Danièle Sallenave

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Danièle Sallenave

Naissance 28 octobre 1940 (73 ans)
Angers, Maine-et-Loire,
Drapeau de la France France
Langue d'écriture Français
Genres roman, essais, théâtre, récit de voyage
Distinctions Prix Renaudot (1980)
Grand prix de littérature de l'Académie française (2005)
Membre de l'Académie française

Œuvres principales

Les Portes de Gubbio, (roman, 1980)

Danièle Sallenave est un écrivain français née le 28 octobre 1940 à Angers, membre de l’Académie française[1]. Normalienne, agrégée de lettres classiques, traductrice de l'italien (La Divine Mimesis de Pier Paolo Pasolini, Orgie du même auteur pour l'Ensemble Théâtral Mobile), elle a également collaboré au journal Le Monde, à la revue Le Messager européen et aux Temps modernes.

Elle a enseigné la littérature et l'histoire du cinéma à l'université Paris-X Nanterre de 1968 à 2001.

Elle tient depuis septembre 2009 une chronique hebdomadaire sur France Culture. Le 7 avril 2011, elle est élue à l'Académie française au fauteuil (no 30) de Maurice Druon, puis reçue sous la Coupole par Dominique Fernandez le 29 mars 2012.

Penser la singularité[modifier | modifier le code]

Dans ses essais, elle affirme contre le fanatisme religieux et le communautarisme la nécessité d’une pensée renouvelée de la singularité.

« Il serait extrêmement dangereux d'importer en France la thèse d'un « choc de civilisations » entre le monde musulman et nous. Ne faisons pas de l'Islam le miroir où toutes nos difformités s'effacent. Ne renouvelons pas l’erreur de nous forger un ennemi pour éviter de nous interroger sur nous-mêmes. Il nous faut retrouver une parole libre. Désigner haut et fort la menace que font peser les communautés, les identités collectives, les religions — toutes les religions — sur la paix civile et la liberté individuelle. Refuser le scandale d'une pensée asservie à des dogmes. » (à l’occasion de la parution de son livre Dieu.com)[réf. nécessaire].

Prises de positions[modifier | modifier le code]

Sur le conflit israélo-palestinien[modifier | modifier le code]

Fin novembre 1997, Danièle Sallenave se rend dans les territoires palestiniens occupés. « Sillonnant les routes de Jérusalem au Jourdain, et de Naplouse à Gaza » et « écoutant des témoignages », elle explique qu'elle a « découvert une réalité qu'[elle s'était] employée à nier depuis toujours ». Elle déclare : « j'ai compris qu'il était temps d'en finir avec un aveuglement consenti. Petit à petit, je voyais s'effondrer, non sans douleur et sans déchirement, un système d'affirmations rassurantes, répétées, et souvent légitimes - l'audace du peuple juif, la nécessité de sa sécurité. Et derrière elles, se profiler l'existence d'un peuple, le peuple palestinien, de sa terre - terre ancienne, habitée, nourrie de cultures, de religions, d'influences arabes, chrétiennes, juives. La " cause palestinienne " a été trop souvent le prétexte ou l'alibi d'un retour de la judéophobie. Mais l'indispensable mémoire de l'Holocauste aurait-elle jamais dû servir à masquer les épreuves subies depuis des dizaines d'années par le peuple palestinien, et à justifier la politique menée par Israël dans la partie occupée de la Palestine[2] ? »

Sur la fin du communisme[modifier | modifier le code]

Son article « Fin du communisme : l'hiver des âmes » paru en mars 1992 dans Les Temps modernes a été critiqué par l'essayiste Jean-François Revel dans La grande parade (2000). Il reproche à Mme Sallenave de prendre la défense de ceux qui ont cru au communisme et se retrouvent face à l'effondrement de leur idéologie, alors que « les vraies victimes de l'idéologie communisme[pas clair] sont les dizaines de millions de morts qu'il a laissés derrière lui », et il estime que son propos est cynique vis-à-vis des victimes des régimes communistes[3].

Sur les langues régionales[modifier | modifier le code]

Lors de l'étude de la signature de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, Danièle Sallenave a publié dans le journal Le Monde du 3 juillet 1999 un article attaquant ce projet, qui selon elle menaçait l'unité républicaine française :

« Notre vision des « langues » et des « cultures » régionales, aseptisée, baigne dans la niaise brume des bons sentiments écolo-folkloriques et se nourrit d’images d’un passé revisité… Ce ne peut être un objectif national. En proposant aux jeunes générations un retour à des langues qui n’ont survécu que dans les formes parlées, pour l’essentiel privées de l’indispensable passage à la maturité que donne la forme écrite, littéraire, philosophique, croit-on sérieusement leur offrir un avenir de travail, d’insertion sociale, de pensée[4]? ».

Cet article a suscité de nombreuses réactions, notamment de la part de Henri Giordan qui lui a répondu dans le même journal le 7 juillet 1999[5].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Chez P.O.L.
  • Adieu (1988)
  • Conversations conjugales (1987)
  • La vie fantôme (1986)
  • Un printemps froid (1983)
Chez d'autres éditeurs
  • Paysages de ruines avec personnages, Flammarion, 1975
  • Le voyage d'Amsterdam ou les règles de la conversation, Flammarion, 1977
  • Un printemps froid, Seuil, 1985
  • Rome, Autrement, 1986
  • La vie fantôme, Seuil, 1988
  • Le don des morts, Gallimard, 1991
  • Le théâtre des idées, Gallimard, 1991
  • Passages de l'Est, Gallimard, 1991
  • Villes et villes, Des femmes, 1991
  • Le principe de ruine, Gallimard, 1991
  • Lettres mortes, Michalon, 1995
  • Les Portes de Gubbio, Hachette, 1980/Gallimard, 1995
  • Les trois minutes du diable, Gallimard, 1994/1996
  • Viol, Gallimard, 1997
  • L'Amazone du grand Dieu, Bayard, 1997 À quoi sert la littérature?, Textuel, 1997
  • Carnets de route en Palestine occupée : Gaza-Cisjordanie, novembre 1997, Stock, 1998
  • D'amour, Gallimard, 2002
  • Nos amours de la France - République, identités, régions, en collaboration avec Perico Legasse, Textuel, 2002
  • dieu.com, Gallimard, 2003
  • La Fraga, Gallimard, 2004
  • Quand même, Gallimard, 2006
  • Castor de guerre, Gallimard, 2008
  • « Nous, on n'aime pas lire », Gallimard, 2009
  • La vie éclaircie : Réponses à Madeleine Gobeil, Gallimard, 2010
  • Sibir. Moscou-Vladivostok, Mai-Juin 2010, Gallimard, 2012

Traductions[modifier | modifier le code]

Distinctions[modifier | modifier le code]

Prix littéraires[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Festivals[modifier | modifier le code]

Bibliographie critique[modifier | modifier le code]

  • Jacques Le Martinel (dir), Danièle Sallenave: Visages d'une oeuvre, Presses de l'Université d'Angers, 2000.
  • Bruno Thibault, Danièle Sallenave et le don des morts, Amsterdam/New York, Editions Rodopi, 2004.
  • Bruno Thibault, Danièle Sallenave, revue Europe, janvier 2014 (sous presse)

Article connexe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Danièle Sallenave, fiche sur le site de l'Académie française.
  2. Danièle Sallenave, Carnets de route en Palestine occupée : Gaza-Cisjordanie, novembre 1997, Stock, 1998. (ISBN 9782234049963).
  3. Jean-François Revel, La grande parade, Plon, 2000, p. 25 et suivantes.
  4. Danièle Sallenave, « Partez, briseurs d’unité ! », Le Monde, 3 juillet 1999.
  5. Langues régionales : un péril communautarist, Henri Giordan, prg-2B.org, 7 juillet 1999.
  6. Prix Jean Monnet de littérature européenne du département de la Charente, sur le site du Département de la Charente.

Source[modifier | modifier le code]

Notice biographique par l'Académie française

Liens externes[modifier | modifier le code]