Absurde

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L'absurde est un décalage entre l'attente de l'homme et l'expérience qu'il fait du monde, dans quelque domaine de l'activité humaine qu'il s'exprime. Il résulte donc de la contradiction d'un système par le fait.

Étymologie[modifier | modifier le code]

L'étymologie du mot absurde vient du latin absurdus qui signifie « dissonant » (cf. Cicéron, De Oratore, III, 41).

Définition[modifier | modifier le code]

C'est ce qui est contraire et échappe à toute logique ou qui ne respecte pas les règles de la logique. C'est la difficulté de l'Homme à comprendre le monde dans lequel il vit.

C'est avant tout un degré de comique très élevé. Il signifie ce qui n'est pas en harmonie avec quelqu'un ou quelque chose, par exemple, une conduite absurde est un comportement anormal, un raisonnement absurde est un raisonnement complètement illogique.

Littérature[modifier | modifier le code]

La littérature de l'absurde illustre le désarroi de l'homme, comme étranger face à un monde et à une existence dont il ne saisit plus le sens. Cette notion, qui produit un effet de non-sens, est souvent utilisée pour désigner un certain type de littérature. Parmi les romans les plus connus traitant de l'absurde figurent L’Étranger d'Albert Camus et Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline ou encore Le Désert des Tartares de Dino Buzzati.

La littérature de l'absurde, majoritairement représentée par le théâtre de l'absurde, est née pendant la Seconde Guerre mondiale. On qualifie ainsi de nombreuses pièces d'Eugène Ionesco, Samuel Beckett ou encore Fernando Arrabal.

Théâtre[modifier | modifier le code]

Le théâtre de l'absurde est inauguré le 11 mai 1950 par Eugène Ionesco dans sa pièce La Cantatrice chauve. L'auteur ayant repoussé les limites de la création en baptisant son œuvre Anti Pièce et ridiculisant les codes traditionnels. Ce terme de "Théâtre de l'absurde" est utilisé pour la première fois par l'écrivain Martin Esslin au XXe siècle pour qualifier les grandes directions théâtrales, puis l'expression est reprise pour désigner les œuvres des auteurs qui voulaient rompre avec la tradition du théâtre occidental. Néanmoins, il s'agit bien d'un mouvement qui porte un regard désabusé sur l'existence et la condition humaine et sur l'absence totale de communication entre les êtres. Il tend à représenter la parole comme un objet avec une fonction purement ludique. Ce mouvement désigne principalement le théâtre de Ionesco, Beckett, Arrabal ou encore Genet.

Philosophie[modifier | modifier le code]

Bien qu'apparenté dans une certaine mesure à l'existentialisme, Albert Camus s'en est assez nettement séparé pour attacher son nom à une doctrine personnelle, la philosophie de l'absurde. Définie dans Le Mythe de Sisyphe, essai sur l'absurde (1942), reprise dans L'Étranger (1942), puis au théâtre dans Caligula et Le Malentendu (1944), elle se retrouve à travers une évolution sensible de sa pensée, jusque dans La Peste (1947).

Le sentiment de l'absurde peut surgir de la « nausée » qu'inspire le caractère machinal de l'existence sans but, peut naître du sentiment de l'étrangeté de la nature, de l'hostilité primitive du monde auquel on se sent tout à coup étranger. Ou encore de l'idée que tous les jours d'une vie sans éclat sont stupidement subordonnés au lendemain, alors que le temps qui conduit à l'anéantissement de nos efforts est notre pire ennemi. Enfin, c'est surtout la certitude de la mort, ce « côté élémentaire et définitif de l'aventure » qui nous en révèle l'absurdité. En fait, ce n'est pas le monde qui est absurde mais la confrontation de son caractère irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l'appel résonne au plus profond de l'homme. Ainsi l'absurde n'est ni dans l'homme ni dans le monde, mais dans leur présence commune. Il naît de leur antinomie. « Il est pour le moment leur seul lien. Il les scelle l'un à l'autre comme la haine seule peut river les êtres.»

La théologie apophatique s'interroge sur ce que Dieu n'est pas et suscite plusieurs réflexions.

Mathématiques[modifier | modifier le code]

En mathématiques, un raisonnement par l'absurde consiste à démontrer que la véracité d'une hypothèse conduirait à une contradiction, ce qui conduit à la rejeter. Un raisonnement par l'absurde est formel en termes mathématiques, ce qui ne signifie pas comme le suggérerait le sens courant des termes qu'un raisonnement dénué de sens est rigoureux.

Citations[modifier | modifier le code]

  • « Ce monde en lui-même n’est pas raisonnable, c’est tout ce qu’on peut en dire. Mais ce qui est absurde, c’est la confrontation de cet irrationnel et de ce désir éperdu de clarté dont l’appel résonne au plus profond de l’homme. » Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe.
  • « Un jour seulement, le “ pourquoi ” s'élève et tout commence dans cette lassitude teintée d'étonnement. » Albert Camus, Le Mythe de Sisyphe.
  • « Admire, mon fils, la Sagesse divine qui a fait passer les fleuves juste au milieu des villes ! » Henri Monnier, mot de Joseph Prudhomme.
  • « Il s’étonnait que les chats eussent la peau percée de deux trous précisément à la place des yeux. » Georg Christoph Lichtenberg, Aphorismes.

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