Alphonse Boudard

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Alphonse Boudard

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Alphonse Boudard dans les années 1980.

Nom de naissance Pierre Michel Boudon
Activités romancier, scénariste
Naissance 17 décembre 1925
Paris, Drapeau de la France France
Décès 14 janvier 2000 (à 74 ans)
Nice, Drapeau de la France France
Langue d'écriture français
Genres roman policier, True crime
Distinctions Prix Renaudot
Grand prix du roman de l'Académie française

Alphonse Boudard (17 décembre 1925 à Paris - 14 janvier 2000 à Nice) est un romancier français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né d'un père inconnu et d'une mère prostituée absente[1], il est élevé dans une famille de paysans en pleine forêt d’Orléans puis récupéré à l’âge de 7 ans par sa mère qui le confie à sa grand-mère parisienne[2] ; il découvre alors le 13e arrondissement prolétaire. Après avoir obtenu son certificat d'études, il devient apprenti dans une fonderie typographique en 1941. Confronté à la Seconde Guerre mondiale, il entre dans la Résistance en rejoignant un maquis dans le centre de la France en 1943. En 1944, il participe à la Libération de Paris au sein d'un groupe FFI puis intègre les troupes du colonel Fabien dont il fait le portrait dans Le Corbillard de Jules. Il quitte les « Fabiens » et leurs trop nombreuses exactions sur des innocents, peu avant le suspect accident du colonel, pour rejoindre les commandos de France de la 1re armée du maréchal de Lattre. Blessé au combat à Colmar lors de la campagne d'Alsace, il obtient la médaille militaire. Il dénonce dans ses livres les résistants de la dernière heure acclamant Charles de Gaulle après avoir planqué le portrait de Philippe Pétain, ainsi que les épurateurs sauvages au passé « pactisant »[3].

Après la guerre, il raconte continuer à fréquenter les BMC (thème qu'il évoque dans son livre sur les maisons closes[4]), vit de petits boulots et traficote[5]. Il glisse doucement mais sûrement dans les cambriolages. Plusieurs séjours en prison et sanatorium pour soigner la tuberculose conduiront à des livres comme La Cerise et L'Hôpital. Il dit devoir sa vocation d'écrivain à Albert Paraz[6]. Son éducation littéraire se fait lorsqu'il est commis dans une librairie d'ouvrages anciens, le Carillon des siècles, et dans les bibliothèques carcérales, notamment celle de la prison de Fresnes où il est employé[7].

À partir de trente-trois ans, il se consacre à l'écriture en utilisant une langue drue, nourrie de l'argot et du langage populaire. Baptisés « romans » parce qu'il éprouve une forte crainte de choquer les familles des personnages dont il évoque les agissements scabreux et de s'exposer à des procès, ses principaux ouvrages sont néanmoins fortement autobiographiques avec quelques recours à son imagination. Il évoque ainsi un Paris populaire des années 1940 à travers ses gangsters, proxénètes, maquerelles, escrocs, prêtres pervers, etc. Il travaille pour le cinéma, écrivant notamment pour Jean Gabin quand celui-ci se brouille avec Michel Audiard, et pour la télévision, avec l'écriture et la présentation d'une série sur « Les grands criminels ». Il apparait quatre fois dans Italiques entre 1972 et 1974[8].

Son œuvre est l'une des plus importantes de la littérature française d'après-guerre. Il fait partie de cette famille d'écrivains où l'on rencontre René Fallet, Albert Simonin ou encore Antoine Blondin.

Sous le nom de Laurent Savani, il a écrit aussi un roman érotique, Les Grandes Ardeurs, publié en 1958, et qui lui valut un supplément de prison.

Il s'éteint le 14 janvier 2000 des suites d'un malaise cardiaque.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Romans[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

  • 1970 : L'argot sans peine ou la méthode à Mimile (collaboration : Luc Étienne) - La Table Ronde
  • 1975 : Manouche se met à table, Flammarion - (ISBN 9782080608109)
  • 1982 : Les enfants de chœur (nouvelles), Flammarion - (ISBN 9782080644572)
  • 1986 : La fermeture – Prix Rabelais – Robert Laffont - (ISBN 2-221-04280-8)
  • 1988 : Ma vie pleine de trous (racontée à Daniel Costelle), Plon
  • 1989 : Les grands criminels – Le Pré aux Clercs
  • 1990 : L’âge d’or des maisons closes – Albin Michel
  • 1990 : Préface pour le dictionnaire de l’argot – Larousse
  • 1992 : Faits divers et châtiments – Le Pré aux Clercs
  • 1997 : Quels romans que nos crimes – éditions du Rocher
  • 1997 : Revenir à Liancourt – éditions du Rocher - (ISBN 9782268027258)

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • 2002 : Appelez-moi chef – Lansman (voir « Cellule 118 » plus bas)
  • 1996 : La rue Alphonse Boudard – Poche Montparnasse
  • 1995 : Cellule 118 - Petit Hébertot
  • 1983 : Les Sales Mômes - Petit Marigny

Albums photos et textes divers[modifier | modifier le code]

Presse[modifier | modifier le code]

Rééditions[modifier | modifier le code]

1996 : Les vacances de la vie – Ed Omnibus – regroupant 5 titres :

  • Les Combattants du petit bonheur
  • Bleubite
  • Le Corbillard de Jules
  • Le Café du pauvre
  • L'Éducation d’Alphonse

Les Chroniques de mauvaise compagnie - Ed Omnibus - regroupant 4 titres :

  • La Métamorphose des cloportes
  • La Cerise
  • L'Hôpital
  • Cinoche

Préface de Frédéric Dard.

Adaptations[modifier | modifier le code]

Au cinéma
  • 1964 : La Prison (documentaire)
  • 1965 : La Métamorphose des cloportes (adaptation et dialogues avec Michel Audiard et Albert Simonin) - Réalisateur : Pierre Granier Deferre, avec Lino Ventura, Charles Aznavour, Irina Demick, Pierre Brasseur, Georges Géret, Maurice Biraud, Françoise Rosay
  • 1965 : Du rififi à Paname (adaptation et dialogues) - Réalisateur : Denys de La Patellière avec Jean Gabin, Gert Froebe, George Raft, Nadja Tiller, Mireille Darc, Marcel Bozzuffi
  • 1966 : Le Jardinier d'Argenteuil (adaptation et dialogues) - Réalisateur : Jean-Paul Le Chanois avec Jean Gabin, Liselotte Pulver, Pierre Vernier, Curd Jürgens, Mary Marquet
  • 1967 : Le soleil des voyous (adaptation et dialogues) - Réalisateur : Jean Delannoy avec Jean Gabin, Robert Stack, Suzanne Flon, Margaret Lee
  • 1968 : Le Tatoué (scénario) - Réalisateur : Denys de la Patellière avec Jean Gabin, Louis de Funès, Dominique Davray, Paul Mercey
  • 1971 : Chourave story (court métrage réalisé par l’auteur)
  • 1972 : Le Gang des otages (scénario, adaptation et dialogues) - Réalisateur : Edouard Molinaro, avec Daniel Cauchy, Bulle Ogier, Gilles Segal
  • 1975 : Flic Story (adaptation et dialogues d'après Roger Borniche) - Réalisateur : Jacques Deray, avec Alain Delon, Jean-Louis Trintignant, Renato Salvatori, Claudine Auger
  • 1976 : Le Gang (scénario avec Jean-Claude Carrière d'après Roger Borniche) - Réalisateur : Jacques Deray, avec Alain Delon, Nicole Calfan, Maurice Barrier, Raymond Bussières
  • 1982 : Le Corbillard de Jules (adaptation et dialogues) - Réalisateur : Serge Pénard avec Jean-Marc Thibault, Henri Courseaux et Francis Perrin
  • 1986 : Le Solitaire (adaptation) – Réalisateur : Jacques Deray, avec Jean-Paul Belmondo, Michel Creton, Pierre Vernier
À la télévision
  • 1978 : Madame le juge (un épisode) – Réalisateur : Edouard Molinaro avec Simone Signoret
  • 1978 : La saison des voleurs (adaptation et dialogues) – Réalisateur : Michel Wyn
  • 1981 : Le mythomane (série de 6 épisodes) – Réalisateur : Michel Wyn avec Francis Perrin, Suzy Delair, Jacques Balutin
  • 1982 : Le grand braquet (scénario, adaptation et dialogues) - Réalisateur : Maurice Fasquelle avec André Pousse
  • 1986 : Quel roman que ma vie ! (deux émissions de Daniel Costelle consacrées à l’auteur)
  • 1989 : Les grands criminels (série documentaire) - Réalisateur : Daniel Costelle

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Michèle Touret, Histoire de la littérature française du XXe siècle, Presses Universitaires de Rennes,‎ 2008, p. 183
  2. André Nolat, Romances de la rue. Notes sur quatre écrivains : Mac Orlan, Carco, Simonin, Boudard, Baudelaire,‎ 2009, p. 191
  3. François Bott, Mauvaises fréquentations, Manya,‎ 1992, p. 17
  4. Alphonse Boudard, La fermeture : 13 avril 1946, la fin des maisons closes, 1986,‎ Robert Laffont, 345 p.
  5. Alphonse Boudard, Les Métamorphoses d'Alphonse, Robert Laffont,‎ 2011, p. 121
  6. « C'est grâce à Albert Paraz que je suis devenu écrivain. À travers notre correspondance il m'a incité à écrire », préface à l'édition Balland74 du Gala des vaches.
  7. Alphonse Boudard, Saint Frédo, Flammarion,‎ 1993, p. 131
  8. Italiques, deuxième chaîne de l'ORTF, 13 avril 1972, 12 octobre 1972, 25 mai 1973, 24 mai 1974

Liens externes[modifier | modifier le code]