Chlodwig zu Hohenlohe-Schillingsfürst

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Chlodwig zu Hohenlohe-Schillingsfürst
Image illustrative de l'article Chlodwig zu Hohenlohe-Schillingsfürst
Fonctions
3e chancelier d'Allemagne
3e chancelier impérial
Monarque Guillaume II
Gouvernement Cabinet Hohenlohe-Schillingsfürst
Prédécesseur Leo von Caprivi
Successeur Bernhard von Bülow
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Rotenburg an der Fulda (Confédération germanique)
Date de décès (à 82 ans)
Lieu de décès Ragaz (Suisse)
Nationalité Flag of the German Empire.svg Empire allemand

Signature

Chlodwig zu Hohenlohe-Schillingsfürst
Liste des chefs de gouvernement allemands

Chlodwig Carl Viktor Fürst zu Hohenlohe-Schillingsfürst[1], né le à Rotenburg an der Fulda et mort le à Ragaz, était un homme politique allemand. Il fut notamment, ministre-président de Bavière à Munich, vice-président du Reichstag à Berlin, ambassadeur d'Allemagne à Paris, Statthalter du Reichsland Elsaß-Lothringen à Strasbourg, et chancelier impérial.

Biographie[modifier | modifier le code]

Une famille spoliée[modifier | modifier le code]

Portrait du prince Chlodwig zu Hohenlohe-Schillingsfürst, par Franz von Lenbach

Chlodwig zu Hohenlohe-Schillingsfürst est un membre de la Maison de Hohenlohe qui régna sur la principauté de Hohenlohe-Schillingsfürst, un des quatre cents principicules souverains du Saint Empire Romain Germanique.

La conquête de l'Allemagne par l'empereur des Français Napoléon Ier provoqua la chute de l'empire quasi millénaire et la réorganisation du terroire. Napoléon Ier institua la Confédération du Rhin dont il se proclama le protecteur. Un grand nombre de principautés furent "médiatisées" le .

Tel fut le sort de la principauté de Hohenlohe-Schillingsfürst qui fut réunie de force à la Bavière laquelle fut alors érigée en royaume (la fille aînée du roi de Bavière épousant le fils adoptif de l'empereur des Français). À titre de compensation, les Hohenlohe, comme leurs compagnons d'infortune, bénéficièrent d’un siège héréditaire à la Chambre haute du Royaume de Bavière nouvellement créé et conservèrent le rang et les prérogatives des princes souverains.

On comprend que, dans de telles conditions, les Hohenlohe-Schillingsfürst se sentissent fort peu Bavarois.

Victor (1818-1893), le frère aîné de Chlodwig, préféra entrer au service de la Prusse où il reçut grâce à son oncle, le landgrave Victor-Amédée de Hesse-Rheinfels-Rotenburg, les titres prussiens de duc de Ratibor (de) et de prince de Corvey à condition de renoncer à ses titres bavarois. Il y renonça sans peine et Chlodwig en fut pourvu et releva le titre.

Un catholicisme de façade[modifier | modifier le code]

Le catholicisme de Chlodwig et de ses frères était également fort tiède du fait que leur mère était protestante ; le troisième d’entre eux, Gustave-Adolphe (1823-1896), au prénom caractéristique, eut beau entrer dans les ordres et même devenir cardinal, son opposition aux Jésuites et son hostilité au dogme de l’infaillibilité pontificale le firent tomber en disgrâce auprès de Pie IX sans que Léon XIII lui rendît sa faveur.

« Mon père, bien qu’il fût croyant à sa façon… » écrivait Alexandre de Hohenlohe-Schillingsfürst, fils de Chlodwig, et cette expression nous laisse un peu rêveurs.

Après des études de Droit, Chlodwig avait lui aussi commencé une carrière prussienne, il revint à Munich où il travailla pour le roi de Prusse, ce qui lui fut, dans son cas, très profitable.


Vie de famille[modifier | modifier le code]

Chlodwig épousa Marie de Sayn-Wittgenstein-Berleburg (1819-1897) qui lui apporta en héritage ses terres russes et son Château de Mir et qui possédait aussi le château de Kerléon au Relecq-Kerhuon dans le Finistère (France).

Ils eurent au moins deux fils :

  • Alexandre

Ministre-Président de Bavière[modifier | modifier le code]

Après la défaite de Sadowa (1866), Louis II de Bavière fut contraint d’appeler Hohenlohe au ministère de Bavière. Il devient ministre-président et œuvra en faveur de l’unité allemande sous la direction de la Prusse. Alexandre de Hohenlohe prétend que son père n’oublia jamais de défendre les intérêts de « sa petite patrie, la Bavière », mais on a bien du mal à le croire.

L’opposition du chancelier au dogme de l’infaillibilité pontificale (1870) provoqua chez les électeurs une réaction cléricale. Mis en minorité à la Chambre basse, il dut démissionner.

Mais l’année même éclatait la guerre franco-prussienne dont la conséquence fut l’unité allemande ; pour prix de ses services Hohenlohe reçut du nouvel empereur allemand Guillaume Ier d’abord une vice-présidence du nouveau Reichstag impérial, puis en 1874 fut nommé ambassadeur à Paris.

Ambassadeur à Paris[modifier | modifier le code]

Un tel poste, un des plus enviés, était une consécration pour cet homme du monde accompli. La mission était certes difficile au lendemain de la Guerre de 1870 mais il sut s’en tirer habilement. Il serait volontiers resté à cette place mais Bismarck, sachant toute la confiance qu’il pouvait avoir en lui, l’appela à un autre poste délicat : le statthaltérat d’Alsace-Lorraine. Il y travailla avec conscience et méthode mais ne réussit pas à gagner la confiance de ses administrés qui regrettaient son prédécesseur, Manteuffel.

En 1894, enfin, à l’âge de soixante-quinze ans, il fut appelé par Guillaume II à la chancellerie après la chute de Caprivi.

Chancelier d'Empire[modifier | modifier le code]

Le choix que faisait le souverain semblait présenter bien des avantages : Hohenlohe était d’une loyauté absolue vis-à-vis des Hohenzollern[2], il était l’ami personnel de Bismarck et ainsi la presse bismarckienne, qui s’était déchaînée contre Caprivi, n’oserait peut-être pas se montrer aussi violente à l'égard de son successeur. Enfin les junkers de Prusse, avec lesquels il fallait compter, manifesteraient plus de respect envers le représentant d’une s'illustre famille.

Le problème était qu’il s’agissait d'une charge bien lourde pour un homme déjà âgé et fatigué, dont la politique fut, de surcroît, gênée par la fougue du jeune empereur. Il réussit à tenir six ans pendant lesquelles il tenta de tempérer les actions impériales, mais finit par tomber en disgrâce à son tour. Il se retira le et mourut moins d’un an après.

Un « prince fonctionnaire »[modifier | modifier le code]

Jugé paresseux par certains[réf. nécessaire], d’autres ont vu en lui un fonctionnaire modèle. Il était en effet capable de faire avec conscience un travail quelque peu routinier.

Pendant son ambassade de Paris, il était tout à fait à sa place, sachant donner de grands dîners auxquels Adolphe Thiers, une fois dans l’opposition, se rendait. Il était chargé par Bismarck d’empêcher une restauration monarchique en France, à laquelle son prédécesseur Arnim avait travaillé en sens contraire, suivant en cela les souhaits de l’empereur ; mais il n’eut pas à intriguer beaucoup à ce sujet, le comte de Chambord se chargeant lui-même de gâcher ses chances.

Quand Bismarck l’appela à Berlin, en 1880, pour assurer l’intérim des Affaires étrangères, Hohenlohe ne put supporter un travail aussi considérable, tomba malade et dut rentrer à Paris.

Décorations[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Fürst n’est pas un prénom, mais le titre de prince.
  2. Il ne l’avait guère été vis-à-vis des Wittelsbach

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Précédé par Chlodwig zu Hohenlohe-Schillingsfürst Suivi par
Edwin von Manteuffel
Statthalter d'Alsace-Lorraine
1885-1894
Hermann zu Hohenlohe-Langenburg