Hans Koschnick

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Hans Koschnick
Portrait de Hans Koschnick
Portrait de Hans Koschnick
Fonctions
4e président du Sénat de Brême
Maire de Brême
28 novembre 196717 septembre 1985
(17 ans, 9 mois et 20 jours)
Gouvernement Koschnick I, II, III, IV et V
Coalition Sociale-libérale (1967-1971)
Absolue SPD (1971-1985)
Prédécesseur Willy Dehnkamp
Successeur Klaus Wedemeier
Vice-président du Sénat
20 juillet 196528 novembre 1967
Président Willy Dehnkamp
Prédécesseur Willy Dehnkamp
Successeur Annemarie Mevissen
Sénateur à l'Intérieur
26 novembre 196328 novembre 1967
Président Wilhelm Kaisen
Willy Dehnkamp
Prédécesseur Adolf Ehlers
Successeur Franz Löbert
Biographie
Date de naissance 2 avril 1929 (85 ans)
Lieu de naissance Brême, Allemagne
Parti politique SPD
Profession Fonctionnaire

Hans Koschnick
Présidents du Sénat de Brême

Hans Koschnick, né le 2 avril 1929 à Brême, est un homme politique allemand membre du Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD).

Fonctionnaire régional dont l'enfance fut marquée par le nazisme, il a été sénateur à l'Intérieur de Brême de 1963 à 1967, sous la présidence de Wilhelm Kaisen, et vice-président du Sénat du Land entre 1965 et 1967, sous l'unique mandat de Willy Dehnkamp. Suite aux régionales de 1967, où le SPD perd sa majorité absolue au Bürgerschaft, il est choisi comme nouveau président du Sénat.

Il gouverne les quatre premières années grâce à une coalition sociale-libérale formée avec le FDP, puis remporte quatre majorités absolues consécutives, et se retire finalement du pouvoir en 1985, après presque de dix-huit ans au pouvoir. Ses mandats ont été marqués par l'expansion économique de la ville-État et la fermeture des chantiers navals Weser de Krupp AG.

Deux ans plus tard, il est élu député fédéral de Brême au Bundestag et se spécialise dans les questions de politique étrangère. Il y siège jusqu'en 1994 puis devient administrateur de l'Union européenne dans la ville de Mostar, divisée entre Croates et Bosniaques. Il démissionne en 1996, après deux tentatives d'attentat contre lui, mais continue de travailler en tant que consultant en politique étrangère et pour les questions concernant les réfugiés.

Éléments personnels[modifier | modifier le code]

Enfance et famille[modifier | modifier le code]

Son enfance a été marquée par l'arrestation, le 1er mai 1933, de son père, un permanent du syndicat d'opposition révolutionnaire (GRO). Accusé de haute trahison, il fut condamné, emprisonné, et pour finir déporté au camp de concentration de Sachsenhausen à la fin de l'année 1938, avant d'être envoyé en Finlande en 1944. Quant à sa mère, elle faisait partie de la résistance allemande au nazisme, transmettant les messages entre les différents groupes de résistance. Son refus de rejoindre le Front allemand du travail (DAF) et d'exécuter le salut hitlérien lui a valu de perdre son emploi.

Du fait de cette enfance compliquée, il a grandi avec ses grands-parents, dans le quartier de Gröpelingen, à Brême. Il est aujourd'hui marié avec Christine Koschnick.

Formation et carrière[modifier | modifier le code]

Après avoir achevé ses études secondaires, il a suivi une formation dans l'administration publique, puis accompli son Reichsarbeitsdienst (RAD), en mars 1945, et son service militaire. À ce titre, il fut fait prisonnier de guerre par les britanniques à Bruxelles. Il fut libéré en septembre 1945 et retourna vivre à Brême.

Il acheva alors sa formation de fonctionnaire et commença à travailler pour le département du Sénat en tant que chargé des Affaires sociales, de la Jeunesse, de la Famille et des Sports. Il est promu inspecteur administratif principal le 1er février 1958 et se voit affecté à la direction chargé de l'Éducation physique. En 1963, peu avant d'intégrer le Sénat, il fut nommé chef de la direction de la Jeunesse, de la Famille et des Sports du département des Affaires sociales.

Depuis la fin de sa carrière politique, il travaille dans le domaine des affaires étrangères, publiant des essais ou donnant des conférences.

Parcours politique[modifier | modifier le code]

Au sein du SPD[modifier | modifier le code]

Il adhère au Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) en 1950, et occupe, entre 1951 et 1954, le poste de secrétaire du syndicat de la fonction publique ÖTV, très lié aux sociaux-démocrates, à Brême. Membre du comité directeur fédéral du SPD de 1970 à 1991, il fut également vice-président fédéral pendant quatre ans à compter de 1975, sous la présidence de Willy Brandt.

Sénateur et président du Sénat (1963 - 1985)[modifier | modifier le code]

Hans Koschnick (gauche) et le chancelier Kiesinger en 1967.

Il est nommé sénateur à l'Intérieur du Land de Brême le 26 novembre 1963, dans le septième gouvernement de Wilhelm Kaisen, au pouvoir depuis 1945, puis est promu vice-président du Sénat deux ans plus tard, lorsque le titulaire de cette fonction, Willy Dehnkamp, prend la succession de Kaisen à la tête du gouvernement régional. Au scrutin régional de 1967, le SPD perd sa majorité absolue, obtenue douze ans plus tôt, avec 50 députés sur 100. Dehnkamp renonce alors à se succéder à lui-même et, après avoir formé une coalition sociale-libérale avec le Parti libéral-démocrate (FDP), qui compte 60 sièges au Bürgerschaft, Hans Koschnick est investi le 28 novembre au poste de président du Sénat. Il devient alors automatiquement maire de la ville de Brême.

G. à d. : Lothar Späth, Hans Koschnick, Bernhard Vogel et Johannes Rau en 1979.

La coalition éclate le 1er juin 1971, sur fonds de dissensions entre le SPD et le FDP sur la création d'une université de Brême. Lors des élections du 1er octobre suivant, les sociaux-démocrates récupèrent la majorité absolue avec 55 % des voix et 59 députés. Candidat à sa succession aux élections 1975, 1979 et 1983, le chef du gouvernement offrira systématiquement une telle victoire à son parti, avec un score toujours proche ou dépassant 50 % des voix et obtenant au moins 52 députés régionaux.

Au cours de ses mandats, il a assuré en 1971 l'ouverture d'une université, la construction d'un nouveau terminal de containers à Bremerhaven et d'un plate-forme logistique à Weser, tandis que la firme Mercedes a ouvert une usine dans le quartier de Sebaldsbrück, qui a fait travailler jusqu'à dix-huit mille personnes. Durant son long passage à la tête du gouvernement de Brême, il a également dû faire face, en 1968, aux « émeutes de la Straßenbahn », en référence aux violentes manifestations contre la hausse des prix des transports en commun, ainsi qu'à la fermeture des chantiers navals Weser de Krupp AG en septembre 1983. Malgré les critiques contre la gestion de cet événement, il a remporté quelques jours plus tard une très nette victoire électorale.

Le 17 septembre 1985, après dix-huit ans à la tête du Sénat et vingt-deux ans comme membre du gouvernement régional, il démissionne de ses fonctions et cède sa place à Klaus Wedemeier.

Député fédéral[modifier | modifier le code]

Candidat aux élections fédérales de 1987, il est élu député de Brême-Ouest avec 55,7 % des suffrages. Il devient alors vice-président de la commission des Affaires étrangères du Bundestag et porte-parole du groupe parlementaire social-démocrate pour la politique étrangère. À partir de 1990, il est cité comme un possible ministre fédéral des Affaires étrangères. Il est réélu député fédéral la même année avec 50,1 % des voix, et renonce à se succéder lors des élections de 1994.

Représentant européen[modifier | modifier le code]

Il est nommé administrateur de la ville de Mostar, par l'Union européenne (UE), le 23 juillet 1994. Il est alors responsable de la reconstruction, de l'administration publique et des infrastructures d'une ville détruite par la guerre de Bosnie et profondément divisée entre Croates et Bosniaques. Le 13 septembre suivant, sa chambre d'hôtel est dévastée au milieu de la nuit par un tir de roquette des nationalistes croates, alors qu'il se trouve encore au bar.

Après une réunion au cours de laquelle il présente son plan d'organisation de la ville, qui prévoit trois communes bosniaques, trois croates, et un district central multiethnique sous administration européenne, il est pris à parti par des nationalistes croates sans aucune réaction de la police croate, et évite la mort grâce à la réaction de ses gardes du corps, qui le jettent dans sa limousine, ainsi qu'au blindage de celle-ci, sur lequel sont retrouvés onze impacts de balle. Il annonce sa démission le 28 février 1996, suite à la décision des diplomates européens de remettre en cause son plan de partage, qu'ils soutenaient jusque-là, et quitte officiellement ses fonctions le 2 avril.

En octobre suivant, il est recruté comme consultant par la Commission européenne pour une mission relative à la mise en place du service civil volontaire européen pour les jeunes, et rend son rapport en septembre 1998.

Il travaille depuis comme conseiller en politique étrangère et accepte d'effectuer des missions officielles ponctuelles. Il a ainsi été délégué du gouvernement fédéral pour le retour, la réinsertion des réfugiés et la reconstruction en Bosnie-Herzégovine entre décembre 1998 et décembre 1999.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]