Pik Botha

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Roelof Frederik « Pik » Botha (né le à Rustenburg dans Transvaal) est un homme politique afrikaner d'Afrique du Sud, membre du parlement pour la circonscription de Wonderboom (1970-1974), de Westdene (1977-1994) et du Gauteng (1994-1996), ministre des Affaires étrangères de 1977 à 1994 puis ministre de l'Énergie de 1994 à 1996. Il fut membre du Parti national (1970-1998) puis de l'ANC (depuis 2000). Pik Botha a été ministre sous les gouvernements de John Vorster, de Pieter Botha, de Frederik de Klerk et de Nelson Mandela.

Il est le recordman mondial en durée au poste de ministre des Affaires étrangères (17 ans) de 1977 à 1994. Représentant la tendance libérale du parti national, très populaire chez les blancs sud-africains et considéré comme le favori de John Vorster, il se présente une première fois au poste de président du parti national et à celui de premier ministre d'Afrique du Sud en 1978 contre les conservateurs Pieter Botha, président du parti national dans la province du Cap et Connie Mulder, président du parti national dans le Transvaal mais fut éliminé au premier tour de scrutin après n'avoir obtenu seulement 22 voix et aussi en raison des critiques concernant son jeune âge, son manque d'expérience (il n'était ministre des affaires étrangères que depuis 16 mois) et ses convictions libérales, il donna finalement son soutien à Pieter Botha qui sera élu premier ministre[1].

En 1986, il déclare à un journaliste allemand en plein apartheid, qu'il pensait qu'un jour un président noir allait diriger le pays et qu'il serait même prêt à le servir ; ce qu'il fera à partir de 1994. En 1989, il se représente à la tête du parti, cette fois-ci contre Frederik de Klerk, Chris Heunis et Barend du Plessis mais fut de nouveau éliminé au premier tour de scrutin.

Enfance et études[modifier | modifier le code]

Pik Botha est le fils d'un directeur d'école afrikaner. Scolarisé à Potchefstroom, il est diplômé en droit de l'université de Pretoria.

Carrière politique et diplomatique[modifier | modifier le code]

En 1953, il rejoint le département sud-africain des Affaires étrangères.

En 1956, il est 3e secrétaire à la mission diplomatique à Stockholm en Suède.

En 1960, il est en poste à Cologne en Allemagne.

En 1963, il retourne en Afrique du Sud pour rejoindre l'équipe juridique chargée du dossier du Sud-Ouest africain pendant devant la Cour internationale de justice de La Haye.

En 1966, Botha devient le conseiller juridique du département des affaires étrangères et jusqu'en 1974 fera partie de la délégation sud-africaine aux Nations unies, chargé du Sud-ouest africain.

Lors des élections générales anticipées du 22 avril 1970, il se présente sous les couleurs du parti national au pouvoir dans la circonscription de Wonderboom dans le Transvaal où il bat le député sortant Willie Marais, membre du parti d'extrême droite Parti national reconstitué, qui avait quitté le Parti National en octobre 1969, quand John Vorster autorisa la venue de joueurs et de spectateurs Maoris lors de la tournée de l'équipe nationale de rugby de Nouvelle-Zélande en Afrique du Sud en 1970. Dans une de ses premières interventions au Parlement, il demande que l'Afrique du Sud adhère à la charte des droits de l'homme des Nations unies. Il fut interdit de fait de parole pendant deux ans[réf. nécessaire]. Il sera réélu en 1974.

En 1974, il est promu ambassadeur aux Nations unies mais ne peut exercer cette fonction à la suite de la suspension de l'Afrique du Sud de l'Assemblée générale des Nations unies. Cependant, il profite d'une tribune pour déclarer qu'il ne soutenait pas la politique de discrimination raciale.

En 1975, Pik Botha est nommé ambassadeur extraordinaire aux États-Unis combiné avec la fonction de représentant permanent aux Nations unies. Son style se révèle au grand public et il acquiert une grande popularité parmi les blancs sud-africains.

Ministre des Affaires étrangères d'Afrique du Sud (1977-1994)[modifier | modifier le code]

Sa carrière politique décolle réellement en avril 1977 quand John Vorster le nomme ministre des Affaires étrangères et qu'il est élu au parlement dans la circonscription de Westdene. Devenu ministre, il s'engage publiquement en tant que réformateur au sein du parti national.

En 1978, représentant de l'aile libérale du parti national, soutenu par les blancs d'Afrique du Sud (un sondage d'opinion révélait qu'il avait 83 % d'opinion favorable) et considéré comme le favori de John Vorster, Pik Botha se présente une première fois comme candidat à la présidence du parti national et au poste de premier ministre contre les conservateurs Pieter Botha, président du parti national dans la province du Cap et Connie Mulder, président du parti national dans le Transvaal mais se retire au premier tour de scrutin après n'avoir obtenu que 22 voix et aussi en raison des critiques concernant son jeune âge (46 ans), son manque d'expérience (il n'était ministre des affaires étrangères que depuis seulement 16 mois) et ses convictions libérales, il donna finalement son soutien à Pieter Botha qui sera élu premier ministre[1],.

Pik Botha mena une action conjointe avec Frederik de Klerk pour évincer Andries Treurnicht de la présidence de la fédération du parti national dans le Transvaal et ainsi railler la majorité des élus du parti national de cette région très conservatrice à la réforme constitutionnelle du premier ministre Pieter Botha instaurant un parlement tricaméral ce qui conduira Treurnicht et 22 autres parlementaires à quitter le parti national pour créer le Parti conservateur d'Afrique du Sud en 1982.

En 1984, il est l'artisan de la signature de l'accord de Nkomati avec Samora Machel, le président du Mozambique.

Il œuvre également au règlement du contentieux du Sud-Ouest Africain et à la cessation des hostilités en trouvant un accord général avec l'Angola et Sam Nujoma.

Cependant, malgré toute son habileté, les relations diplomatiques de l'Afrique du Sud avec les pays occidentaux se détériorèrent en 1985 avec le rappel de l'ambassadeur américain et de l'ambassadeur français, la suspension des lignes aériennes avec un certain nombre de pays d'Europe du nord et les États-Unis.

En 1985 Pik Botha a rédigé un discours qui devait annoncer la libération de Nelson Mandela mais qui a été rejeté par le président Pieter Botha [réf. nécessaire].

En 1986, Pik Botha déclare à un journaliste allemand qu'il envisage de servir un jour un président noir en Afrique du Sud mais est immédiatement désavoué par le président Pieter Botha et doit admettre que cette perspective n'est pas la politique du gouvernement.

En décembre 1988, Pik Botha accompagné du ministre de la Défense, Magnus Malan, paraphèrent à Brazzaville au Congo, un protocole de paix avec les Angolais et les Cubains concernant le Sud-Ouest africain/Namibie sous les auspices du président Denis Sassou-Nguesso.

Le , la délégation sud-africaine mené par Pik Botha en route pour New York annula à la dernière minute sa réservation sur le vol Pan Am 103 effectuant la liaison entre Londres et New York. Ils échappèrent ainsi à la mort car l'avion et ses passagers furent victimes d'un attentat (explosion de l'avion au-dessus de la ville de Lockerbie, en Écosse). Le , Pik Botha signa l'accord tripartite (Angola, Cuba et Afrique du Sud) au siège de l'ONU à New York permettant l'application de la résolution 435 concernant l'indépendance de la Namibie.

En 1989, il se représente à la direction du parti cette fois contre Frederik de Klerk, Chris Heunis et Barend du Plessis, il est de nouveau éliminé dès le premier tour de scrutin. C'est finalement au troisième tour de scrutin que Frederik de Klerk l'emporte de justesse avec 69 voix contre 61 à Barend du Plessis.

En mai 1990, il rencontre pour la première fois Nelson Mandela : « Nelson Mandela a résumé brillamment notre histoire et raconté en détail comment 27 000 femmes et enfants afrikaners ont été exterminés dans les camps de concentration des Anglais. Et puis il m'a demandé comment, après avoir vécu tout cela, notre peuple pouvait infliger la même chose aux communautés de couleur ? Je n'ai pas pu répondre. À ce jour, je n'ai pas de réponse à lui donner. Il n'y a pas d'excuse. Ce que nous faisions n'était pas bien. » Durant les 5 ans qui suivent, il devient un ardent défenseur des négociations constitutionnelles et ne ménage pas ses efforts durant le référendum de pour demander aux Sud-africains blancs d'approuver cette politique.

De 1992 à 1994, il préside la branche du parti national de la province du Transvaal avant d'en être de 1994 à 1996 le chef de la branche régionale dans la nouvelle province du Gauteng.

Ministre de l'énergie (1994-1996)[modifier | modifier le code]

En mai 1994, il devient ministre de l'Énergie dans le nouveau gouvernement d'Union nationale dirigée par Nelson Mandela.

En mai 1996, le retrait du parti national du gouvernement met fin à sa carrière ministérielle.

Le ralliement à l'ANC[modifier | modifier le code]

Après son opération le du cancer de la prostate, Nelson Mandela, alors président, vient le voir : « Quand je me suis réveillé, c'est Nelson Mandela qui me tenait la main. […] Nous ne le connaissions pas. Nous ne savions pas quel genre d'homme il était. Alors on l'a oublié pendant vingt-sept ans en prison. Espérons que cela nous serve de leçon ».

En 1999, il appelle à voter pour l'ANC.

En 2000, Pik Botha rejoint le Congrès National Africain.

Pik Botha était marié à Helena Susanna Bosman et père de quatre enfants.

Précédé par Pik Botha Suivi par
'Lui-même'
en tant que chef du NP au Transvaal
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Chef du parti national
pour le Gauteng
1994-1996
Roelf Meyer
Barend du Plessis
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Chef du parti national
pour le Transvaal
1992-1994
Chris Fismer (Transvaal-Oriental)
Lui-même (Gauteng)
André Fourie (Transvaal du Nord)
Amie Venter (Nord-Ouest)
George Bartlett
Afrique du Sud
Ministre des mines et de l'énergie
1994 à 1996
Penuell Maduna
Hilgard Muller
Flag of South Africa 1928-1994.svg
Ministre des affaires étrangères
1977 à 1994
Alfred Nzo

Références[modifier | modifier le code]

  1. a et b www.time.com/time/magazine/article/0,9171,919860,00.html : SOUTH AFRICA : The Not-So-Favorite Choice, 9 octobre 1978