Eberhard Diepgen

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Eberhard Diepgen
Eberhard Diepgen en 1989
Eberhard Diepgen en 1989
Fonctions
Sénateur pour la Justice de Berlin
9 décembre 199916 juin 2001
Ministre-président Lui-même
Prédécesseur Ehrhart Körting
Successeur Wolfgang Wieland
12e maire-gouverneur de Berlin
24 janvier 199116 juin 2001
(&&&&&&&&&&&0379610 ans, 4 mois et 22 jours)
Gouvernement Diepgen III, IV et V
Coalition CDU-SPD
Prédécesseur Walter Momper
Successeur Klaus Wowereit
10e maire-gouverneur de Berlin-Ouest
9 février 198416 mars 1989
(&&&&&&&&&&&018625 ans, 1 mois et 7 jours)
Gouvernement Diepgen I et II
Coalition CDU-FDP
Prédécesseur Richard von Weizsäcker
Successeur Walter Momper
Biographie
Date de naissance 13 novembre 1941 (72 ans)
Lieu de naissance Berlin (Allemagne)
Parti politique CDU
Diplômé de Université libre de Berlin
Profession Avocat

Eberhard Diepgen
Maire-gouverneurs de Berlin

Eberhard Diepgen, né le 13 novembre 1941 à Berlin-Pankow, est un homme politique allemand de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU).

Élu député à la Abgeordnetenhaus de Berlin-Ouest en 1971, il y prend neuf ans plus tard la présidence du groupe de la CDU, avant d'être investi maire-gouverneur en remplacement de Richard von Weizsäcker en 1984. Il perd le pouvoir cinq ans plus tard au profit d'une coalition rouge-verte, devenant ainsi chef de l'opposition municipale.

En 1990, il remporte de nouveau les élections et, à la tête d'une grande coalition CDU/SPD, retrouve la direction du gouvernement régional, le sénat de Berlin, désormais réunifiée. Il est ainsi le premier maire-gouverneur élu par l'ensemble de la ville. Sa coalition est reconduite par deux fois, avant d'éclater en 2001 sur fond de scandale bancaire, ce qui le pousse à quitter définitivement le pouvoir. Il tente quand même de se faire élire député fédéral, en 2005, au scrutin uninominal mais échoue face au candidat social-démocrate.

Avec un mandat total de plus de quinze ans, il détient le record de longévité au poste de maire-gouverneur de Berlin, sans toutefois jamais avoir occupé la présidence tournante du Bundesrat. Bien qu'il soit retiré de la vie politique, il a utilisé à plusieurs reprises son poste de président d'honneur de la CDU de Berlin pour influer sur la vie interne de la fédération régionale.

Éléments personnels[modifier | modifier le code]

Formation et carrière[modifier | modifier le code]

Après avoir passé son Abitur en 1960, il entreprend des études supérieures de droit à l'université libre de Berlin, obtenant son premier diplôme juridique d'État en 1967 et le second cinq ans plus tard. Durant ses études, il se lie d'amitié avec Klaus-Rüdiger Landowsky, qui deviendra son « éminence grise ».

Sa carrière d'avocat, dans un cabinet d'affaires internationales, n'a démarré qu'au début des années 2000, après qu'il eut commencé à se retirer de la vie politique.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il vit aujourd'hui à Berlin, en compagnie de sa femme Monika. Le couple a eu un fils et une fille, tous les deux adultes. Son grand-père est l'historien de la médecine Paul Diepgen.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Au sein de la CDU[modifier | modifier le code]

Eberhard Diepgen et le ministre-président de Basse-Saxe, Ernst Albrecht, au congrès de la CDU en 1987 à Bonn.

Il adhère à l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) en 1962, intégrant neuf ans plus tard le comité directeur de la fédération du parti à Berlin-Ouest. En 1983, il est élu président de la CDU régionale et occupe ce poste jusqu'en 2002. Il a également siégé au sein de la présidence fédérale du parti.

Il obtient en 2004 le poste de président d'honneur de la CDU de Berlin, et s'est servi de ce poste, en principe purement honorifique, pour favoriser l'élection de son ancien chef de cabinet, Frank Henkel, à la présidence du groupe parlementaire régional contre le titulaire du poste, Friedbert Pflüger, ainsi qu'à la tête de la fédération régionale à la place du sortant, Ingo Schmitt, au cours de l'année 2008.

Au sein des institutions[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

En 1971, il est élu député régional à la Abgeordnetenhaus de Berlin-Ouest, où il devient président du groupe parlementaire CDU en 1980. La même année, il est élu député fédéral au Bundestag, un mandat dont il démissionne le 3 février 1981.

Maire de Berlin : premier mandat (1984-1989)[modifier | modifier le code]

Eberhard Diepgen et le ministre-président de Sarre, Oskar Lafontaine, en 1986.

Eberhard Diepgen est investi maire-gouverneur de Berlin-Ouest le 9 février 1984 en remplacement de Richard von Weizsäcker, candidat à la présidentielle du 23 mai. Il est alors choisi au détriment de la sénatrice (ministre régionale) pour l'Éducation, Hanna-Renate Laurien, dont il fera son adjointe en 1986. Candidat à un second mandat lors des élections du 10 mars 1985, il place la CDU en tête avec 46,4 %, en recul de 1,4 points par rapport au scrutin de 1981, loin devant les sociaux-démocrates de l'ancien ministre fédéral Hans Apel, qui recueille 32,4 %. Il reconduit alors sa coalition noire-jaune avec les libéraux-démocrates, qui recueillent 8,5 %.

Les années 1985 et 1986 sont marquées par l'affaire « Antes », qui révèle que Diepgen a reçu un « don » de soixante-quinze mille Deutsche Mark du constructeur Kurt Franke, qui n'avait pas été inscrit sur la liste des donateurs politiques tenue par l'administration berlinoise. Aux élections du 29 janvier 1989, les chrétiens-démocrates subissent un grave échec avec 37,7 % des voix contre 37,4 % des suffrages pour le social-démocrate Walter Momper, Les libéraux ayant échoué à se maintenir à la Abgeordnetenhaus et les écologistes ayant obtenu 11,8 % des voix, Momper forme une coalition rouge-verte qui renvoie la CDU dans l'opposition.

Chef de l'opposition[modifier | modifier le code]

Diepgen retrouve alors la présidence du groupe CDU au Parlement régional, à quelques mois de prendre la présidence tournante du Bundesrat, qui revient finalement à son successeur. En novembre suivant c'est dans l'opposition qu'il assiste à la chute du mur de Berlin, tout comme à la réunification allemande, le 3 octobre 1990.

Maire de Berlin : second mandat (1991-2001)[modifier | modifier le code]

Eberhard Diepgen et Walter Momper le 2 décembre 1990.

Il se représente comme chef de file aux élections du 2 décembre 1990 et redonne clairement aux chrétiens-démocrates le statut de première force politique régionale en décrochant 40,4 % des suffrages, exactement dix points de plus que les sociaux-démocrates. Le score du Parti libéral-démocrate (FDP) rendant impossible, de justesse, la formation d'une nouvelle coalition noire-jaune, il se tourne vers le SPD afin de former une grande coalition. Le 24 janvier 1991, Eberhard Diepgen est réinvesti maire-gouverneur, étant le premier à exercer son autorité sur l'ensemble de la ville.

Lors des élections du 22 octobre 1995, il recule à 37,4 % des voix mais maintient son alliance avec le SPD, qui s'effondre à 23,6 %, dans la mesure où le FDP est de nouveau exclu de la Abgeordnetenhaus, faute d'avoir obtenu au moins 5 % des suffrages. Au scrutin du 10 octobre 1999, avec 40,8 %, il défait Walter Momper, désigné chef de file des sociaux-démocrates et qui récolte à peine 22,4 % des voix, mais poursuit sa grande coalition. À l'occasion de la formation de son nouveau cabinet, il décide d'assumer lui-même les fonctions de sénateur pour la Justice, les deux partis n'ayant pas pu se mettre d'accord sur le nom d'un titulaire. Les associations de juges, de procureurs et d'avocats ont alors critiqué l'atteinte à l'indépendance de la justice.

Le 7 juin 2001, le SPD décide de mettre fin à l'alliance, existant depuis près de dix ans, suite au scandale de la quasi-faillite de la banque publique régionale Bankgesellschaft Berlin, dirigée par le bras droit et éminence grise de Diepgen, Klaus-Rüdiger Landowsky. Prise dans la crise immobilière, son renflouement coûterait en effet trois milliards d'euros à une ville déjà fortement endettée du fait du coût de la réunification allemande et de la baisse des larges subventions dont elle bénéficiait à l'époque de la guerre froide.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Les sociaux-démocrates, qui ont refusé les économies budgétaires proposées par le maire-gouverneur pour limiter l'impact du renflouement, s'associent alors au Parti du socialisme démocratique (PDS) et à l'Alliance 90 / Les Verts pour adopter une motion de censure et porter Klaus Wowereit, président du groupe social-démocrate, à la tête de la capitale fédérale le 16 juin. Celui-ci prend, le 1er novembre suivant, la présidence tournante du Bundesrat. Ainsi, malgré un mandat total de quinze ans et cinq mois, soit le record de longévité, Diepgen n'aura jamais présidé la chambre des Länder.

Aux élections anticipées du 21 octobre 2001, il refuse de se présenter pour une sixième fois comme chef de file chrétien-démocrate et même d'être candidat lors de ce scrutin. L'année suivante, il refuse une place sur la liste régionale de la CDU à Berlin pour les élections législatives fédérales du 22 septembre.

Retiré de la vie politique, il accepte de se présenter aux élections législatives fédérales anticipées du 18 septembre 2005, au scrutin uninominal majoritaire à un tour dans la circonscription n°83 de Berlin-Neukölln. Il recueille 36,6 % des voix, contre 39,3 % au social-démocrate sortant, Ditmar Staffelt, qui se voit ainsi réélu. Ayant de nouveau refusé d'occuper une place sur la liste régionale, il ne retourne donc pas au Bundestag.

Il s'est vu décerner, en octobre 2007, l'ordre du mérite du Land de Berlin par son successeur, Klaus Wowereit.

Annexes[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]