer - La vraie véritable histoire d'Adolf Hitler (2007) et Inglourious Basterds (2009) par Sylvester Groth et Walkyrie (2009) par Harvey Friedman.

[modifier] Publications

[modifier] Textes publiés

  • Das kleine abc des Nationalsozialisten (1925)
  • Lenin oder Hitler? Eine Rede (1926)
  • Die zweite Revolution, Briefe an Zeitgenossen (1926)
  • Wege ins dritte Reich, Briefe und Aufsätze für Zeitgenossen (1927)
  • Michael. Ein deutsches Schicksal in Tagebuchblättern (Roman, 1929)
  • Vom Proletariat zum Volk (1932)
  • Vom Kaiserhof zur Reichskanzlei (1934)
  • Der Faschismus und seine praktischen Ergebnisse Reihe: Deutsche Hochschule für Politik, Schriften Heft 1, Junker und Dünnhaupt 1934. Vorwort Paul Meier-Benneckenstein, Präsident der DHfP (Rede des G. in der "Hochschule")
  • Kampf um Berlin (1934)
  • Signale der neuen Zeit (1934)
  • Kommunismus ohne Maske[21]
  • Der Angriff. Aufsätze aus der Kampfzeit (1935)
  • Die Zeit ohne Beispiel (1942)
  • Das Eherne Herz (1943)
  • Der steile Aufstieg (1944)

[modifier] Textes non publiés

  • Der Lenz und ich und Du (Gedichte, o. J.)
  • Der Mutter Gebet. Ein Idyll aus dem Kriege (o. J.)
  • Bin ein fahrender Schüler, ein wüster Gesell (Novelle, 1917)
  • Judas Iscariot (Drama, 1918)
  • Heinrich Kämpfert (Drama, 1919)
  • Die Saat (Drama, 1920)
  • Wilhelm von Schütz als Dramatiker. Ein Beitrag zur Geschichte der Romantischen Schule (Dissertation, 1921)
  • Der Wanderer, Ein Spiel in einem Prolog, elf Bildern und einem Epilog von Joseph Goebbels. Dem anderen Deutschland geschrieben 1923 begonnen, Fragment. 1927 aufgeführt.
  • Michael Voormann: Ein Menschenschicksal in Tagebuchblättern. (Roman, 1924)

[modifier] Journal

[modifier] Bibliographie

  • Ernest K. Bramsted, Goebbels and National Socialist Propaganda. 1925-1945, Michigan, Michigan State University Press, 1965
  • Elke Fröhlich, Die Tagebücher von Joseph Goebbels. Teil I, Aufzeichnungen 1923–1941, 14 Bände, Teil II, Diktate 1941–1945, 15 Bände, Teil III, Register, 3 Bände, München, K. G. Saur Verlag 1993-2008.
  • Imre Gyomai, Goebbels. Porte-parole du nazisme. (Documents contemporains), Paris, Les Editions Nagel, 1945.
  • Joseph Goebbels, Journal 1923-1933, Collectif, Ed. Tallandier, 907 pages, 2006, (ISBN 2847343008)
  • Joseph Goebbels, Journal 1933-1939, Collectif, Ed. Tallandier, 968 pages, 2007, (ISBN 2847344615).
  • Joseph Goebbels, Journal 1943-1945, Collectif, Ed. Tallandier, 766 pages, 2006, (ISBN 2847341145).
  • Joseph Goebbels, Journal 1939-1942, Collectif, Ed. Tallandier, 741 pages, 2009.
  • Angela Hermann, "In 2 Tagen wurde Geschichte gemacht". Über den Charakter und Erkenntniswert der Goebbels-Tagebücher. Stuttgart 2008, ISBN 978-3-9809603-4-2.
  • Angela Hermann, Hitler und sein Stoßtrupp in der "Reichskristallnacht". Vierteljahrshefte für Zeitgeschichte, 56 (2008), 603-619.
  • Angela Hermann, Der Weg in den Krieg 1938/39. Quellenkritische Studien zu den Tagebüchern von Joseph Goebbels, München 2011 (Studien für Zeitgeschichte, Bd. 83), ISBN 978-3-486-70513-3.
  • Anja Klabunde, Magda Goebbels : approche d'une vie, Paris, Tallandier, 2006
  • Peter Longerich, Goebbels. Biographie, München, Siedler Verlag, 2010, ISBN 978-3-886-80887-8.
  • Roger Manvell et Heinrich Fraenkel, Goebbels. Sa vie, sa mort, Paris, Robert Laffont, 1960
  • Hans-Otto Meissner, Erich Ebermeyer, Magda Goebbels. Compagne du diable, Paris, Edit. France-Empire, 1961.
  • Viktor Reimann, Goebbels, New York, Doubleday & Company, 1976.
  • Curt Riess, Goebbels, Paris, Librairie Arthème Fayard, 1956.

[modifier] Notes et références

  1. De facto.
  2. Sauf mention contraire, cette section se fonde sur Lionel Richard, Goebbels. Portrait d'un manipulateur, s. l., André Versailles, 2008, p.21-57
  3. L. Richard, op. cit., p. 50
  4. L. Richard, op. cit., p. 55 (N.B. : indiquer le titre universitaire est néanmoins en Allemagne une pratique courante (le titre de docteur ou de professeur peut être inscrit sur ses papiers d'identité))
  5. Discours du samedi 28 février 1925.
  6. « Là-bas [à Nuremberg] Julius Streicher m'attend. Longue discussion. Réconciliation » - 21 mars 1926.
  7. Journal, 27 mars 1926.
  8. « Quel type formidable ! », « Un sacré gaillard » - 13 mars 1926 ; « Hitler est grand » - 13 avril 1926.
  9. il écrit dans son journal le 9 février 1925 : « Mot d'ordre : contre le marxisme, pour le socialisme »
  10. Joachim Fest, Les Maîtres du IIIe Reich, Grasset, Collection Le Livre de Poche Référence, 1965 [rééd. 2011], pp. 157-158.
  11. « Nous ne sommes pas vraiment à la hauteur de ces porcs d'en face ! » - 15 février 1926.
  12. 13 mars 1926.
  13. « Mais tout se termine dans la concorde, Hitler est grand, il nous tend une main cordiale à tous » - 13 mars 1926.
  14. 19 avril 1926.
  15. Joseph Goebbels - Biography
  16. On ironisait volontiers en disant que le bel Aryen était blond comme Hitler, grand comme Goebbels et élancé comme Goering, comme on le voit sur cette carte postale.
  17. Joachim Fest, The Face of the Third Reich, p.87, édition ?, année ?.
  18. Tombes et sépultures dans les cimetières et autres lieux sur tombes-sepultures.com. Consulté le 30 janvier 2012
  19. Kolberg, de Veit Harlan, (1945). Drame sur la résistance héroïque de la citadelle de Kolberg aux canons de Napoléon. Film tourné en Agfacolor qui coûta huit millions de Reichmarks, le plus cher jamais produit par le régime nazi. La Wehrmacht fut requise pour les milliers de figurants en costume. Les plateaux devaient être sans cesse évacués sous les bombardements incessants de la RAF. Goebbels voulait une grosse sortie, mais eut du mal à trouver des salles intactes pour le projeter. Il s’agit de l’une des entreprises les plus démentielles[non neutre] de l’histoire du cinéma. Le film a été projeté par FR3 en 1988 et est disponible en DVD. C'est un film qui n'est pas sans qualités, aujourd'hui un précieux document sur la propagande du IIIe Reich.
  20. Men behind Hitler
  21. Referat auf dem Parteitag 1935, genannt „Reichsparteitag der Freiheit“, Gleichsetzung von Bolschewismus und Judentum. 32 Seiten; vorhanden im Landesarchiv Baden-Württemberg, Staatsarchiv Freiburg, Bestand W 307: Sammlung Karl Fritz.-Dies ist der Vorläufer einer anderen Ausgabe: die im Titel gleichlautende, ähnliche Broschüre eines rechtsradikalen Vereins namens "Volksbund für Frieden und Freiheit" 1955, Verf. Eberhard Taubert, Mitarbeiter Goebbels, z. B. gemeinsam am Film "Der ewige Jude"; 2. Aufl. geänd. Titel "Sie haben sich demaskiert." T. wurde Mitarbeiter von Franz Josef Strauß

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