Gérard du cinéma

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Gérard du cinéma
Prix remis Gérard du cinéma
Description Distingue les pires réalisations du cinéma français
Organisateur Frédéric Royer, Arnaud Demanche et Stéphane Rose
Pays Drapeau de France France
Date de création 2006

Le Gérard du cinéma est une cérémonie satirique qui récompense les plus mauvais films et acteurs du cinéma français. Parodiant les codes des cérémonies du type César, elle se déroule généralement un ou deux jours avant les César ou le Festival de Cannes. Les prix remis lors des Gérard sont représentés par un parpaing doré.

La première remise de prix a eu lieu le 23 février 2006 à la discothèque « Le Baron » à Paris. La cérémonie est diffusée depuis 2008 sur Paris Première (en direct depuis 2009). Depuis 2010, elle a lieu au théâtre Michel, toujours à Paris.

Sommaire

Les fondateurs [modifier]

Librement inspirés des Razzie Awards, les Gérard du cinéma ont été créés par Frédéric Royer (journaliste de Voici), Arnaud Demanche (dialoguiste et auteur pour la télévision - notamment pour Nicolas Canteloup, réalisateur) et Stéphane Rose (journaliste et écrivain). Ils organisent également les Gérard de la télévision et les Gérard de la politique. Le 18 avril 2013, Arnaud Demanche annonce sa décision de quitter les Gérard.

Origine du nom [modifier]

Le nom de « Gérard » a été choisi pour son assonance avec « César » et parce que c'est un prénom fréquent dans le monde du cinéma français, comme par exemple : Gérard Depardieu, Gérard Oury, Gérard Lanvin, Gérard Jugnot, Gérard Philipe, Gérard Darmon, Gérard Mordillat, Gérard Krawczyk, Gérard Pirès, Gérard Corbiau et Gérard Rinaldi.

Évolution et signification des prix [modifier]

Créée en 2006, la cérémonie était initialement (2006 et 2007) une parodie pure et simple des codes des cérémonies du type César, en inversant les catégories (pire acteur, pire actrice, pire film, etc.). Depuis 2008, les catégories ont toutes des noms originaux, souvent cocasses, uniques, assez longs et relevant de la plaisanterie.

De même que pour les Razzie Awards dont ils sont inspirés, les prix remis à l’occasion des Gérard du Cinéma peuvent être sujets à polémique. En effet, la notion de mauvais film ou acteur est assez équivoque et hétérogène. En général, elle correspond à un jugement subjectif mais relativement proche de l'exercice de la critique de film, le côté satirique et savoureux en plus, comme dans les catégories suivantes :

  • films ou prestations dont la qualité n'a pas été à la hauteur du battage publicitaire ou du prestige de la personne (réalisateur, acteur) :
    • Gérard de l'acteur dont on espère qu’il aura jamais jamais de premier rôle quand on voit comment il se débrouille avec les seconds (2010) ;
    • Gérard du réalisateur qui continue à faire des films en toute impunité malgré un CV déjà passablement chargé (2010) ;
    • Gérard du réalisateur ou de l'acteur qui parle de son film comme si c'était le dernier Fellini alors que même toi tu fais mieux avec ton Nokia et trois copains bourrés (2009) ;
    • Gérard de l’acteur qui aurait vraiment mieux fait de continuer à faire des sketches (2008) ;
  • cas flagrants d'exploitation (d'un filon, d'une mode, d'un fait de société, d'un groupe social, etc.) :
    • Girard di film halal (2012) ;
    • Gérard du film français sorti avec un titre en anglais parce qu’on sait jamais, sur un malentendu, on peut croire qu’il est américain (2011) ;
    • Gérard de Madame la Grande Actrice qui va s'encanailler dans une comédie de ploucs pour casser son image de vieille bourgeoise coincée du cul (2010) ;
    • Gérard du film que quand tu vas le voir, dans la salle, t'as l'impression d'être dans un wagon du RER D un samedi soir à Villiers-le-Bel (2010) ;
    • Gérard de la feignasse tellement décontractée du gland qu'elle recycle un de ses vieux sketchs en film d'une heure et demie (2009) ;
  • évolution jugée décevante de la carrière d'un acteur ou d'un réalisateur :
    • Gérard de l'acteur culte qui tournait dans des bons films. Et puis, un jour visiblement, ça l'a fait chier (2012) ;
    • Gérard de l’acteur qui avant nous faisait bien rire et qui maintenant nous fait bien chier (2011) ;
    • Gérard du réalisateur qui fait toujours le même film, mais en un peu moins bien à chaque fois (2009).

Toutefois, d'autres catégories plus polémiques évoluent entre le mauvais goût, la moquerie mesquine, le machisme et le manque de respect, par exemple :

  • physique des actrices et commentaires crus sur leur sex-appeal :
    • Gérard du film que tu vois parce qu’il te fait espérer des lolitas qui se roulent des pelles et se mettent des doigts dans leurs petits abricots rasés, mais en fait, même pas (2012) ;
    • Gérard du petit cul (2011) ;
    • Gérard du gros cul (2011) ;
    • Gérard du film avec des petits chiens ou des grosses chiennes (2010) ;
    • Gérard du film qui parle d'une meuf qui fait moyennement envie, et du coup le film bah c'est pareil (2010) ;
    • Gérard de l'actrice pas très douée mais qu'on se mettrait bien sur le zguègue, pas vrai les gars ? (2009) ;
    • Gérard de l’actrice que les journalistes s’obstinent à appeler « mademoiselle » alors qu’elle a plutôt une tête à ce qu’on l’appelle « mémé » (2008).
  • problèmes de carrière de certains acteurs :
    • Gérard du membre de duo qui l'a dans le cul (2012) ;
    • Gérard du plus mauvais animal dans un rôle animal (2008) ;
    • Gérard de la compromission alimentaire (2008).
  • nom de famille, origines étrangères :
    • Gérard de l'acteur qui a un prénom africain (2012) ;
    • Gérard de l'acteur qui a un nom de maladie (2010) ;
    • Gérard de l'acteur qui vient manger le pain des Français (2010).
  • plaisanteries sur les maladies, la vieillesse ou les décès récents :
    • Gérard de l'acteur qu'on croyait mort depuis 1985, et qui en fait, tourne encore (2011) ;
    • Gérard du mauvais timing (2008).

Les réactions [modifier]

Dès le surlendemain du palmarès de l'édition 2006, Michael Youn postait un texte sur son site[1] :

« Pour la première fois, les Gérard du cinéma, nouvelles distinctions saluant les pires productions du cinéma français, ont été remis cette année. Ainsi, le titre du plus mauvais acteur a été décerné à l'humoriste Michael Youn pour Iznogoud. Le réalisateur de ce long-métrage, Patrick Braoudé, a lui mérité les prix du plus mauvais réalisateur et du plus mauvais film.

Trop fort ! Le carton plein ! Je ne sais pas quoi dire tellement je suis ému… Vous ne vous en rendez pas compte, mais là, derrière mon écran d'ordinateur, je pleure… si, si je pleure d'émotion ! 3 récompenses pour Iznogoud ! Jamais je n'aurais pensé qu'un si mauvais film serait autant couronné, même pour sa médiocrité. (...) »

A contrario, David Charhon est venu chercher son trophée du plus mauvais film 2009 pour Cyprien.

En 2011, Henri Guybet s'est déplacé pour recevoir le « Gérard de l'acteur qu'on croyait mort depuis 1985 et qui en fait tourne encore ». L'équipe du film L'Absence s'est également déplacée pour recevoir le « Gérard du film que tu vas voir alors que ta meuf t’a largué… t’as perdu ton boulot… t’as appris que t’avais le cancer… mais bon, tu t’es dit "la vie continue, je vais aller au ciné pour retrouver un peu de joie de vivre", et puis, t’arrive devant ton UGC, et là, au menu... »

Notes et références [modifier]

  1. (fr) Michael Youn, « Je suis le plus mauvais acteur de l'année ! Yeaaaah... » (ArchiveWikiwixQue faire ?), 25 février 2006 sur michaelyoun.com

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]