Élections générales sud-africaines de 1961

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Élections générales sud-africaines de 1961
8 octobre 1961
Postes à élire  156 sièges de la chambre de l'assemblée
Électorat et résultats
Inscrits  1 800 426
Votants 803 268
Votes valables 798 750
Votes nuls 4 518
HF Verwoerd Transvaler.jpg
Parti national – Hendrik Verwoerd
Voix 370 395
  
46,11 %
Sièges obtenus 105 Green Arrow Up.svg 2
Sir De Villiers Graaff 1960.jpg
Parti uni – De Villiers Graaff
Voix 288 217
  
35,88 %
Sièges obtenus 49 Red Arrow Down.svg 4
Silver - replace this image male.svg
Parti progressiste – Jan Steytler
Voix 69 065
  
8,60 %
Sièges obtenus 1 Green Arrow Up.svg 1
Silver - replace this image male.svg
Union nationale – Henry Fagan
Voix 50 279
  
6,26 %
Sièges obtenus 1 Equal blue arrow.png 0
No flag.svg
Indépendants et autres
Voix 22 871
  
2,85 %
Sièges obtenus 0 Equal blue arrow.png 0
No flag.svg
Conservative Workers Party
Voix 2 461
  
0,31 %
Sièges obtenus 0 Equal blue arrow.png 0
Premier ministre
Sortant
Élu
Hendrik Verwoerd
Parti national
Hendrik Verwoerd
Parti national

Les élections générales sud-africaines du 8 octobre 1961 ont été marquées par la 4ème victoire consécutive du parti national, cette fois dirigée par le premier ministre Hendrik Verwoerd. Il s'agit alors de la première élection organisée après la proclamation, le 31 mai précédent, de la république d'Afrique du Sud.

La chambre de l'assemblée du parlement comprend 156 membres élus par les blancs d'Afrique du Sud auxquels s'ajoutent 4 députés élus par les populations coloureds de la province du Cap. Pour la première fois, il n'y a plus aucun député ou sénateur pour représenter les populations noires au parlement.

Mode de scrutin[modifier | modifier le code]

En application du South Africa Act modifié et de la nouvelle loi constitutionnelle de 1961, seuls les blancs d'Afrique du Sud émargent sur les listes électorales. Ce sont les premières élections parlementaires auxquelles participent les jeunes blancs âgés de 18 à 21 ans depuis l'abaissement de la majorité électorale.
Les 3 sièges de députés et les 4 sièges de sénateurs représentant les populations noirs ont été abolis en 1960 à la suite de l'entrée en vigueur de la loi d'autonomie des bantoustans.

Le mode de scrutin appliqué depuis la formation de l'Union de l'Afrique du Sud en 1910 reste celui du scrutin uninominal majoritaire à un tour par circonscriptions.

La 12e législature, commencée en 1958, devait se terminait en 1963. Mais à la suite du changement de régime constitutionnel, le gouvernement a décidé de procéder à des élections anticipées pour le 8 octobre 1961.

La chambre de l'assemblée du parlement comprend 156 élus auxquels s'ajoutent les 4 représentants des circonscriptions coloureds.

Répartition des sièges par province
Provinces province du Cap Natal Etat libre d'Orange Transvaal Sud-Ouest africain Total
Nombre de sièges 52 16 14 68 6 156

Forces politiques en présence à la veille de la 13e législature[modifier | modifier le code]

Le caucus parlementaire du parti progressiste en 1960. Au premier rang : Walter Stanford, Harry Gordon Lawrence, Boris Wilson, Jan Steytler, Helen Suzman, Colin Eglin, Owen Williams. Au second rang : Ray Swart, Clive van Ryneveld, John Cope, Zach de Beer, Ronald Butcher

Le Parti national est au pouvoir depuis les élections de 1948. L'ancien premier ministre JG Strijdom est mort quelques mois après avoir remporté les élections parlementaires de 1958. Il a été remplacé par Hendrik Verwoerd, son ministre des affaires indigènes, notoirement considéré comme le grand architecte de l'apartheid. Verwoerd a conduit quelques mois plus tôt l'Afrique du Sud vers la République et la rupture des liens avec la Grande-Bretagne. Il a provoqué ces élections anticipées notamment pour mesurer l'appui de la population blanche et contrer la montée du parti progressiste. Il s'agit de ses premières élections en tant que chef de file du parti national.

Son opposition parlementaire est scindée en 2 groupes avec d'un côté le parti uni (UP) dirigé par De Villiers Graaff et de l'autre côté le parti progressiste dirigé par Jan Steytler. Ce nouveau venu sur la scène parlementaire est issu d'une dissidence réformiste du parti uni.

Allié au parti uni, le parti de l'union nationale, dirigé par Japie Basson et Henry Fagan, aspire à attirer vers lui les nationalistes modérés, mécontents de la politique menée par Verwoerd et hostile à la voie dans laquelle il entraine le pays.

Répartition des sièges par partis politiques et par province à la fin de la 12ème législature
Province parti national parti uni Progressistes Union nationale Indépendants Total
Province du Cap 33 14 5 - - 52
Province du Cap (Circonscription coloured) - - - - 4 4
Natal 2 11 3 - - 16
État libre d'Orange 14 - - - - 14
Sud-Ouest africain 5 - - 1 - 6
Transvaal 48 17 3 - - 68
Total 102 42 11 1 4 160

Contexte électoral[modifier | modifier le code]

En 1961, l'Afrique du Sud est à l'apogée de l'Apartheid et du nationalisme afrikaner. Le pays a rompu ses liens avec le Commonwealth tandis que Verwoerd a réalisé les vieilles aspirations républicaines des Boers. Le pays commence cependant à connaitre de fortes contestations sur la scène internationale à la suite du massacre de Sharpeville et à la progression de la décolonisation des pays africains et asiatiques. Néanmoins, si l'opposition extra-parlementaire telle que le congrès national africain est réduite à la clandestinité, l'opposition parlementaire, divisée entre conservateurs et réformistes, est affaiblie.

Résultats[modifier | modifier le code]

L'élection pour les 4 représentants des populations coloureds de la province du Cap se déroule séparément le 4 octobre 1961. Sur fond de participation électorale en chute libre, les 4 sièges sont remportés par des candidats indépendants soutenus par le parti uni.

Sur les 156 sièges réservés au vote des blancs le 8 octobre 1961, le Parti National obtient 105 sièges contre 49 sièges au Parti Uni, 1 siège à l'Union nationale, celui de Japie Basson à Bezuidenhout, et 1 siège au parti progressiste, celui d'Helen Suzman, élue dans la circonscription de Houghton à Johannesburg. Elle est la seule rescapée des parlementaires progressistes entrés en dissidence du parti uni.

Si le parti de l'union nationale n'obtient que 5,8 % des voix au niveau national et un seul élu, il obtient, dans les circonscriptions où ses candidats sont présents, de bons résultats[1] : Boksburg (43,8 %), George (14,4 %), Newcastle (37,8 %), Port Elizabeth Nord 37 %, Pretoria-Sunnyside (39,9 %), Stellenbosch (23,7 %), False Bay (35,8 %), Vereeniging (42,1 %) et Vryheid (33,1 %).

En chute libre par rapport aux élections précédentes, notamment du fait que de nombreux candidats sont automatiquement élus faute d'opposants dans leurs circonscriptions, le taux de participation n'est que de 44,5 %, le plus faible enregistré depuis les élections de 1933.

Nouvelle répartition des sièges par partis politiques et par province (13ème législature)
Province parti national parti uni parti progressiste Union nationale Indépendants Total
Province du Cap 34 18 - - - 52
Natal 2 14 - - - 16
État libre d'Orange 14 - - - - 14
Sud-Ouest Africain 6 - - - - 6
Transvaal 49 17 1 1 - 68
Total (électorat blanc) 105 49 1 1 - 156
Province du Cap (Circonscription coloured) - - - - 4 4
Total 105 49 1 1 4 160

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Du fait de leur alliance, il n'y a pas dans ces circonscriptions de candidats du parti uni

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Paul Coquerel, L'Afrique du Sud des Afrikaners, Bruxelles, Éditions Complexe, coll. « Questions au XXe siècle »,‎ 1992, 303 p. (ISBN 9782870274521)
  • Helen Suzman, In No Uncertain Terms, Mandarin Paperback, 1994
  • Keesing's Contemporary Archives

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]