Quercy

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44° 16′ 00″ N 1° 38′ 00″ E / 44.2667, 1.63333 ()

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Quercy

Drapeau Blason
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Le Quercy dans ses limites du XVIIIe siècle et les communes et départements actuels

Informations générales
Capitale Cahors
Religion Christianisme (catholicisme)

Le Quercy, en occitan Carcin [karˈsi, kɔrˈʃi], est une ancienne province de France dont l'étendue correspond à l'aire d'influence du diocèse de Cahors, jusqu'en 1317 (création du diocèse de Montauban), perpétuant l'antique cité des Cadurques, Divona Cadurcorum. Le Quercy s'étend sur les plateaux jurassiques des causses et les vallées, dans l'actuel département du Lot, la moitié nord du département de Tarn-et-Garonne animé par Montauban, quelques communes de la Dordogne, de la Corrèze et de l'Aveyron.

En 1790, le Quercy forme le premier département du Lot. Une importante partie du Quercy blanc ou Bas Quercy est détachée de ce département à la création du département de Tarn-et-Garonne en 1808 sous l'Empire de Napoléon Ier.

Histoire[modifier | modifier le code]

Le Quercy correspond au territoire autrefois occupé par le peuple gaulois des Cadurques ou Cadurci qui forma après la conquête romaine la civitas gallo-romaine du même nom. Les limites de la cité se retrouvent dans l'ancien diocèse de Cahors dont le nom vient d'ailleurs aussi de Cadurci.

Le territoire de la cité est ensuite intégré dans la Guyenne, partie septentrionale de l'Aquitaine détachée pour la soustraire aux interventions carolingiennes contre les révoltes vasconnes. Mais il réapparaît presque aussitôt en Cadurcensis pagus car il est en effet érigé en comté vers 780. Il est englobé en 849 dans le comté de Toulouse. À partir de 950, le nombre et la turbulence des seigneurs féodaux, retranchés dans leurs places-fortes et érigeant leur donjon, dominium de prestige, entravent le droit suzerain de Toulouse. L'ouverture féodale est indéniablement tournée vers le nord alors que la souveraineté des comtes de Toulouse l'a arraché à l'Aquitania.

La cohésion du Quercy se maintient par la puissance retrouvée et incontestée de l'évêché de Cahors. Il commande le pays et encourage de nombreuses fondations d'abbayes et de prieurés, évoluant en autant de seigneuries religieuses. Prolongeant l'ouverture aux multiples influences du nord, Moissac est ainsi à l'origine du style roman languedocien. Montauban est une bastide fondée en 1144 par Alphonse Ier Jourdain, comte de Toulouse. L'essor de la ville est rapide et sa richesse et son organisation devient modèle, au point qu'elle initie un mouvement d'émancipation municipale, imitée ensuite par Toulouse et son consulat.

En octobre 1214, Simon de Montfort réunit à Figeac pour la première fois les États du Quercy à la demande de Philippe Auguste pour recevoir la soumission des routiers de Capdenac, le 23 octobre. Le 2 février 1231 s'est tenu à Rocamadour une assemblée pour lutter contre le brigandage. Le vicomte de Turenne, Bertrand de Gourdon, l'abbé de Tulle, les consuls de Cahors et de Figeac, un abbé, un prieur, dix-sept seigneurs et autant de communes signèrent un pacte d'association[1]

Roc Amadour, filiale de l'abbaye de Tulle, est le grand lieu de pèlerinage quercynois. À son apogée médiéval, sa population dépasse 20 000 habitants. L'extirpation de l'hérésie cathare suscite la croisade contre les Albigeois. Dans une répression d'une violence disproportionnée, elle frappe le Quercy arrimé au comté de Toulouse et justifie l'intervention royale, protectrice. Louis IX le confisque en 1228. À la mort de Jeanne de Toulouse, en 1271, le Quercy se retrouve au cœur des querelles et guerres franco-anglaises. C'est pour les belligérants un morceau de la Guyenne, au point que Quercy et Haute-Guyenne soient synonymes. Supposé acquis par le royaume de France, le Quercy est rendu à la couronne anglaise par le traité d'Abbeville en 1259. Mais il est repris par Philippe le Bel. Entre 1290 et 1360, les royaumes de France et d'Angleterre se disputent les confins de l'Aquitaine. En 1360, le Quercy subissant les affres de la peste noire depuis onze années est rendu à l'Angleterre par le traité de Bretigny-Calais. Mais la reconquête française ne tarde pas, orchestrée par Bertrand Du Guesclin pour le roi Charles V de 1373 à 1380.

Pourtant, une fois oubliées les brutalités de la guerre, les ravages de la peste noire plus dévastateurs encore, et avec un serein apaisement chrétien, les Occitans du comté de Toulouse soutiennent Charles VII réfugié en Touraine et Berry, alors que Parisiens, Normands et les seigneurs influents du nord de la Seine suivent l'alliance d'intérêt anglaise et bourguignonne. Mieux l'Occitanie fait pencher la balance du côté du pouvoir régalien français qui entreprend timidement mais inexorablement la reconquête du nord.

En 1472, le Quercy ou Haute-Guyenne est réuni définitivement au domaine royal. Le Bas-Quercy est marqué par la Réforme, se signalant comme ces Pays-Bas du Sud-Ouest. Le Haut-Quercy reste hésitant sur la Réforme puis finit par demeurer dans le catholicisme. Les fureurs paysannes quercynoises seront dévastatrices, aussi soudaines que violentes, ainsi les Croquants en 1594 et en 1624.

La généralité de Montauban est créée en 1637. Le Bas-Quercy qui prend alors son nom des premières divisions administratives françaises devient prépondérant avec la cité montalbanaise. Le Bas-Quercy est alors un pays de minières, de fer, de bois et de vin.

Le Quercy a été approximativement respecté par la Révolution dans le découpage départemental de 1790. Il correspond au territoire du Lot tel que découpé à l'origine mais dont une partie a été intégrée au Tarn-et-Garonne lors de la création de ce dernier en 1808.

L'histoire paysanne du Quercy est évoquée dans le musée de plein air de Cuzals, sur le causse à 35 km de Figeac. On y trouve entre autres des vestiges de l'importante culture du safran dans la région[2].

Blasonnement[modifier | modifier le code]

Le Quercy possède les même armoiries que le Comte Géraud IV "Trancaléon" d'Armagnac, à savoir d'argent au lion de gueules.

Subdivisions[modifier | modifier le code]

Le Haut Quercy est une subdivision administrative d'ancien régime préservée essentiellement aux environs et au nord de son chef-lieu Cahors. Il inclut des pays fort singuliers, tels les Causses, les vallées du Lot et de la Dordogne, la Bouriane, la Limargue et enfin le Châtaignal qui annonce le Ségala rouerguois. Le Bas Quercy est également une subdivision administrative d'ancien régime, placée sous l'égide de Montauban.

La qualification haut et bas n'a aucun sens altimétrique à l'origine. Si les Causses et le Châtaignal du Haut Quercy sont souvent d'austères terres d'altitude, le bas pays du Bas Quercy s'affirme toutefois au-delà de la ligne Saint-Matré, Lalbenque et Septfonds avec l'alternance de serres, reliefs caractérisés par des revêtements de calcaire et de larges vaux verdoyants et cultivés, où s'éparpille une multitude de bordes ou métairies isolées au milieu des cultures et prairies, vignobles et vergers. Les plaines alluviales réunies de la Garonne, du Tarn ou de l'Aveyron, ou de leurs proches affluents, vers lesquelles débouchent les vallées ou les vaux sont quasi plates. La planéité est quasi parfaite entre Négrepelisse et les abords de Montauban, entre Castelsarrasin et Moissac.

Subdivisions géographiques[modifier | modifier le code]

On distingue suivant les formations calcaires :

  • le Quercy blanc région de grands plateaux calcaires blancs, souvent largement altérés jusqu'aux soubassements de la molasses, située au sud-ouest de Cahors jusqu'à la vallée de la Garonne. Ses villages sur promontoire, anciens bourgs refuges ou bastides de hauteur, sont Lalbenque, Castelnau-Montratier, Montcuq et Montpezat-de-Quercy.
  • les causses du Haut Quercy, large bande de calcaires jurassiques durs et fissurés qui comprend les Causses de Martel (nord de la Dordogne), de Gramat (entre Lot et Dordogne) et de Limogne-en-Quercy (au sud du Lot) : ce sont des plateaux secs et perméables où la décomposition des roches a creusé de petites dépressions fertiles ou des puits verticaux.

Il existe aussi une dissymétrie remarquable de part et d'autre de la ligne de chemin de fer de Souillac à Cahors. À l'ouest, l'altitude tend à décroître insensiblement et la présence constante d'arbres, de landes et d'herbes rappelle les contrées périgourdines. Le socle calcaire est çà et là recouvert de dépôts sableux et/ou argileux. À l'est, le relief reste vigoureux et ferme, les paysages annoncent la rudesse des causses.

Subdivisions administratives en 1789[modifier | modifier le code]

Étymologie[modifier | modifier le code]

Le mot Quercy vient de l'évolution phonétique du mot cadurcinum qui désigne "ce qui appartient aux Cadurques". C'est un simple dérivé du nom du peuple gaulois que les Romains de la conquête dénomment Cadurci[3] et qui a été tardivement associé à la cité antique de Divona Cadurcorum, Cahors.

Les termes Quercy et Cahors sont donc apparentés et se réfèrent aux Cadurques. Le diocése primitif de Cahors, correspondant à l'antique cité, est le Quercy[4]. Il est probable que l'orthographe actuelle a été influencée par le latin quercus, "chêne", dont les bois recouvrent abondamment les causses de la région. Cahors vient de la lente altération de Divona Cadurcorum. Les habitants de Cahors ont tôt été réputés comme étant les Cadurciens ou Cahorsins, ainsi que le mentionne Dante dans son Enfer.

On a cherché à interpréter aussi ce nom par le gaulois. Le nom s'apparenterait à la racine cados = cadros, « beau » (?), et sa forme première reconstituée, cad-or-ci pourrait signifier « ceux qui vivent sur les bords d'une belle rivière », sans doute le Lot, mais cette explication poétique n'a aucune espèce de vraisemblance.

Le parc naturel du Quercy[modifier | modifier le code]

Le parc naturel des Causses du Quercy, créé en 1999, s'étend sur 175.717 hectares et regroupe 97 des 340 communes du Lot. Le territoire est composé de 3 milieux géologiques : le causse, les vallées et le Limargue, à l'est, doté d'un important réseau hydrographique. C'est ce réseau qui forme la multitude de grottes et de gouffres. Les cavités souterraines abritent huit espèces rares et vulnérables de chauve-souris. Les 5 vallées du Lot, du Célé, du Vers, de l'Ouysse et de l'Alzou sont, elles, surplombées de corniches où nichent de grands rapaces comme le faucon pèlerin et le hibou grand-duc. Les berges de ces rivières favorisent le développement des orchidées sauvages, des narcisses des poètes et des petites fougères "ophioglosses" ou "langues de serpent". Sur les landes à genévriers du causse, vivent l'œdicnème criard, petit échassier, et le lézard ocellé, qui peut atteindre 60 cm à 80 cm de long et qui est le plus grand d'Europe. La parc naturel abrite également la dernière zone de France métropolitaine (hors zones montagneuses) vierge de toute pollution lumineuse, connue sous le nom de triangle noir du Quercy.

Personnalités du Quercy[modifier | modifier le code]

Historiens du Quercy[modifier | modifier le code]

Écrivains régionalistes du Quercy[modifier | modifier le code]

Autres personnalités du Quercy[modifier | modifier le code]

Georges-Émile Lebacq, vers 1935 : Chemin à Carennac (Lot)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. M;-J. Baudel, Notes pour servir à l'histoire des Etats provinciaux du Quercy, p. 3, Imprimerie de A. Layto, Cahors, 1831 ( Lire en ligne )
  2. Contribution d'une approche ethnohistorique de la culture du dafran dans le Quercy. Sandrine Helfer, mémoire.
  3. Ferdinand de Laroussilhe : Etymologie du mot "Querci", Bulletin de la Soc.des études littéraires, scientifiques et artistiques du Lot, T.24, Cahors, 1899.
  4. Cadurcinum aurait donné successivement, c correspondant d'abord au son k français et en prononçant toutes les voyelles avec forte distinction : caurci, cauerci, cauercy, quercy.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • R. Clozier, Le Quercy, collection Les Beaux Pays, Arthaud, Paris, 1953, 206 pages.
  • Henri Enjalbert, Rouergue, Quercy, Arthaud, 1971.
  • Louis Esquieu, Essai d'un armorial quercynois, 1 volume + 1 tome de suppléments et de figures, 1907 et 1911, Laffitte Reprints.
  • Guillaume Lacoste, Histoire Générale de la Province de Quercy, publiée par les soins de MM. L. Combarieu et F. Cangardel, J. Girma, Cahors, M DCCC LIII (1883), réédition F.E.R.N., 1968.
Version originale : tome 1 1883 ( Lire en ligne ), tome 2 1884 ( Lire en ligne ), tome 3 1885 ( Lire en ligne ), tome 4 1886 ( Lire en ligne )
  • Pierre Grimal, Le Quercy, Arthaud, 1978, ISBN 2-7003-0235-4.
  • Jean Lartigaut, Histoire du Quercy, Privat, 1993, ISBN 2708982591.
  • Nicolas Savy, "Le Quercy en guerre", Dossier XIVe-XVe siècle de la revue des éditions Astrolabe Histoire et images médiévales : histoire, patrimoine, reconstitution, no 35, décembre 2010/janvier 2011, p. 21-47. ISSN 1777 9103.
  • Nicolas Savy, Les villes du Quercy en guerre, Cahors, Savy A.E, 2009.
  • Chanoine Eugène Sol, Le vieux Quercy, 1re édition, 1929 (2e édition, 1930) et La Révolution en Quercy (1788-1802), quatre tomes de 1930 à 1932, Imprimerie Blanc, Cahors.
  • Chanoine Eugène Sol, La terre en Quercy : études d'histoire économique et sociale, Librairie des sciences économiques et sociales, Marcel Rivière, Paris, 1937, 28 pages.

Fictions[modifier | modifier le code]

  • Les Coqs de Minuit (1951), roman de Pierre Gamarra situé dans le Quercy aveyronnais durant la Révolution française[rem 1].

  1. L'adaptation du roman de Pierre Gamarra, en 1973, par Édouard Logereau, sera cependant filmée autour de Najac.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]