Parti travailliste (Afrique du Sud)

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Le parti travailliste sud-africain (South African Labour Party) est un parti politique de l'Union de l'Afrique du Sud fondé en mars 1910 par les syndicats et le parti travailliste indépendant de la colonie du Transvaal. Favorable aux idées démocrates socialistes, le parti était essentiellement représentatif de la classe ouvrière blanche d'Afrique du Sud[1]

Le parti travailliste, longtemps marqué par le charisme de son chef, le colonel Frederic Creswell (1910-1929), fut représenté à la chambre de l'assemblée du parlement sud-africain de 1910 à 1958. Il fut notamment représenté au gouvernement sud-africain dans le cadre d'alliance électorale en tant que parti minoritaire, de 1924 à 1934 au sein du gouvernement Hertzog et de nouveau durant la Seconde Guerre mondiale.

Historique[modifier | modifier le code]

En mars 1910, le parti travailliste sud-africain est créé afin de solliciter les suffrages de la classe ouvrière blanche lors des premières élections générales de la toute jeune Union de l'Afrique du Sud. Le 5 septembre 1910, le parti remporte 3 sièges dont celui de Frederick Creswell.

La révolte du Rand en 1922 permit le rapprochement du parti travailliste avec le parti national et à un accord électoral pour les élections générales de 1924, soldé par une victoire et la mise en place d'un gouvernement de coalition mené par James B. Hertzog. Ce gouvernement comprenait pour la première fois dans l'histoire du pays deux membres du parti travailliste à savoir Frederik Creswell au poste sensible de ministre de la Défense[2] et de ministre du travail ainsi que Thomas Boydell, le ministre des postes. Au pouvoir, le parti travailliste initia une importante législation économique et industrielle améliorant essentiellement les conditions d'emplois des travailleurs blancs[3]. Dans ses fonctions, Boydell modernise le service public postal et téléphonique d'Afrique du Sud, inaugurant notamment les premiers envois postaux par avion. En sa qualité de ministre des Travaux publics, il fait également procéder à l'achat par le gouvernement de la maison de Paul Kruger, sauve de la démolition l'édifice de l'ancienne Cour suprême du Cap et lance la construction de la South African National Gallery au Cap.

Le cabinet Hertzog en 1929:
Au premier rang (assis):
Frederic Creswell, D.F. Malan, J.B.M. Hertzog, Nicolaas Havenga et P.G.W. Grobler
Au second rand (debout)
Oswald Pirow, Jan Kemp, A. Fourie, E.G. Jansen, H.W. Sampson et C.W. Malan

En 1928, le parti travailliste se divise en deux factions. Une faction plus à gauche, qui l'emporte au sein du conseil national du parti, soutient Walter Madeley, le ministre travailliste des postes, des télégraphes et des travaux publics, qui est entré en négociation avec l'Industrial and Commercial Workers' Union, un syndicat mixte racialement dirigé par Clements Kadalie. Ce rapprochement mène à la démission générale du gouvernement et à la formation d'un nouveau gouvernement ne comprenant pas Madeley. L'autre faction est celle de Creswell qui continue à participer au gouvernement au côté du parti national et ne reconnait plus l'autorité du conseil national de son propre parti. L'Afrique du Sud se retrouve alors de fait avec deux partis travaillistes.

En 1929, le Parti National obtient la majorité absolue au parlement mais Creswell et son collègue travailliste Henry William Sampson sont appelés au gouvernement en dépit des attaques de l'aile droite du Parti National qui leur demande d'abjurer le socialisme et le communisme. Cette alliance prend fin en 1933 suite à l'établissement d'une nouvelle coalition formée par le parti national et le parti sud-africain de Jan Smuts. À cette occasion, l'essentiel de la faction du groupe de Creswell rallie d'ailleurs le parti sud-africain de Smuts permettant à la faction de Madeley de devenir de facto l'unique représentante nationale du parti travailliste. Pour sa part, Cresswell reste fidèle au parti travailliste, refuse de rejoindre le parti uni et reconnait l'autorité du conseil national du parti travailliste dirigé par Madeley.

En 1939, le parti travailliste apporte son soutien à Smuts pour enter en guerre contre l'Allemagne nazie et entre dans le gouvernement d'union nationale dirigé par le parti uni.

De retour dans l'opposition en 1945, le parti travailliste connait alors une nouvelle profonde scission interne marquée par une opposition sans cesse croissante entre les conservateurs et les modernes sur les questions raciales. En avril 1946, Walter Madeley démissionne de la direction du parti et rejoint les indépendants au parlement. En juillet, sa démission du parti travailliste est officialisé[4]. Il est suivi par trois autres députés partisans d'une ligne conservatrice et opposés aux nouveaux principes proposés le 10 novembre 1946 par le parti lors de sa conférence de Malvern Hall à Johannesburg. Se déclarant en faveur d'une « politique non-raciale », conception innovante dans le contexte de l'époque, le parti réclame la « reconnaissance de certains droits humains fondamentaux, le droit au travail, à la libre éducation, à la sécurité sociale, à un logement convenable, et l’abolition du travail sous contrat individuel », en préconisant l’octroi de « plus de terres aux indigènes, l’amélioration de leurs procédés de culture, une aide de l’État égale à celle accordée aux Blancs » et en proposant le remplacement des quartiers réservés aux indigènes par « des cités bien ordonnées et administrées démocratiquement par ses habitants ». Le parti va encore plus loin en s'opposant à la loi ségrégationniste sur les mines et les chantiers et en appelant à la « reconnaissance des syndicats africains, le salaire égal pour un travail égal, la possibilité d’une formation professionnelle ». Le parti se prononce enfin pour un État fédéral octroyant l’exercice de tous les droits de citoyen à tous les individus résidant sur leur territoire. En dépit ou à cause de ce programme novateur, le parti travailliste allait connaitre un inexorable déclin. Quand Madeley meurt en 1947, sa circonscription de Benoni fait l'objet d'une élection partielle où s'opposent deux candidats du parti travailliste. Si l'élection cependant remportée par le candidat officiel, elle ne masque l'hémorragie électorale qu'allait connaitre le parti travailliste durant la décennie suivante. L'un de ses derniers chefs et parlementaire, Alexander Hepple (1904-1983), devenu le porte-voix des populations noires au sein du parlement, est devenu le relai des partis représentatifs de la population noire comme le Congrès national africain qui lui demande de présider le fonds chargé de financer la défense des accusés au procès de la trahison. Aux élections de 1958, il est cependant battu tandis que le parti perd ses derniers élus au parlement et se dissous.

Leaders[modifier | modifier le code]

  • 1910-1933 Colonel F.H.P. Creswell (leadership contesté de 1928 à 1933)
  • 1928-1946 Walter Madeley (leadership contesté de 1928-1933)
  • 1946-1953 John Christie
  • 1953-1958 Alex Hepple

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élection Élus Voix
1910 4 N/A
1915 4 24 795
1920 21 40 639
1921 9 39 406
1924 18 45 380
1929 8 33 919
1933 2 20 276
1938 3 48 641
1943 9 38 206
1948 6 27 360
1953 5 34 730
1958 0 2 670
1961 0 2 461

Sources[modifier | modifier le code]

  • Keesing's Contemporary Archives
  • Smuts: A Reappraisal, par Bernard Friedman (George, Allen & Unwin 1975)
  • South Africa 1982 Official Yearbook of the Republic of South Africa, Chris van Rensburg Publications

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. South Africa 1982, page 165
  2. South Africa 1982, page 167
  3. SA History
  4. Newell Maynard Stultz, Afrikaner politics in South Africa, 1934-1948, University of California Press, 1974 p 115