Joschka Fischer

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Joschka Fischer
Joschka Fischer en 2014
Joschka Fischer en 2014
Fonctions
Vice-chancelier d'Allemagne
Ministre fédéral des Affaires étrangères
27 octobre 199822 novembre 2005
Chancelier Gerhard Schröder
Prédécesseur Klaus Kinkel
Successeur Franz Müntefering
(Vice-chancelier)
Frank-Walter Steinmeier
(Affaires étrangères)
Biographie
Nom de naissance Joseph Martin Fischer
Date de naissance 12 avril 1948 (66 ans)
Lieu de naissance Gerabronn (Allemagne)
Nationalité Drapeau de l'Allemagne Allemande
Parti politique Alliance 90 / Les Verts

Joschka Fischer

Joseph Martin Fischer, plus connu sous le nom de Joschka Fischer, né le 12 avril 1948 à Gerabronn dans le Bade-Wurtemberg, est un homme politique allemand, membre de l'Alliance 90 / Les Verts. De 1998 à 2005, il est vice-chancelier et ministre des Affaires étrangères d'Allemagne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Joschka Fischer est le troisième enfant d'un couple d'Allemands de Hongrie qui ont quitté Budapest en 1946 après l'occupation de la Hongrie par l'armée rouge. Ils s'installent à Langenbourg dans le Bade-Wurtemberg.

Son surnom « Joschka » est dérivé de « Jóska », diminutif du prénom hongrois József.

En 1965, il quitte le lycée (Gymnasium) et entame une formation de photographe qu'il arrête une année plus tard.

En 1967, il s'engage dans l'Union socialiste allemande des étudiants (SDS)[1]. À partir de 1968 il habite à Francfort-sur-le-Main et vit de travaux occasionnels tout en continuant son engagement politique « anti-autoritaire de gauche »[1] qu'il qualifie, en 1986, d'« anarcho-mao-spontex »[2]. Dans son parcours professionnel on peut citer, en 1971 un passage de quelques mois comme ouvrier dans une usine Opel dont il est renvoyé à cause de ses activités de propagande. Il est aussi un temps chauffeur de taxi ou vendeur à la librairie Karl-Marx[3].

Lors de l'automne allemand (Deutscher Herbst) en 1977, le dirigeant du patronat allemand Hanns-Martin Schleyer est enlevé puis tué par la Fraction armée rouge (RAF) et un avion de la Lufthansa est détourné. Ces évènements poussent Joschka Fischer à abandonner les actions violentes liées à la scène Sponti (« Laissez les bombes, camarades, et reprenez les pavés ! »[3]) et à se tourner vers le mouvement alternatif, puis plus tard vers le parti des Verts[2].

Carrière politique[modifier | modifier le code]

17 février 1983. Bundesarchiv

Entré en 1982 dans le parti écologiste die Grünen (les Verts), il devient député au Bundestag, la chambre basse du Parlement, en 1983 et le restera jusqu'en mars 1985.

De décembre 1985 à février 1987, il est ministre de l'Environnement et de l'Énergie du Land de Hesse, dans le cabinet du social-démocrate Holger Börner. Il s'agit de la première participation gouvernementale des Verts allemands dans un Land et son ministère est créé à cette occasion. Il occupe cette fonction une deuxième fois de 1991 à 1994, période pendant laquelle il est également ministre pour les affaires fédérales.

D'avril 1987 à avril 1991, il est député et président du groupe parlementaire des Verts au parlement du Land de Hesse.

Entre octobre 1994 et octobre 1998, il est le porte-parole du parti Bündnis 90/Die Grünen (Alliance 90/Les Verts). Il est à nouveau élu député au Bundestag en octobre 1994 et le restera jusqu'en septembre 2006.

Du 27 octobre 1998 au 22 novembre 2005, il est vice-chancelier et ministre fédéral des Affaires étrangères de la République fédérale d'Allemagne dans les cabinets Schröder I et II.

Pendant cette période, il amène les Verts allemands « à rompre avec le pacifisme pour soutenir l'intervention militaro-humanitaire dans les Balkans et en Afghanistan. »[4] Avec le chancelier Gerard Schröder et le ministre de la défense Rudolf Scharping, il entraîne au Kosovo l'Allemagne dans sa première guerre depuis 1945. Cette guerre provoque d'intenses débats en Allemagne, certaines affirmations qui ont convaincu l'opinion publique se révèlent être erronées ou mensongères, tel le Plan Fer-à-cheval. Le journaliste allemand Jürgen Elsässer est particulièrement critique de ces annonces, qu'il dénonce dans son livre La RFA dans la guerre au Kosovo[5].

En septembre 2006, il renonce à son mandat de député au Bundestag et annonce qu'il quitte définitivement la vie politique.

Après la politique[modifier | modifier le code]

Fin 2006, il accepte un poste de professeur à l'université de Princeton près de New York. La diplomatie de crise internationale est le sujet de ses cours.

En parallèle, il participe en tant que diplomate au Conseil des relations étrangères[6] et fait partie des membres fondateurs du Conseil européen des relations étrangères, fondé en octobre 2007.

En 2009, il accepte un poste de consultant politique auprès du projet de gazoduc Nabucco[7], principalement pour aider à l'intégration de la Turquie, mais également pour gérer les relations avec des pays d'Europe de l'Est. Le pipeline, outre la Turquie, doit traverser la Georgie, la Bulgarie, la Roumanie, la Hongrie, l'Autriche, la République tchèque avant d'atteindre l'Allemagne[8],[9]. Ce projet, dont le but annoncé est de faire concurrence aux pipelines russes dans l'acheminement du gaz en Europe, le met en concurrence avec son ancien chancelier, Gerhard Schröder[10].

Faits marquants[modifier | modifier le code]

Lorsqu'il fut élu député au Bundestag, il entra dans l'hémicycle en jean et en basket pour affirmer le style différent des Verts. Devenu Ministre des affaires étrangères, il adopta néanmoins le costume trois pièces, bien qu'il eût auparavant déclaré qu'il ne voulait pas se plier à ce genre de convenances.

Il fut aussi de nombreuses années l'homme politique le plus populaire d'Allemagne.

En 2000, à l’Université Humboldt de Berlin, M. Fischer appelle à la relance de l’Union européenne et à l’adoption d’une Constitution grâce à une avant-garde d’une Fédération européenne à venir. Après la chute des Talibans en Afghanistan, il aide à la reconstruction avec l’organisation de la conférence de Petersberg à la fin de l’année 2001. En février 2003, on le devinait alors intéressé par le poste de ministre des Affaires étrangères de l’UE. À la conférence sur la sécurité de Munich, il désapprouva l’intervention américaine en Irak en lançant en anglais à Donald Rumsfeld : « Excuse me, I'm not convinced »[11] (« Excusez moi, je ne suis pas convaincu »).

Néanmoins, avec sa participation au gouvernement, il a rompu avec un pacifisme dogmatique. Il a convaincu les rangs Verts de voter l'engagement allemand pour bombarder la Yougoslavie en 1999, ainsi que l'envoi de troupes au Kosovo. Il a déclaré à ce sujet : « pour la première fois en ce siècle, nous sommes du bon côté ».

Après le départ de Schröder (qui prend la présidence du consortium germano-russe Nord Stream du groupe Gazprom), c’est une bonne partie de la génération des soixante-huitards qui disparaît de la scène politique. Grâce à eux, c’est tout le processus de normalisation de l’Allemagne qui a réussi pour enfin fermer la parenthèse de la génération de la guerre. Il reste encore la question de la réforme du Conseil de Sécurité, où l’Allemagne au sein du G4 (qui réunit aussi le Brésil, l’Inde et le Japon) réclame un poste de membre permanent.

À propos de la coalition rouge-verte, Fischer déclara en 2005 : « Le chapitre rouge-vert, écrit par ma génération, est irrévocablement clos. Le chapitre suivant sera écrit par des plus jeunes, les moins de quarante ans. »

Une retraite définitive ?[modifier | modifier le code]

Le 20 juillet 2006, les Verts européens ont proposé que Fischer soit médiateur dans le conflit au Proche-Orient : c’était déjà grâce à lui qu’en 2004 un échange de prisonniers entre Israël et le Hezbollah avait pu se faire. Interrogé sur cette idée par l’hebdomadaire Die Zeit, Fischer évoque qu’« il faut faire tout ce qui est humainement possible pour limiter le conflit. Cela dit, après le bombardement de Haïfa, Israël n’acceptera pas un simple retour au statu quo au Liban ».

Il annonce qu'il se présentera aux élections fédérales allemandes de 2013.[réf. souhaitée] Personnalité publique toujours active, il prend régulièrement position en faveur d'une Europe fédérale. Il signa à cet égard le manifeste du Groupe Spinelli, un groupe interparlementaire visant à défendre la vision d'une Europe fédérale au Parlement européen. En septembre 2010, il participe à la création du Groupe Spinelli pour une avancée fédérale en Europe, dont il est un des animateurs[12]. 63 ans, Joschka Fischer est le candidat préféré des Allemands pour remplacer Angela Merkel à la chancellerie si les Verts et le SPD remportent les élections en 2013. Mais, même s’il se sent «honoré d’une telle confiance, [son] retour en politique est exclu», a-t-il déclaré au journal Bild am Sonntag, au moment où les écologistes allemands devançaient leur allié, le Parti social-démocrate, dans les sondages. Longtemps l’homme politique le plus populaire d’Allemagne, il a été vice-chancelier et ministre des Affaires étrangères de 1998 à 2005 au gouvernement Schröder. Après avoir quitté le Parlement en 2006, il a enseigné à l’université américaine de Princeton et travaillé comme consultant pour le projet de gazoduc Nabucco. Il est l’un des pères de la Fondation arabe pour la démocratie, dont le siège est au Qatar.

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Cécile Calla, Daniel Vernet, Joschka Fischer : "Ce qui reste de 68, c'est un engagement passionné pour les opprimés", Le Monde, 9 mai 2008, texte intégral.
  2. a et b Daniel Cohn-Bendit, Nous l'avons tant aimée, la révolution, Éditions Bernard Barrault, 1986, page 166.
  3. a et b P. H., Joschka Fischer le super « Realo », Le Point, 23 janvier 2007, texte intégral.
  4. Joschka Fischer : « L'Allemagne est en transition » - Article du journal Le Monde sur CIDOB, 27 septembre 2009
  5. Jürgen Elsässer, La RFA dans la guerre au Kosovo, Éditions L'Harmattan, 1er novembre 2003 (ISBN 2-7475-2988-6)
  6. Bio sur le site du CFR [PDF]
  7. « Joschka Fischer met toute son énergie dans Nabucco », Courrier international, 30 juin 2009
  8. (en) "Ex-Foreign Minister to Become Nabucco Consultant" Der Spiegel, 26 juin 2009
  9. (en)"Germany: Joschka Fischer takes post as Nabucco pipeline adviser", World Socialist Web Site, 3 juillet 2009
  10. Joschka Fischer v Gerhard Schröder
  11. (en) Joschka Fischer's Strange Trip - The Wall Street Journal, 31 mars 2007
  12. site du Groupe Spinelli - Liste des membres

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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