Jean Malaquais

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Jean Malaquais

Description de l'image  Jean Malaquais en México.jpg.
Nom de naissance Wladimir Jan Pavel Malacki
Activités Écrivain
Naissance 11 avril 1908
Varsovie, Pologne
Décès 22 décembre 1998 (à 90 ans)
Genève, Suisse
Genres roman
Distinctions Prix Renaudot (1939)

Wladimir Jan Pavel Malacki, dit Jean Malaquais, né le 11 avril 1908 à Varsovie et mort le 22 décembre 1998 à Genève, est un romancier et essayiste d'origine polonaise et d'expression française.

Biographie[modifier | modifier le code]

De son nom complet Malacki Wladimir Jan Pavel Israël Pinkus, Jean Malaquais est d'origine juive. Il naît en 1908 dans une famille en rupture avec les traditions. Son père enseigne le latin et le grec. Il a un petit frère, Salomon Monniek.

À 17 ans, le bac en poche, il part à la découverte du monde, traverse l'Europe, se rend en Afrique et exerce pour survivre des dizaines de métiers. En France, il se lie avec Marc Chirik, oppositionnel au stalinisme, et devient un compagnon de route de groupes internationalistes. À la fin des années 1920, il se fait embaucher dans la mine de plomb et d'argent de La Londe les Maures - expérience qui lui fournira la matière de son premier roman Les Javanais. En 1935, il fait la rencontre d'André Gide, avec lequel il entretient une correspondance jusqu'en 1950. Gide l'encourage à écrire, le recommande auprès de directeurs de revues. Malacki fait paraître quelques nouvelles, puis en 1937, il se lance dans la rédaction de L'Île de Java, qui devient Les Javanais en 1939. Ce roman, inspiré de son expérience parmi les mineurs venus des quatre coins du monde est édité chez les Éditions Denoël sous le pseudonyme de Jean Malaquais. Il obtient le Prix Renaudot en 1939 (face à Sartre pour Le Mur)

Apatride, d'origine juive et « marxien », il est pourtant mobilisé, contre son gré, durant la Seconde Guerre mondiale. Il détaille son expérience dans Journal de guerre. En danger de mort, il fuit à Marseille. En 1943, il part pour le Venezuela, le Mexique, puis pour les États-Unis, où il acquiert la nationalité américaine. En 1947, il publie Planète sans visa, grand roman de la France sous l'occupation.

Il participe en 1942 et après la guerre au groupe de la Gauche communiste de France (GCF) avec Marc Chirik, Clara Geoffroy, Robert Salama dit « Mousso », Serge Bricanier, Louis Évrard, Pierre Bessaignet.

Il traduit Norman Mailer, Les Nus et les Morts et publie, en 1953, un dernier roman Le Gaffeur, qui met en scène un personnage aux prises avec la Cité : celle-ci, après l'avoir privé de son domicile, de sa femme, de son travail, va jusqu'à lui retirer sa propre identité.

Il écrit une pièce de théâtre, La Courte Paille, qui n'est jouée qu'une fois en privé et n'est publiée qu'à titre posthume en 2000.

En 1960, il rencontre Elizabeth Deberdt-Malaquais, puis s'éloigne du roman pour se consacrer à la philosophie. Il s'intéresse notamment à Søren Kierkegaard. À la fin de sa vie, il effectue un grand travail de réécriture de ses romans.

Œuvre[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Autres publications[modifier | modifier le code]

  • Journal de guerre, Éditions de la Maison Française, New York, 1943
  • « Deux nouvelles de Jean Malaquais », in Les Œuvres nouvelles 2, Éditions de la Maison Française, New York, 1943.
  • Coups de barre, recueil de nouvelles, Éditions de la Maison Française, New York, 1944. Édition en français : Paris : Le Cherche midi, 2008, 290 p. (ISBN 978-2-7491-1162-9)
  • Søren Kierkegaard : Foi et Paradoxe, 10/18, UGE, Paris, 1971.
  • « Le Nommé Louis Aragon ou le patriote professionnel », « Les Égaux », supplément à Masses, février 1947, no 7. Réédition, Éditions Syllepse, collection « Les Archipels du surréalisme », décembre 1998.
  • Correspondance (1935-1950) d'André Gide et Jean Malaquais, éditions Phébus, Paris, 2000 (ISBN 978-2859406103).
  • Correspondance 1949-1986 de Norman Mailer et Jean Malaquais, traduction française de Hélène Ancel, Paris : Le Cherche midi, 2008, 284 p. (ISBN 978-2-7491-1127-8)
  • La Courte paille, pièce en 4 actes, éditions Art et Comédie, collection Côté Scène, 1999.

Traductions[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Geneviève Nakach, Malaquais rebelle, Paris, Cherche midi, coll. « Documents »,‎ 2011, 382 p.
  • Alain Leduc, Roger Vailland (1907-1965) : un homme encombrant, Paris, Harmattan, coll. « Socio-anthropologie »,‎ 2008, 230 p. (ISBN 978-2-2960-6511-6), p. 107 et 108
  • Michel Olivier, Histoire de la gauche communiste de France, Paris, Éditions du CCI,‎ 2001
  • Michel Roger, L'enfer continue : de la guerre de 1940 à la guerre froide, la Gauche communiste de France (1942-1953), Éditions Ni patrie, ni frontières,‎ 2013, 331 p.

Liens externes[modifier | modifier le code]