Jean-Paul Enthoven

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Enthoven.

Jean-Paul Enthoven, né le 11 janvier 1949 à Mascara en Algérie, est un éditeur et journaliste français[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Né à Mascara près d’Oran, Jean-Paul Enthoven est issu d’une famille bourgeoise. Sa mère est née Gilberte Tordjman[1] et son père, Edmond Enthoven, était un homme d’affaires ayant fait fortune dans l’immobilier et la gestion de salles de cinéma. Dans ce milieu familial juif complètement agnostique, sa socialisation politique s’effectue dans une atmosphère très républicaine, attachée à des considérations morales comme la défense des droits de l'homme et se retrouvant dans la figure politique d'un Clemenceau.

Sa famille est liée à l’élite intellectuelle oranaise, notamment avec le philosophe André Bénichou, directeur du cours Descartes que nombre d’universitaires français fréquentent au cours de la guerre d'Algérie. C'est ainsi que ses parents deviennent proches de Pierre Nora et que ce dernier aide leur fils lorsqu’il devient pensionnaire au lycée Lakanal de Sceaux[réf. souhaitée]. Jean-Paul Enthoven côtoie alors beaucoup la « famille Nora », Pierre Nora étant son « Cicéron »[2].

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il est le père de trois enfants[1] avec Catherine David :

  • Raphaël, agrégé de philosophie, chroniqueur dans l'émission télévisée Campus, qui épousa Justine Lévy, la fille du grand ami de famille Bernard-Henri Lévy, avant de la quitter pour Carla Bruni
  • Julien, acteur vu notamment en 2009 dans Cineman de Yann Moix avec Franck Dubosc ainsi que dans la nouvelle version des Rois maudits en 2005. Après un passage à la comédie française, Julien Enthoven élargie ses activités en s'associant dans des restaurants aux saveurs d'ailleurs, fréquentés par le tout Paris comme le Lefty en 2012 ou le John Weng en 2013.
  • et Mathilde, journaliste.

Jean-Paul Enthoven épousa le 4 décembre 1981 Corinne Pécas, fille du réalisateur et producteur de films érotiques Max Pécas. Au début des années 2000, il fut le compagnon en titre de Carla Bruni, avant que celle-ci le quitte pour son propre fils Raphaël, qui fit l'objet de sa chanson Raphaël, et avec qui elle conçut un fils en 2001, Aurélien.

Formation[modifier | modifier le code]

Après un passage au lycée Buffon[1], il entre au lycée Janson-de-Sailly où il suit les cours de philosophie de Maurice Clavel. Ce dernier le remarque parmi les têtes de classe et lui fait rencontrer Gabriel Marcel mais surtout Pierre Boutang dont l’influence le plonge un temps dans la « haine de soi »[2].

Il est ensuite étudiant à la faculté des lettres de Paris-Sorbonne et à la faculté de droit de Paris[1]. Il obtient une licence en histoire, le diplôme de l'Institut d'études politiques, un DES de droit public et de sciences politiques[1].

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

S’il est ancré à gauche, il passe à côté de Mai 68 en préférant la littérature aux débats idéologiques. Les lectures qu’il effectue chez Gallimard vers 1971/1972 lui valent de rencontrer Raymond Aron. S’il n’en devient pas un disciple, ce dernier l’amène à se détacher très rapidement d’un marxisme auquel des lectures l’avaient amené à adhérer. Et il se définit comme spinozo-nietzschéen lorsque, en 1973, il devient assistant de Maurice Duverger à la Sorbonne.

Assistant à l'université Paris I - Panthéon Sorbonne de 1973 à 1975[1], il fait la connaissance d’un jeune agrégé de philosophie tout juste rentré du Bangladesh, Bernard-Henri Lévy. Tombant sous le charme du normalien, il le présente à l'automne 1974 à son ami Gilles Hertzog qui participe ainsi à l’éphémère quotidien L'Imprévu (janvier-février 1975). Malgré l’échec du journal de Bernard-Henri Lévy, les liens d’amitié du trio se renforcent autour de ce dernier au point d’apparaître comme une véritable « fratrie »[3] où Jean-Paul Enthoven serait, selon ses propres termes, « plutôt le ministre de l'Intérieur de Bernard, et Gilles, son secrétaire d'État aux Affaires étrangères »[4].

Parallèlement, ses liens avec Pierre Nora[5] l’amènent à entrer en contact avec Jean Daniel et l’équipe du Nouvel Observateur.

À partir de décembre 1973, il y publie donc des critiques d’essais de philosophie et de sciences humaines. C'est alors qu’en 1975, il n’apprécie pas d’être sollicité par Maurice Duverger comme témoin de moralité dans un procès sur son passé vichyste. Il donne donc sa démission de l’enseignement et se tourne vers le journalisme. Il est journaliste puis adjoint à la rédaction en chef du Nouvel Observateur jusqu'en 1984[1]. Chargé de couvrir les débats intellectuels, il s’occupe ainsi des interviews avec les grandes figures intellectuelles, des comptes rendus d’essais de nature politique ou philosophique, et de l’ensemble de l’actualité qui touche le milieu intellectuel.

Proche de Maurice Clavel — qu’il remplace épisodiquement pour sa rubrique télévisuelle –, il n’en est pas moins très apprécié par le directeur de la rédaction du journal qui le consulte pour le choix d’un mot de son éditorial[6] ou sur les débats en cours dans le microcosme parisien. Avec ces deux derniers, il soutient activement l’éclosion médiatique des « Nouveaux Philosophes » et de leur tête de file, son ami Bernard-Henri Lévy. Vouant à ce dernier une immense admiration, il a avec lui des liens si forts qu’il ne leur manque « que d’être homosexuels pour se mélanger et se fondre »[7] encore plus qu'ils ne le sont. Témoin à son mariage (comme Gilles Hertzog), déjeunant chaque samedi matin en sa compagnie, il partage ses passions comme son souci de l’apparence esthétique.

À partir du début des années 1980, il prend de plus en plus des responsabilités éditoriales. Ainsi, en 1983, il prend la direction de la collection « Biblio-Essais » fondée par Bernard-Henri Lévy chez Grasset. En 1984, il quitte ses fonctions d’adjoint à la rédaction en chef du Nouvel Observateur pour diriger Hachette-Littérature.

En 1986, il revient comme directeur éditorial aux éditions Grasset & Fasquelle[1].

Depuis 1993, il est conseiller éditorial de la rédaction de l'hebdomadaire Le Point où il publie notamment des critiques littéraires.

En 1997, il coscénarise le film de son complice Bernard-Henri Lévy, Le Jour et la Nuit. Face au spectaculaire échec commercial et surtout critique du film, Jean-Paul Enthoven ne retenta pas d'expérience cinématographique pendant 20 ans, c'est-à-dire jusqu'à son implication comme conseiller artistique dans Cinéman, film de son ami Yann Moix dans lequel son fils Julien Enthoven tient un petit rôle. Ce film fut un échec commercial et critique encore plus cinglant que le précédent.

Il a dans son bureau la photo d'un homme qu'il admire et qui déclara au moment des accords de Munich : « Vive la paix honteuse ! ». Cet homme, aussi surprenant que cela paraisse à certains, se nommait Jean Cocteau.

À partir de 2011, il fait partie du jury du prix Saint-Germain[8].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Jean-Paul Enthoven est coscénariste du film Le Jour et la Nuit, 1997, réalisé par Bernard-Henri Lévy.

En novembre 2007 il participe au tournage de Cinéman, un film de son ami Yann Moix dans lequel joue son fils Julien Enthoven.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Jean-Paul Enthoven est chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m Who's Who in France, édition 2008, Modèle:P.838.
  2. a et b Selon l’expression de Jean-Paul Enthoven dans son entretien avec François Kraus le 2 septembre 2004.
  3. Expression d’Olivier Orban citée par Daniel Garcia in « Un homme de l'ombre », Lire, mai 2004
  4. D’après Jean-Paul Enthoven, cité par Daniel Garcia in « Un homme de l'ombre », Lire, mai 2004
  5. D’après Jean-François Sirinelli, entretien avec François Kraus le 8 avril 2004.
  6. Collectif, Pour Jean Daniel, Dreux, 1990, p. 80-82.
  7. Jean Daniel, Avec le temps (1998) in Œuvres Autobiographiques, Paris, Grasset et Fasquelle, 2003, p. 1141.
  8. (fr) Le prix Saint-Germain : rendez-vous le 17 janvier 2012, bernard-henri-levy.com, consulté le 7 février 2012.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]