Hannelore Kraft

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Hannelore Kraft
Un portrait de Hannelore Kraft.
Un portrait de Hannelore Kraft.
Fonctions
10e ministre-président de
Rhénanie-du-Nord-Westphalie
En fonction depuis le 14 juillet 2010
(&&&&&&&&&&&010442 ans, 10 mois et 9 jours)
Gouvernement Kraft I et II
Législature 15e et 16e Landtag
Coalition SPD-Grünen
Prédécesseur Jürgen Rüttgers
65e président du Bundesrat
1er novembre 201031 octobre 2011
Prédécesseur Jens Böhrnsen
Successeur Horst Seehofer
Ministre de la Science et de la Recherche
12 novembre 200231 mai 2005
Ministre-président Peer Steinbrück
Gouvernement Steinbrück
Prédécesseur Gabriele Behler
Successeur Andreas Pinkwart
Ministre des Affaires fédérales et européennes
24 avril 200112 novembre 2002
Ministre-président Wolfgang Clement
Gouvernement Clement II
Prédécesseur Detlev Samland
Successeur Aucun
Biographie
Nom de naissance Hannelore Külzhammer
Date de naissance 12 juin 1961 (1961-06-12) (51 ans)
Lieu de naissance Mülheim, RFA
Parti politique SPD
Profession Banquière

Hannelore Kraft
Ministre-présidents de Rhénanie-du-Nord-Westphalie

Hannelore Kraft, née Külzhammer le 12 juin 1961 à Mülheim an der Ruhr, est une femme politique allemande du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD), dont elle préside la fédération en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Vice-présidente du SPD au niveau fédéral depuis 2009, elle a été ministre des Affaires fédérales et européennes de Rhénanie-du-Nord-Westphalie de 2001 à 2002, puis ministre de la Science et de la Recherche jusqu'à la défaite de la coalition rouge-verte de Peer Steinbrück aux régionales de 2005. Elle préside depuis le groupe SPD au Landtag.

Aux élections régionales de 2010, elle réussit à talonner la CDU, tout en perdant du terrain. Elle tente alors de former une coalition en feu tricolore, avec les Verts et les libéraux, que ces derniers rejettent. Opposée à une grande coalition avec la CDU, elle échoue également à conclure une alliance à trois avec Die Linke, ce qui la conduit à former un gouvernement minoritaire rouge-vert disposant du soutien de Die Linke, selon le principe du modèle de Magdebourg.

Elle est élue ministre-présidente le 14 juillet, devenant la première femme à diriger le Land le plus peuplé d'Allemagne, et la deuxième du SPD à prendre la tête d'un gouvernement régional. Elle est réinvestie après élections régionales de 2012, au cours desquelles sa coalition remporte la majorité absolue.

Sommaire

Biographie [modifier]

Formation [modifier]

Elle obtient son Abitur en 1980 et entame une formation dans le secteur bancaire qui dure deux ans.

À l'issue de sa formation, en 1982, elle intègre l'université de Duisbourg et Essen afin d'étudier les sciences économiques. Elle en sort diplômée en 1989.

Entre 1986 et 1987, elle part étudier au King's College de Londres, puis effectue des stages à la Banque populaire de Tours et à la banque PROGNOS AG à Basel, en Suisse.

Carrière [modifier]

À la fin de ses études supérieures, en 1989, elle est engagée comme consultante au Centre de l'innovation et de la technologie (ZENIT) de Rhénanie-du-Nord-Westphalie dans sa ville natale de Mülheim. Elle y deviendra chef de projet.

Au sein du ZENIT, Hannelore Kraft est également chef de l'Euro Info Centres, organisme issu d'un réseau de la Commission européenne pour le conseil aux petites et moyennes entreprises.

Vie politique [modifier]

Au sein du SPD [modifier]

Elle rentre au Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) en 1994. L'année suivante, elle devient membre du comité directeur du SPD dans le sous-district de Mülheim et adhère au syndical IG Metall.

En 1999, elle intègre le comité directeur de la section sociale-démocrate du centre-ville de Mülheim. Cinq ans plus tard, elle est élue membre de celui de la fédération du SPD en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Elle est devenue membre de la présidence fédérale du parti en 2005, et en a été élue vice-présidente lors du congrès fédéral de Dresde le 13 novembre 2009. Le 20 janvier 2007, Hannelore Kraft est élue présidente de la fédération régionale du Parti social-démocrate en Rhénanie-du-Nord-Westphalie.

Au niveau institutionnel [modifier]

Le 2 juin 2000, elle est élue députée régionale au Landtag de Rhénanie-du-Nord-Westphalie. Moins d'un an plus tard, le 24 avril 2001, elle est nommée ministre des Affaires fédérales et européennes par le ministre-président Wolfgang Clement.

Elle passe au ministère de la Science et de la Recherche le 12 novembre 2002, jour où Peer Steinbrück succède à Clement à la direction du gouvernement. Aux élections régionales du 22 mai 2005, les sociaux-démocrates sont défaits par l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) de Jürgen Rüttgers, et Hannelore Kraft est élue présidente du groupe parlementaire régional le 31 mai. Elle démissionne alors de son poste ministériel.

Élections de 2010 [modifier]

Chef de file (Spitzenkandidatin) du SPD aux régionales du 9 mai 2010, sa popularité égale, en fin de campagne, celle de son concurrent Jürgen Rüttgers, avec environ 40 % d'opinions favorables chacun, alors que le rapport était de 54 % à 19 % en juin 2009. Le jour du scrutin, elle obtient 34,5 % des voix, contre 34,6 % à la CDU, reculant tout de même de 2,6 points par rapport à 2005. Les 12,1 % de l'Alliance 90 / Les Verts ne lui permettent toutefois pas de former une coalition majoritaire, les deux partis ne disposant que de 90 sièges sur 181 au Landtag.

Elle revendique cependant le poste de ministre-présidente, déclarant que « la coalition noire-jaune est battue ». Peu après, elle entame des entretiens exploratoires avec les écologistes tout en faisant savoir qu'elle n'est pas hostile à la création d'une coalition en feu tricolore incluant également les libéraux[1], ce que ces derniers écartent peu après[2]. Elle tente alors d'ouvrir des négociations avec Die Linke, mais les entretiens exploratoires menés le 20 mai aboutissent à un échec. À sa sortie des négociations, elle déclare qu'une coalition rouge-rouge-verte n'aurait « aucun sens »[3]. Face à ce blocage, elle contacte la CDU en vue d'explorer la possible formation d'une grande coalition tout en n'excluant pas de nouvelles élections au Landtag[4]. Ces entretiens débutent environ une semaine plus tard[5].

Le 30 mai, un coup de théâtre se produit cependant puisque Guido Westerwelle, président fédéral du FDP, dit ne plus s'opposer à la formation d'une coalition en feu tricolore[6], une position soutenue deux jours plus tard par le comité directeur régional du FDP[7]. Les perspectives d'une alliance entre le SPD et la CDU s'éloignant, elle annonce le 2 juin sa volonté de reprendre les discussions avec les Verts et les libéraux[8].

Ces discussions échouent le 10 juin[9], et elle fait savoir dans le même temps qu'elle refuse de s'allier avec la CDU dans une grande coalition et tentera de former un gouvernement minoritaire aux côtés de l'Alliance 90 / Les Verts[10]. Cette volonté est accueillie favorablement par Die Linke, qui dit vouloir soutenir un gouvernement minoritaire afin d'envisager une participation au gouvernement effective dans l'avenir[11], selon le modèle de Magdebourg. Les deux formations présentent officiellement leur accord de coalition le 6 juillet, celui-ci prévoyant six ministres sociaux-démocrates et trois écologistes[12].

Ministre-présidente (depuis 2010) [modifier]

Articles connexes : Cabinet Kraft I et II.
Kraft et la vice-ministre-présidente, Sylvia Löhrmann, en 2012.

L'élection est convoquée au Landtag lors de sa nouvelle session inaugurale, le 14 juillet 2010[13]. Élue au second tour de scrutin du fait de l'abstention de Die Linke avec 90 voix sur 181[14], Hannelore Kraft est la première femme à prendre la tête de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie, la seconde sociale-démocrate à diriger un gouvernement régional, et la quatrième en Allemagne à prendre la tête d'un gouvernement. Avec Angela Merkel au niveau fédéral et Christine Lieberknecht en Thuringe, elle est la troisième femme chef de gouvernement simultanée, ce qui constitue un record dans le pays. C'est en outre la première fois depuis 2001 que le SPD reprend un Land à la CDU.

Le début de son mandat est marqué par la tragédie de la Love Parade de Duisbourg le 24 juillet, au cours de laquelle vingt-et-une personnes trouvent la mort dans un mouvement de foule. Lors du service religieux, le 31 juillet, elle déclare que « Le drame soulève trop de questions et n’offre pas assez de réponses », se demandant qui devait être accusé alors qu'organisateurs et autorités municipales se renvoient la responsabilité de l'accident.

À compter du 1er novembre 2010, elle prend, en sa qualité de chef de gouvernement régional, la présidence tournante du Conseil fédéral pour un an, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste depuis 1949.

Le 18 janvier 2011, la Cour constitutionnelle du Land, saisie par la CDU et le FDP, bloque l'application de la loi de finances rectificative pour 2010, à cause d'un endettement public trop important et reporte son verdict définitif au 15 mars. Lorsque les deux formations annonce, deux mois plus tard, leur volonté de soumettre le budget pour 2011 au contrôle de la Cour, la coalition au pouvoir menace de convoquer des élections anticipées[15]. Au jour prévu, la haute juridiction annule définitivement le budget régional[16].

Horst Seehofer lui succède à la présidence du Bundesrat, le 1er novembre 2011.

À la suite d'un nouvel échec budgétaire au Landtag le 14 mars 2012, des élections législatives régionales anticipées sont convoquées pour le 13 mai suivant, soit une semaine après les élections dans le Schleswig-Holstein, et l'opposent au ministre fédéral de l'Environnement, Norbert Röttgen, de la CDU[17]. Elle l'emporte facilement, avec 39 % des voix et 99 députés, tandis que Les Verts obtiennent 11 % et 29 sièges, ce qui leur accorde 128 élus sur 237, la CDU se contentant de 26 % des voix et 67 parlementaires. Elle est investie pour un second mandat le 20 juin suivant, par 137 voix sur 237, alors que sa coalition avec les Verts ne réunit que 128 députés[18].

Notes et références [modifier]

  1. (de) Kraft veut également négocier avec le FDP, Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 11 mai 2010
  2. (de) Le FDP rejette une alliance avec les rouges-verts, Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 14 mai 2010
  3. (de) Les entretiens exploratoires ont échoué, Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 20 mai 2010
  4. (de) Kraft n'exclut pas de nouvelles élections, Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 21 mai 2010
  5. (de) Entretiens exploratoires noirs-rouge en NRW : sans geste de méfiance - mais avec Rüttgers, Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 27 mai 2010
  6. (de) Westerwelle fait connaître sa bonne volonté à propos d'une coalition en feu tricolore, Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 30 mai 2010
  7. (de) Le comité directeur régional du FDP ouvert à des négociations pour une coalition en feu tricolore, Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 1er juin 2010
  8. (de) Une grande coalition peu probable, Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 2 juin 2010
  9. (de) « Les plus heureuses funérailles que je n'ai jamais connues », Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 11 juin 2010
  10. (de) Le SPD ne veut pas d'une grande coalition avec la CDU, Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 11 juin 2010
  11. (de) Le Parti de gauche veut soutenir un gouvernement minoritaire, Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 18 juin 2010
  12. (de) Les rouges-verts présentent leur accord de coalition, Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 6 juillet 2010
  13. (de) Ordre du jour de la troisième séance plénière du Landtag de Rhénanie-du-Nord-Westphalie, site du Landtag, le 7 juillet 2010
  14. (de) Hannelore Kraft élue ministre-présidente, Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 14 juillet 2010
  15. (de) « Teuer ist gerade günstig », Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 7 mars 2011
  16. (de) La Cour constitutionnelle invalide le budget rouge-vert, Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 15 mars 2011
  17. (de) « Neuwahl in Nordrhein-Westfalen », Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 14 mars 2012
  18. (de) « Hannelore Kraft im ersten Wahlgang wiedergewählt », Frankfurter Allgemeine Zeitung, le 20 juin 2012

Annexes [modifier]

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Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]