Hans-Dietrich Genscher

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Hans-Dietrich Genscher
Hans-Dietrich Genscher, en 1978.
Hans-Dietrich Genscher, en 1978.
Fonctions
Vice-chancelier d'Allemagne
Ministre fédéral des Affaires étrangères
7e et 9e vice-chancelier depuis 1949
6e et 8e ministre fédéral des Affaires étrangères depuis 1951
4 octobre 198218 mai 1992
Chancelier Helmut Kohl
Prédécesseur Egon Franke
(Vice-chancelier)
Helmut Schmidt
(Affaires étrangères)
Successeur Jürgen Möllemann
(Vice-chancelier)
Klaus Kinkel
(Affaires étrangères)
16 mai 197417 septembre 1982
Chancelier Helmut Schmidt
Prédécesseur Walter Scheel
Successeur Egon Franke
(Vice-chancelier)
Helmut Schmidt
(Affaires étrangères)
Ministre fédéral de l'Intérieur
7e ministre fédéral de l'Intérieur depuis 1949
22 octobre 196916 mai 1974
Chancelier Willy Brandt
Prédécesseur Ernst Benda
Successeur Werner Maihofer
Président fédéral du Parti libéral-démocrate
1er octobre 197423 février 1985
Prédécesseur Walter Scheel
Successeur Martin Bangemann
Biographie
Date de naissance 21 mars 1927 (87 ans)
Lieu de naissance Reideburg (Allemagne)
Parti politique Parti libéral-démocrate (FDP)
Diplômé de Université de Halle
Université de Leipzig
Université de Hambourg
Profession Avocat

Hans-Dietrich Genscher
Vice-chanceliers d'Allemagne
Ministres fédéraux des Affaires étrangères d'Allemagne
Ministres fédéraux de l'Intérieur d'Allemagne

Hans-Dietrich Genscher, né le 21 mars 1927 à Reideburg, est un homme politique allemand membre du Parti libéral-démocrate (FDP).

Il est plusieurs fois ministre et vice-chancelier. Il est aussi membre d'honneur du Club de Budapest[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Soldat[modifier | modifier le code]

Hans-Dietrich Genscher, en décembre 2007.

Le père de Hans-Dietrich Genscher, syndicaliste d'une coopérative agricole, meurt en 1937. En 1943, l'orphelin de seize ans est incorporé dans la Luftwaffe, comme auxiliaire, et en 1945, lors de la bataille de Berlin, il se trouve être dans le groupe d'armée Wenck, dernier espoir d'Adolf Hitler face aux Alliés. Fait prisonnier, il est libéré après une courte période de captivité. Il a été membre de la NSDAP.

Études[modifier | modifier le code]

Après des études de droit à la faculté de droit et de sciences économiques de l'université de Halle, puis à celle de Leipzig, il réussit ses derniers examens en 1949 et devient avocat, l'année même où est créée la nouvelle RDA. Atteint d'une grave tuberculose, il passe trois ans dans un sanatorium.

Engagement politique[modifier | modifier le code]

En 1946, Hans-Dietrich Genscher adhère au Parti libéral-démocrate ou LDP (différent du Parti libéral-démocrate, ou FDP) de la zone d’occupation soviétique, mais comprend vite que ce parti ne servait qu'à entretenir l'illusion du multipartisme, alors que le SED communiste accaparait tous les pouvoirs. En 1952, comme des milliers de ses compatriotes, il « vote avec les pieds » et choisit la liberté en quittant sa région natale, englobée dans le territoire de la RDA, pour la RFA.

Dès son arrivée en Allemagne de l'Ouest, il adhère au Parti libéral-démocrate (ou FDP) et passe un examen de droit à l'université de Hambourg, dans le but d'exercer la profession d'avocat dans ce nouveau pays. Il s'installe alors à Brême. Plus tard, lorsqu'il sera au gouvernement, il s'installera dans une villa, à Wartbech-Post, près de la capitale ouest-allemande, Bonn.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

De 1962 à 1964, Hans-Dietrich Genscher occupe une fonction dirigeante en tant qu'assistant du groupe parlementaire du FDP, au Bundestag, et dès 1965, il est élu député. En 1968 il accède au poste de vice-président de son parti. Lors de la première coalition entre le SPD et le FDP, dirigée par le chancelier Willy Brandt, de 1969 à 1974, il occupe le poste de ministre fédéral de l’Intérieur durant les deux gouvernements successifs. Il est alors le premier libéral-démocrate à occuper ce poste depuis 1949.

De 1974 à 1985, il devient président de son parti, et est nommé ministre fédéral des Affaires étrangères et vice-chancelier, fonctions qu'il occupe de 1974 à 1982, dans le gouvernement de Helmut Schmidt. Cependant, Hans-Dietrich Genscher est à l'origine du renversement d'alliance qui va porter au pouvoir les chrétiens-démocrates d'Helmut Kohl, ce qui lui permet, de 1982 à 1992, de continuer à être ministre des Affaires étrangères et vice-chancelier. Cette « trahison » provoque alors le départ d'un tiers des militants du FDP.

Action politique[modifier | modifier le code]

Le président des États-Unis George H. W. Bush et Hans-Dietrich Genscher, le 21 novembre 1989 dans le bureau ovale, avec un fragment du mur de Berlin.

L'Europe[modifier | modifier le code]

Au niveau de l'Union européenne, Hans-Dietrich Genscher est persuadé de la nécessité du renforcement du pilier franco-allemand qu’il juge indispensable à l'amélioration de l'efficacité au sein de la Communauté (constituée à l'époque de dix pays), et contribue à la relance du volet politique de la coopération européenne en proposant, en 1981, en association avec le ministre italien des Affaires étrangères, Emilio Colombo, un renforcement de la coopération politique européenne (CPE), aussi appelée plan d'Acte européen, portant sur le développement d'une politique étrangère commune, l'harmonisation des législations, la concertation au niveau européen en matière d'ordre public et de terrorisme et le renforcement du rôle du Parlement.

Relations avec l'URSS[modifier | modifier le code]

Persuadé que la guerre froide agrandit la plaie de la séparation des deux Allemagnes, il s'efforce en toute occasion de favoriser toutes les initiatives de détente, de dialogue et de négociation afin de conserver des liens politiques et culturels en vue de futures perspectives de réunification car il estime que la coupure du pays était seulement idéologique et de la responsabilité des hiérarques du Kremlin. Il est ainsi l'initiateur d'une Ostpolitik réaliste afin de favoriser le dialogue avec les Soviétiques. Cette politique étrangère, est longtemps incomprise par les gouvernements Alliés et par de nombreux analystes politiques, et il est accusé de « philosoviétisme ». Cette politique permet d'aboutir aux accords d'Helsinki, cependant, durant la coalition avec Helmut Kohl, il parvient à endiguer le flot pacifiste lors de la crise des euromissiles et résiste fermement aux manœuvres politiques et diplomatiques de l'Union soviétique.

Hans-Dietrich Genscher, en septembre 2001.

En 1987, après l'avènement de Mikhail Gorbatchev, Genscher appelle l'Occident à « prendre au mot » le discours novateur du dirigeant soviétique dans sa volonté de réformes, mais en 1989, lorsqu'il refuse de moderniser les missiles nucléaires à courte portée, les pays anglo-saxons critiquent sa politique de désarmement et de coopération volontariste avec l'Union soviétique et l'Allemagne de l'Est. Lors du quarantième sommet de l'OTAN, fin mai 1989, il propose une « troisième option zéro » prévoyant le démantèlement en Europe des missiles nucléaires à courte portée (moins de 500 km, comprenant donc les missiles Lance) après ceux à longue et moyenne portée. Cette option est jugée comme laissant aux forces du Pacte de Varsovie qui disposent à l'époque, de quatre fois plus missiles et de forces conventionnelles que les forces de l'OTAN, une supériorité militaire écrasante.

Les réfugiés allemands[modifier | modifier le code]

En 1989, son travail auprès des ministres des affaires étrangères de Tchécoslovaquie, de Pologne, de RDA et d'URSS contribue à la résolution de la crise des réfugiés est-allemands présents dans les ambassades de la RFA à Varsovie et Prague. Le 30 septembre, il annonce depuis le balcon de la mission diplomatique de la République fédérale à Prague dans une intervention célèbre aux réfugiés que la RDA les autoriser à quitter leur pays pour émigrer librement en RFA. Il prononça les mots suivants "Nous sommes venus vers vous aujourd'hui pour vous dire qu'aujourd'hui votre départ..." quand la foule éclata de joie et rendit inaudible la fin de son discours "...a été rendue possible" (en allemand:"Wir sind zu Ihnen gekommen, um Ihnen mitzuteilen, dass heute Ihre Ausreise...möglich geworden ist")[2]. Son homologue est-allemand, considérait ces réfugiés comme des asociaux, déclarait : « Ces hommes n'auraient pas retrouvé de place dans le processus social normal de la RDA ». Cette résolution de crise a été une étape importante dans le processus aboutissant à la fin de la RDA. Le 18 octobre, Erich Honecker démissionnait et Gorbatchev déclarait : « Nous ne relâcherons pas nos efforts pour l'établissement d'un ordre de paix européen, une maison européenne commune, où le rideau de fer rouillera, où il se disloquera, comme nous le souhaitons tous [pour] créer une Europe […] qui ouvre ses frontières, et qui rende partout les réformes possibles ».

La réunification[modifier | modifier le code]

Genscher négotia la réunification allemande en 1990 avec son homologue de la RDA, Markus Meckel. En novembre 1990, Genscher et Krzysztof Skubiszewski, son homologue polonais signèrent le Traité sur la frontière germano-polonaise reconnaissant la Ligne Oder-Neisse comme frontière occidentale de la Pologne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Hans-Dietrich Genscher, membre d'honneur du Club de Budapest
  2. [vidéo] Genscher at the German Embassy in Prague 1989 sur YouTube