Yann Moix

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Yann Moix

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Yann Moix, Berlin, le 19 mai 2011.

Activités Écrivain, cinéaste
Naissance 31 mars 1968 (46 ans)
Nevers
Langue d'écriture Français
Distinctions Prix Goncourt du premier roman pour Jubilations vers le ciel (1996),
Prix Renaudot pour Naissance (2013)

Yann Moix est un écrivain et réalisateur français né le 31 mars 1968 à Nevers (Nièvre). Il a obtenu le prix Goncourt du premier roman pour Jubilations vers le ciel en 1996, et le prix Renaudot pour Naissance en 2013. Son premier long-métrage, Podium, adapté de son propre roman, a remporté un important succès commercial en 2004.

Biographie[modifier | modifier le code]

Son père est kinésithérapeute, sa mère secrétaire[1]. Yann Moix fait ses études primaires, puis secondaires, à Orléans[2], où il obtient un baccalauréat scientifique[3]. Il poursuit ses études à l'École supérieure de commerce de Reims, et obtient son diplôme en 1992[4]. Il fait en parallèle des études de philosophie, à l'université de Reims[3]. Il est également diplômé de Sciences Po en 1995[5] : son mémoire, sous la direction de Jean-Noël Jeanneney, est consacré à la ville de Vienne (Autriche).

Yann Moix est « découvert » en 1994 par Bernard-Henri Lévy[6], puis reconnu notamment par Philippe Sollers[7], Pierre Assouline[8] et Jean-Edern Hallier[réf. nécessaire].

Il collabore chaque semaine aux pages Culture du magazine Marianne de 1998 à 2002.

Son premier roman, Jubilations vers le ciel, reçoit le prix Goncourt du premier roman (1996)[9], le prix François Mauriac[10] de l'Académie française et le prix Air-Inter Europe du Premier Roman[11]. Il s'agit du premier volet de la Trilogie de l'amour fou[12], dont font aussi partie Les cimetières sont des champs de fleurs (1997), qui a reçu la bourse de la Fondation Hachette, et Anissa Corto (2000).

Depuis novembre 2011, Yann Moix est membre du comité d'honneur de l'Institut d'études lévinassiennes[13].

Il est également membre du Collège de 'Pataphysique[14], décoré le 1er phalle 139 de l'Ordre de la Grande Gidouille.

Depuis 2008, chaque jeudi, Yann Moix tient le feuilleton du Figaro littéraire[15].

De janvier 2011 à juillet 2012, il réalise chaque semaine une bande dessinée satirique dans Le Point.

Il fait également partie de la bande des chroniqueurs de l'émission On va s'gêner animée par Laurent Ruquier sur Europe 1.

Chaque premier dimanche du mois, à 11 heures, Yann Moix anime un séminaire au cinéma Saint-Germain, à Saint-Germain-des-Prés, dans le cadre de la revue La Règle du jeu à laquelle il collabore depuis 1994. En 2011-2012, le séminaire était consacré à Kafka. En 2012-2013, à Francis Ponge. En 2013-2014, à Georges Bataille[16].

À partir de 2011, il fait partie du jury du prix Saint-Germain[17]. Il soutient la candidature de François Bayrou à l'élection présidentielle française de 2012[18].

Il reçoit le prix Renaudot en 2013, en étant élu dès le premier tour[19].

De janvier 2014 à mars 2014, il participe à L'Émission pour tous sur France 2[20].

En septembre 2012 et février 2014, il voyage en Corée du Nord[réf. nécessaire].

Son œuvre[modifier | modifier le code]

Œuvre littéraire[modifier | modifier le code]

Jubilations vers le ciel raconte comment un écolier de douze ans, Nestor, foudroyé à l'école communale par la beauté d'une certaine Hélène, poursuit celle-ci de son amour éperdu jusqu'à l'âge de quatre-vingts ans. Pour tenter de la séduire, il fera en sorte que, chaque jour de sa vie, Hélène soit étonnée par lui.

Les cimetières sont des champs de fleurs, sélectionné pour le prix Renaudot, est un roman beaucoup plus noir. À la suite de la mort accidentelle de ses enfants sur l'autoroute, un homme de quarante ans, Gilbert Dandieu, resté ce jour-là à la maison, fait vivre un calvaire à sa femme, survivante du drame, à qui il fait endosser la responsabilité de leur mort.

Anissa Corto, sélectionné pour le prix Goncourt, est un hommage proustien à la femme inaccessible. Le narrateur, dont le métier est d'endosser le costume de Donald Duck au Parc Disneyland, se fait croire pendant trois cents pages qu'il est en couple avec une Algérienne de son quartier de la Porte de Clignancourt, à Paris, quand cette dernière ignore jusqu'à son existence.

Moix passera ensuite à une Trilogie du monde moderne. Le premier roman de cette trilogie, Podium, sélectionné pour le prix Goncourt, narre les mésaventures d'un sosie de Claude François, Bernard Frédéric, pour qui la star est un nouveau Christ. Ce livre dénonce la célébrité facile et la perte d'identité.

Partouz, roman de Yann Moix le plus controversé, établit un lien entre les terroristes islamistes d'Al-Qaida lors des attentats du 11 septembre 2001 et la peur du plaisir sexuel chez ces mêmes terroristes.

Panthéon, hymne à François Mitterrand, est également un ouvrage autobiographique dans lequel Yann Moix raconte son enfance maltraitée.

Son ouvrage Mort et vie d'Edith Stein pose entre autres la question des rapports entre judaïsme et christianisme.

En 2007, Moix a publié hors-commerce un hommage personnel au judaïsme intitulé Apprenti-juif, d'abord paru dans la revue La Règle du Jeu, dirigée par Bernard-Henri Lévy. C'est déjà dans cette même revue que Moix avait publié ses premiers textes, consacrés à Gombrowicz, Fellini, Pasolini, ainsi que ses premiers pamphlets, dirigés notamment contre Alexandre Jardin, Marc-Édouard Nabe, Amélie Nothomb et Bernard Tapie.

À la mort de Michael Jackson, il écrit Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson, un essai qui affirme, entre autres, que Michael Jackson a vécu sa vie à l'envers.

En 2010, il publie La Meute, un essai sur la violence exercée mécaniquement, notamment via les réseaux sociaux, contre un seul. Il y étudie l'exemple de Roman Polanski.

Son dernier roman, Naissance, reçoit le prix Renaudot[19] après avoir figuré sur les premières sélections des prix Goncourt, Renaudot, Médicis et Décembre[21]. Ouvrage de près de 1150 pages, celui-ci commence par la naissance de l'auteur, mais, en réalité, « manie et entremêle des récits et des types d'écriture multiples »[22].

Yann Moix a également publié en 2004 un recueil de poèmes, Transfusion, dont les thèmes récurrents sont le terrorisme, les femmes, le sexe et la mort.

Moix a en outre écrit des chansons, notamment pour Arielle Dombasle et Diane Tell.

Il a collaboré par ailleurs, régulièrement, à Transfuge, Elle, L'Express, L'Événement du jeudi, La Règle du Jeu, La Revue des deux mondes, Marianne, Voici, Bordel, Madame Figaro, Le Figaro magazine, Le Figaro, Paris Première, TF1, Europe 1, France Inter, Paris Match, VSD, et, une fois, à L'Infini de Philippe Sollers (en 1996).

Œuvre cinématographique[modifier | modifier le code]

Yann Moix a réalisé Podium, dans lequel on retrouve dans le rôle principal l'acteur belge Benoît Poelvoorde. Le film qui a rassemblé quatre millions de spectateurs, a été nommé cinq fois aux César en 2005 et a obtenu le prix Robert Enrico de la mise en scène (2004) et le trophée de la première œuvre française du Film français (2004).

Son deuxième film Cinéman, sorti en 2009, a été un échec sur le plan commercial et a reçu le Gérard du plus mauvais film[23].

Yann Moix a aussi joué pour Jean-Pierre Mocky[24].

Réception de son œuvre[modifier | modifier le code]

Le travail de Yann Moix soulève des critiques très contrastées. Parmi les critiques favorables, François Busnel a écrit dans L'Express que Jubilations vers le ciel était « un des plus grands premiers romans du vingtième siècle ». Pour le magazine Lire, Mort et vie d'Edith Stein a « révolutionné un genre aussi suranné que l'hagiographie »[25]. Pour Le Figaro Magazine, Cinquante ans dans la peau de Michael Jackson est un livre « zébré d'intuitions parfois réellement géniales »[26]. Quant à Panthéon, il a été élu par Paris Match parmi les dix romans (avec notamment Plateforme et les Bienveillantes) qui ont « donné une empreinte française au nouveau siècle »[27]. Le Point le compare à Tarantino[28] et le Figaro voit en lui un novateur[réf. nécessaire]. Mais Télérama le considère comme un « écrivain médiocre et mauvais cinéaste »[29], La Voix du Nord évoque un « écrivain qui parle beaucoup pour ne rien dire et manque cruellement de classe »[30] et Les Inrockuptibles ne voit en lui qu'un « arnaqueur » avec « ces articles vains, écrits en cinq minutes, mais qui paraissent déguisés en livres »[31]. Son film Cinéman est sans doute, à ce jour, son œuvre la plus critiquée par la presse. Son dernier livre, Naissance, a été qualifié de « roman époustouflant » par Patrick Grainville[32], de « livre hors-norme qui viole toutes les conventions romanesques » par Le Nouvel Observateur[33], de « roman monumental » par Les Échos[34], et de « burlesque, excessif, polymorphe » par Le Temps[35]. Pour Le Magazine littéraire, « un tel livre est nécessairement plus grand que son auteur »[36]. Pierre Assouline affirme qu'« on dira de Naissance que son auteur en fait trop, ce qui est vrai, mais n’est-ce pas le moins pour raconter la venue au monde d’un personnage qui est né sous le signe de l’excès, qui exagère, qui pousse à bout. »[37]

Sujets polémiques[modifier | modifier le code]

Dans Le Figaro du 10 août 2009[38], Yann Moix s'indigne d'un tract des cinémas Utopia présentant le film Le Temps qu'il reste. Il reproche notamment à ce tract la formule « milices juives » qui, selon lui, « évacue Auschwitz d'un coup d'adjectif non seulement mal placé mais déplacé », ainsi que l'expression « lobotomisation sioniste ». Il compare l'auteur du tract à Robert Brasillach et avance que les gérants des cinémas Utopia ont « la haine des juifs » et seraient « le visage nouveau de l'antisémitisme contemporain »[39]. La revue La Règle du jeu lui apporte son soutien[40]. Défendu par Patrick Klugman, Yann Moix, ainsi que Le Figaro, sont condamnés pour « délit d’injure envers particuliers »[41] le 19 octobre 2010[42].

Il crée la polémique le 1er février 2010 en publiant un extrait de son prochain livre La Meute dans La Règle du Jeu sous le titre « J’aime Polanski et je hais la Suisse »[43], en traitant la Suisse de « pute », de « Gestapoland » et de « pays inutile », « nul » et « fondamentalement antisémite », puis un jour plus tard dans le journal Le Matin ses citoyens de « mous salauds[44] ». En date du 2 février 2010, le texte est retiré du site à la demande de l'auteur[45]. La presse francophone de Belgique[46] et de France[47] commence à relater l'information et l'ambassade de France en Suisse diffuse un communiqué de presse se désolidarisant de l'auteur en estimant à propos de l'ouvrage : « […] on peut à bon droit penser qu’il eût mieux valu qu’il ne parût point[48] ».

Fin 2010, il apparaît comme un des signataires d'une pétition pour l'abrogation de la loi Gayssot aux côtés de Robert Faurisson, Dieudonné et de militants d'extrême-droite, initiative également soutenue par Noam Chomsky[49]. Opposé à cette loi, il déclare avoir été abusé sur la nature des initiateurs de cette pétition et ne pas la soutenir[50]. Paul-Éric Blanrue se déclare déçu de l'attitude de Yann Moix[51], qui avait préfacé son livre Le Monde contre soi : anthologie des propos contre les Juifs, le judaïsme et le sionisme. Le blog du Monde.fr des droites extrêmes[52] émet des doutes sur l'explication de Yann Moix, contrairement à Charlie Hebdo[53] qui le soutient.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

En qualité de réalisateur[modifier | modifier le code]

En qualité d'acteur[modifier | modifier le code]

Chanson[modifier | modifier le code]

  • Souviens-toi, Yann Moix / Diane Tell - Album : Popeline - Tuta Music Inc./ Sony Bmg, 2005

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Luc le Vaillant, « Coup pour coups », in liberation.fr, 2 août 2006.
  2. Cf. son article « Gestapédia » sur le blog Suivez-Moix (La Règle du Jeu) : « c’est […] ce que j’avais appris petit, à la communale, bien sagement, à Orléans ». La formulation « la communale » est un archaïsme pour « l'école primaire » (sous-entendu : « publique »).
  3. a et b Biographie de Yann Moix par Canal
  4. Cf. annuaire des alumni de l'ESC Reims
  5. Cf. annuaire des alumni de l'IEP de Paris
  6. Publication dans la revue La Règle du Jeu en septembre 1994
  7. Revue L'Infini no 54, à laquelle collabore Yann Moix
  8. Chloé Delaporte, « Transtextualité et Cinéphilie - Étude de Cinéman (Yann Moix, 2009), Cahiers des Charges, no 8/9, Éditions L'Harmattan, [lire en ligne]
  9. Lauréats du Goncourt du Premier Roman
  10. Lauréats du Prix François Mauriac
  11. Un recteur poltron
  12. Biographie de Yann Moix par le Nouvel Obs
  13. Comité d'honneur de l'Institut d'études lévinassiennes
  14. Indispensable: Le Correspondancier du Collège de ‘Pataphysique (no 23), autre arrabalesque
  15. Yann Moix au « Littéraire », Étienne de Montety, lefigaro.fr, Mis à jour le 13 novembre 2008
  16. Premier séminaire littéraire de Yann Moix consacré à Georges Bataille
  17. Le prix Saint-Germain : rendez-vous le 17 janvier 2012, bernard-henri-levy.com, consulté le 7 février 2012.
  18. Peguy Président, laregledujeu.org, 2 février 2012
  19. a et b Yann Moix, prix Renaudot Le Figaro
  20. "L'Émission pour tous" avec Ruquier : aperçu du plateau et de l'équipe sur leblogtvnews.com, le 9 janvier 2014
  21. Prix Renaudot, Médicis et Décembre
  22. Rentrée littéraire 2013 - Yann Moix : autoportrait façon puzzle
  23. Deux Gérard pour Yann Moix
  24. Casting du film Le Bénévole
  25. Lire, no 361, décembre 2007- janvier 2008, p. 82
  26. Le Figaro Magazine no 905, 5 septembre 2009, p. 72.
  27. Paris-Match no 3162, du 23 au 30 décembre 2009, p. 18.
  28. Dubosc fait son cinemoix
  29. « Les aventures de BHL critique de ciné », par Aurélien Ferenczi, Télérama.fr.
  30. « Yann Moix tombe du podium : un ringard en terre de septième art ! », critique du film Podium dans La Voix du Nord.
  31. Antisélection des bests de l'été
  32. Yann Moix : la littérature sans bornes
  33. David Caviglioli, « Et Moix, et Moix, et Moix », Le Nouvel Observateur, 12 septembre 2013
  34. Le pavé de Yann Moix : 1,3 kilo à la « Naissance »
  35. Yann Moix sort un livre énorme. Est-ce bien raisonnable?
  36. Parlez-moi de Moix
  37. Pardonnez Moix, Sauvez Sureau !
  38. Dossier de La Règle du Jeu sur l'affaire Utopia
  39. Le contenu du tract reprenait l'introduction de cet article, jusqu'à « ne sera jamais respectée par Israël »
  40. Voir l'article de l'"Acte V"
  41. Yann Moix et « Le Figaro » condamnés, Alain Gresh, blog.mondediplo.net, 29 octobre 2010, par
  42. Yann Moix condamné pour avoir injurié les cinémas Utopia, Diane HEURTAUT, lci.tf1.fr, 26 octobre 2010
  43. "Je hais la Suisse", Yann Moix, lewesternculturel.blogs.courrierinternational.com, 13 février 2010
  44. Yann Moix : «Les Suisses sont des mous salauds»
  45. Je hais la Suisse, deuxième volet
  46. Yann Moix enrage la Suisse en l'insultant : "C'est Gestapoland", 4 février 2010
  47. Les propos virulents de Yann Moix bouleversent la Suisse, 3 février 2010
  48. Communiqué de presse de l'ambassade de France.
  49. « L’écrivain Yann Moix, la pétition et les négationnistes », Droites extrêmes, Le Monde.fr,‎ 1er novembre 2010 (consulté le 1er novembre 2010)
  50. « Petition contre la loi Gayssot : Mise au point (Yann Moix) », La Règle du Jeu,‎ 2 novembre 2010 (consulté le 2 novembre 2010)
  51. Bloc-notes no 53
  52. Yann Moix, la pétition et les négationnistes: qui croire?, 2 novembre 2010
  53. Jean-Yves Camus, « Contre la loi Gayssot: Pétition piège à cons », Charlie Hebdo, 3 novembre 2010

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]