Michel Henry

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Michel Henry

Naissance 10 janvier 1922
Haiphong (Viêt Nam)
Décès 3 juillet 2002 (à 80 ans)
Albi (France)
Nationalité Drapeau de la France France
Profession

Michel Henry est un philosophe et un romancier français né le 10 janvier 1922 à Haiphong (Viêt Nam) et mort le 3 juillet 2002 à Albi (France).

Vie et œuvre[modifier | modifier le code]

Biographie[modifier | modifier le code]

Michel Henry a vécu au Viêt Nam jusqu’à l’âge de 7 ans ; alors qu'il n'avait que dix-sept jours, il y a perdu son père commandant dans la marine, à cause d'un accident de voiture. Il s’est ensuite installé en France avec sa mère et a fait ses études à Paris[1]. En juin 1943, il s’engage dans la Résistance et il rejoint le maquis du Haut Jura sous le nom de code de Kant, et devra redescendre de la montagne pour accomplir ses missions dans Lyon occupé par les Allemands et quadrillé par les nazis, une expérience de la clandestinité qui va profondément marquer sa philosophie[2].

À l’issue de la guerre, il passe l’agrégation de philosophie, puis se consacre à la préparation d’une thèse sous la direction de Jean Hyppolite, Jean Wahl, Paul Ricœur, Ferdinand Alquié et Henri Gouhier. Il a consacré une dizaine d'années à la rédaction de sa thèse principale sur L’essence de la manifestation, qui a été publiée en 1963, et dans laquelle il a cherché à surmonter l’ignorance de la vie telle que chacun l’éprouve[3]. La rédaction de sa thèse secondaire, intitulée Philosophie et phénoménologie du corps a été terminée dès 1950, mais publiée seulement en 1965.

Michel Henry a été, à partir de 1960, professeur de philosophie à l’Université de Montpellier où il a patiemment édifié son œuvre à l’écart des modes philosophiques et loin des idéologies dominantes[4],[5]. Le sujet unique de sa philosophie, c’est la subjectivité vivante, c’est-à-dire la vie réelle des individus vivants, cette vie qui traverse toute son œuvre et qui en assure l'unité en dépit de la diversité des thèmes abordés[6].

Son roman L'Amour les yeux fermés a obtenu le prix Renaudot en 1976.

Une phénoménologie de la vie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Phénoménologie de la vie.

Le travail de Michel Henry est fondé sur la phénoménologie, qui est la science du phénomène. Le mot français "phénomène" vient du grec "phainomenon" qui désigne « ce qui se montre en venant dans la lumière »[7]. L'objet de la phénoménologie n’est cependant pas ce qui apparaît, telle chose ou tel phénomène particulier, mais l'acte même d'apparaître[8]. Sa réflexion le conduit au renversement de la phénoménologie de Husserl, qui ne connaîtrait comme phénomène que l'apparaître du monde, c'est-à-dire l'extériorité. Michel Henry oppose à cette conception de la phénoménalité une phénoménologie radicale de la vie[9].

Michel Henry définit la vie d'un point de vue phénoménologique comme ce qui possède la faculté et le pouvoir de « se sentir et de s'éprouver soi-même en tout point de son être »[10]. Pour lui, la vie est essentiellement force et affect, elle est par essence invisible, elle consiste en une pure épreuve de soi qui oscille en permanence entre la souffrance et la joie, elle est un passage toujours recommencé de la souffrance à la joie[11]. La pensée n'est pour lui qu'un mode de la vie car ce n’est pas la pensée qui nous donne accès à la vie, mais c’est la vie qui permet à la pensée d’accéder à soi[12].

La vie ne se voit pas de l’extérieur, elle n’apparaît jamais dans l’extériorité du monde. La vie se sent et s’éprouve elle-même dans son intériorité invisible et dans son immanence radicale. Dans le monde nous ne voyons jamais la vie elle-même, mais seulement des êtres vivants ou des organismes vivants, nous ne pouvons pas voir la vie en eux[13]. De même qu’il est impossible de voir l’âme d’autrui avec nos yeux ou de l’apercevoir au bout de notre scalpel.

La vie n’est pas son propre fondement, nous ne nous sommes pas apportés nous-mêmes et par nos propres moyens dans la condition de vivant, la vie nous est donnée en permanence sans que nous n’y soyons pour rien. Nul ne s'est jamais donné la vie. Nous subissons la vie dans une passivité radicale, nous sommes réduits à la supporter à chaque instant comme ce que nous n’avons pas voulu, c’est cette passivité radicale de la vie qui est le fondement et la cause de la souffrance[14],[15]. Dans le même temps, le simple fait de vivre, d’être vivant et de se sentir soi-même plutôt que de n’être rien et de ne pas exister est déjà la plus grande joie et le plus grand des bonheurs. La souffrance et la joie appartiennent à l’essence de la vie, elles sont les deux tonalités affectives fondamentales de sa manifestation et de son auto-révélation pathétique[16].

Pour Michel Henry, la vie n’est pas une substance universelle, aveugle, impersonnelle et abstraite, elle est nécessairement la vie personnelle et concrète d’un individu vivant, elle porte en elle une ipséité qui lui est consubstantielle et qui désigne le fait d’être soi-même, le fait d’être un Soi[17]. Qu’il s’agisse de la vie personnelle et finie des hommes, ou de la vie personnelle et infinie de Dieu.

Des informations complémentaires sur cette conception phénoménologique de la vie peuvent être trouvées dans les articles sur la phénoménologie de la vie et sur la philosophie de la vie.

Une théorie de la subjectivité[modifier | modifier le code]

Alors que la question de l'être reprenait de l'importance en France dans la postérité de Heidegger, et que la question du sujet était relancée, Michel Henry a combiné ces apports pour produire son système philosophique. Le concept de vie en est le socle, principe indéductible, et donc l'essence de toute vérité selon Henry. La vie échapperait ainsi par essence à toute mise à distance, à toute transcendance, confondant dans l'unité d'une épreuve la puissance spéculative d'un principe et la présence matérielle d'une expérience.

La vie à travers ses multiples manifestations focalise toutes les préoccupations de la pensée de Henry. La phénoménologie atteindrait ainsi ses limites, puisque la texture même du phénoménal nous renvoie sans cesse à l'effectivité de la vie, qu'elle nécessite à titre de condition. C'est le sens du titre de l'ouvrage principal de Michel Henry, L'essence de la manifestation : le monde ne se déploie que devant un sujet, qui ne découvre cet espace d'extériorité que parce qu'il est d'abord en relation de passivité à l'égard de lui-même, comme vivant.

Deux modes de manifestation[modifier | modifier le code]

Il existe selon Michel Henry deux modes de manifestation des phénomènes qui sont deux façons d’apparaître : l’extériorité qui est le mode de manifestation du monde visible, et l’intériorité phénoménologique qui est le mode de manifestation de la vie invisible[18]. Notre corps par exemple nous est donné de l’intérieur dans la vie ce qui nous permet par exemple de bouger notre main ou de la sentir, et il nous apparaît également de l’extérieur comme n’importe quel autre objet que l’on peut voir dans le monde[19].

L’invisible dont il est question ici ne correspond pas à ce qui est trop petit pour être vu à l’œil nu ou à des rayonnements auxquels l'œil n’est pas sensible, mais à cette vie à jamais invisible parce qu’elle est radicalement immanente et qu’elle n’apparaît jamais dans l’extériorité du monde : personne n’a jamais vu une force, une pensée ou un sentiment dans leur réalité intérieure apparaître dans le monde, personne ne les a jamais trouvés en creusant les couches d’argile du sol[20].

Certaines de ses affirmations semblent à première vue paradoxales et difficiles à comprendre, non seulement parce qu’elles sont extraites de leur contexte, mais surtout à cause de nos habitudes de pensée qui nous conduisent à réduire toute chose à son apparence visible dans le monde au lieu de chercher à atteindre sa réalité invisible dans la vie. C’est cette séparation entre l’apparence visible et la réalité invisible qui permet la dissimulation de nos véritables sentiments et qui fonde la possibilité de la feinte et de l’hypocrisie qui sont des formes de mensonges[21].

L’originalité de sa pensée[modifier | modifier le code]

Toute la philosophie occidentale depuis ses origines grecques ne reconnaît selon Michel Henry que le monde visible et l’extériorité comme seul mode de manifestation. La philosophie occidentale est selon lui enfermée dans ce qu'il appelle dans l’Essence de la manifestation le « monisme ontologique » ; elle ignore complètement l’intériorité invisible de la vie, son immanence radicale et son mode de révélation originaire qui est irréductible à toute forme de transcendance et à toute extériorité[22]. Lorsqu’il est question de la subjectivité ou de la vie, celles-ci ne sont jamais saisies dans leur pureté, elles sont systématiquement ramenées à la vie biologique, à leur rapport extérieur au monde, ou comme chez Husserl à une intentionnalité c’est-à-dire à une orientation de la conscience vers un objet qui lui est extérieur[23].

Michel Henry rejette le matérialisme, qui n’admet comme réalité que la matière, puisque la manifestation de la matière dans la transcendance du monde présuppose constamment la révélation de la vie à elle-même, que ce soit pour y accéder, pour pouvoir la voir ou pour pouvoir la toucher. Il rejette également l’idéalisme, qui ramène l’être à la pensée et qui est incapable par principe de saisir la réalité de l’être qu’il réduit à une image irréelle, à une simple représentation. Pour Michel Henry, la révélation de l’absolu réside dans l’affectivité et se trouve constituée par elle[24].

La profonde originalité de la pensée de Michel Henry et sa nouveauté radicale par rapport à toute philosophie antérieure explique la réception assez limitée de sa philosophie, une philosophie pourtant "admirée" par les spécialistes pour "sa rigueur" et pour "sa profondeur"[25],[26],[27],[28]. Mais il s’agit d’une pensée à la fois "difficile" et "exigeante", même si le thème central et unique de la vie phénoménologique dont elle cherche à communiquer l’expérience est ce qu’il y a de plus simple et de plus immédiat[29]. Une immédiateté et une transparence absolue de la vie qui explique la difficulté de la saisir au moyen d’une pensée : il est beaucoup plus facile de parler de ce que l’on voit que de cette vie invisible qui échappe par principe à tout regard extérieur[30],[31].

La réception de sa philosophie[modifier | modifier le code]

Sa thèse sur L’Essence de la manifestation a été accueillie chaleureusement par les membres du jury qui ont reconnu la valeur intellectuelle et le sérieux de son auteur, pourtant cette thèse n’a guère eu d’influence sur leurs travaux ultérieurs[32]. Son ouvrage sur Marx a été rejeté par les marxistes qui étaient durement critiqués, comme par ceux qui refusaient de voir en Marx un philosophe et qui le réduisaient à un idéologue responsable du marxisme[33]. Son livre sur La barbarie a été considéré par certains comme un discours anti-scientifique un peu simpliste et trop tranchant.

Quant à ses ouvrages sur le christianisme, ils semblent avoir plutôt déçu certains théologiens professionnels et exégètes catholiques qui se sont contentés de relever et de corriger ce qu’ils considéraient comme des « erreurs dogmatiques »[34]. Sa phénoménologie de la Vie a fait l’objet d’un pamphlet dans Le tournant théologique de la phénoménologie française de la part de Dominique Janicaud qui ne voit dans l’immanence de la vie que l’affirmation d’une intériorité tautologique[35]. En revanche, Antoine Vidalin a publié un livre intitulé La parole de la Vie dans lequel il avance que la phénoménologie de Michel Henry permet une approche renouvelée de tous les domaines de la théologie[36].

Comme le dit Alain David dans un article paru dans la Revue philosophique de la France et de l'étranger (numéro 3 de juillet - septembre 2001)[37], la pensée de Michel Henry semble trop radicale, elle change trop profondément les habitudes de penser, sa réception se fait difficilement, même si tous ses lecteurs se disent impressionnés par sa « puissance », par « l’effet sidérant » d’une pensée qui « déblaye tout sur son passage », qui « provoque l’admiration » et qui pourtant « n’emporte pas la conviction ». Car on ne sait pas si l’on est confronté à « la violence d’une parole prophétique ou à une pure folie »[38]. Rolf Kühn affirme également dans cette même revue, pour expliquer la difficile réception de l’œuvre de Michel Henry, que « si l’on ne pactise avec aucun pouvoir de ce monde, on se soumet inévitablement au silence et aux critiques de tous les pouvoirs possibles, puisqu’on rappelle à toute institution que son pouvoir visible ou apparent n’est, en somme qu’une impuissance, car personne ne s’apporte lui-même dans la vie phénoménologique absolue »[39].

Ses ouvrages ont fait l’objet de nombreuses traductions, notamment en anglais, en allemand, en espagnol, en italien, en portugais et en japonais. Un nombre important d’ouvrages lui ont été consacrés, surtout en français, mais aussi en allemand, en espagnol et en italien. Plusieurs colloques internationaux ont également été consacrés à la pensée de Michel Henry à Beyrouth, Cerisy, Namur, Prague, Montpellier, Paris et Louvain-la-Neuve en 2010 [40]. Michel Henry est considéré par ceux qui connaissent son œuvre et qui en reconnaissent la valeur comme l’un des philosophes contemporains les plus importants [41],[42],[43], et sa phénoménologie de la vie commence à « faire école »[44]. Un Centre d’études Michel Henry a été créé à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth sous la direction du Professeur Jad Hatem.

Depuis 2006, les archives du philosophe ont été déposées par son épouse à l'Université catholique de Louvain, où elles forment désormais le Fonds d'archives Michel Henry, placé sous la direction du Professeur Jean Leclercq. Une publication annuelle, intitulée Revue internationale Michel Henry, est également éditée par ce fonds en collaboration avec les Presses universitaires de Louvain depuis l'année 2010.

Une lettre d'information henryenne, intitulée La gazette d'Aliahova (en référence à la ville d'Aliahova décrite dans le roman de Michel Henry L'Amour les yeux fermés), est publiée chaque mois par Roland Vaschalde depuis 2010. Cette publication permet de se tenir informé régulièrement des articles, des livres, des cours, des colloques et des rencontres autour de la pensée de Michel Henry.

Quelques aperçus de sa philosophie[modifier | modifier le code]

Sur les problèmes de société[modifier | modifier le code]

Marx[modifier | modifier le code]

Michel Henry a fait un travail important sur Karl Marx, qu’il considère paradoxalement comme l'un des premiers penseurs chrétiens et comme l’un des plus grands philosophes de l’Occident[45],[46] du fait de l'importance qu'il accorde dans sa pensée au travail vivant et à l'individu vivant - la praxis - en lequel il voit le fondement de la réalité économique[47]. La raison pour laquelle la véritable pensée de Marx a été si mal comprise et si mal interprétée tient à l’ignorance complète des écrits philosophiques fondamentaux de cet auteur dans la constitution de la doctrine officielle du marxisme du fait de leur publication très tardive, par exemple en 1932 seulement pour L’idéologie allemande[48]. Mais l’ignorance des textes philosophiques de Marx trouve sa raison profonde dans la négation de la subjectivité opérée par le marxisme et ce, dès sa naissance, car le marxisme n’est autre que la répétition de l'hégélianisme, philosophie de l’objectivité réductrice de l’individu au devenir effectif de l’absolu tel que l'entend Hegel et à sa manifestation dans le milieu de lumière de l’extériorité ek-statique[49]. Ce travail sur Marx a été publié en deux tomes intitulés respectivement Marx I. Une philosophie de la réalité et Marx II. Une philosophie de l’économie.

La barbarie[modifier | modifier le code]

Dans son essai sur La barbarie, Michel Henry s’interroge sur la science, qui se fonde sur l’idée d’une vérité universelle et comme telle objective et qui conduit donc à l’élimination des qualités sensibles du monde, à l'élimination de la sensibilité et de la vie[50]. La science n’est pas mauvaise en soi aussi longtemps qu’elle se borne à étudier la nature, mais elle tend à exclure toutes les formes traditionnelles de culture, à savoir l’art, l’éthique et la religion[51]. La science livrée à elle-même conduit à la technique dont les processus aveugles se développent d’eux-mêmes de façon monstrueuse sans référence à la vie[52].

La science est une forme de culture dans laquelle la vie se nie elle-même et se refuse toute valeur, elle est une négation pratique de la vie[53], qui se prolonge dans une négation théorique sous la forme de toutes les idéologies qui ramènent tout savoir possible à celui de la science, à savoir les sciences humaines dont l’objectivité même les prive de leur objet : que valent des statistiques face au suicide, que disent-elles du désespoir dont il procède[54] ? Ces idéologies ont envahi l’université et la précipitent vers sa destruction par l’élimination de la vie de ses recherches et de son enseignement[55]. La télévision est la vérité de la technique, elle est la pratique par excellence de la barbarie, elle réduit tout événement à l’actualité, à des faits incohérents et insignifiants[56].

Cette négation de la vie résulte selon Michel Henry de la « maladie de la vie », de son secret mécontentement de soi qui la conduit à se nier elle-même, à se fuir elle-même pour fuir son angoisse et sa propre souffrance[51]. Dans le monde moderne, nous sommes presque tous condamnés dès notre enfance à fuir notre angoisse et notre propre vie dans la médiocrité de l’univers médiatique, une fuite de soi et un mécontentement qui conduisent à la violence, au lieu de recourir aux formes traditionnelles les plus élaborées de la culture qui permettaient le dépassement de cette souffrance et sa transformation en joie[57]. La culture subsiste malgré tout, mais dans une sorte d’incognito, elle est vouée à la clandestinité dans notre société matérialiste qui est en train de sombrer dans la barbarie[58].

Du communisme au capitalisme[modifier | modifier le code]

Le communisme et le capitalisme ne sont pour Michel Henry que les deux visages d’une même mort, qui consiste en une même négation de la vie[59]. Le communisme élimine la vie individuelle au profit d’abstractions universelles comme la société, le peuple, l’histoire ou les classes sociales[60]. La dogmatisation du Marxisme est une forme de fascisme, c’est-à-dire une doctrine qui procède de l’abaissement de l’individu dont elle considère l’élimination comme légitime[61]. Tandis que le capitalisme substitue des entités économiques telles que l’argent, le profit ou l’intérêt aux besoins véritables de la vie[62]. Le capitalisme reconnaît cependant la vie comme source de la valeur, le salaire étant la représentation objective du travail réel subjectif et vivant[63]. Mais le capitalisme cède progressivement la place à l’exclusion de la subjectivité par la technique moderne, qui remplace le travail vivant par des processus techniques automatisés, éliminant du même coup le pouvoir de créer de la valeur et ainsi la valeur elle-même : les biens sont produits en abondance, mais le chômage augmente et l’argent manque constamment pour les acheter[64]. Ces thèmes sont développés dans son livre Du communisme au capitalisme, théorie d’une catastrophe.

Le livre des Morts[modifier | modifier le code]

Le prochain livre qu’il projetait d’écrire devait s’intituler Le Livre des Morts et devait traiter de ce qu’il appelait la "subjectivité clandestine". Un thème qui évoque la condition de la vie dans le monde moderne et qui fait aussi allusion à son engagement dans la Résistance et à son expérience personnelle de la clandestinité[65].

Sur l’art et la peinture[modifier | modifier le code]

Michel Henry s'est beaucoup intéressé à la peinture ancienne et à la grande peinture classique qui précède la figuration scientiste des XVIIIe siècle et XIXe siècle, mais aussi à des créations abstraites comme celles du peintre Vassily Kandinsky[66]. Michel Henry lui a consacré un livre intitulé Voir l’invisible, sur Kandinsky où il décrit son œuvre en des termes admiratifs qui traduisent son émerveillement[67]. Il analyse dans cet ouvrage les écrits théoriques de Kandinsky sur l’art et sur la peinture dans leur dimension spirituelle et culturelle comme moyen d’accroissement de soi et d’affinement de la sensibilité du spectateur[68]. Il explore les moyens de la peinture que sont les formes et les couleurs, il étudie leurs effets sur la vie intérieure de celui qui les regarde émerveillé en suivant les analyses rigoureuses et presque phénoménologiques qu’en propose Kandinsky[69]. Il explique que toute forme de peinture susceptible de nous émouvoir est en réalité abstraite, c’est-à-dire qu’elle ne se contente pas de reproduire le monde, mais cherche à exprimer cette "force invisible" et cette "vie invisible" que nous sommes selon lui[70]. Il évoque aussi la grande pensée de Kandinsky qui est la synthèse des arts, leur unité dans l’art monumental ainsi que la dimension cosmique de l’art[71].

Sur le christianisme[modifier | modifier le code]

C’est moi la Vérité[modifier | modifier le code]

Dans C’est moi la Vérité, pour une philosophie du christianisme, Michel Henry confronte sa phénoménologie de la vie aux textes fondateurs du christianisme : la Vie s’aime elle-même d’un amour infini et ne cesse de s’engendrer elle-même, elle ne cesse d’engendrer chacun de nous comme son Fils ou sa Fille bien-aimés dans le présent éternel de la vie. La Vie n’est pas autre chose que cet absolu d’amour que la religion appelle Dieu[72]. C’est pourquoi la Vie est sacrée et c’est pour cela que personne n’a le droit d’agresser autrui ou de porter atteinte à sa vie[73]. Le problème du mal est celui de la mort, c'est-à-dire de la dégénérescence de cette condition originelle de Fils de Dieu, lorsque la vie se retourne contre elle-même dans la haine ou le ressentiment. Car comme le dit Jean dans sa première épître, celui qui n'aime pas demeure dans la mort tandis que quiconque aime est né de Dieu[74]. Le commandement d’aimer n’est pas une loi éthique, mais la Vie elle-même[75].

Cet ouvrage propose également une phénoménologie du Christ, qui est compris comme étant le Premier Vivant. Le vivant est simplement ce qui parvient en soi dans cette pure révélation de soi ou auto-révélation qu’est la Vie. C’est sous la forme d’une Ipséité effective et singulière que la Vie ne cesse de s’engendrer elle-même. Elle ne cesse d’advenir sous la forme d’un Soi singulier qui s’étreint lui-même, qui s’éprouve lui-même et qui jouit de soi, et que Michel Henry appelle le Premier Vivant. Ou encore l’Archi-Fils puisqu’il habite l’Origine et le Commencement lui-même, et qu’il est engendré dans le procès même dans lequel le Père s’engendre lui-même[76].

Michel Henry nous explique dans ce livre que le but de la venue du Christ dans le monde est de rendre le Père véritable manifeste aux hommes, et ainsi de les sauver de l’oubli de la Vie dans lequel ils se tiennent[77]. Un oubli qui les conduit selon lui à se croire faussement à l’origine de leurs propres pouvoirs, de leurs propres plaisirs et de leurs propres sentiments, et à vivre dans le manque terrifiant de ce qui donne pourtant chaque ego à lui-même. La plénitude de la vie et le sentiment de satisfaction qu’elle apporte selon lui cèderait alors la place à la grande Déchirure, au Désir qu’aucun objet ne peut combler, à la Faim que rien ne peut apaiser[78].

Paroles du Christ[modifier | modifier le code]

Comme il le dit dans son dernier livre Paroles du Christ, c’est dans le cœur que parle la vie, dans son auto-révélation pathétique immédiate, mais ce cœur est aveugle à la Vérité, il est sourd à la parole de Vie, il est dur et égoïste, et c’est de lui que vient le mal[79]. C’est dans la violence de son auto-révélation silencieuse et implacable, qui porte témoignage contre cette vie dégénérée et contre le mal qui en provient, que se tient le Jugement qui est identique à la venue de chaque Soi en lui-même et auquel nul ne peut échapper[80].

Incarnation[modifier | modifier le code]

Dans son livre Incarnation, une philosophie de la chair, Michel Henry commence par opposer la chair vivante et sensible, telle que nous l’éprouvons en permanence de l’intérieur, au corps matériel et inerte, tel que nous pouvons le voir de l’extérieur, semblable aux autres objets que l’on trouve dans le monde[81]. La chair ne correspond pas du tout dans sa terminologie à la partie molle de notre corps matériel et objectif, par opposition aux os par exemple, mais à ce qu’il appelait dans ses livres antérieurs notre corps subjectif[82]. Pour Michel Henry, un objet ne possède pas d’intériorité, il n’est pas vivant, il ne se sent pas lui-même et ne sent pas qu’on le touche, il ne fait pas l’expérience subjective d’être touché.

Après avoir situé le problème difficile de l’incarnation dans une perspective historique en remontant à la pensée des Pères de l'Église, il fait dans cet ouvrage une relecture critique de la tradition phénoménologique qui aboutit au renversement de la phénoménologie[9]. Il propose ensuite d’élaborer une phénoménologie de la chair qui conduit à la notion de chair originaire non constituée mais donnée dans l’archi-révélation de la Vie, ainsi qu’une phénoménologie de l’Incarnation.

Michel Henry affirme dans cet ouvrage que bien qu’elle soit traditionnellement comprise comme le siège du péché, la chair est aussi pour le christianisme le lieu du salut, qui consiste en la déification de l’homme, c’est-à-dire dans le fait de devenir Fils de Dieu, de revenir à la Vie éternelle et de renaître à la Vie absolue que nous avions oubliée en nous perdant dans le monde, en ne nous souciant que des choses et de nous-mêmes[83],[84]. Dans la faute, affirme-t-il, nous faisons l’expérience tragique de notre impuissance à faire le bien que l’on voudrait faire et de notre incapacité à éviter le mal[85]. Ainsi face au corps magique de l’autre, c’est le désir angoissé de rejoindre la vie en lui qui conduit à la faute[86]. Dans la nuit des amants, l’acte sexuel accouple deux mouvements pulsionnels, mais le désir érotique échoue selon lui dans le désir d’atteindre le plaisir de l’autre là où il est éprouvé, dans une fusion amoureuse totale[87]. La relation érotique se double cependant d’après lui d’une relation affective pure, étrangère à l’accouplement charnel, une relation faite de reconnaissance réciproque ou d’amour[88]. C’est cette dimension affective qui est niée selon lui dans cette forme de violence qu'est la pornographie, qui arrache la relation érotique au pathos de la vie pour la livrer au monde, et qui consiste en une véritable profanation de la vie[89].

Sur la psychanalyse[modifier | modifier le code]

Michel Henry a fait une étude de la genèse historique et philosophique de la psychanalyse à la lumière de la phénoménologie de la vie dans son livre Généalogie de la psychanalyse, le commencement perdu, dans lequel il montre que la notion freudienne d’inconscient résulte de l’incapacité de Freud, son fondateur, à penser l’essence de la vie dans sa pureté[90]. La représentation refoulée n’est pas de l’inconscient, elle n’est simplement pas formée[91] : l’inconscient n’est qu’une représentation vide, il n’existe pas, ou plutôt le véritable inconscient, c’est la vie elle-même dans sa réalité pathétique[92]. Et ce n’est pas le refoulement qui provoque l’angoisse, dont l’existence tient au seul fait de pouvoir, mais l’énergie psychique ou la libido inemployée[93]. Quant à la notion de conscience, elle signifie simplement le pouvoir de voir, elle n’est qu’une conscience d’objet qui conduit à une subjectivité vide[94].

Description de quelques livres[modifier | modifier le code]

Sur les problèmes de société[modifier | modifier le code]

  • La barbarie : La culture, qui est l'auto-développement de la vie, est menacée dans notre société par la barbarie de l’objectivité monstrueuse de la technoscience, dont les idéologies rejettent toute forme de subjectivité, tandis que la vie est condamnée à fuir son angoisse dans l'univers médiatique[95].
  • Du communisme au capitalisme, théorie d'une catastrophe : L'effondrement des régimes communistes de l'Est correspond à la faillite d'un système qui prétendait nier la réalité de la vie au profit d'abstractions faussement universelles. Mais la mort est aussi au rendez-vous dans l'empire du capitalisme et de la technique moderne[96].

Sur l'art et la peinture[modifier | modifier le code]

  • Voir l'invisible, sur Kandinsky : L'art peut sauver de son désarroi l'homme abandonné de notre civilisation technique, et lui permettre de se retrouver lui-même. C’est cette quête spirituelle qui a conduit Kandinsky à la création de la peinture abstraite. Il ne s'agit plus de représenter le monde mais notre vie intérieure, au moyen de lignes et de couleurs qui correspondent à des forces et à des sonorités intérieures[97].

Sur le christianisme[modifier | modifier le code]

  • C'est moi la Vérité, pour une philosophie du christianisme : Ce livre met en évidence le genre de vérité que le christianisme cherche à transmettre aux hommes. Le christianisme oppose à la vérité du monde la Vérité de la Vie, selon laquelle l'homme est le Fils de Dieu. L'autorévélation de la Vie qui s'éprouve elle-même dans son intériorité invisible est l'essence de Dieu qui fonde tout individu. Dans le monde, Jésus a l'apparence d'un homme, mais c'est dans la Vérité de la Vie qu’il est le Christ, le Premier Vivant[98].
  • Incarnation, une philosophie de la chair : La chair vivante s’oppose radicalement au corps matériel. Car c'est la chair qui, s'éprouvant soi-même, jouissant de soi selon des impressions toujours renaissantes, est capable de sentir le corps qui lui est extérieur, de le toucher et d'être touchée par lui. C'est la chair qui nous permet de connaître le corps. La parole fondamentale du prologue de l’Évangile de Jean, qui dit que le Verbe s’est fait chair, affirme cette thèse invraisemblable que Dieu s’est incarné dans une chair mortelle semblable à la nôtre, elle affirme l’unité du Verbe et de la chair dans le Christ. Qu’est-ce que la chair pour être le lieu de la révélation de Dieu, et en quoi consiste cette révélation[99] ?
  • Paroles du Christ : L'homme peut-il entendre dans son propre langage la parole de Dieu, une parole qui parle dans un autre langage que le sien ? Les paroles du Christ semblent à beaucoup d’une prétention démesurée car elles ne prétendent pas seulement transmettre la vérité ou une révélation divine, mais être elle-même cette Révélation et cette Vérité, la Parole de Dieu lui-même, de ce Dieu que le Christ dit être lui-même[100].

Thème de ses romans[modifier | modifier le code]

  • Le Jeune Officier : Ce premier roman de Michel Henry évoque la lutte d’un jeune officier contre le mal incarné par des rats sur un navire.
  • L'Amour les yeux fermés : Ce roman qui a obtenu le prix Renaudot est le récit de la destruction d’une ville arrivée au sommet de son développement et son raffinement et qui est atteinte par un mal insidieux.
  • Le Fils du roi : Ce livre est l’histoire de la vie enfermée dans un hôpital psychiatrique et confrontée à la rationalité des psychiatres.
  • Le Cadavre indiscret : Dans ce roman, Michel Henry nous raconte l’inquiétude des assassins du trésorier occulte et trop honnête d’un parti politique, qui financent une enquête pour savoir ce que l’on sait vraiment d’eux et pour se rassurer.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Œuvres philosophiques[modifier | modifier le code]

  • L’Essence de la manifestation, PUF, collection "Epiméthée", 1963, et réédition 1990
  • Philosophie et Phénoménologie du corps, PUF, collection "Epiméthée", 1965, et réédition 1987
  • Marx :
    • I. Une philosophie de la réalité, Gallimard, 1976, et collection "Tel", 1991
    • II. Une philosophie de l’économie, Gallimard, 1976, et collection "Tel", 1991
  • Généalogie de la psychanalyse. Le commencement perdu, PUF, collection "Epiméthée", 1985
  • La Barbarie, Grasset, 1987, et collection "Biblio Essais", 1988, PUF, collection "Quadridge", 2001
  • Voir l’invisible, sur Kandinsky, Bourin-Julliard, 1988, PUF, collection "Quadridge", 2005, 2010
  • Phénoménologie matérielle, PUF, collection "Epiméthée", 1990
  • Du communisme au capitalisme. Théorie d'une catastrophe, Odile Jacob, 1990, et Éditions l'Age d'Homme, 2008
  • C'est moi la Vérité. Pour une philosophie du christianisme, Éditions du Seuil, 1996
  • Incarnation. Une philosophie de la chair, Éditions du Seuil, 2000
  • Paroles du Christ, Éditions du Seuil, 2002

Ouvrages posthumes[modifier | modifier le code]

  • Auto-donation. Entretiens et conférences, Éditions Prétentaine, 2002, réédition Beauchesne, 2004
  • Le bonheur de Spinoza, PUF, collection "Epiméthée", 2003
  • Phénoménologie de la vie :
    • Tome I. De la phénoménologie, PUF, collection "Epiméthée", 2003
    • Tome II. De la subjectivité, PUF, collection "Epiméthée", 2003
    • Tome III. De l’art et du politique, PUF, collection "Epiméthée", 2003
    • Tome IV. Sur l’éthique et la religion, PUF, collection "Epiméthée", 2004
  • Entretiens, Éditions Sulliver, 2005
  • Le socialisme selon Marx, Éditions Sulliver, 2008
  • Pour une phénoménologie de la vie - entretien avec Olivier Salazar-Ferrer, suivi de Perspectives sur la phénoménologie matérielle par Grégori Jean & Jean Leclercq, Editions de Corlevour[101], 2010.

Œuvres littéraires[modifier | modifier le code]

  • Le Jeune Officier, Gallimard, 1954
  • L'Amour les yeux fermés, Prix Renaudot, Gallimard, 1976, et collection "Folio", 1982
  • Le Fils du roi, Gallimard, 1981
  • Le Cadavre indiscret, Albin Michel, 1996

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. 'Biographie' du site officiel de Michel Henry
  2. Jean-Marie Brohm et Jean Leclercq, Michel Henry, éd. l’Age d’Homme, Les dossiers H, 2009 (pp. 12-15)
  3. Jean-Marie Brohm et Jean Leclercq, Michel Henry, éd. l’Age d’Homme, Les dossiers H, 2009 (pp. 21-26)
  4. Jean-Marie Brohm et Jean Leclercq, Michel Henry, éd. l’Age d’Homme, Les dossiers H, 2009 (pp. 27–50)
  5. Paul Audi, Michel Henry, Les belles lettres, 2006, p. 22 : « Michel Henry fait partie de ces très rares philosophes qui, dans la seconde moitié du siècle dernier, se sont frayé leurs voies propres à l'écart des modes contemporaines. »
  6. Jean-Marie Brohm et Jean Leclercq, Michel Henry, éd. l’Age d’Homme, Les dossiers H, 2009 (pp. 5-6)
  7. Michel Henry, Incarnation, éd. du Seuil, 2000 (§ 1, p. 35)
  8. Michel Henry, Incarnation, éd. du Seuil, 2000 (§ 1, pp. 35-36)
  9. a et b Michel Henry, Incarnation, éd. du Seuil, 2000 (§ 1-15, pp. 35-132)
  10. Voir par exemple Michel Henry, La barbarie, éd. Grasset, 1987 (§ 1, p. 15)
  11. Voir par exemple Michel Henry, L'essence de la manifestation, PUF, 1963 (§ 52-70)
  12. Michel Henry, Incarnation, éd. du Seuil, 2000 (§ 15, p. 129)
  13. Michel Henry, C'est moi la Vérité, éd. du Seuil, 1996 (§ 3, pp. 46-64)
  14. Michel Henry, L'essence de la manifestation, PUF, 1963 (§ 53)
  15. Michel Henry, La barbarie, éd. Grasset, 1987 (§ 4, pp. 126-128)
  16. Michel Henry, L'essence de la manifestation, PUF, 1963 (§ 70)
  17. Michel Henry, Incarnation, éd. du Seuil, 2000 (Introduction, p. 29)
  18. Voir par exemple la conclusion de L'Essence de la manifestation, PUF, 1963 (§ 70, p. 860)
  19. Michel Henry, Voir l’invisible, éd. François Bourin, 1988 (pp. 14-18)
  20. Michel Henry, Incarnation, éd. du Seuil, 2000 (Introduction, p. 27)
  21. Michel Henry, C'est moi la Vérité, éd. du Seuil, 1996 (p. 16, pp. 218-222 et p. 301)
  22. Voir Michel Henry, L'essence de la manifestation, PUF, 1963 (§ 11, p. 91)
  23. Michel Henry, C'est moi la Vérité, éd. du Seuil, 1996 (§ 3, pp. 46-70)
  24. Voir Michel Henry, L'essence de la manifestation, PUF, 1963 (§ 70, p. 858)
  25. Voir par exemple l’article de Xavier Tillette dans Manifestation et révélation, éd. Beauchesne, 1976, pp. 207-236 : « Accueilli dès sa parution comme un grand livre, admiré de ses juges, l'ouvrage de Michel Henry, L'Essence de la Manifestation reste, dix ans après, le chef-d’œuvre inconnu. On ne s'explique que trop bien, hélas, cette désaffection. Sa rigueur et son abstraction, comme un rempart protecteur, écartent le lecteur insuffisamment armé, décourageant le simple curieux ou l'amateur pressé. En outre il est indifférent au succès et aux modes, il ne se rattache à aucune école patentée, il n'appartient à aucun mouvement en vogue. » (p. 207) et « Si toutefois l'impression de solitude persiste et le tourmente, surtout la solitude qui provient de l'indifférence environnante, puisse-t-il se consoler avec sa fière maxime retournée : "Plus une pensée est profonde et rétablit l'ordre vrai des choses, plus étroite l'audience dont elle est assurée" ! » (p.236).
  26. Pierre Gire, revue Esprit et Vie n°138, 2005, article intitulé "L'excès de la vie sur sa représentation scientifique : la perspective philosophique de Michel Henry. Pour une philosophie du sujet vivant" : "[Michel Henry] est mort le 3 juillet 2002 à Albi, laissant une œuvre d'une grande profondeur intellectuelle, très originale, d'un accès difficile, mais dont l'influence sur les générations suivantes n'est pas près de se tarir."
  27. Paul Audi, Michel Henry, Les belles lettres (2006) : "Comprendre le "Moi" et les phénomènes du monde à partir du "vivre" et de son auto-affection, tel est le vrai ressort de cette œuvre dense et rigoureuse." (page de couverture)
  28. Gabrielle Dufour-Kowalska, Michel Henry. Passion et magnificence de la vie, Beauchesne (2003) : "L'élucidation de ces différentes régions phénoménologiques n'a d'autre but, en effet, que l'approfondissement de la sphère originaire et invisible de la Vie qui les détermine toutes, déterminant aussi la téléologie générale d'une pensée qui se distingue, parmi toutes les philosophies de la seconde moitié du XXe siècle, par sa radicalité et par la profondeur de sa visée métaphysique." (p. 2)
  29. Michel Henry, Auto-donation. Entretiens et conférences, éd. Beauchesne, 2004, article de Magali Uhl et Jean-Marie Brohm, pp. 269-281 : « Conscients de la chance qui nous était offerte d’être en proximité avec cette pensée exigeante qui refusait toute concession aux modes, aux coteries, aux crédulités obligatoires, nous avons surtout mesuré à quel point Michel Henry possédait ce souffle spirituel qui est la grâce du don. Parce qu’à chacun d’entre nous, il a apporté quelque chose d’inestimable : la liberté de l’esprit, l’émerveillement continu devant les plus hautes valeurs de la culture, le refus du nihilisme. » (p. 269) et « La pensée de Michel Henry, exigeante, radicalement libre, tout entière irradiée par sa passion de la vie, est de celles qui permettent de comprendre la barbarie en ses fondements et de la combattre. » (p.281)
  30. Michel Henry, L’Essence de la manifestation, PUF, 1963 (§ 53, p. 590)
  31. Michel Henry, Philosophie et phénoménologie du corps, PUF, 1965, p. 306
  32. Revue philosophique de la France et de l’Etranger (numéro 3 de juillet - septembre 2001, p. 361)
  33. Revue philosophique de la France et de l’Etranger (numéro 3 de juillet - septembre 2001, pp. 361-362)
  34. Revue philosophique de la France et de l’Etranger (numéro 3 de juillet - septembre 2001, pp. 362-363)
  35. Dominique Janicaud, Le tournant théologique de la phénoménologie française, Editions de l’éclat, 1991, pp. 57-70.
  36. Antoine Vidalin, La Parole de la Vie, éd. Parole et silence, 2006 (pp. 11-12)
  37. Article accessible en ligne à l'adresse http://www.cairn.info/revue-philosophique-2001-3-page-359.htm
  38. Revue philosophique de la France et de l’Etranger (numéro 3 de juillet - septembre 2001, p. 363)
  39. Revue philosophique de la France et de l’Etranger (numéro 3 de juillet - septembre 2001, p. 303)
  40. Voir la rubrique 'Colloques internationaux Michel Henry' dans page 'Actualité' du site officiel de Michel Henry
  41. Gabrielle Dufour-Kowalska : Michel Henry, passion et magnificence de la vie (couverture)
  42. Jad Hatem : Michel Henry, la parole de Vie (p. 13)
  43. Collectif (Colloque international de Montpellier 2003) : Michel Henry. Pensée de la vie et culture contemporaine (p. 10)
  44. Dominique Janicaud, Le tournant théologique de la phénoménologie française, Editions de l’éclat, 1991, p. 57.
  45. Michel Henry, Marx II. Une philosophie de l'économie, éd. Gallimard, 1976, p. 445
  46. Michel Henry, Du communisme au capitalisme, éd. Odile Jacob, 1990, p. 25
  47. Michel Henry, Marx I. Une philosophie de la réalité, éd. Gallimard, 1976, pp. 193 et 207 par exemple
  48. Michel Henry, Marx I. Une philosophie de la réalité, éd. Gallimard, 1976, pp. 9-33
  49. Michel Henry, Marx I. Une philosophie de la réalité, éd. Gallimard, 1976, pp. 333-337
  50. Michel Henry, La barbarie, éd. Grasset, 1987, pp. 49 et 111
  51. a et b Michel Henry, La barbarie, éd. Grasset, 1987, p. 49
  52. Michel Henry, La barbarie, éd. Grasset, 1987, p. 70
  53. Michel Henry, La barbarie, éd. Grasset, 1987, p. 113
  54. Michel Henry, La barbarie, éd. Grasset, 1987, pp. 131-164
  55. Michel Henry, La barbarie, éd. Grasset, 1987, pp. 201-239
  56. Michel Henry, La barbarie, éd. Grasset, 1987, pp. 190-199
  57. Michel Henry, La barbarie, éd. Grasset, 1987, p. 174-183
  58. Michel Henry, La barbarie, éd. Grasset, 1987, pp. 241-247
  59. Michel Henry, Du communisme au capitalisme, éd. Odile Jacob, 1990, p. 176
  60. Michel Henry, Du communisme au capitalisme, éd. Odile Jacob, 1990, p. 52
  61. Michel Henry, Du communisme au capitalisme, éd. Odile Jacob, 1990, p. 87
  62. Michel Henry, Du communisme au capitalisme, éd. Odile Jacob, 1990, pp. 142 et 148
  63. Michel Henry, Du communisme au capitalisme, éd. Odile Jacob, 1990, p. 114
  64. Michel Henry, Du communisme au capitalisme, éd. Odile Jacob, 1990, p. 161 et 174
  65. Voir la page 'Biographie' du site officiel de Michel Henry et Auto-donation. Entretiens et conférences, p. 250
  66. Michel Henry, Auto-donation. Entretiens et conférences, éd. Beauschene, 2004, pp. 263-265.
  67. Michel Henry, Voir l'invisible, éd. François Bourin, 1988, par exemple pp. 240-244.
  68. Michel Henry, Voir l'invisible, éd. François Bourin, 1988, pp. 10-11, pp. 26-43.
  69. Michel Henry, Voir l'invisible, éd. François Bourin, 1988, pp. 81-99 pour le point et la ligne, et pp. 122-139 pour les couleurs .
  70. Michel Henry, Voir l'invisible, éd. François Bourin, 1988, pp. 216-227.
  71. Michel Henry, Voir l'invisible, éd. François Bourin, 1988, pp. 176-190 sur l'Art monumental, et pp. 228-244 sur l'Art et le Cosmos.
  72. Michel Henry, C'est moi la Vérité, éd. du Seuil, 1996 (§ 2, p. 44)
  73. Voir par exemple C'est moi la Vérité, éd. du Seuil, 1996 (§ 10) et La barbarie, éd. Grasset, 1987 (chapitre 7, p. 221)
  74. Michel Henry, C'est moi la Vérité, éd. du Seuil, 1996 (§ 9, p. 203 et § 10, p. 236), citation de 1 Jean 3, 14 et de 1 Jean 4, 7
  75. Michel Henry, C'est moi la Vérité, éd. du Seuil, 1996 (§ 10, p. 235)
  76. Michel Henry, C'est moi la Vérité, éd. du Seuil, 1996 (§ 4, pp. 73-77)
  77. Michel Henry, C'est moi la Vérité, éd. du Seuil, 1996 (§ 8, pp. 166-191)
  78. Michel Henry, C'est moi la Vérité, éd. du Seuil, 1996 (§ 11, pp. 255-260)
  79. Michel Henry, Paroles du Christ, éd. du Seuil, 2002 (pp. 122, 134)
  80. Michel Henry, Paroles du Christ, éd. du Seuil, 2002 (pp. 123-124)
  81. Michel Henry, Incarnation, éd. du Seuil, 2000 (Introduction, pp. 8-9)
  82. Michel Henry, Philosophie et phénoménologie du corps, PUF, 1987 (pp. 71-105)
  83. Michel Henry, Incarnation, éd. du Seuil, 2000 (Introduction, p. 23)
  84. Michel Henry, C'est moi la Vérité, éd. du Seuil, 1996 (§ 9, pp. 207)
  85. Michel Henry, Incarnation, éd. du Seuil, 2000 (§ 34, p. 254)
  86. Michel Henry, Incarnation, éd. du Seuil, 2000 (§ 39, p. 291)
  87. Michel Henry, Incarnation, éd. du Seuil, 2000 (§ 41, pp. 301-302)
  88. Michel Henry, Incarnation, éd. du Seuil, 2000 (§ 41, p. 304)
  89. Michel Henry, Incarnation, éd. du Seuil, 2000 (§ 43, p. 315)
  90. Michel Henry, Généalogie de la psychanalyse, PUF, 1985 (pp. 5-15 et 386)
  91. Michel Henry, Généalogie de la psychanalyse, PUF, 1985 (p. 234)
  92. Michel Henry, Généalogie de la psychanalyse, PUF, 1985 (pp. 348 et 384)
  93. Michel Henry, Généalogie de la psychanalyse, PUF, 1985 (p. 380)
  94. Michel Henry, Généalogie de la psychanalyse, PUF, 1985 (pp. 125-158)
  95. Michel Henry, La Barbarie, éd. Grasset, 1987, page de couverture.
  96. Michel Henry, Du communisme au capitalisme, éd. Odile Jacob, 1990, page de couverture.
  97. Michel Henry, Voir l’invisible, éd. François Bourin, 1988, page de couverture.
  98. Michel Henry, C'est moi la Vérité, éd. du Seuil, 1996, page de couverture.
  99. Michel Henry, Incarnation, éd. du Seuil, 2000, page de couverture.
  100. Michel Henry, Paroles du Christ, éd. du Seuil, 2002, page de couverture.
  101. Editions de Corlevour, corlevour.fr

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Monographies en français[modifier | modifier le code]

  • Gabrielle Dufour-Kowalska : Michel Henry, un philosophe de la vie et de la praxis, Vrin, 1980, réédition 2000
  • Dominique Janicaud : Le tournant théologique de la phénoménologie française, Éditions de l'éclat, 1991
  • Gabrielle Dufour-Kowalska : L’Art et la sensibilité. De Kant à Michel Henry, Vrin, 1996
  • Jad Hatem : Critique et affectivité. Rencontre de Michel Henry et de l’orient, Université Saint Joseph, Beyrouth, 2001
  • Gabrielle Dufour-Kowalska : Michel Henry, passion et magnificence de la vie, Beauchesne, 2003
  • Jad Hatem : Michel Henry, la parole de vie, L’Harmattan, 2003
  • Rolf Kühn : Radicalité et passibilité. Pour une phénoménologie pratique, L’Harmattan, 2004
  • Jad Hatem : Le sauveur et les viscères de l’être. Sur le gnosticisme et Michel Henry, L’Harmattan, 2004
  • Jad Hatem : Christ et intersubjectivité chez Marcel, Stein, Wojtyla et Henry, L’Harmattan, 2004
  • Sébastien Laoureux : L'immanence à la limite. Recherches sur la phénoménologie de Michel Henry, Éditions du Cerf, 2005
  • Jad Hatem : Théologie de l'œuvre d'art mystique et messianique. Thérèse d'Avila, Andreï Roublev, Michel Henry, Bruxelles, Lessius, 2006.
  • Antoine Vidalin : La parole de la vie. La phénoménologie de Michel Henry et l’intelligence chrétienne des Écritures, Parole et silence, 2006
  • Paul Audi : Michel Henry : Une trajectoire philosophique, Les Belles Lettres, 2006
  • Raphaël Gély : Rôles, action sociale et vie subjective. Recherches à partir de la phénoménologie de Michel Henry, Peter Lang, 2007
  • Jad Hatem : L’Art comme autobiographie de la subjectivité absolue. Schelling, Balzac, Henry, Orizons, 2009
  • Jean Reaidy : Michel Henry, la passion de naître : méditations phénoménologiques sur la naissance, Paris, L’Harmattan, 2009
  • Frédéric Seyler, Barbarie ou Culture : L’éthique de l’affectivité dans la phénoménologie de Michel Henry, Paris, éditions Kimé, Collection "Philosophie en cours", 2010
  • Antoine Vidalin, Acte du Christ et actes de l'homme. La théologie morale à l’épreuve de la phénoménologie de la vie, Parole et silence, 2012
  • Rolf Kühn, Individuation et vie culturelle. Pour une phénoménologie radicale dans la perspective de Michel Henry, Leuven, Peeters, 2012.
  • Rolf Kühn, L'abîme de l'épreuve. Phénoménologie matérielle en son archi-intelligibilité, Bruxelles, Peter Lang, 2012.
  • Raphaël Gély, Imaginaire, perception, incarnation. Exercice phénoménologique à partir de Merleau-Ponty, Henry et Sartre, Bruxelles, Peter Lang, 2012.
  • Roland Vaschalde : À l'Orient de Michel Henry, Paris, éd. Orizons, 2014.

Livres collectifs en français[modifier | modifier le code]

  • Jean-Michel Longneaux (éd.) (Actes du colloque de Namur 1999) : Retrouver la vie oubliée. Critiques et perspectives de la philosophie de Michel Henry, Presses Universitaires de Namur, 2000
  • Alain David et Jean Greisch (éd.) (Actes du Colloque de Cerisy 1996) : Michel Henry, l’épreuve de la vie, Éditions du Cerf, 2001
  • Philippe Capelle (éd.) : Phénoménologie et Christianisme chez Michel Henry, Éditions du Cerf, 2004
  • Collectif (Actes du colloque de Montpellier 2003) : Michel Henry. Pensée de la vie et culture contemporaine, Beauchesne, 2006
  • Jean-Marie Brohm et Jean Leclercq (conception et direction du dossier) : Michel Henry, Les Dossiers H, Éditions l'Age d'Homme, 2009
  • Olivier Salazar-Ferrer, Michel Henry - Pour une phénoménologie de la vie - Entretien avec Olivier Salazar-Ferrer, Editions de Corlevour, 2010
  • A. Jdey, R. Kühn (dir.), Michel Henry et l’affect de l’art. Recherches sur l’esthétique de la phénoménologie matérielle, Leiden, Brill Academic Publishers, 2011
  • Grégori Jean, Jean Leclercq, Nicolas Monseu (éd.) (Actes du colloque de Louvain-la-Neuve 2010), La vie et les vivants. (Re-)lire Michel Henry, collection Empreintes philosophiques, Presses Universitaires de Louvain, 2013
  • Grégori Jean, Jean Leclercq (éd.), Lectures de Michel Henry. Enjeux et perspectives, collection Empreintes philosophiques, Presses Universitaires de Louvain, 2014

Livres en langues étrangères[modifier | modifier le code]

  • (de) Rolf Kühn : Leiblichkeit als Lebendigkeit. Michel Henrys Lebensphänomenologie absoluter Subjektivität als Affektivität, Alber, 1992
  • (en) Dominique Janicaud, et al.: Phenomenology and the Theological Turn: The French Debate, Fordham University Press, 2001
  • (de) Rolf Kühn et Stefan Nowotny : Michel Henry. Zur Selbstentfaltung des Lebens und der Kultur, Alber, 2002
  • (es) Mario Lipsitz : Eros y Nacimiento fuera de la ontología griega : Emmanuel Levinas y Michel Henry, Prometeo, 2004
  • (it) Gioacchino Molteni : Introduzione a Michel Henry. La svolta della fenomenologia, Mimesis, 2005
  • (it) Emanuele Marini : Vita, corpo e affettività nella fenomenologia di Michel Henry, Citadella, 2005
  • (en) Michael O'Sullivan : Michel Henry: Incarnation, Barbarism and Belief – An Introduction to the work of Michel Henry, Peter Lang, 2006
  • (it) Ivano Liberati : Dalla barbarie alla vita come auto-manifestazione. La proposta fenomenologica di Michel Henry, Aracne, 2010
  • (en) Michelle Rebidoux: The Philosophy of Michel Henry: A French Christian Phenomenology of Life, Edwin Mellen Press, 2012

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]